Patrick Lagacé

Archive, octobre 2007

Mercredi 31 octobre 2007 | Mise en ligne à 23h57 | Commenter Commentaires (104)

Saku ne parle pas français

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Photo David Boily, La Presse

Le capitaine du Canadien de Montréal ne parle pas français. Ça faisait longtemps que la chose n’avait pas été abordée. Elle est revenue faire Bouh ! sur la glace, euh, pardon, sur la place publique, à la faveur du débat entourant le projet de loi identitaire de Mme Marois. Dans une autre vie, j’ai chroniqué sur le sujet, ici

Alors, Saku devrait-il parler français ?

Évidemment, qu’il devrait parler français. Parce que le club de hockey Canadien porte une partie de l’identité du Québec moderne, une partie de notre lutte identitaire a longtemps été portée les épaules des Habitants. Maurice Richard, Guy Lafleur, des winners adulés par un peuple qui s’éveillait, qui prenait sa place, qui s’affirmait. Un peuple qui gagnait – contre les Anglais –, quand son club enfilait les coupes Stanley sur la glace…

Alors oui, Saku devrait baragouiner le français. Il est capitaine d’un club qui n’est pas qu’un club de hockey. Il est capitaine d’une entité qui incarne bien des trucs qui transcendent le hockey. Dans un monde idéal, Saku parlerait finnois, anglais et français.

Mais on ne vit pas dans ce monde idéal. On vit à Montréal, en 2007, et à Montréal en 2007, l’anglais n’est plus perçu comme une menace, comme la langue des Grosses Anglaises de chez Eaton. Nous ne sommes plus aussi galvanisés par la cause du français qu’il y a 30 ans.

Petit détour. Dans Urbania (désolé, pas d’hyperlien vers le papier), Émilie Dubreuil illustre de façon splendide le climat montréalais actuel, en décrivant cette drôle de caste d’Anglos habitant le Mile-End, des Anglos amoureux de Montréal et de sa différence, de sa culture, de son climat… Mais qui ne parlent pas français. Et Émilie de raconter comment, à sa façon, elle « combat » cette caste-là… Le constat, finalement : oui, on peut vivre à Montréal en anglais, en se faisant parfaitement comprendre et sans jamais risquer de se faire regarder de travers. Je ne suis pas sûr que c’était la même chose en 1977. Mais il y a 30 ans, les francos n’étaient pas tous rendus à Sainte-Julie… Fin du détour.

Alors Saku qui ne parle pas anglais, ça en dit plus long sur Montréal, de nos jours, que sur le capitaine du CH.

Le groupe Prenez garde aux chiens m’a envoyé cette parodie, fort savoureuse, très drôle, d’une pub du Canadien, adaptée à la controverse qui nous occupe :

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Mercredi 31 octobre 2007 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (132)

Ces mots qui nous font faire Beurk

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Moi, c’est le mot bru. Bru me fait faire Brrrrr…

Je n’aime pas le mot bru. C’est un mot qui, s’il avait une forme, ressemblerait à un ligament déchiré, à une crotte de nez, à un accident d’auto impliquant un camion rempli de poules, à du poil d’oreilles. Le mot bru est laid.

Le Robert (ma vieille version, sur le PC du bureau) : Bru : XIIe; bas lat. brutis, du got. °bruths « jeune mariée », en parlant d’une belle-fille.

Déjà qu’une belle-mère, ce n’est pas toujours reposant, faut-il en plus qu’elle parle de l’épouse de son fils comme étant sa bru ? La vie est-elle si cruelle ?

Et en plus, c’est un mot infirme, bru. On a le feeling qu’il lui manque un « e », à la fin. Bru est un mot-moignon.

D’autres mots que je n’aime pas : logorrhée, macaronique, onanisme, sébum.

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Mercredi 31 octobre 2007 | Mise en ligne à 8h25 | Commenter Commentaires (74)

Fric et politique

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Je l’ai déjà dit : le fric est mal distribué dans ce pays. Ottawa en perçoit tant qu’il veut, sans avoir à financer (à la hauteur de ses considérables moyens) les services coûteux et incontournables dans la vie des citoyens (santé, éducation, routes, par exemple). Et qui blâme-t-on quand ces services déraillent ? Les provinces. Oui, Ottawa « participe » au financement de certains services. Mais quand Ottawa veut se renflouer, Ottawa décide de transférer moins de fric aux provinces. Paul Martin l’a fait en 1994.

Et quand Ottawa veut avoir l’air généreux, il coupe les impôts et les taxes et/ou distribue des dollars directement aux citoyens. Pendant ce temps, les provinces sèchent et quêtent. Elles doivent « négocier » avec Papa Ottawa pour avoir droit à leur dû.

Vincent a pondu une chronique magistrale, ici, expliquant la dynamique de la générosité de Stephen Harper en particulier et du fédéral en général. Et l’impuissance politique du gouvernement Charest à s’opposer à cette générosité. Extrait de la chronique :

Disons, pour fin de discussion, que nous n’employions plus l’expression déséquilibre fiscal, un fait demeure néanmoins: Ottawa continue d’amasser beaucoup plus que ce dont il a besoin pour s’acquitter de ses responsabilités alors que Québec gratte toujours les fonds de tiroir pour assurer le minimum.

M. Harper peut donc jouer au père Noël et distribuer les milliards en cadeaux préélectoraux, pendant qu’ici Jean Charest met sur pied des comités pour trouver de nouvelles façons d’arracher quelques dollars de plus à ses administrés.?
Pas besoin d’un doctorat en finances publiques pour comprendre que malgré le triomphalisme des conservateurs le printemps dernier quant à la «fin» du déséquilibre fiscal, le problème de fond demeure: l’argent s’empile à Ottawa, les dépenses se multiplient à Québec.

Le pire, c’est que Québec n’occupera pas l’espace fiscal laissé vacant par le passage de 6% à 5% de la TPS. Le pire, c’est que ce vice systémique fonctionne : le PC de M. Harper progresse dans les intentions de vote.

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