
C’est vraiment, vraiment une crosse qui ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite.
Je parle des surplus budgétaires du gouvernement fédéral. Je parle des surplus budgétaires du gouvernement fédéral, qu’il soit libéral ou conservateur.
Depuis dix ans, Ottawa multiplie les surplus budgétaires. Cette année, tenez-vous bien : 14 milliards, bien plus imposant que prévu. Il y a des comptables exceptionnels à Ottawa. Mais ce serait bien qu’ils sachent prévoir l’ampleur de ces surplus AVANT les exercices budgétaires.
Extrait du texte de Joël-Denis Bellavance :
La totalité de cet excédent, plus important que les 9,2 milliards prévus dans le dernier budget déposé par le ministre des Finances James Flaherty en mars, a été utilisée pour rembourser la dette accumulée, qui s’élève maintenant à 467,3 milliards de dollars.
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Deuxième extrait :
Mieux encore, tout indique que l’excédent du présent exercice financier sera aussi élevé – le surplus était de 6,4 milliards au cours des trois premiers mois de 2007-2008 seulement. Résultat: le gouvernement Harper disposera d’une solide marge de manœuvre pour promettre d’importantes réductions d’impôts aux contribuables le 16 octobre, date de la présentation du discours du Trône.
La crosse ? Elle est politique. On peut croire que ces surplus – plus gros que prévu – sont le fruit d’une saine gestion comptable. Mais je ne peux m’empêcher de voir un calcul de politicien dans l’affaire. Parce que les surplus, tu peux les utiliser à des fins politiques. Pour distribuer des cadeaux. Pour bien faire paraître ton parti. Pour réduire les impôts. Bref, pour gonfler le sentiment de satisfaction des citoyens à ton égard. Hey, on gère tellement bien qu’on peut vous gâter, chers citoyens !
Ça aide le parti en place à Ottawa.
Ça aide les finances fédérales.
Et le tout-Ottawa est heureux ! Les politiciens sont heureux, le staff politique est heureux, les fonctionnaires sont heureux.
Mais les provinces, elles, sèchent. Les finances des provinces, elles, souffrent.
Le déséquilibre fiscal, c’est ça. C’est exactement ça. C’est Ottawa qui perçoit plus d’impôts que nécessaire, alors que les services sont surtout concentrés dans les provinces. Qui dit services, dit fric. Et les provinces, c’est drôle, à de rares exceptions, ont toujours besoin de fric. On pourrait dire que les comptables des provinces sont juste plus incompétents que ceux d’Ottawa. J’en doute.
Je sais que ce n’est pas un sujet sexy. Je sais que j’ai déjà perdu 50% d’entre vous. Il n’y a rien de plus plate qu’un texte sur les états financiers de l’État. C’est pourtant un sujet d’une importance capitale, la distribution du fric dans le pays, une distribution inégale, qui se fait tout croche, qui sert très, très, très bien Ottawa. C’est la crosse suprême : tu surtaxes le citoyen, tu serres le cou des provinces. Mais le système te sert tellement bien que tu peux renvoyer une fraction de ce que tu perçois en trop et passer pour un gouvernement généreux…
Moi, si j’étais premier ministre d’une province, et que je voyais Ottawa se vautrer dans le fric comme ça, je me ferais plaisir. Je cèderais à Ottawa le secteur de la santé, ou de l’éducation, ou des routes, ou du BS…