Patrick Lagacé

Archive du 26 septembre 2007

Mercredi 26 septembre 2007 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (89)

Le droit de dire que c’est nono

burqa1.jpg

La semaine dernière, je vous parlais du maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui a fait un long plaidoyer en faveur de la religion catholique, aux audiences de la Commission Bouchard-Bouchard…

Eh bien son mémoire, les internautes se l’arrachent. L’histoire est ici

Plusieurs lecteurs de ce blogue m’ont demandé pourquoi je n’ai pas davantage égratigné le maire. Eh bien, c’est assez simple, c’est parce que j’ai longuement parlé du sujet des accommodements avec lui, l’hiver passé. Et l’homme est vraiment, vraiment le contraire d’un xénophobe. Sa foi n’est pas un repli sur soi. À partir de là, je suis en désaccord, je vais ironiser, mais je ne vais pas lui lancer des tomates…

Juste des œufs !

Bref, le maire a le droit de croire que la religion catholique devrait faire un retour dans la chose publique. Il a tout à fait le droit de le croire. Et de le dire. Haut et fort, comme chez Mme Charette, ici.

Mais je revendique le droit de dire que c’est complètement nono.

Sans haine, sans esprit mesquin. Juste dire ça : Bullshit.

Et puisque je le fais pour les cathos, la logique dicte que je fasse la même chose pour les autres. Donc, je vous dis pas à quel point j’ai ri, en lisant le texte de Michèle Ouimet sur cette femme voilée, lundi. Michèle raconte ses démarches pour trouver une femme couverte de la tête aux pieds. Elle raconte qu’elle a tendu la main à un musulman particulièrement croyant, à Concordia. Et que celui-ci n’a pas tendu la main, sa vision de l’islam l’empêchant de toucher une femme…

Ce gars-là a parfaitement le droit de croire à une version pas mal sobre de l’islam. Il a bien le droit de ne pas serrer la main d’une femme.

Je revendique le droit de dire que c’est complètement nono.

Idem pour une femme qui « choisit » le voile. Elles ont tout à fait le droit de le porter, les musulmanes. Je préférerais qu’elles ne le portent pas quand elles doivent interagir avec l’État (hôpital, école, université, municipalités, etc), remarquez.

Mais dans la rue ?

Que voulez-vous qu’on fasse ? On va toujours bien pas s’abaisser au niveau de l’État iranien ou de l’État saoudien et réglementer la tenue vestimentaire des gens…

Alors voilà. Je crois qu’une musulmane a le droit de le porter, son hijab, son niqab. Elle peut même porter la burqa, si ça lui chante.

Mais je revendique le droit de dire que c’est nono. Rétrograde. Je le dis sans la moindre trace de haine.

Je revendique même le droit de les regarder de travers, pas par méfiance/rancœur/mauvais sentiments face à l’islam. Juste parce que ça détonne. Quand je croise un gars qui s’est teint les cheveux en vert, je le dévisage. Parce qu’il détonne. Alors voilà, c’est pour ça que je dévisage les filles qui portent le voile, parce qu’elles détonnent dans le paysage. Idem pour leurs maris barbus, qui marchent devant elles.

C’est le prix à payer pour afficher sa différence.

À la demande générale, voici, encore une fois, la photo d’une superbe burqa. La burqa n’est pas toujours moche. J’aurais bien mis la photo de Jean Tremblay. Mais, désolé M. le maire, dans un esprit de diversité, j’ai préféré celle-ci…

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Mercredi 26 septembre 2007 | Mise en ligne à 8h15 | Commenter Commentaires (29)

Pluie d’affiches à Saint-Constant

C’est le genre d’histoire que seule des villes de banlieue peuvent produire, ou presque. Saint-Constant, dans le 450, est frappée par la tutelle. Une histoire de dépassement spectaculaire des dépenses électorales de l’équipe du maire, aux dernières élections. Le tribunal vient de destituer le maire et cinq conseillers municipaux.

Extrait du texte de Martin Croteau :

Mais dans son rapport de dépenses déposé peu après les élections, l’agent officiel de l’Équipe Gilles Pépin, Robert Perron, dévoile des dépenses de 53 204,38$ pendant la campagne électorale. Le maximum de dépenses autorisé était de 37 506,72$. Un dépassement de presque 16 000$.

?

Bien sûr, c’est pas le scandale des commandites. Mais à l’échelle d’une petite municipalité comme Saint-Constant, c’est assez gros. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de saloperies dans les grandes villes. Il y en a. Mais disons que c’est pas aussi grossier que ce qu’on voit à Saint-Constant…

Question : Pourquoi vouloir à ce point être maire de Saint-Constant ?

C’est quoi le but ?

C’est quoi la gratification ?

Les défendeurs, eux, plaident l’ignorance.

L’histoire est déprimante en soi, bien sûr, mais elle l’est encore plus quand on constate que tout, dans l’affaire, tourne autour de pancartes. L’équipe du maire, défonçant les budgets électoraux, a pu tapisser la ville d’affiches électorales :

«On se demandait pourquoi, tout au long de la campagne, on voyait que l’équipe adverse avait beaucoup plus d’enseignes et de dépliants, surtout dans la dernière semaine», a déclaré un candidat défait.

Toute la dynamique électeur-candidat est là : une affaire d’affiches, de visibilité, de notoriété.

Pis les idées ?

Yves, lui, souligne l’impuissance du DGE dans ces cas-là.

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