
Ma chronique d’aujourd’hui porte sur Benoit Dutrizac. J’ai reçu, par courriel, un fichier MP3 contenant l’enregistrement d’une conversation entre Benoit et un employé civil de la police, quand l’animateur a appelé le 9-1-1, récemment. Personnellement, ce qui m’a jeté par terre, immédiatement, c’est qu’un tel fichier se promène hors des murs du 9-1-1 et de la police.
L’enregistrement est ici: (mise à jour : extrait retiré à la demande de BD, vendredi).
Il y a deux façons d’avoir « accès » à un enregistrement d’appel au 9-1-1 (qu’importe où il est transmis, après). Primo, quand c’est déposé en preuve dans un procès. Ça devient alors public. Ce fut le cas, par exemple, au procès pour meurtre du policier Jocelyn Hotte, de la GRC. Deuzio, si la personne qui a fait l’appel (ou un proche) en fait la demande, via la Loi sur l’accès à l’information.
Hors de ces deux sphères, c’est top secret, à ma connaissance.
D’où ma surprise, et mon malaise, quand j’ai reçu ce fichier. Je ne sais pas comment c’est sorti. Peut-être que quelqu’un, dans le système, a décidé que c’était drôle d’entendre Benoit Dutrizac dans une prise de bec avec un employé civil de la police. Qu’il a décidé de faire entendre ça à ses chums. Puis, par inadvertance ou pas, c’est « sorti ».
J’ai reçu des courriels dénonçant le fait que l’animateur ait utilisé le 9-1-1 pour signaler aux flics un bouchon de circulation. Que cela était inutile, que ce n’était pas une urgence. Qu’il n’avait, de toute façon, pas d’affaire à appeler la police « pour ça ».
Deux trucs, là-dessus : un, Benoit Dutrizac a jugé que la situation dégénérait. Dans le bouchon, il a été témoin de plusieurs actes téméraires de la part d’automobilistes impatients, actes dangereux pour d’autres automobilistes et piétons. C’est ce qu’il m’a raconté. Deux, ça n’a aucune espèce de rapport avec la situation qui nous occupe, au fond. Même s’il avait appelé le 9-1-1 pour signaler que sa sécheuse ne fonctionnait pas, il n’y a aucune raison légitime qu’un fichier MP3 de l’appel ait été fait et distribué. T’appelles au 9-1-1, t’as une attente de confidentialité giga-importante. C’était le noyau du papier. Je ne me prononçais pas sur le reste.