Dans un émouvant élan paternel, Donato Tomassi, grand organisateur libéral et papa de Tony, ex-ministre de Jean Charest expulsé du Cabinet alors qu’il avait dans ses poches une carte de crédit d’un donateur du PLC, a confié au Devoir que son fils avait du talent, du culot et du charisme.
La citation, tirée de ce papier surréaliste de Kathleen Lévesque :
« On est rejetés même quand on a du talent, du culot et du charisme [comme Tony]. »
(Un instant, je dois me interrompre la rédaction de ce billet…
Je me penche…
Je ramasse ma mâchoire, qui traînait sur le plancher depuis la lecture du papier…
Je la remets en place…
Voilà. On y est.)
Bon, pour le charisme, tout est affaire de perception, j’imagine, mais c’est probablement l’amour pour son fils qui a rendu Donato Tomassi aveugle à cette réalité : hors du clan Tomassi, personne n’a jamais confondu Tony Tomassi avec JFK ou Ronald Reagan.
Pour le culot ? Euh… Oui, il en fallait pour distribuer des permis de places subventionnées aux amis du Parti sans aucune vergogne.
Pour le talent, encore là, tout est question de perception. Personnellement, j’ai toujours trouvé la performance parlementaire de Tony Tomassi particulièrement nulle, je me suis toujours demandé ce qu’il faisait au Conseil des ministres, mais il faut dire que ses collègues, eux, on soulevait en Chambre des tas de cas troublants sur sa gestion du ministère, devaient le trouver talentueux, comme en témoigne cette photo célèbre :

Photo PC, Jacques Boissinot
Ce que je n’arrive pas à comprendre des propos de Donato Tomassi, c’est quand il parle de Jean Charest. Passage complet :
« On est rejetés même quand on a du talent, du culot et du charisme [comme Tony] », affirme Donato Tomassi, avant d’ajouter avec amertume : « J’ai reçu Jean Charest chez moi comme un roi. Et les libéraux m’ont traité comme un moins que rien. »
Je ne comprends pas l’amertume de M. Donato. C’est comme s’il nous disait que le fait d’avoir reçu le premier ministre du Québec aurait dû aider son fils, quand il fut révélé que son fils faisait usage d’une carte de crédit émise par BCIA, propriété d’un donateur libéral, qui recevait des contrats publics et qui avait reçu du financement étatique.
Autre déclaration intrigante faite à Kathleen Lévesque :
On veut faire du Québec un monastère. C’est rendu qu’on ne peut plus aider nos amis. À quoi sert d’avoir des amis si on ne peut pas les aider ?
Euh, ouain.









