Patrick Lagacé

Hein ?

Quoi ? !

Un policier a bousculé un homme de 85 ans en marge de la conférence de presse de Denis Coderre (dont mon collègue Normandin fait un résumé) ?

Quand j’ai vu passer ça, je me suis dit : « Joyeux cinglé. »

Puis, j’ai vu la vidéo sur le site de TVA. J’ai bien sûr grimacé en voyant le pauvre Monsieur faire un vol plané.

Mais si vous voulez y voir de la brutalité policière, libre à vous. On peut bien sûr s’obstiner à savoir si le policier a réagi trop fortement en repoussant ainsi le Monsieur.

Mais une chose est claire à mes yeux : c’est TOUJOURS une mauvaise idée de s’interposer entre un policier et un citoyen qu’il interpelle. C’est une encore plus mauvaise idée de poser la main sur un flic qui est en train d’interpeller un citoyen. Et c’est une idée désastreuse de le faire dans son angle mort, alors que ce n’est pas sur vous que son attention se porte. Ça correspond assez clairement à la définition d’entrave au travail d’un policier (entrave souvent invoquée à outrance par les policiers, c’est vrai).

C’est dommage, mais quand la police interpelle une personne, ce n’est ni l’endroit ni le moment pour jouer les pacificateurs ou plaider la cause d’une personne. Même si la police a tort. Même si vous avez 85 ans (je présume ici que cette info est exacte, je ne l’ai pas vérifiée moi-même). Même si votre cause (le logement social) est on ne peut plus juste. Même si vous pensez que la personne interpellée ne devrait pas être inquiétée.

Si vous voulez aider la personne interpellée, faites ce que des gens faisaient à ce moment précis : filmez, photographiez. Ça, c’est votre droit le plus strict (un droit que les policiers ont tendance parfois à piétiner sous toutes sortes de prétextes, disons-le) et c’est un geste qui peut réprimer les ardeurs des têtes brûlées portant un uniforme. Mais vous interposer entre un policier et un citoyen qu’il est en train d’interpeller risque de vous valoir un vol plané.

« Un policier bouscule un homme de 85 ans » : c’est une manchette qui rend mal à l’aise. Mais je regarde les images de TVA et je ne peux pas dire en toute bonne foi que le costaud policier a même eu le temps de déterminer qui il repoussait ainsi. Encore moins son âge.

Autre truc : le jeune homme interpellé par le policier avant la bousculade est le même jeune homme — à moins qu’un autre ne se soit déguisé exactement comme lui — qui s’est posté derrière le candidat à la mairie, le visage caché par un masque. Porter un masque, en vertu du règlement municipal P6, est interdit. On peut ne pas aimer ce règlement, on peut espérer que la contestation judiciaire dont il fait présentement l’objet soit un succès, ça ne change rien au fait que si on porte un masque et qu’on va le porter dans une conférence de presse télédiffusée en direct, les flics vont fort probablement vous interpeller. C’est ce qu’ils ont fait avec ce jeune homme.

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Lundi 13 mai 2013 | Mise en ligne à 10h57 | Commenter Commentaires (70)

Bon retour sur terre, commandant Hadfield !

L’astronaute canadien Chris Hadfield revient sur Terre ce soir, au terme d’une mission de cinq mois à bord de la Station spatiale internationale (SSI). Il se posera vers 22h30 au Kazhakstan dans une capsule Soyouz. C’est la fin d’une mission spatiale comme il y en a constamment en orbite. Mais c’est la fin de la mission d’un astronaute qui a utilisé les médias sociaux pour faire connaître l’exploration spatiale avec un brio magistral. J’en parlais en chronique récemment dans La Presse.

Avant de quitter, Hadfield a enregistré un cover de Space oddity, de Bowie. Bien sûr, Space Oddity a été lancée en 1969, année de la conquête de la Lune et relate un voyage dans l’espace qui ne va pas bien finir. Le clin d’oeil de Hadfield, enregistré en orbite, est vraiment puissant. Pas pour rien qu’il a mis le feu aux internets ce week-end.

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Mardi 7 mai 2013 | Mise en ligne à 9h12 | Commenter Commentaires (14)

De la Crise des missiles à la série CH-Sens !

Dans ma chronique du jour, j’explore comment « nous » avons toujours raison, dans les trames narratives que nous nous créons. Nous : soi-même, notre village, notre tribu, notre famille, notre pays.

Je cite un papier magistral du magazine The Atlantic, publié en janvier, sur la véritable histoire de la Crise des missiles cubaines de 1962, The Real Cuban Missile Crisis, de Benjamin Schwarz. Depuis les années 1980, et plus particulièrement depuis la fin des années 1990, à la faveur de documents d’archives déclassifiés, les historiens américains ont commencé à déboulonner le mythe d’une Amérique plongée malgré elle dans une crise nucléaire entièrement provoquée par les Soviétiques. La vérité est cent fois plus nuancée. À lire absolument.

Ma chronique en ligne est la version modifiée : j’ai fait une erreur en disant dans la version originale que le film Thirteen Days n’évoquait pas le deal secret fait entre les Russes et les AMéricains sur le retrait de missiles US en Turquie, dans la cour arrière de l’URSS. Mea culpa, mais surtout merci aux lecteurs de me l’avoir souligné…

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