La Tour de Babel 2.0

Mardi 24 février 2015 | Mise en ligne à 14h33 | Commenter Aucun commentaire

Coeur de rocker

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Pour faire plaisir à mon homme, à Noël, je lui avais offert un billet pour le show de Bryan Adams au Centre Bell. Et un pour moi par ricochet.

Je ne suis pas du genre nostalgique. Les groupes et les idoles de jeunesse m’allument très peu. Mais quelques artistes «d’antan» demeurent à mon avis intéressants. Parmi eux, Bruce Springsteen et Bryan Adams.

J’avais vu le rockeur canadien en concert quand j’étais adolescente, au Forum à l’époque. Lundi soir, 30 ans plus tard, j’ai repris place devant lui pour sa tournée Reckless. Avec des yeux d’adulte et sans trop d’attentes, je l’avoue.

Mais je suis ressortie de ce rendez-vous sur un nuage, absolument ravie.

Généreux, chaleureux, en pleine possession de ses moyens, Adams a bien vieilli. Son look, sa silhouette, son énergie et sa voix ont traversé les années en beauté. Tout comme son charmant accent quand il s’adresse au public en français. Une attention toujours très appréciée.

Avec une dizaine d’albums en carrière, le chanteur pourrait offrir des spectacles de plusieurs heures, en enchaînant les «hits» les uns après les autres. On a tendance à oublier la quantité de succès qu’il a endisqués. Jusqu’à ce qu’il nous les balance en série.

Du pur rock commercial des années 80, avec beaucoup de guitares et beaucoup de batterie. Mais contrairement à d’autres shows d’aréna, le son était clair, la musique laissant beaucoup de place à la voix d’Adams.

Ce dernier a d’ailleurs offert quelques morceaux seul à la guitare. On se serait alors cru dans une petite salle intime, bien loin de la vastitude de l’amphithéâtre montréalais.

Grand romantique, M. Adams a aussi interprété ses ballades épiques, comme All for Love, (Everything I Do) I Do it for You et Heaven. Il y avait de l’amour dans l’air…

En tout, on a eu droit à 29 pièces en majorité très connues. Le bonheur.

Peut-être en raison du froid glacial qui régnait à l’extérieur (ou de l’âge des spectateurs!), il a pourtant fallu du temps à la foule avant de se dégeler. À la place du chanteur, j’aurais paniqué un peu…

Assise à ma gauche, une dame tenait son gros manteau et sa sacoche bien serrés sur ses genoux. Devant moi, la fille a gardé son Kanuk, son foulard enroulé autour du cou et son sac en bandoulière du début à la fin du spectacle. Comment être à l’aise et avoir envie de s’éclater emmitouflée de même?

Pour les autres qui avaient envie de bouger et de chanter à tue-tête, le temps paraissait un peu long. Mais l’expérience du vieux routier a fait son oeuvre. Avec habilité, il a réussi à entraîner la foule dans ce beau voyage dans le temps.

À la fin, tout le monde en redemandait.

Bryan Adams remet ça vendredi soir, le 27 février, toujours au Centre Bell. Lancez-vous sur les billets. S’il en reste.

photo La Presse

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Vendredi 13 février 2015 | Mise en ligne à 10h12 | Commenter Aucun commentaire

Tout le reste est accessoire

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En cette veille de la Saint-Valentin, j’aurais pu vous suggérer des cadeaux coquins ou une liste de films à l’eau de rose.

J’ai plutôt envie de faire suite à mon blogue précédent. Car, non, l’amour, ce n’est jamais quétaine. En fait, c’est le ciment de toute chose, non?

J’ai vraiment compris cela il y a dix ans. C’était en 2005. Jamais, avant, cette évidence ne m’avait frappée avec autant de clarté.

Permettez-moi de vous raconter l’histoire de Daniel et de Mimi. Par respect, j’ai changé leurs prénoms.

Daniel était dans la force de l’âge. Un homme peu imposant de sa personne, mais d’une intelligence redoutable, et gentil comme tout. Poste prestigieux dans une grande organisation, voiture luxueuse, maison cossue, train de vie à l’avenant. L’exemple typique de la réussite professionnelle et sociale.

Daniel était fou de sa Mimi, une femme forte, belle et brillante. Ensemble, ils formaient un duo d’enfer, capable de déplacer des montagnes.

Être ensemble n’était pourtant pas toujours de tout repos. Il fallait conjuguer leurs vies d’avant, leurs conjoints d’avant, leurs ados respectifs. Mais ils s’adoraient, alors tout était possible.

Vous me voyez venir. Le maudit cancer est venu tout foutre en l’air. Mimi avait tiré le mauvais numéro.

Malgré leur volonté, malgré leur optimisme, la maladie a eu raison de tout, se répandant partout. Puis un jour, clouée à un fauteuil roulant, souffrante, méconnaissable sous l’enflure et dépossédée de sa superbe chevelure ébène, elle a dû se résigner. Ils ont dû se résigner. Leur voyage ensemble s’arrêterait là.

Le jour de Noël, Mimi s’est éteinte dans leur maison au terme d’une trop longue agonie. Avec une infinie douceur et un amour intact, Daniel a lavé son corps brisé, comme une ultime caresse, avant de la laisser aller.

Et quand tout ce cauchemar a été terminé, quand les cloches de l’église se sont tues et que la vie a repris tout autour de lui, Daniel a dû apprendre à apprivoiser le silence et l’absence. À continuer à vivre dans cette maison vide d’elle, de sa voix et de son odeur. À affronter la solitude, surtout.

C’est à ce moment précis que j’ai pris la mesure de cette chose incroyable qu’est l’amour. Que j’ai su avec certitude que Daniel aurait quitté sa brillante carrière, brûlé son argent, abandonné toutes ses possessions et donné son âme au diable pour pouvoir tenir à nouveau Mimi dans ses bras.

Tout l’or du monde n’aurait pas suffi à atténuer sa peine. Mais l’amour de ses proches, oui.

Je vous parle ici de deux amoureux, mais cette histoire aurait pu être celle d’un enfant, d’un frère, d’une mère ou d’un ami très cher, ça ne fait aucune différence.

Parce qu’il n’y a que ça qui compte au fond. Les liens du coeur. Aimer et être aimé. Tout le reste est accessoire.

Bonne Saint-Valentin.

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Vendredi 6 février 2015 | Mise en ligne à 13h49 | Commenter Un commentaire

L’amour sur écran géant

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Certains collègues trouvent l’idée quétaine. (On dirait que les jeunes trouvent tout quétaine de nos jours. Leur sarcasme me déprime. Si jeunes pour être déjà si désabusés…)

Pourtant, le concept lancé par le maire Pascal Bonin pour la Saint-Valentin est à mon avis amusant, charmant et bourré d’humanité.

Afficher son amour publiquement sur les panneaux d’information électroniques de la Ville, demander sa flamme en mariage, faire un clin d’oeil amical à quelqu’un qu’on apprécie, c’est non seulement sympathique, mais ça réchauffe le coeur.

Bon, le maire n’a rien inventé. Il s’est inspiré de ce qui se fait déjà à Paris, ville de l’amour par excellence. Impossible de se tromper!

Au lieu de voir défiler des informations pratico-pratiques — et ennuyeuses — sur les écrans géants postés aux quatre coins de la ville, pourquoi on ne s’amuserait pas un peu, juste une journée par année?

Imaginez la surprise et la joie de la personne qui, sans s’y attendre, verra son nom apparaître à l’écran, assorti de mots doux écrits spécialement pour elle. C’est pas beau, ça?

Cette nouvelle de ma consoeur Marie-France a été reprise partout au Québec. Le maire Bonin a été invité à en parler sur de nombreuses tribunes. La preuve que les gens ont besoin de mettre un peu de chaleur et de magie dans leur quotidien, entre le boulot, la garderie et le dodo.

Je me demande maintenant comment la journée du 14 février va se dérouler…

Il faudra que les destinataires s’adonnent à passer devant l’un des cinq panneaux au moment même où leur nom s’affichera… Y aura-t-il un rassemblement de badauds devant les affiches électroniques? Les automobilistes seront-ils distraits en lisant les messages qui défileront à l’écran? Pire, assistera-t-on à un carambolage monstre au coin de Principale et Mountain?!

Dans un tel cas, le maire aura la certitude que son projet de fou a visé en plein dans le mille!

Et que l’amour, ce n’est jamais quétaine. Peu importe la façon de l’exprimer.

Vous avez jusqu’au 9 février à midi pour faire parvenir votre billet doux à la Ville de Granby. Suffit d’aller sur le site de la municipalité pour soumettre votre demande. Les 50 «meilleures» seront diffusées en boucle entre 6h et 23h.

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