Nicolas Houle

Vendredi 7 juillet 2017 | Mise en ligne à 12h14 | Commenter Un commentaire

La grande soirée hip hop et la suite

Le 50e FEQ est désormais lancé. Je l’ai amorcé en douce, dans la quiétude de Place d’Youville, avec un spectacle peut-être pas parfait en tous points, mais assurément intéressant des Barr Brothers. Vous connaissez l’histoire: à la dernière minute, Bassekou Kouyaté et sa bande n’ont pu se présenter, en raison de problèmes de visa, donc les Montréalais ont dû réagir rapidement pour pouvoir donner tout de même un concert où leur répertoire empruntait aux traditions africaines.

J’ai beaucoup apprécié aussi les Brésiliens de Bixiga 70, en première partie. Mon compte rendu ici.

S’il y avait de l’action sur toutes les scènes hier, c’est ce soir que les poids lourds commencent à arriver, avec la vedette hip hop de l’heure Kendrick Lamar, précédé d’Anderson .Paak et des Dead Obies. La troupe québécoise avait très bien fait l’été dernier au Pigeonnier et .Paak n’a plus de preuves à faire, alors tout laisse croire qu’on aura une soirée hip hop des plus prometteuses.

J’ai hâte de voir la réponse du public, parce que l’intérêt généré par Lamar depuis son fameux To Pimp A Butterfly va bien au-delà des frontières hip hop…

Y serez-vous?

Toutefois, aller sur les Plaines signifier rater l’hommage de Tony Allen à Art Blakey, à l’Impérial – allez-y pour moi…

Sinon, à quoi ressemble votre itinéraire?

Parmi mes sorties : je serai de retour sur les Plaines pour aller voir la haute voltige de Pink. Je compte aussi attraper les gars de Bros -mon bonbon du FEQ- peut-être même deux fois plutôt qu’une puisqu’ils seront à l’Impérial et à Place d’Youville. Suis curieux de voir le phénomène Migos à l’oeuvre, question d’observer si une étoile montante se confirme là…

Pendant des années, plusieurs se sont généreusement moqués de Michel Louvain. Preuve que ceux qui persévèrent finissent toujours par avoir leur reconnaissance, le chanteur aura sa grande fête à Place d’Youville, avec Gab Paquet en première partie. Je dois admettre que ça me tente davantage d’aller voir ces deux phénomènes à l’oeuvre que de me faire brasser l’excès de gras à l’ÉlectroFEQ pendant des heures!

Toujours dans le registre «vieux routier», impossible de passer sous silence les Who. Quel formidable répertoire à aller entendre live. Je suis craintif, toutefois pour le chant de Daltrey et Townshend (voir le clip plus bas). En espérant qu’on tombe sur une bonne soirée…

Personnellement, mon intérêt tend à diminuer pour Metallica et Muse, que je commence à avoir trop vu, mais ça reste deux phénomènes…

Entre les deux, un autre bonbon: Gorillaz. Très hâte de voir cette perfo et l’allure que prendront les nouvelles chansons. C’est sans doute une des offrandes les plus audacieuses du FEQ sur les Plaines – on verra si les festivaliers sauront en profiter…

Un commentaire  |  Commenter cet article

 

Mardi 4 juillet 2017 | Mise en ligne à 13h25 | Commenter Commentaires (2)

Arcade Fire, Katy Perry, The Weeknd? Bof. Elvis? Oui!

Vous croyiez que ce serait la ruée vers les billets pour les spectacles de Katy Perry au Centre Vidéotron? Moi aussi.

Et pourtant, ça stagne. Ça s’explique relativement aisément, remarquez. L’Américaine a une clientèle très jeune et réclame le gros prix pour ses billets: 247,40$ au parterre, 165,90$ dans les gradins, 111,90$ dans les sections les plus éloignées. Les moins coûteux sont presque tous envolés, alors que les plus chers sont aisément disponibles. À cela, il faut ajouter qu’on a fait la mise en vente à l’approche de la période estivale et donc du Festival d’été. La vente ne sera pas facile…

Le hic, c’est que ce qui semblait être un cas isolé -les ventes laborieuses pour The Weeknd, comme j’en parlais ici- tend à se répéter. C’est encore tôt pour se prononcer dans le cas de Katy Perry, mais disons qu’on a connu meilleur décollage…

D’autre part, je me réjouissais autant que je m’inquiétais du passage d’Arcade Fire au Centre Vidéotron, qui fait son premier séjour à Québec depuis 2010. C’est que, aussi doués que soient les Montréalais, ils appartiennent à la mouvance indépendante et rejoignent peut-être un public moins large que d’autres. Qu’importe qu’ils soient déjà venus sur les Plaines, qu’importe qu’ils aient un single estival… À en juger le nombre de sièges qui restent vides au Centre Vidéotron -plus qu’une moitié de salle- on aura là aussi une vente très difficile. Et dans ce cas-ci, le coût est accessible: 101$, 74$ et 52$.

Disons-le, c’est désolant. Dans les deux cas, on a de premières visites en ville (Perry) et en aréna (Arcade Fire) et une réponse tiède. Deux propositions musicales pertinentes, dans leurs secteurs respectifs. Trois, si on ajoute The Weeknd.

De nombreux sièges (bleus) restent disponibles pour le spectacle d'Arcade Fire, en date du 4 juillet

De nombreux sièges (bleus) restent disponibles pour le spectacle d'Arcade Fire, en date du 4 juillet

On pourrait parler aussi de OneRepublic, dont les ventes traînent de la patte depuis longtemps ou de King Crimson, qui a pris une mauvaise décision en allant en aréna en plein FEQ, alors que leurs fans, mélomanes, préfèrent l’acoustique des salles de spectacles…

Voilà qui démontre, comme on en a aussi déjà parlé dans ce blogue, qu’au-delà de l’effet de nouveauté, le grand défi de remplir un aréna -comme c’était le cas à l’époque du Colisée- n’est jamais un pari aisé à Québec. Fouillez dans le passé et vous verrez que le plus souvent, en moyenne, le Colisée faisait courir quelque 6000 amateurs. Les 12 000 et 15 000 étaient davantage des exceptions que la norme… Et pourtant, à l’époque, les billets étaient généralement à des prix accessibles.

Il y a une limite au montant qu’on est prêt à mettre pour passer deux heures en bonne compagnie. Surtout que la population est très sollicitée. On peut faire des mathématiques très simples pour le comprendre: le Québec métropolitain représente quelque 750 000 personnes. Le Montréal métropolitain? 4,1 millions. Les chiffres parlent d’eux-mêmes…

Heureusement, il y a toujours de bons coups comme Ed Sheeran, qui s’est vendu le temps de le dire ou Imagine Dragons et Bruno Mars, qui trouvent preneurs facilement.

Ce qui fait peut-être le plus mal, c’est de voir que des artistes de l’heure ne parviennent pas tous à vendre leur Centre Vidéotron, alors qu’Elvis Experience risque de s’y produire dans un aréna complet avec un spectacle qui aura une nouvelle facture, certes, mais dont l’essence même a amplement tourné depuis 2013 – je n’enlève rien à cette production québécoise, c’est plutôt l’aspect nostalgie face aux artistes en vogue qui m’intéresse ici.

Ce n’est pas simple. Le public réclame des grandes vedettes, mais ne répond à l’appel qu’à temps partiel, pour toutes sortes de raisons, bonnes ou mauvaises. Il faudra essayer de trouver un juste équilibre dans l’offre, s’assurer que les prix ne soient pas trop élevés et espérer, aussi, que les agents d’artistes ne soient pas trop échaudés lorsque l’engouement envers leurs protégés n’y est pas…

Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article

 

Lundi 3 juillet 2017 | Mise en ligne à 14h04 | Commenter Aucun commentaire

Petite virée à Tadou, avec Annegarn et cie

Dick Annegarn en concert à Tadoussac, le 1er juillet - photo Nicolas Houle

Dick Annegarn en concert à Tadoussac, le 1er juillet - photo Nicolas Houle

Croyez-le ou non, je n’avais encore jamais eu la chance d’aller au Festival de la Chanson de Tadoussac. D’une part, je n’ai jamais été celui, au boulot, qui était en mission de couverture. De l’autre, il y avait toujours quelque chose qui me retenait ailleurs. Mauvaises excuses, direz-vous…

Je me suis arrangé pour que ça fonctionne cette année, à tout le moins une journée. Mon grand incitatif : une rare visite de Dick Annegarn, musicien et poète des plus originaux, qui jongle habilement avec les mots et qui insère les traditions blues et world à sa musique comme on en entend rarement dans la Francophonie.

La météo était plutôt capricieuse, ce qui ne m’a pas empêché de retrouver à Tadoussac cette atmosphère chaleureuse que j’ai souvent connue «en face» ou presque, au Festi Jazz de Rimouski, c’est-à-dire une proximité avec les artistes, un lien facile et sympathique avec la communauté, un rythme quotidien un brin au ralenti, festivités obligent, sans oublier une vue superbe sur le paysage.

Entre deux marches le long de la grève ou dans le village, j’ai attrapé une portion du spectacle de Luc De Larochellière, ainsi que la performance de Bernhari, tous deux en très bonne forme. Quant à Annegarn, il ne m’a pas déçu.

Simplement accompagné de sa guitare ou d’un harmonica –quand il n’était pas carrément a cappella avec sa puissante voix, comme sur Même en hiver- l’artiste aux racines hollandaises a offert un très beau tour d’horizon de son répertoire, avec humour et spontanéité. Dans le lot, la méconnue Y allions, qui remonte aux années 80, une saisissante Rabbi Jésus, la touchante Enfant sans mère, sans omettre l’ensoleillée Quelle belle vallée. En rappel, une version sentie d’Où es-tu Mohand? – l’album Un’ ombre (2002) a d’ailleurs été bien représenté.

Bien sûr, les classiques de la première heure, comme Sacré Géranium et Bébé éléphant, ont trouvé leur place aussi.

Avec les Amis du verbe, Annegarn procède à une collecte des chansons que le public s’est accaparé au fil des ans par l’entremise de la tradition orale. C’est dans cet esprit qu’il a donné son spectacle, proposant même V’là l’bon vent, avec la participation des spectateurs et ne craignant pas de démontrer d’où venaient ses propres chansons ou son inspiration.

Certains, plus orgueilleux, vous diraient que leurs compositions viennent entièrement d’eux. Pas Annegarn, qui a raconté que Pierre était sa relecture de Georgia On My Mind et que Ubu empruntait à Maurice Chevalier.

Annegarn a récemment lancé Twist, qui n’est pas encore distribué chez nous – pour les amateurs du support physique, à tout le moins. Espérons que cette première visite en quelques 15 ans mettra la table pour une autre, plus tôt que tard.

Aucun commentaire  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    août 2017
    D L Ma Me J V S
    « juil    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives