Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Depuis ses débuts, Patrick Watson a été en ascension constante, peaufinant son art d’un album à l’autre, jusqu’à l’immense Adventures in Your Own Backyard (2012).

Comment donner suite à pareil enregistrement? En se renouvelant ou en continuant dans la même voie ? Le Montréalais semble avoir eu du mal à trancher. D’une part, il y a quelques changements notables au plan sonore, dus au départ du fidèle guitariste Simon Angell, remplacé par Joe Grass, ainsi qu’à la présence de François Lafontaine (Karkwa) aux claviers, mais de l’autre, Watson continue de privilégier des aventures aériennes, où sa voix de fausset est parfois si haute, qu’il n’en reste qu’un filet.

lovesongs

Si l’album démarre de manière prometteuse avec la pièce-titre, Good Morning Mr. Wolf ou Hearts et ses harmonies vocales réussies (un des aspect intéressant de l’album, d’ailleurs), par la suite on s’enlise peu à peu dans des titres de facture sonore, orchestrale et structurelle similaires, où la retenue frôle l’excès et où l’on cherche la puissance mélodique à laquelle Watson nous a habitués.

Le mixage, qui manque sérieusement de relief et tend à étouffer les crescendos, n’aide en rien.

Love Songs For Robots est un album feutré, assez linéaire, qui compte assurément de bons passages, mais qui souffre au jeu des comparaisons avec ses prédécesseurs.

J’avais déjà quelques réserves lorsqu’on a annoncé qu’on offrait une carte blanche sur les plaines d’Abraham à Patrick Watson pour le prochain Festival d’été – sa place est assurément au Pigeonnier. À l’écoute de cet album, j’en ai encore davantage.

Évidemment, Watson et sa bande pourront donner plus de mordant aux pièces sur scène, mais je ne suis pas sûr qu’il a là la meilleure collection de compositions pour un gros show extérieur. Il devra se faire créatif. Mais en ce domaine, il est habituellement en contrôle…

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Visiblement, Ian Anderson tient à ce que les albums de Jethtro Tull résistent à l’usure du temps. Après avoir réédité l’ensemble du catalogue du groupe il y a une douzaine d’années, il refait l’exercice, cette fois avec la complicité de Steven Wilson (Porcupine Tree).

Plusieurs titres ont déjà été dépoussiéré avec un traitement royal, dont l’inévitable grand classique qu’est Thick As A Brick. Pas sûr que tous méritent des éditions de luxe, par contre… Certains, comme Warchild, sont nettement moins forts et ont moins bien vieilli, mais en bon père de famille, Anderson ne semble pas vouloir commettre d’injustice…

Donc pour dépoussiérer Minstrel in The Gallery, paru en 1975, Anderson a fait les choses en grand : Steven Wilson signe un nouveau mixage superbement équilibré, ramenant le chant, éclairci, à l’avant-plan, donnant plus de mordant aux guitares et à la basse et retranchant les effets d’écho trop prononcés. À cela s’ajoutent des enregistrements de la BBC, des versions alternatives inédites ainsi qu’un concert de l’époque.

Le tout est offert en stéréo, ainsi qu’en 5.1. Un transfert sans compression de la version originale est aussi inclus. Un costaud livret de 80 pages, richement documenté, couronne le tout.

La parution serait d’un intérêt limité si la musique n’était pas à la hauteur, or voilà, les pièces rassemblées ici figurent parmi le meilleur ce qu’a enregistré Jethro Tull : les compositions sont brillantes, les orchestrations, qui mettent à contribution une section de cordes, étoffées, et l’exécution impeccable.

Fait intéressant, il n’y a pas de baisse de régime ou de creux vague. Chaque piste est à sa place et le produit final apparaît moins figé ou forcé que sur une parution comme A Passion Play (dont la la version préliminaire, qui figure en pièces détachées sur Night Cap, m’apparaissait plus intéressante).

D’autre part, après l’utilisation du saxophone qui ne réussissait pas tellement bien au Tull, le groupe a sagement laissé de côté l’instrument sur Minstrel. Enfin, le chant d’Anderson -qui n’a jamais été, faut bien le dire, exceptionnel- apparaît assuré et fluide ici.

À mon sens, il s’agit du dernier grand album de Jethro Tull, avec une équipe de musiciens de premier ordre qui formaient vraiment un groupe, plutôt qu’une équipe engagée et interchangeable comme c’est devenue le cas à partir des années 80.

Certes, les Too Old to Rock’n'roll…, Songs From The Wood, Heavy Horses comptent aussi des moments forts, mais jamais le band n’a signé, par la suite, d’autres albums aussi réussis que celui-là.

Cette réédition, baptisée «La Grande Edition» est une belle occasion de redécouvrir cet enregistrement.

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Vendredi 8 mai 2015 | Mise en ligne à 9h13 | Commenter Commentaires (2)

My Morning Jacket: mûr pour élargir son public

Depuis le temps que My Morning Jacket fait son petit bonhomme de chemin et qu’on parle du talent de son leader, Jim James, il paraît dans l’ordre des choses que le groupe élargisse son public. Or jusqu’à maintenant, la formation n’avait peut-être pas l’album lui permettant de ratisser plus large. The Waterfall lui donnera des munitions.

Sur ce septième album, la troupe ne tente pas de se réinventer, mais plutôt de se raffiner. On a ainsi droit à des compositions finement ciselées et réalisées (toujours avec la complicité de Tucker Marine), où le long souffle, voisin du progressif, se mêle tour à tour à des couleurs country-folk, des accents quasi-mystiques, des touches soul et, bien sûr, à la puissance rock.

Plusieurs titres de The Waterfall, telle l’excellente Tropics (Erase Traces) prennent l’allure de périples musicaux bien organisés, quoique jamais forcés, entre lesquels s’immiscent des segments davantage acoustiques (superbes Live A River et Get The Point).

Jim James apparaît plus en maîtrise que jamais à la voix et à la guitare (quoique avait plus de retenue), tout comme ses comparses, qui l’appuient ou lui donnent la réplique avec assurance.

De quoi récompenser les fans de leur patience.

Faudrait bien les voir sur les planches à Québec. Suis persuadé qu’il y a un public pour eux ici…

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