Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Mardi 21 octobre 2014 | Mise en ligne à 9h22 | Commenter Commentaires (5)

Pouvait-on sauver Woodstock en Beauce?

La nouvelle est tombée vendredi : les organisateurs de Woodstock en Beauce lancent la serviette. Terminé le festival de Saint-Ephrem, après 20 ans d’activités.

La nouvelle en a secoué plusieurs, mais ce qui est vraiment surprenant, c’est que l’événement ait tenu le coup jusque là. On s’en souviendra, il y a quelques années, André Gagné, le grand manitou, menaçait de mettre fin à son festival s’il ne pouvait pas trouver du financement. Il espérait alors se rendre jusqu’au chiffre magique de “20″. Il a réussi, de peine et de misère.

On ne se réjouit jamais de voir un événement disparaître, or Woodstock vivotait depuis quelques années.

Pouvait-on encore sauver l’événement? Pas sûr. Il aurait fallu que les organisateurs réagissent plus tôt en donnant un sérieux coup de barre, quitte à changer drastiquement l’image du festival et le type d’expérience offerte aux festivaliers.

Tandis que plusieurs festivals se sont mis à bourgeonner et que d’autres ont peaufiné leur offre, Woodstock est resté associé aux groupes de has been et au gros party intense dans un champ.

Certes, il y a eu des efforts pour diversifier et rajeunir le contenu, notamment en apportant de l’électro, mais il n’y a pas eu de coup de barre suffisant et l’étiquette “vieux rockers, groupes hommage et beuverie” est restée… Il faut dire qu’à la base, Woodstock référait au fameux événement américain, peuplé de hippies, en 1969…

En 2014, qu’est-ce que ça prend pour attirer des festivaliers en région?

1) De l’exclusivité. Qu’on le veuille ou non, ce qui faire courir les gens, ce sont d’abord et avant tous les artistes qu’ils pourront voir. Si on leur sert des visages qu’ils ont vu au courant de l’année ou des noms qui sont un peu “passés de date”, la motivation est moindre.

2) Une personnalité forte. Les événements généralistes ont de plus en plus la vie dure, tandis que les événement de niche tendent à s’assurer une clientèle fidèle.

3) Un minimum de confort. Tous les festivals extérieurs font de grands efforts depuis quelques années afin que les visiteurs apprécient leur expérience.

4) Un prix attrayant. Moins c’est cher, plus c’est tentant.

Quand on fait le compte, ces derniers temps, c’est surtout sur le point 4 que se distinguait Woodstock. Au fil des ans, l’événement s’est fait damier le pion par le Rockfest de Petite Nation qui, en dépit d’une année 2013 qui a fait rager le public côté installations, a su rebondir en 2014 avec des noms que même des géants comme le Festival d’été ou Osheaga n’ont pu obtenir.

La disparition de Woostock est un autre exemple que le milieu culturel vit des temps difficiles. Reste à espérer que la case qui se libère sera occupée de manière adroite par un nouveau joueur ambitieux, plutôt que par un petit joueur généraliste sans personnalité forte…

Pleurez-vous la disparition de Woodstock en Beauce?

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Jeudi 16 octobre 2014 | Mise en ligne à 12h02 | Commenter Commentaires (3)

Austérité: Budweiser à la rescousse du Cercle

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Les diffuseurs de contenu culturel n’ont jamais eu la vie facile, mais depuis environ trois ans, on sent qu’on est sur une pente descendante à Québec. Après les belles années où le public avait développé de bonnes habitudes de sortie et où l’offre et était au beau fixe, le ciel est pas mal plus ennuagé.

Jetez un oeil du côté du Colisée: je ne sais pas si c’est volontaire, afin de marquer un «avant» et un «après» l’avènement du nouvel amphithéâtre, mais un seul show est prévu cet automne. Quelle grande vedette viendra donc? Un groupe hommage à Pink Floyd! Preuve que ça ne va pas particulièrement bien, on a décidé de déplacer ce spectacle au pavillon de la Jeunesse.

Quiconque suit un tant soit peu ce qui se passe dans le milieu culturel a de quoi s’inquiéter pour ce qui se brassera quand l’amphithéâtre arrivera: le public sortira-t-il encore moins dans les lieux autres que le vaste aréna? Est-ce que les salles se videront au profit de l’amphithéâtre et de ses configurations variables?

Ces questions, pertinentes, on les a déjà posées. On est rendu à un autre stade. Car si les Arts sont un miroir de la société, l’offre culturelle est un baromètre social: quand les gens sortent moins, ce n’est pas seulement parce que l’offre est moindre ou qu’elle leur semble moins attrayante, mais aussi parce qu’ils ont moins de sous à dépenser. Et c’est dans l’ordre de choses: les coûts des taxes et services, de même que des biens de consommation sont loin d’être à la baisse, tandis qu’il y a un climat d’austérité qui prévaut, coupures et fermetures étant devenu un vocabulaire utilisé au quotidien.

Le Cercle, lieu dynamique accueillant autant l’émergence musicale que l’underground et les figures de l’indie n’échappe pas à la morosité ambiante. Pour se sortir du pétrin, la salle de spectacles située sur Saint-Joseph a opté pour un partenariat avec Budweiser, comme le révélait ma collègue Valérie Gaudreau. Certains représentants de la gauche crieront au scandale, mais entre mourir ou survivre, pourquoi pas un partenariat, aussi singulier puisse-t-il paraître?

Évidemment, faut savoir lire entre les lignes. Budweiser a des intérêts à s’implanter dans le milieu et à se développer une nouvelle clientèle. Et derrière, il y a des géants qui aiment s’associer avec ce commanditaire, comme Live Nation ou AEG qui placent leurs billes. Traditionnellement Live Nation ne gère pas d’amphithéâtre. C’est plutôt sa rivale, AEG, qui s’y intéresse. Or comme Quebecor est en place pour le nouveau Colisée, les deux compagnies joueront du coude pour amener leur offre en ville et vendre leurs tournées.

Par ailleurs, Live nation est partenaire naturelle d’evenko —et donc du Centre Bell—depuis un bail et evenko ne veut certainement pas laisser Québécor lui faire de l’ombre. De toute évidence, chaque pièce dans l’échiquier du showbizz est importante pour ces gros joueurs, tandis que les plus petits chamaillent pour leur survie.

Bref, ça joue dur dans le milieu et ça ne fait que commencer. Il ne faut pas se leurrer, le Sommet Vision Culture 2025 tenu par la ville de Québec, fin septembre a pris l’allure d’une vaste entreprise de relations publiques pour calmer les inquiétudes du milieu et de la population. Or les pensées magiques et la poudre aux yeux ne pourront pas éternellement fonctionner. Il faut arriver avec des solutions concrètes rapidement et à ce chapitre, le Cercle a bien fait de réagir.

Pas sûr que Bud fracassera des records de vente au Cercle ou que cette bière deviendra soudainement attrayante ou plus comestible, mais je suis certain que les amateurs de musique seront heureux de remplir les lieux quand ils ont auront de la visite de bands qui nous visitent rarement comme ç’a été le cas avec Beach House, il y a peu… Reste juste à espérer que le Cercle ne perde pas son âme dans l’équation et conserve son ouverture envers les différents genres.

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Vendredi 10 octobre 2014 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Commentaires (4)

Les vagues de Beach House à Québec

En cette période où le public se fait prier pour sortir et apprécier l’offre culturelle, il faisait bon, jeudi, de voir le Cercle rempli à pleine capacité pour le passage du duo Beach House. Je ne m’attendais pas à moins, remarquez: le band est auréolé d’un buzz durable depuis la sortie de son troisième album, Teen Dream (2010) et de son arrivée chez Sub Pop. Et puis il était à sa toute première halte en ville…

J’étais bien curieux de voir la formation à l’oeuvre, d’autant qu’elle venait augmentée de trois musiciens: un batteur, un bassiste et un guitariste. J’ai apprécié ma soirée, mais je suis loin d’en être ressorti renversé.

D’entrée de jeu, Victoria Legrand (voix, claviers) et Alex Scally (guitare, basse, claviers, choeurs) ont rappelé qu’ils étaient d’abord un duo et ont donc lancé le spectacle à deux, armés de leurs boîtes à rythmes et de leurs programmations. Pour tout dire, ç’a débuté assez lentement.

Victoria Legrand, charismatique sous sa longue tignasse, a noué contact adroitement en causant avec le public en français et en racontant quelques anecdotes, notamment sur sa grand-mère, originaire de Sherbrooke.

Quand le batteur s’est joint à la bande, une dynamique plus intéressante s’est installée. Parmi les titres convaincants, il faut souligner l’excellent A Walk in the Park. On appréciait le travail minutieux de Scally côté son ainsi que la voix riche et assurée de Legrand. Par contre, il y avait une retenue constante et on ne sentait pas que les pièces s’imbriquaient de manière à créer un momentum. Autrement dit, on avait des vagues et des creux de vagues…

Environ à mi-chemin, l’arrivée d’un bassiste et d’un autre guitariste a permis d’enrichir passablement la proposition. Les bons coups ont été plus nombreux, mais là encore, c’était en dents de scie: on accélérait souvent pour revenir au neutre…

On peut blâmer la séquence choisie -le pacing, en bon français- mais il y a d’autres éléments. D’abord, la dream pop de Beach House gravite toujours autour des mêmes tempo, ce qui ne permet pas de grandes variations. Ensuite, le duo tient à rester collé aux moutures de base de ses chansons: les boîtes à rythmes et les pistes enregistrées sont toujours présentes, même quand ils sont cinq sur scène, ce qui tient les musiciens en laisse. Les pièces auraient pu être amenées ailleurs et auraient pu bénéficier d’un peu de variantes ou d’improvisation…

Cela dit, la bande savait où elle s’en allait. Et hormis quelques notes mal placées du côté de la voix -attribuables peut-être aux harmonies ou aux effets de flanger qu’affectionne Legrand, je n’ai pas parfaitement réussi à mettre le doigt dessus- il n’y avait pas grand chose à redire de l’exécution.

Donc quand ça fonctionnait, ça fonctionnait vraiment bien: je pense à 10 Mile Stereo, solide, avec un crescendo senti ou à Myth, qui a conclu le spectacle de manière impeccable.

Bien content d’avoir eu la chance de voir le band à Québec, mais pour ratisser un peu plus large, Beach House aurait intérêt à varier un peu sa proposition, sans quoi il risque de plafonner.

Vous y étiez?

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