Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Mardi 30 juin 2015 | Mise en ligne à 14h56 | Commenter Commentaires (16)

Steven Wilson: créativité, virtuosité et… vide

**Avertissement: Amateurs de prog à l’épiderme sensible et fans inconditionnels de Steven Wilson, ce texte pourrait vous choquer.**

J’étais au concert de Steven Wilson à l’Impérial lundi. Même si je n’ai pas été entièrement conquis par Hand. Cannot. Erase., il n’était pas question que je manque la visite de ce créateur hyper doué. Cependant, j’en suis ressorti déçu. Oui, à la base, Wilson a du bon matériel. Oui, il traîne avec lui des musiciens de premier ordre. Et pourtant, lors de la plupart des interprétations, j’ai ressenti un vide profond. La technique, les prouesses et l’esbroufe ont pris le dessus sur le reste, si bien qu’une fois la boucane dissipée, il restait bien peu à se mettre sous la dent… Et ça m’a désolé.

Je suis la carrière de Wilson depuis les presque tout débuts. J’ai vu aller les différentes métamorphoses de Porcupine Tree, j’ai vu le projet No-Man prendre ses envolées autant que Blackfield ou IEM. Et j’ai été très intéressé par tout ça, où il y avait beaucoup de haut et bien peu de bas. Au début des années 2000, j’avais d’ailleurs fortement suggéré au FEQ de mettre le groupe à l’affiche, ce qui s’était finalement concrétisé avec la tournée de Deadwing – merci Jean Beauchesne!

Rétrospectivement, je crois qu’il s’est amorcé un tournant lorsque le batteur Chris Maitland a quitté Porcupine Tree. Steven Wilson a alors recruté Gavin Harrison. Un formidable technicien, mais dont le jeu froid, saccadé et technique faisait contraste avec celui plus chaleureux, senti et aérien de son prédécesseur.

J’ai néanmoins aimé In Absentia et je n’ai pas détesté Deadwing, mais peu à peu, j’ai perdu de l’intérêt devant l’arrivée des accents métal qui étaient en phase avec une certaine mode, le surplace créatif et le virage technique qui s’amorçait au sein du band. À l’époque de The Incident, je m’étais entretenu avec Richard Barbieri, le claviériste, qui admettait lui-même que le groupe était dû pour se réinventer.

Finalement, Wilson a décidé de partir de son côté. Il a tenté plein de trucs pour secouer sa créativité sur Insurgentes, a pondu un album superbe avec Grace For Drowning, puis a décidé de devenir directeur artistique, sorte de grand chef d’orchestre d’une équipe de musiciens embauchés, de fort calibre, avec le pertinent The Raven That Refused To Sing.

J’ai tiqué quand Wilson m’a raconté qu’il se voyait un peu à la manière d’un Frank Zappa. Ce n’est pas inintéressant qu’il laisse un autre guitariste s’exprimer à sa place, mais dans le processus, sa touche personnelle tend à se diluer.

Ça se sent moins sur disque, mais en spectacle, c’est criant (on peut comparer le live de Luminol en 2012 avec le concert de Porcupine Tree de 2001, ci-dessous, pour voir combien l’atmosphère n’est pas la même). Déjà, on le sentait un peu sur Hand. Cannot. Erase.: Wilson commence à écrire en fonction de ses virtuoses et arrive, au final, avec de la musique pour les musiciens: hop, une passe de guitare débile ici, hop, des prouesses de fou à la batterie là, hop, des contorsions pour jouer cette passe de basse. Mais dans le processus, on perd de vue l’essentiel, qui est la chanson qu’on présente et dont la cohérence et la sensibilité s’étiolent.

Cette longue analyse pour en venir au show de lundi: j’ai vu et entendu ce que je n’avais pas tellement envie de voir, ni d’entendre. La créativité de Wilson noyée dans des excès de prouesses en tout genre; des musiciens qui sont davantage préoccupés à démontrer leur savoir-faire qu’à servir les chansons; des livraisons trop souvent froides et sans âme. Le tout se prenant très au sérieux, à la limite du prétentieux.

C’est comme si un glissement s’était opéré: Wilson impressionnait jadis avec ses compositions et le travail de son groupe, qui avait une signature collective bien à lui, dorénavant, il se repose davantage sur le travail individuel de chacun alors qu’ironiquement, ces musiciens sont interchangeables, du moins en tournée.

Certes, Wilson a le profil de l’intello cérébral, mais il sait -ou savait- profondément émouvoir, d’autant qu’il est un mélodiste très doué. Je ne peux pas dire que j’ai vibré très fort, lundi. Certes, la première partie du show affichait une belle cohérence, mais c’est rapidement devenu un mélange de prétextes aux excès de toutes sortes, loin d’être tous brillants. Dave Kilminster, pourtant solide à la guitare (on l’a vu aux côtés de Waters, entre autres), n’était d’ailleurs pas profondément à son aise. C’est dans les solos où il faisait dans l’économie, qu’il était le meilleur…

Je ne vais pas voir Wilson et sa bande pour un exercice de gymnastique musicale, mais pour entendre de la musique audacieuse, touchante, originale et novatrice. Si, dans l’exercice, il y a quelques passe-passe éblouissantes, c’est la cerise sur le gâteau, mais je n’ai pas envie de huit chaudières de cerises, le gâteau me suffit…

Hand

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Jeudi 11 juin 2015 | Mise en ligne à 12h31 | Commenter Commentaires (3)

Muse : retour au son mordant du trio

Avant même que Muse ne s’attèle à la tâche pour donner forme à Drones, les gars disaient vouloir se dépouiller des excès de leurs récents albums pour retourner à la formule trio qui les définit. Ils ont tenu parole et offrent quelque chose de plus épuré sur ce 7e enregistrement, dans la mesure, bien sûr, où Muse peut faire dans l’économie.

S’associant au vétéran producteur Mutt Lange (Def Leppard, Bryan Adams, AC/DC), les Britanniques y vont d’un album-concept s’articulant autour de la guerre moderne et de sa déshumanisation. On suit un soldat qui cesse de réfléchir pour devenir une machine de guerre, puis est l’objet d’une prise de conscience et décide de se rebeller.

Muse arrive ici avec une de ses réalisations les plus achevées et des plus mordantes. Certes, les gars ne font pas dans la haute subtilité (il y a des lignes de textes qui sont loin d’être poétique!) et il est vrai que le spectre de Queen ou Radiohead n’est jamais très loin, mais il reste que le band s’appuie sur du matériel bien ficelé et bien rendu.

Pour faire contrepoids aux lignes les plus costaudes (convaincantes Psycho ou Reapers), le groupe propose quelques passage nuancés, dont la pertinente Aftermath, aux accents blues. Matt Bellamy y va de riffs efficaces à la guitare, affiche son aisance habituelle à la voix, tandis que la batterie de Dominic Howard sonne comme une tonne de brique, bien soutenue par Christopher Wolstenholme (basse).

Ça dérape un peu en fin de parcours, avec The Globalist qui passe d’un boléro à la Morricone à des citations d’Edward Elgar, puis avec le chant polyphonique a cappella de Drones, mais pas assez pour chasser l’impression que Muse a pondu là un de ses meilleurs albums.

Drones

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Le Festival d’été de Québec nous a habitués à ce qu’il y ait deux prix au laissez-passer: un premier, qui se trouve à être plus ou moins le prix régulier de l’année précédente et un deuxième, après la vente initiale d’une quantité limité d’unités, où il y a une augmentation qui se chiffre autour de 10$.

Pour la première fois cette année, une autre augmentation apparaît. À compter d’aujourd’hui, les retardataires, qui préféraient attendre et payer de 10$ de plus, plutôt qu’être pris dans la cohue de la première vente, auront à payer un autre 10$ de plus, s’ils ont trop tardé. Donc du 78$ initial, puis du 88$ “régulier”, on vient de passer à 98$.

L’idée est simple: on veut inciter les gens à se procurer le laissez-passer immédiatement, plutôt que de tarder et, finalement, de ne pas l’acheter. Dans le contexte actuel, où la morosité économique et le climat d’austérité tendent à éloigner le grand public des salles de concert et des événements culturels, on peut comprendre l’offensive du FEQ.

Toutefois, on peut se demander jusqu’à quel point ce sera payant. En entrevue, l’organisation dit avoir vendu davantage que l’an dernier, à pareille date. Comme on n’a aucune statistique, on doit lire entre les lignes: les ventes vont bien, mais on n’a pas nécessairement dépassé les chiffres finaux de l’an dernier, où on n’avait pas écoulé tous les laissez-passer.

Or maintenant qu’il passe à 98$, est-ce que les retardataires reviendront au bercail? J’en doute. On a peut-être réussi à inciter une portion du public à s’acheter le fameux laissez-passer, mais à partir de maintenant, on les décourage. Cette approche est donc une arme à double tranchant, qui pourrait desservir le FEQ, au moins cette année. Peut-être qu’à compter de l’an prochain, si on maintient cette pratique, on réussira à inculquer une sorte de réflexe au consommateur, mais je reste partagé sur les avantages de la chose. Le grand public aime rarement se faire forcer la main — on n’a qu’à se rappeler l’échec de la vente à l’aveugle.

Avez-vous votre laissez-passer? Seriez-vous moins motivé à mettre la main dessus maintenant qu’il est passé de 78$ à 98$ – même si, on le sait, ça reste un aubaine au regard de la quantité de spectacles auxquels il donne accès?…

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