Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Samedi 10 décembre 2016 | Mise en ligne à 21h11 | Commenter Aucun commentaire

Y étiez-vous? Johnny Cash au Québec, en 1988

June Carter Cash, Johnny Cash et, à l'arrière-plan, leur fils John Carter Cash, lors de leur passage à l'Agora de Québec, en 1988 - photothèque Le Soleil

June Carter Cash, Johnny Cash et, à l'arrière-plan, leur fils John Carter Cash, lors de leur passage à l'Agora de Québec, en 1988 - photothèque Le Soleil

Il fut un temps où l’on n’avait guère besoin de personnificateurs ou de spectacles-hommage pour apprécier, de visu, le répertoire de Johnny Cash. À l’été 1988, par exemple, l’homme en noir était de passage au Québec pour partager ses chansons – ainsi que la scène.

Le 30 juillet, le légendaire musicien posait ses pénates à l’Agora. «John n’a pas changé, notait la journaliste du Soleil, Andrée Roy. Même habillement noir, même profil d’aigle, il chante «ses meilleures» à la suite, se donnant à peine le temps de s’essuyer le visage après chacune.»

Celui qui avait l’habitude de faire son entrée en disant «Hello, my name is Johnny Cash», avait donc enfilé de grands succès comme Ring of Fire ou Folsom Prison Blues sans omettre de glisser quelques pièces plus récentes. Il venait alors de lancer Johnny Cash is coming to town.

The Man in Black n’était pas venu seul. Il avait invité son fiston John Carter Cash à le rejoindre. Ce dernier, alors âgé de 18 ans, a donné la réplique à son père sur quelques pièces, en plus d’assaisonner cette soirée country d’un peu de rock avec son interprétation du Johnny B. Goode, de Chuck Berry.

Comme cette tournée avait quelque chose de familial, Cash a aussi laissé le micro à sa femme, June Carter Cash. Elle a mis sa propre énergie dans l’Agora, donnant un ton endiablé à la soirée: «La voix parfois rauque, June Carter Cash se présente dans la plus pure tradition country avec des chansons à l’emporte-pièce qu’elle ponctue de coups de pied», écrivait aussi Andrée Roy, notant que son style était fort différent de celui de son mari.

Ce concert extérieur des Carter Cash avait attiré entre 3000 et 3500 amateurs.

Y étiez-vous?

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Le réalisateur Don Was raconte qu’à pareille période l’an dernier, les Rolling Stones entraient en studio pour enregistrer le successeur de A Bigger Bang (2005). Ce qui devait être un album de chansons originales a pris un tournant insoupçonné lorsque, bloqués dans la création, la bande s’est mise à jouer une version impromptue du classique Blue & Lonesome, qui a été enregistrée.

Les Stones ont alors laissé de côté les compositions et, en trois jours, ont pondu des reprises de classiques du blues signés Willie Dixon, Memphis Slim ou, encore, Howlin’ Wolf. Et quelles reprises! Les vieux routiers se consacrent ici à la musique qu’ils ont toujours chéri avec un plaisir communicatif, une formidable intensité, un groove du tonnerre et une parfaite justesse émotive, que ce soit dans des balades, comme la pièce-titre, dans des chansons dynamiques telle Just Like I Treat You ou encore sur la sulfureuse Hoo Doo Blues.

Eric Clapton vient prêter main forte à Keith Richards et Ronnie Wood sur deux titres, à la six cordes, tandis que Mick Jagger est en voix plus que jamais, lorsqu’il ne souffle pas dans l’harmonica. Un album mûri durant toute une carrière, mais servi avec la magie de l’instant, avec un son volontairement vieillot, qui immortalise un groupe en parfaite maîtrise de son art.

À noter que l’album physique compte un livret bien documenté, qui relate la genèse du projet et situe les 12 pièces dans le temps.

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Jeudi 8 décembre 2016 | Mise en ligne à 14h07 | Commenter Commentaires (10)

RIP Greg Lake, le ELP à la voix d’or

La mort continue de secouer l’univers du rock. Cette fois, c’est du côté du progressif qu’elle a frappé: le chanteur et bassiste Greg Lake s’est éteint à l’âge de 69 ans.

Membre de la première heure de King Crimson, Lake s’est surtout illustré avec le groupe Emerson, Lake & Palmer (ELP), avec lequel il avait eu droit à une reconnaissance internationale. Il s’est éteint mercredi après «une longue et entêtée lutte contre le cancer», peut-on lire dans la page Facebook d’ELP.

Il s’agit du deuxième membre du trio à s’éteindre cette année. En mars, le claviériste Keith Emerson s’était enlevé la vie.

S’il était un bassiste talentueux, c’est d’abord la voix d’or de Greg Lake qui avait ravit les oreilles. On l’avait découvert sur les deux premiers albums de King Crimson, In The Court of the Crimson King (1968) – notamment sur la pièce-titre ainsi que sur Epitaph – et In The Wake of Poseidon.

C’est en 1970 que Lake avait joint les rangs de ELP – une formation qui est passée bien près de se nommer HELP, puisque les musiciens avaient songé à former un quatuor avec Jimi Hendrix. La troupe a endisqué plusieurs albums, dont l’éponyme (1970), le redoutable Tarkus (1971), un des albums emblématiques du progressif et Brain Salad Surgery (1973), avec l’ambitieuse suite Karn Evil 9 et sa pochette signée H.R. Giger.

Personnellement, les deux premiers enregistrements demeurent mes préférés d’ELP. Non seulement la bande apparaît en symbiose, plutôt que trois entités séparées, comme ça deviendra le cas, au fil des ans, mais le jeu de chacun, dont le chant de Lake, sur des pièces comme Take A Pebble, est hautement mémorable – écoutez le clip ci-haut. Il ne faut pas non plus oublier qu’en plus de la basse, il savait se débrouiller à la guitare.

Entre deux prouesses techniques d’Emerson ou de Palmer et de spectaculaires effets visuels lors des concerts, Greg Lake avait pris l’habitude d’intégrer des ballades, qui permettaient de donner de la chaleur aux propositions du groupe, même si, à une certaine période, on avait quelque peu tombé dans la recette. Les chansons Lucky Man, From The Beginning ou C’est la vie, sont parmi celles de Lake qui mettaient à l’honneur à son timbre unique, de même que son sens mélodique.

La formation Emerson, Lake & Palmer avait par ailleurs développé une complicité particulière avec le Québec, enregistrant un album live au Stade olympique de Montréal, en 1977 – In concert, lancé deux ans plus tard.

Au lendemain de la première séparation du band, en 1979, Greg Lake s’est consacré à sa carrière solo. Malheureusement, dès lors, le meilleur était derrière lui. Il a oeuvré quelque temps au sein d’Asia, puis dans Emerson, Lake & Powell, où Cozy Powell officiait à la batterie.

Dans les années 90, Emerson, Lake & Palmer avait connu un second souffle, qui a vu les Britanniques tourner de nouveau autour du globe, avec l’album Black Moon (1992). Cette résurrection avait été toutefois d’assez courte durée, ce qui n’avait pas empêché la bande de se réunir de manière épisodique. Ce n’est pas un grand secret: il y a régulièrement eu des frictions entre les gars de ELP…

«C’est une famille qui se chamaille, mais qui, lorsqu’elle se réunit, peut faire des trucs fantastiques, m’avait-il confié en 2012. Il y a une chimie spéciale avec ELP, et c’est fantastique quand les musiciens jouent ensemble comme une seule entité. Mais rien ne dure éternellement, et ELP a connu son âge d’or entre 1970 et 1976. [...] Le band a continué de refaire surface à différentes occasions, et je serai toujours heureux de jouer avec ELP, mais, oui, c’est une situation où vous ne pouvez pas vivre avec eux, mais vous ne pouvez pas vivre sans eux. Tous les groupes sont comme ça : les Rolling Stones, Led Zeppelin… Pour avoir un grand groupe, vous devez avoir des gens qui sont passionnés. Et les passionnés s’affrontent, car ils veulent voir leur vision se concrétiser.»

Même si sa belle voix s’était voilée à partir de la fin des années 80 et qu’il avait perdu d’agilité dans les aigus, Greg Lake se débrouillait toujours bien au chant et avait poursuivi quelques projets, dont son ultime tournée, Songs of a lifetime, qui l’avait mené au Québec en 2012 et où, seul sur les planches, il revoyait les titres marquants de sa carrière, entre deux anecdotes.

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