Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Lundi 23 mars 2015 | Mise en ligne à 9h34 | Commenter Commentaires (5)

La fin de l’AgitéE, le début d’une réflexion

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On apprenait la semaine dernière que c’en était fait de l’AgitéE, le bar-coop situé sur Dorchester. Après plus de huit années d’activités, la salle fermera ses portes le 30 juin. Les détails ici.

Ce type de nouvelle n’est jamais réjouissante. Trop souvent, c’est signe d’une santé chancelante côté culturel. Et de fait, on voit depuis environ 5 ans un déclin graduel dans la fréquentation des salles. Il y a des spectacles annulés, d’autres remis, d’autres, encore, soldés…

Bien des éléments peuvent expliquer cela. Hausse de niveau de l’offre, hausse de la qualité des spectacles dans l’environnement considéré gratuit qu’est le Festival d’été, morosité économique, tendances sociales, etc…

Certains diront que c’est simplement la loi de l’offre et de la demande. Et il est vrai que, compte-tenu du bassin d’habitants à Québec, nous sommes assez choyés, bien qu’on l’ait été davantage. Si l’AgitéE ferme sa salle, l’émergence continuera d’avoir des scènes ailleurs, certes. Or L’AgitéE occupait une case particulière. On y donnait voix à différents types de spectacles plus marginaux qui ne trouvaient pas nécessaire une scène aisément au centre-ville, qu’il s’agisse de punk, de métal ou, encore, de reggae.

Il y a certainement une réflexion à y avoir. Est-ce qu’il y a trop de spectacles à Québec? Ou est-ce qu’on doit trouver une nouvelle façon d’intéresser le public? C’est ce qu’on semble penser au Petit Champlain et au Cercle, où on redouble d’effort pour varier la programmation, le type d’événements et, aussi, la mise en marché.

Visiblement, pour faire sortir le public, ça semble prendre plus que les noms qui sont sur l’affiche: des promotions, une expérience, un confort, des éléments faisant sortir les spectacles de l’ordinaire. Certains promoteurs optent d’ailleurs pour de mini-festivals.

Dans ce blogue, nous avons amplement parlé de l’impact que pourra avoir l’ouverture de l’amphithéâtre chez les diffuseurs. Mais en ce moment, le fameux aréna avec sa salle de concert à capacité variable n’est pas encore ouvert et bien des lieux ont déjà la vie difficile.

Certains pointent des éléments tout simple, comme le froid de ce dur hiver pour expliquer la présence à la baisse dans les salles, mais on peut se demander si le problème est plus profond. L’offre est peut-être plus grande qu’au début 2000, mais il y a eu des années plus fastes, avec une meilleure réponse du public. Quant à la qualité de ce qui est proposé, elle n’a pas chuté.

Il y a certainement une morosité économique -ou à tout le moins une “prudence”- qui sous-tend ça. Et peut-être que les habitudes de sortie qui s’étaient prises aux alentours de 2008-2009 se sont graduellement perdues.

De votre côté, qu’est-ce que ça vous prend pour sortir? Avez-vous des habitudes en ville? Quels sont les éléments les plus importants? L’artiste à l’affiche? L’ambiance? La qualité des installations? La dimension exclusive de la perfo?

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Vendredi 20 mars 2015 | Mise en ligne à 11h50 | Commenter Commentaires (8)

Festival de jazz: Chapeau bas, les gars!

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C’est la fin d’une grande aventure pour Gino Ste-Marie et Simon Couillard. Et sans doute le départ de plusieurs autres. Le fondateur du Festival de jazz de Québec et celui qui était le directeur de la programmation et des communications ont donné leur démission, comme vous pouvez le lire ici.

Cette nouvelle en a fait réagir plus d’un, moi le premier. Gino Ste-Marie avait fondé ce festival autour de son défunt restaurant, Le Largo, sur la rue St-Joseph, en compagnie de Virginie Hamel et de Carlos Ste-Marie.

À l’époque, ça faisait des années que le jazz était moribond à Québec. Avec l’arrivée du Largo, puis du festival, il y a eu un second souffle, qui s’est propagé aux autres bars et salles de la ville qui s’intéressaient au genre. Dès la deuxième année du Festival, né en 2007, Simon Couillard s’est joint à l’équipe. Il a rapidement pris du grade et est devenu un des piliers de l’organisation. Avec des moyens modestes, mais avec beaucoup d’ambition et de fierté, la bande a donné l’influx nécessaire à l’envol de ce beau projet. N’est-ce pas dans le cadre intimiste du Largo qu’on a vu John Abercrombie avec son quartet, comprenant notamment Marc Feldman et Joey Baron? N’y a-t-on pas vu aussi Christian Scott et combien d’autres…

Il faut dire qu’avec le chaleureux accueil qu’il réservait aux musiciens, Gino Ste-Marie parvenait à nouer de solides contacts. Bien des jazzmen faisaient un détour par le Largo avec bonheur: ils savaient qu’ils seraient traités en roi. Même la jazzwoman Lorraine Desmarais a enregistré une pièce qui portait le nom du fameux resto…

C’est ainsi que le Festival s’est mis à grandir et à investir plein de salles. Au passage, l’événement a su garder une étiquette toute québécoise, à encourager la relève et, bien sûr, à inviter des pointures internationales comme Paolo Fresu, Erik Truffaz, Joe Lovano ou Wynton Marsalis. Mieux, des talents d’ici se sont mis à côtoyer sur scène ceux d’ailleurs, comme Dave Liebman.

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Quand on sait comment le jazz n’est pas la branche la plus lucrative, les gars ont fait des miracles. Toutefois, ce n’est un secret pour personne, comme bien des événements consacrés au jazz, il y a eu des années déficitaires qui se sont mises à hanter le festival. Parallèlement, mais c’est forcément lié, Gino a malheureusement dû fermer le Largo. Le C.A. a veut aujourd’hui redresser la situation et Gino et Simon, qui auraient pu rester à bord ont préféré poursuivre leur route ailleurs.

Ce n’est pas moi à de dire qui a raison ou qui a tort dans cette mésentente qui se solde par le départ des deux piliers de l’événement.

Il faut toutefois saluer le travail exceptionnel que Gino Ste-Marie et Simon Couillard ont fait au plan artistique. Avec peu de moyen et en peu de temps, ils ont fait grandir l’événement à toute allure et lui ont permis d’acquérir un statut international. Ce n’est pas rien.

Salut les gars! On se reverra sans doute à l’occasion d’un autre projet musical!

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Jeudi 12 mars 2015 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Commentaires (6)

Steven Wilson: au sommet, enfin

Steven Wilson est train de réaliser ce qu’il n’a jamais réussi à faire avec sa formation la plus connue, Porcupine Tree: figurer au sommet des palmarès. Avec son récent album Hand. Cannot. Erase. le prolifique britannique est entré en 13e position des ventes en Angleterre. Aux États-Unis, il arrive en 39e position, ce qui est loin d’être mauvais: à titre comparatif, Noel Gallagher, présentement numéro 1 au Royaume-Uni, est en 35e.

Chez nous, Archambault le place en première position devant les Imagine Dragons, Bobby Bazini et autres Sam Smith. Et c’est ainsi dans plusieurs autres pays. C’est quand même pas rien, d’autant que Wilson n’a jamais tenté de faire de courbette à la mode – sauf, peut-être, quand il a flirté avec le métal au sein de Porcupine Tree, tout en restant très mélodique.

Avec Hand. Cannot. Erase., Wilson poursuit dans la veine de ses trois autres albums solo, en particulier The Raven That Refused To Sing : il articule son écriture autour d’un concept, et fait appel à une équipe de musiciens de premier ordre.

Cette fois, il s’inspire du cas d’une jeune femme retrouvée morte dans son appartement d’une grande ville après trois ans, bien qu’elle avait amis et famille… Les pièces sont écrites du point de vue de la jeune femme.

Bien qu’il ait touché à plusieurs veines de la musique, Steven Wilson reste associé au rock progressif. Hand. Cannot. Erase. trahit à maintes reprises le fait qu’il ait été occupé à remixer et à remastériser de grands classiques du prog ces dernières années. Il y a donc un parfum 70s qui plane parfois sur l’album, comme c’était le cas sur The Raven

Mais il y a aussi de la pop, avec des ballades volontairement accrocheuses, des programmations, liées à des passages atmosphériques, ainsi que des rythmiques qui puisent du côté du métal. On trouve même des accents funk sur l’intéressante Home Invasion.

Bien que je sois fan de longue date de Wilson, j’ai mis du temps à me faire une tête à propos de Hand. Cannot. Erase. Au final, je le range parmi les réussites de Wilson, mais pas nécessairement avec ses grands crus.

Hand. Cannot. Erase. est assurément un très bon album, réalisé avec le soin qu’a l’habitude d’apporter Wilson à son travail. Les pièces sont bien développées, bien orchestrées. Et le mariage des genres est loin d’être dénué d’intérêt, quoiqu’il affecte l’unité de l’oeuvre. À ce chapitre, Grace For Drowning, qui reste mon favori parmi les albums solo de Wilson, était nettement plus achevé. Je ne déteste pas non plus la présence de voix féminines, qui s’imposait avec le sujet – même si le chant pleurnichard de Ninet Tayeb m’irrite un brin.

Toutefois, l’écriture n’est pas toujours aussi forte qu’elle l’a déjà été chez Wilson. Les éléments pop m’apparaissent un peu trop faciles. Pour ce qui est des mélodies bien tournées, je préfère ce que Wilson a pu faire avec Porcupine Tree sur Stupid Dream et Lightbulb Sun, -deux sommets de PT à mon sens- ou avec Blackfield. D’ailleurs, la très belle Transience nous ramène au Porcupine Tree début 2000, avec sa facture acoustique.

Les segments prog flirtent parfois dangereusement avec les clichés du genre, avec des jeux de contrastes trop élevés et des envolées volontairement complexes, comme si Wilson avait voulu s’assurer que les Marco Minneman (batterie), Guthrie Govan (guitares), Nick Beggs (basse) et Adam Holzman (claviers) soient tenus bien occupés. Ou comme s’il avait voulu les épater, plutôt que de se mettre uniquement au service des chansons. C’est ce qui me garde d’apprécier pleinement 3 Years Older, qui reste néanmoins une bonne compo. Par contre, ça marche vraiment bien sur Ancestral qui s’annonce comme un moment fort sur scène.

Après avoir atteint un cul-de-sac avec Porcupine Tree et No-Man —deux projets qui ont donné des albums remarquables— il semble que ce soit en solo que Wilson a trouvé le meilleur terrain pour s’exprimer musicalement. Ce n’est pas parfait, Insurgentes, son premier, demeure imbuvable pour moi, mais avec Grace For Drowning, The Raven… et maintenant Hand… Wilson a trouvé le terrain de jeu qu’il cherchait. J’aimerais l’entendre davantage à la guitare et je troquerais parfois la virtuosité au profit de quelque chose de plus senti et unifié, or il reste qu’il n’a pas perdu l’inspiration, ni la forme.

Et qu’il récolte enfin l’attention, bien méritée, d’un plus large public.

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