Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Jeudi 11 décembre 2014 | Mise en ligne à 15h40 | Commenter Un commentaire

The Decemberists: la prudence d’abord?

Les Decemberists s’apprêtent à lancer leur nouvel album, What a Terrible World, What a Beautiful World, le 20 janvier.

Entre-temps, le band de Colin Meloy a fait paraître deux simples. Du nombre Make You Better, qui est accompagné d’un clip franchement tordant!

Malheureusement, côté chanson, le groupe semble opter pour la prudence. Évidemment, il est tôt pour trancher sur ce que sera l’album, mais disons que les deux extraits arrivent sans grande surprise. Vrai qu’il est intéressant d’entendre la formation exploiter davantage la contrebasse sur Lake Song et opter pour la nuance, mais du reste, on est en terrain connu.

Rien de bien marquant pour nous accrocher, donc, sinon que la réalisation est fort soignée.

Personnellement, c’est surtout avec The Crane Wife que que le groupe m’a convaincu de son potentiel – quel disque remarquable! The Hazards of Love, ambitieux opera rock, a effrayé certains. Pourtant, c’est là que les Américains étaient à leur zénith.

The King Is Dead a eu l’allure d’une pause, Meloy et compagnie optant pour la simplicité et la sobriété après les aventures complexes. Curieusement, bien que certains ont salué l’effort, l’album ne semble pas avoir tourné très longtemps dans les lecteurs. En tout cas, assez peu dans le mien…

Espérons, donc, que ces premiers extraits ne sont pas trop indicatifs de ce que le groupe nous réserve avec What a Terrible World, What a Beautiful World, car il sait tellement faire mieux.

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Mardi 9 décembre 2014 | Mise en ligne à 10h44 | Commenter Commentaires (15)

Pink Floyd : le fond du baril

Avec The Endless River, Pink Floyd a signé l’un des albums les plus attendus de 2014. L’un des plus décevants aussi.

Un mois plus tard, qu’en reste-t-il? Bien honnêtement, pas grand chose en ce qui me concerne – et on ne reviendra pas sur le visuel de la pochette, qui est loin de faire honneur aux années de Storm Thorgerson.

Comme je n’avais pas eu l’occasion d’en traiter dans le blogue et comme Ace4Kiss me demandait d’y revenir, je me suis replongé dedans.

La plus grande réussite? La mise en marché, sans conteste. J’ai rarement vu un album aussi omniprésent dans l’espace médiatique. Partout dans Internet —que ce soit dans Facebook, YouTube ou ailleurs— des pubs surgissent régulièrement à l’écran. Ça, c’est sans compter dans les médias écrits ou les traditionnels panneaux extérieurs.

Sinon, The Endless River est exactement ce à quoi je m’attendais: un album de restants. On a une série d’idées, parfois bonnes, parfois douteuses, développées de façon sommaire, que David Gilmour et ses complices se sont efforcés de tricoter ensemble pour en tirer quelque chose de cohérent.

À bien des égards, cet enregistrement m’apparaît un condensé de l’histoire du groupe, à la limite de la caricature. It’s What We Do, seul titre substantiel à part la finale Louder Than Words, ressort tous les claviers de Wish You Were Here. La batterie de Mason, ici, est si peu inspirée et basique que c’en est parfois gênant… En revanche, Gilmour a toujours ce son unique à la six cordes.

Sur Skins, Mason est plus énergique et nous ramène à l’époque psychédélique de Saucerful of Secrets et de Ummagumma. C’est prometteur, mais au final, ça s’en va nulle part…

À mi-parcours, l’album trouve davantage de sens, même si, là encore, on a souvent l’impression de “déjà entendu”.

Je n’ai pas détesté la proposition de On Noodle Street, avec des claviers jazzy autant qu’ambiants, et une guitare davantage bluesy, mais comme dans l’ensemble de l’album, il y a au final peu d’idées et elles sont peu développées. Ça donne l’impression d’un band qui se cherche…

Les deux segments de Allons-y, qui font aussi «déjà entendu», mouture de Pink Floyd sans Roger Waters, sont entrecoupés d’une vieille bande de Rick Wright à l’orgue plutôt intéressante.

Talkin’ Hawkin’ est un autre élément que je trouve pas si mal dans le lot. Bien sûr, c’est un cousin de Keep Talkin’

Quant au seul titre chanté, qui clôt l’ensemble, Louder Than Words, il est correct, mais sans plus, livré par un Gilmour dont la voix n’a plus sa souplesse des beaux jours — ça, on ne peut lui reprocher, quand même…

Les mordus des Floyd le savent: les chansons du groupe laissées de côté sont plutôt rares. Même avec le projet de réédition Why Pink Floyd?, peu de matériel inédit a fait surface. Le matériel de The Endless River, dérivé de ce long jam que devait être l’instrumental The Big Spliff, puis augmenté, est donc une exception.

Est-ce qu’il méritait une parution à lui seul, ainsi qu’un remodelage en règle? Pas sûr. Je crois plutôt qu’on aurait dû faire ce qu’on fait généralement avec ce type d’inédits: des titres boni à joindre à l’album initial, dans ce cas-ci The Divison Bell. Ç’aurait fait une excellente réédition, plutôt qu’un album discutable, qui laisse croire qu’on est rendu à gratter le fond du baril…

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Mercredi 3 décembre 2014 | Mise en ligne à 12h31 | Commenter Commentaires (7)

Metheny: lâche les robots, Pat!

Petit retour dans le temps: il y a deux semaines, Pat Metheny était de retour à Québec, quatre ans après s’être arrêté avec son projet solo Orchestrion.

Pour ceux qui ne le savent pas, Orchestrion est un “trip” que s’est payé le guitariste avec des robots. Metheny s’est fait en effet construire un orchestre complet, activé mécaniquement. De vrais instruments — cymbales, tambours, accordéon ou autres — l’entourent, donc, et sont activés à distance. Ce n’est pas juste impressionnant, c’est beau à voir, car la présentation est très soignée.

L’aventure Orchestrion était plus ou moins intéressante sur disque — une machine, aussi nuancée soit-elle, ne serait jamais meilleure qu’un instrumentiste et, au mieux, est aussi intéressante que la composition qu’elle défend — mais avait certainement quelque chose de spectaculaire sur scène. Toutefois, quand on fait du jazz, rien de tel qu’un band vivant…

Donc Metheny est revenu à Québec avec son Unity Group, première visite en ville sous forme de groupe, après, sauf erreur, près de 25 ans… Et quelle formation: Chris Potter (saxophones, flûte), Giulio Carmassi (claviers, voix), Ben Williams (contrebasse) et Antonio Sanchez (batterie).

Le show s’est bien amorcé. Il y a une belle chimie dans cet ensemble et ça fait du bien d’entendre du saxo dans l’univers de Metheny. Et puis Sanchez est époustouflant derrière ses fûts.

Malgré tout, j’ai peu à peu déchanté. Après avoir mis la table avec sa troupe, Metheny a décidé d’ajouter son Orchestrion (vous ne pensiez pas que je vous avais parlé de tout ça sans raison, quand même!)…

Dès lors, c’est comme si on avait eu deux bands en action. L’un en chair et en os, l’autre mécanisé. Le son a rapidement été saturé, tellement que l’Orchestrion en venait à faire ombrage au band. On sentait bien que les musiciens étaient en retenue et que les instruments étaient dédoublés, au point où on perdait les nuances.

Heureusement on a eu des segments où Metheny oeuvrait en duo avec chacun de ses musiciens, ce qui a permis de mieux exploiter les talents individuels des jazzmen, mais du reste, je suis resté très partagé sur l’expérience. Même des pièces où l’Orchestrion était plus discret, comme le classique Are You Going With Me? souffraient des excès de strates sonores…

C’est dommage, parce que le programme était très intéressant, avec des pièces tirées de toute les facettes de la carrière de Metheny, de l’album Bright Size Life au récent Kin en passant Offramp, 80/81 ou Letter From Home.

En fait, j’ai souvent eu l’impression que Metheny voulait recréer son Pat Metheny Group, mais avec d’autres visages et sans l’excellent complice de la première heure, le sous-estimé Lyle Mays.

Quoi qu’il en soit, j’ai quitté le Palais Montcalm avec une certitude: si le show était loin d’être mauvais, je n’ai pas encore eu la chance d’assister à un spectacle où Metheny sert ce qu’il sait faire de mieux…

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