Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Vendredi 19 septembre 2014 | Mise en ligne à 9h39 | Commenter Commentaires (2)

U2: les faux pas de l’album gratuit à 100 millions$

U2songs

Il semble s’être passé une éternité depuis le lancement-surprise, en grande pompe, du nouvel album de U2, tant les commentaires de toutes sortes ont afflué.

La poussière à peine retombée, qu’est-ce qu’il en reste?

Un grand coup d’éclat, certes. Qu’on aime ou pas, le band a frappé fort avec ce lancement-surprise spectaculaire.

Mais aussi d’indéniables faux pas, qu’on a pu constater dans les jours qui ont suivi et qui sont venus entacher l’ouvrage de U2.

Prendre les fans par surprise? Réussi. Leur offrir l’album gratuitement? Passe encore bien. Aller leur mettre directement dans leur bibliothèque? Ça, c’est nettement bien moins accueilli.

Dans les premières heures suivant le lancement, c’est en allant sur iTunes qu’on pouvait mettre la main sur le fameux album, mais par la suite, il est apparu à même votre équipement. Certains ne le voyaient pas, d’autres ne voulaient pas le voir. Pire, Apple a dû mettre sur pied un site pour que ceux qui voulaient se débarrasser de l’album puissent le faire. Aïe, ça, ça fait mal….

Dans tout ça, il y a deux erreurs de perception très importante, à mon sens.

1) laisser croire, de manière indirecte, qu’un album de U2, ça ne vaut plus rien, même si le band aurait mis la main sur un montant non divulgué et aurait eu droit à une campagne promotionnelle valant pas moins de 100 millions$, gracieuseté d’Apple, selon le New York Times.

2) forcer la consommation en ne laissant pas le choix au consommateur d’aller le télécharger lui-même, selon son souhait. Voilà qui renforce la perception que l’album est tellement pas bon, qu’on doit forcer le public à l’avoir dans sa bibliothèque.

En somme, au lieu de jouer la rareté et le prestige, on a joué la carte du partage forcé, comme si on envoyait un échantillon cheap d’un produit quelconque dans la boîte aux lettres des gens en espérant qu’ils mordent à l’hameçon.

Derrière tout ça se cache pourtant un album réussi. Ceux qui pestent contre le contenu ont visiblement oublié que le U2 des grands jours, on l’écoute en faisant tourner les disques des années 80. On a eu un album très honnête de la part d’un band qui veut se maintenir no 1 en jouant pour le plus grand nombre.

On verra comment ça se passera pour la prochaine phase. Pas sûr que cette fois, U2 ira porter des albums vinyles blancs doubles dans tous les foyers…

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Mercredi 17 septembre 2014 | Mise en ligne à 12h04 | Commenter Commentaires (5)

Le budget de la rentrée musicale

La rentrée automnale est invariablement synonyme de nouvelles parutions musicales. Et ces nouvelles parutions, synonymes de dépense… Euh, attendez, c’est de moins en moins vrai.

La dégringolade des ventes de disques se poursuit. Billboard révélait récemment que les chiffres ont atteint leur niveau historique le plus bas à la fin août, avec un montant hebdomadaire totalisant 3,97 millions$ – la première fois depuis que les données sont compilées, en 1991, qu’elles sont sous la barre des 4 millions$. En 2013, les ventes, à la même période de l’année, atteignaient les 4,88 millions$.

J’ai eu la chance cet été de voyager à l’extérieur du pays. Et en bon amateur de musique que je suis, j’ai espéré déniché quelques magasins de disques où je pourrais trouver des raretés. Échec. Que ce soit en Angleterre ou en Europe, le marché poursuit sa mutation et la musique devient plus que jamais intangible.

C’est en effet du côté de l’écoute en ligne —le «streaming»— que le public se tourne de plus en plus. Vrai qu’avec des sites comme Deezer, où vous pouvez avoir, avec un abonnement gratuit, accès à une discothèque complète et même à la plupart des nouveautés le jour même de la sortie, pourquoi dépenser davantage?

Évidemment, dans l’équation, la qualité d’écoute, la qualité sonore et la durée de vie d’un album ne se comparent en rien à celle d’un album dans lequel on a investi des sous. Mais ça, c’est une autre paire de manche…

Bref, la musique est de plus en plus considérée comme «gratuite». Et U2 est venu renforcer cette croyance la semaine dernière. Le band a en effet fait l’équation qu’il remporterait davantage en obtenant un gros montant d’Apple, puis en lançant un album avec un matériel boni et en partant en tournée, qu’en invitant le public à acheter leur «produit de base».

Comment ça se passe chez vous? Avez-vous encore et toujours un budget «album» ou mettez-vous davantage vos deniers du côté des spectacles et du merchandising?

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Mardi 9 septembre 2014 | Mise en ligne à 20h02 | Commenter Commentaires (14)

U2: le coup de maître

Ne cherchez plus quelle sera la date de sortie du très attendu nouvel album de U2. Songs of Innocence est disponible. Là, maintenant. Mieux, il est gratuit sur iTunes, livret compris.

Dans ce qui est tentant de qualifier de plus grand lancement d’album de l’histoire, la bande à Bono et à The Edge a décidé de frapper un grand coup.

Poursuivant une alliance fructueuse avec Apple, les Irlandais ont profité des lancements du nouvel iPhone 6, de la digital Wallet et de la iWatch lors d’un événement organisé par la compagnie, en Californie, pour braquer les projecteurs sur leur nouveau bébé. Une habile stratégie de marketing digne du plus grand band actif de la planète.

Le temps de le dire, l’album a ainsi pu rejoindre les quelques 500 millions d’utilisateurs des différentes plateformes d’Apple à travers 119 pays.

Vous préférez l’album physique? Eh ben attendez au 13 octobre, date à laquelle les chansons ne seront plus disponibles gratuitement.

Non, l’industrie de la musique n’est assurément plus la même qu’il y a 15 ans. Si vous aviez encore des doutes quant à sa mutation, ils devraient désormais être partis en fumée…

N’empêche, U2 a prévu rebondir en octobre avec un disque supplémentaire pour l’édition physique, comptant des versions acoustiques des pièces ainsi que quatre chansons supplémentaires. Une édition double, sur vinyle blanc, est aussi dans les plans.

Pour l’instant, c’est la mise en marché qui fait jaser. Mais est-ce que les compositions sont à la hauteur de ce coup d’éclat?

Aux premières écoutes, il faut répondre oui. Dans le livret, les gars racontent s’être tournés vers leurs influences de jeunesse (il est question de Joey Ramone sur le premier titre, il y a une pièce pour Joe Strummer) et certains titres font des clins d’oeil aux années 80, ce qui sied parfaitement au quatuor, à témoins les solides Volcano ou This is Where You Can Reach Me Now. Entre deux chansons plus rythmées, Bono sait aussi se faire plein de sensibilité et de délicatesse en ayant recours à une voix de fausset sur Sleep Like A Baby Tonight.

Et bien sûr, il y a les pistes comme Iris (Hold Me Close), traitant de la mort de la mère de Bono, ou la politique Raised By Wolves, empreints de l’unique touche de U2, qu’on retrouve à travers le jeu de batterie de Larry Mullen, Jr., certaines intonations que seul Bono peut avoir, les guitares avec effets d’écho (le fameux «delay») de The Edge ou encore le son musclé d’Adam Clayton à la basse.

Rien de révolutionnaire ou de profondément audacieux, d’autant qu’à ce stade de sa carrière, comme bien des artistes aguerris, U2 est tenté de regarder en arrière. Or ce n’est plus à une révolution qu’on s’attend de la part des Irlandais. On souhaite simplement que le band donne le meilleur de lui-même.

C’est parfois trop léché et sur certaines pistes, la réalisation est appuyée, mais le matériel est solide et pertinent, tout comme les interprétations.

Il est encore bien tôt pour oser proposer une pleine appréciation, mais disons que le bébé se présente bien. Très bien.

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