Nicolas Houle

Archive de la catégorie ‘Général’

Samedi 24 septembre 2016 | Mise en ligne à 12h11 | Commenter Un commentaire

Y étiez-vous? King Crimson au pavillon de la Jeunesse, en 1973

King Crimson à Québec, le 22 mai 1973. De gauche à droite: David Cross, John Wetton et, toujours discret, Robert Fripp (on voit un bout de la tignasse de Bill Bruford). - Photo archives, Le Soleil

King Crimson à Québec, le 22 mai 1973. De gauche à droite: David Cross, John Wetton et, toujours discret, Robert Fripp. - Photo archives, Le Soleil

King Crimson vient de lancer Radical Action To Unseat The Hold Of Monkey Mind, qui documente la tournée 2015, avec ses deux dates à Québec – trois, si on inclut le spectacle privé réservé aux fans. Hormis le fait qu’on trouvait trois batteurs, cette série de concerts se distinguait par son répertoire: pour la première fois depuis le milieu des années 70, le matériel de la période 69-74 était au programme.

Selon ce que j’ai pu dénicher dans les archives, le groupe est venu à quatre reprises en ville entre 1971, soit juste avant la parution de l’album Islands, et 1974, année où il s’est mis en hibernation une première fois. La troupe du guitariste Robert Fripp s’est même produite deux fois en 1973, pour soutenir Lark’s Tongues In Apic.

Le premier de ces concerts était le 22 mai, au Pavillon de la Jeunesse et Jacques Marois avait non seulement été sur les lieux pour Le Soleil, mais il avait réussi à jaser un peu avec Fripp. Celui-ci lui avait confié: «Je ne m’entends même pas jouer, alors comment voulez-vous que je fasse de la grande musique. Je sais que les gens attendent beaucoup de moi, mais d’un autre côté, s’il n’en tenait qu’à moi, je refuserais de jouer.»

Comme pour lui donner raison, la qualité sonore au Pavillon était mauvaise au point qu’on parle de «torture génératrice de maux de tête pour la plupart des auditeurs». N’empêche, le public qui découvrait alors la nouvelle formation de Fripp, avec John Wetton (voix, basse), David Cross (violon, claviers) et Bill Bruford (batterie) avait été conquis. Et ce, malgré le fait que le groupe avait opté presque uniquement pour la nouveauté: les pièces de Lark’s Tongues In Aspic constituaient l’essentiel du programme.

Le public avait en effet réservé «dix minutes d’ovation délirante». En guise de rappel, le roi Crimson avait servi une reprise de 21st Century Schizoid Man, tirée de son tout premier album.

Y étiez-vous?

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Mercredi 21 septembre 2016 | Mise en ligne à 12h02 | Commenter Aucun commentaire

Leonard Cohen – un nouvel extrait pour ses 82 ans

Dans un mois jour pour jour, Leonard Cohen lancera son 14e album studio. En attendant, question de célébrer ses 82 ans, le poète montréalais lance un premier extrait, You Want It Darker.

La voix grave de Cohen est au rendez-vous. Peut-être un peu plus râpeuse que par le passé, mais toujours vibrante, dans une facture minimaliste, où une chorale apporte une touche mystique. C’est n’est pas un hasard: Cohen explore l’esprit religieux sur un groove soutenu par une section rythmique assez discrète et un orgue Hammond.

Dans cette pièce qui est, comme son titre le laisse présager, sombre,
Cohen se fait critique des cruautés humaines justifiées par la religion: «Didn’t know I had permission to murder and to maim»…

Rien de révolutionnaire au plan musical – ce n’est plus ce qu’on attend de l’artiste – mais ça n’en touche pas moins la cible. Notons que c’est son fils, Adam, qui s’est chargé de la réalisation.

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La rentrée est décidément riche en parution de qualité. La trompette de Nils Petter Molvaer hante mes écouteurs depuis plusieurs jours déjà et c’est certainement loin d’être terminé…

Voilà une vingtaine d’années que Nils Petter Molvaer peint de singuliers paysages sonores avec sa trompette, mariant les genres et incorporant au jazz des éléments de l’instrumentation électronique.

Avec Buoyancy, le Norvégien s’est proposé d’explorer la thématique sous-marine. Il en est ressorti avec ce qui est probablement son meilleur album.

Dès Ras Mohammed, on est happé par ce nouveau matériel, où l’on est tour à tour en suspension, secoué par de violents courants ou encore ébahi par des envolées lumineuses. Il règne ici un superbe équilibre entre passages impressionnistes et mélodies fortes, entre envolées touffues et moments épurés.

Molvaer s’illustre sans ne jamais éclipser le remarquable travail de ses complices et défend des compositions franchement bien écrites, comme l’époustouflante Amed, qui se débobine sur près de dix minutes.

Buoyancy séduit aussi par l’étendue de ses sonorités. La trompette y est magnifiée par la pedal steel, le banjo, la contrebasse sur laquelle on pose parfois l’archet, ou encore, pour les segments plus fougueux (formidable Jackson Reef), les éléments électroniques et la distorsion.

Autant d’éléments qui nous transportent dans un voyage sous-marin si fascinant, qu’on veut s’y replonger, dès qu’on arrive à destination.

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