Nicolas Houle

Archive, septembre 2017

Vendredi 15 septembre 2017 | Mise en ligne à 11h03 | Commenter Aucun commentaire

Prophets of rage: le rage des vétérans

Quand les trois quarts de Rage Against The Machine -Tom Morello, Tim Commerford et Brad Wilk- ont fait équipe avec DJ Lord et Chuck D de Public Enemy, ainsi qu’avec B-Real de Cypress Hill pour partir sur la route sous le nom de Prophets of Rage, on a immédiatement senti le potentiel du projet.

Restait à voir si les gars sauraient s’inscrire dans le temps, surtout que, voyant l’urgence de monter sur scène pour dénoncer l’hypocrisie des politiciens américains durant la campagne présidentielle de 2016, le supergroupe avait plongé sans véritable répertoire original. C’est maintenant chose faite avec un album complet. Et un bon.

Rien de très étonnant dans la proposition musicale, mais c’est d’une efficacité redoutable. Les rappeurs, aux voix mûries, pondent de solides textes pour dénoncer les injustices raciales, sociales, militaires ou monétaires, tout en faisant des appels à l’unité.

Morello, lui, livre des solos incendiaires sur sa six cordes, quand il ne s’assure pas d’installer des mélodies derrières les MC, tandis que la section rythmique de Commerford et Wilk défend des grooves d’enfer. Les Unfuck the World, Legalize Me, Hail To The Chief ou encore Strenght In Numbers sont autant de moments forts de ce pertinent album.

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Mardi 12 septembre 2017 | Mise en ligne à 15h01 | Commenter Commentaires (3)

The National: l’usure du temps

Plus les années passent, plus The National est lent à pondre ses albums. Quatre ans se sont ainsi écoulés entre Sleep Well Beast et son prédécesseur. Certes, les musiciens ont été occupés par divers projets parallèles, or on sent que la machine originaire de Cincinnati n’avance plus aussi aisément que dans ses belles années – ce qui ne veut pas dire qu’elle a perdu sa touche.

La troupe continue de creuser le sillon qui est le sien, se reposant sur des orchestrations subtiles, en demi-teintes, sur une rythmique inventive et s’appuyant, bien sûr, sur la voix de baryton caractéristique de Matt Berninger.

Ce dernier chante la réalité de sa génération, le temps qui passe, l’usure des relations amoureuses. C’est fait avec la minutie propre à The National -et même, parfois, avec la fougue presque punk que le band aime déployer à l’occasion.

Il y a d’indéniables réussites (Walk It Back, Day I Die, Guilty Party, The System Only Dreams in Total Darknes), or on sent que The National peine à sortir de sa zone de confort et, lorsqu’il le fait, comme sur l’atmosphérique pièce-titre ou sur Born To Beg, il peine à convaincre, s’enlisant dans la linéarité…

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Mercredi 6 septembre 2017 | Mise en ligne à 14h26 | Commenter Commentaires (6)

Arcade Fire: comment gagner son pari

Arcade Fire dans le ring du Centre Vidéotron - photo Caroline Grégoire

Arcade Fire dans le ring du Centre Vidéotron - photo Caroline Grégoire

Vous le savez, les ventes de billets pour le spectacle d’Arcade Fire au Centre Vidéotron ont été laborieuses. Devant pareil scénario, d’autres formations auraient baissé les bras et auraient préféré annuler – pensez The Weeknd, Red Hot Chili Peppers. Mais Arcade Fire s’est tenu debout et, à mon sens, est sorti gagnant de ce concert qui aura beaucoup fait jaser. Ma critique de la performance ici.

Soyons honnête, les Montréalais ont un peu été artisans de leur malheur. Hormis le spectacle au Festival d’été, en 2010, ils ne s’étaient jamais produit à Québec – j’en ai discuté avec Richard Reed Parry ici. Par ailleurs, jusqu’à cette année, le groupe n’avait pas voulu s’entretenir avec la presse locale – et ce n’est pas faute d’avoir essayé-, préférant même consacrer leur temps passé à Québec, en 2010, au New York Times ou au Rolling Stone… Tout ça peut se défendre, dans le contexte d’un développement international, mais a forcément un impact.

Si on ajoute que Everything Now, ainsi que la tournée Infinite Content ont été lancés à un moment qui n’était pas idéal -la période estivale-, le public n’a pas répondu très fort à l’appel. Certains ont aussi été déçus des nouvelles chansons…

Les sources officielles parlaient de 5000 personnes au Centre Vidéotron. Et sur le lot, il y avait beaucoup de billets donnés. Québec n’est cependant pas une exception: les fans de d’autres villes canadiennes se font tirer l’oreille…

Comme si tout ça ne suffisait pas, Arcade Fire s’est compliqué la tâche en optant pour une scène centrale, permettant d’accueillir encore davantage de monde dans les arénas et rendant à peu près impossible les «formules concert»…

Il n’y avait qu’une façon de sortir gagnant de cette aventure: monter sur le ring – littéralement, puisque c’est ainsi qu’on avait aménagé la scène. Arcade Fire l’a fait avec un très bon concert, énergique à souhait, avec de solides interprétations.

Je suis persuadé que les Montréalais ont marqué des points et auront à la fois solidifié le lien avec leurs fans, en plus d’en gagner d’autres. Reste à voir si le groupe aura la bonne idée de revenir plus tôt que tard pour cimenter tout ça…

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