Nicolas Houle

Archive, août 2017

Mardi 29 août 2017 | Mise en ligne à 11h22 | Commenter Commentaires (5)

Steven Wilson: dose d’airs pop

Lorsqu’il a lancé sa carrière solo, Steven Wilson était arrivé dans une sorte de cul-de-sac avec Porcupine Tree: la formation était allée au bout de l’esthétique prog-métal qu’elle avait préconisée durant ses dernières années d’activités.

Le même phénomène menaçait Wilson : The Raven That Refused To Sing, Hand. Cannot. Erase. et le mini EP 4 1/2 étaient sensiblement issus du même moule: un rock progressif mélodique, ambitieux et cohérent, défendu avec de grands techniciens.

Wilson a la bonne idée de s’en éloigner avec To the Bone, au profit d’une facture pop. Collaborant notamment avec Andy Partridge (XTC), le Britannique traite de la technologie moderne, de l’ère de post-vérité ou encore de terrorisme sans perdre de vue les lignes accrocheuses ou ses racines prog.

Il s’offre de pertinents duos, dont un superbe avec Sophie Hunger (Song of I), intègre des sonorités moins communes chez lui, comme l’harmonica, et explore les possibilités de sa voix de fausset.

S’il opte parfois pour des formules qu’il a touchées par le passé, il ne se tire pas moins d’affaire de très belle manière dans cette art-pop finement exécutée, qui l’a mené en tête du palmarès britannique. Tellement, que la longue Detonation, en fin de parcours, jure presque dans le lot…

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Samedi 26 août 2017 | Mise en ligne à 11h53 | Commenter Commentaires (2)

Queens of the Stone Age: sans faux pas (de danse)

Quand la formation Queens of the Stone Age a annoncé que Mark Ronson (Bruno Mars, Amy Winehouse) réaliserait son septième album, plusieurs ont froncé les sourcils. Josh Homme et sa bande auraient-ils vendu leur âme au diable en échange d’une place en tête des palmarès?

Nul besoin de déchirer sa chemise: Ronson n’a transfiguré personne. Tout au plus, il a accentué certains traits du groupe ou s’est permis de légers ajouts comme des choeurs féminins, des cordes ou des cuivres.

Oui, on peut trouver des titres davantage dansants, comme The Way You Used To Do ou le punky Head Like A Haunted House, mais QotSA n’a pas eu à faire le grand écart pour s’aventurer dans cette direction. On trouve en effet tous les ingrédients propres au band, simplement présentés sous un autre angle.

Il y a donc toujours des grooves d’enfer, le jeu mordant des musiciens, des sonorités pertinentes (excellente Un-Reborn Again) ou des envolées instrumentales planantes, voire sombres.

Villains est sans doute plus accessible que le reste de la discographie du groupe et le chant remarquable de Homme est davantage à l’avant-plan, mais surtout, cet album témoigne d’un groupe qui continue de progresser sans perdre son identité et sans trop faire de faux pas.

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Jeudi 24 août 2017 | Mise en ligne à 15h36 | Commenter Commentaires (3)

RIP John Abercrombie, l’intemporel

Rude semaine pour les amateurs d’art, toutes disciplines confondues. Après le départ de l’immense Réjean Ducharme -on l’associe bien sûr en premier lieu à la littérature, mais on pourrait jaser longuement des formidables textes qu’il a signés pour Robert Charlebois – on pleure l’un des grands du jazz: John Abercrombie. Le guitariste s’est éteint le 22 août, d’une attaque cardiaque. Il avait 72 ans.

Sans mauvais jeux de mots, Abercrombie était «timeless», à l’instar du titre de son tout premier album en tant que leader chez ECM. Intemporel, car Abercrombie n’a jamais vraiment appartenu à un courant précis. Comme il me le disait lors d’une entrevue, en 2009, il était la somme de ses expériences en territoire fusion, free ou dans une veine plus conventionnelle. Ces dernières années, il défendait une musique qui, quoique moderne, se voulait héritière des Coltrane, Evans ou Montgomery.

«Je n’ai jamais décidé de vivre de mon art; l’aspect financier n’était pas une considération, m’avait-il confié. J’ai simplement joué la musique que j’avais envie de jouer et je suis chanceux, car j’ai eu la chance de gagner ma vie ainsi. [...] Je fais ce que j’adore et c’est génial, car je suis payé pour faire ça. Je ne suis pas payé beaucoup, mais suffisamment.»

Abercrombie se distinguait autant par sa verve, que son écoute ou son sens mélodique. Les amateurs de Québec ont été plutôt chanceux, car on a pu l’entendre à maintes reprises ces dernières années: il s’est arrêté à Lévis en 2009, puis à Québec en 2010, 2012 et 2014.

Abercrombie était un gars fidèle. L’Américain a non seulement enregistré chez ECM tout au long de sa carrière, mais il aimait entretenir des relations à long terme avec ses complices, comme le pianiste Marc Copland ou, dans son quatuor, le violoniste Mark Feldman, le batteur Joey Baron et le contrebassiste Marc Johnson.

“L’idée de travailler avec les mêmes gens sur plusieurs années est quelque chose qui me plaît. Non seulement vous évoluez, mais vous faites progresser un son et l’identité d’un groupe de gens. [...] Ces derniers temps, on voit beaucoup de projets spéciaux être mis de l’avant. J’aime ça, mais je préfère la constance qu’apporte une formation. Comme dans toute relation, vous développez un lien de confiance, vous sentez que vous pouvez dire ou jouer ce que vous voulez et vous serez compris.”

On avait pu juger de ses dires, en particulier lorsqu’il était venu se produire au défunt Largo en compagnie de Feldman, Baron et de Thomas Morgan, qui avait pris la relève de Johnson, à la contrebasse, dans son ensemble. Un spectacle tout simplement magnifique. Jamais au grand jamais on aurait pu se douter, alors, qu’Abercrombie se produisait en dépit d’une pneumonie…

L’heure est donc venue de réécouter son héritage musical. Son trio d’orgue furieux, de l’époque de Timeless ou des plus récentes années, ses propositions davantage nuancées, voir teintées de touches européennes, ses dialogues mélodiques avec Copland ou d’autres, encore, où il côtoie guitare et saxophone…

«Le sentiment de vouloir devenir meilleur, de continuer de jouer et d’évoluer est le même qu’à mes débuts, m’indiquait-il alors qu’il atteignait la fin de la soixantaine. Je suis moins rapide qu’avant, car je suis plus vieux et je n’ai plus la même énergie, mais je crois que j’ai davantage de connaissances.»

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