Nicolas Houle

Archive, mai 2017

Mercredi 31 mai 2017 | Mise en ligne à 10h48 | Commenter Commentaires (7)

La digestion de The Weeknd

Il en aura mis du temps, The Weeknd, pour finalement annoncer qu’il ne venait pas à Québec. Vrai que pour que l’excuse de l’empoisonnement alimentaire fonctionne, il devait attendre à la dernière minute…

On ne se fera pas de cachette: la seule chose que The Weeknd n’a pas digéré, c’est le résultat de ses ventes de billets à Québec. Pourtant, on savait depuis longtemps qu’elles étaient chancelantes. Il y a un mois, je m’interrogeais ici à savoir combien de temps l’artiste mettrait avant d’annuler son passage: ses ventes étaient aussi faibles, toutes proportions gardées, que celles des Red Hot Chili Peppers, qui avaient prétexté un conflit d’horaire pour ne pas revenir à Québec.

Je n’écris pas ça de façon triomphale, personne ne peut se réjouir d’une annulation: ça fait du mal au milieu, aux artistes, aux fans. Or il semblait évident qu’une vedette internationale comme le Torontois, qui fait salle comble à peu près partout où il passe, ne se contenterait pas d’un Centre Vidéotron à moitié rempli.

Le hic, c’est que son équipe a continué de laisser croire qu’il viendrait en ville. La publicité s’est enclenchée de manière agressive de toutes les manières possibles, de même que les concours. J’ai même été contacté par une compagnie d’alcool qui m’offrait des billets VIP en échange de trois publications à propos leur produit dans Instagram!

Bien sûr, ce n’est pas dans un aréna qu’on fait du développement de public, mais il y aurait eu moyen d’offrir une performance dans une formule concert avec 6000 fans qui aurait était probablement plus payante, dans tous les sens du terme, que cette annulation.

Quand on ajoute l’annulation de The Weeknd à celle des Red Hot Chili Peppers, à celle de Tegan & Sara (prévu au Capitole) ou à la faible foule de Simple Plan en mars, c’est toujours la même question qui se pose: le marché de Québec est-il saturé?

La réponse n’est jamais simple. Il faut y aller au cas par cas, même s’il est évident que l’offre est grande. The Weeknd tourne assez peu à la radio de Québec et fait partie des artistes dans cette veine r’n'b ou urbaine qui sont moins en vogue chez nous. On avait vécu un épisode similaire avec Alicia Keys au Colisée, il y a quelques années…

Les Red Hot? Tout le monde les avait vus sur les Plaines l’été dernier et bon nombre avaient été déçus, leur score de vente n’était donc pas étonnant. Simple Plan? Les gars n’ont plus la cote qu’ils avaient il y a quelques années – ils reviendront d’ailleurs au Capitole, bientôt, ce qui semble une salle beaucoup plus appropriée…

Oui, l’offre est grande pour le marché de Québec. Et oui, le public, notamment grâce au Festival d’été, est gâté et peut être prudent. Si le concert de Bruno Mars est aussi couru cette année, c’est assurément parce que l’artiste avait fait un tabac au FEQ, lors de son précédent passage. Mais souvenez-vous qu’à l’époque, bien des gens se demandaient qui c’était, ça, Bruno Mars…

Et il ne faut pas perdre de vue que pour une ou deux annulations qui marquent l’imaginaire au Centre Vidéotron, on a plein d’artistes dans des styles plus pointus qui font salle comble, parfois plus d’un soir, dans des lieux comme l’Impérial, le Palais Montcalm, le Grand théâtre ou l’Anti… Alors décevante l’annulation de The Weeknd? Oui. Dramatique? Non.

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Offenbach au Colisée, en 1981 - photothèque Le Soleil

Offenbach au Colisée, en 1981 - photothèque Le Soleil

Durant ses belles années, dans les décennies 70 et 80, Offenbach était une formation incontournable pour tout bon amateur de rock. La bande de Gerry Boulet, qui puisait dans le blues, la soul et même le jazz, a d’ailleurs pu se targuer d’avoir été parmi les rares artistes québécois de l’époque à s’offrir des tournées dans les arénas à plusieurs reprises, notamment au Colisée de Québec.

Le 8 septembre 1981, les rockers débarquaient en ville dans le cadre de l’imposante tournée Québec rock. L’affiche était prometteuse: Zachary Richard se chargeait d’ouvrir le bal, après quoi Joe Cocker et Offenbach prenaient la relève.

Richard s’est bien acquitté de sa tâche, or la soirée a pris un détour imprévu, peu après sa performance. Un responsable de la production est en effet venu prévenir la foule que Cocker était aux prises avec un violent mal de gorge et qu’il ne chanterait pas — une situation similaire se serait produite à Ottawa, l’Englishman quittant après 4 chansons. On avait même offert un remboursement aux fans insatisfaits, ce dont se seraient prévalu 500 personnes.

Qu’à cela ne tienne, Offenbach avait toute la glace souhaitée pour s’éclater et, selon le journaliste Jacques Samson du Soleil, «le délire s’est emparé de la salle et a duré jusqu’à la toute fin de la représentation, lorsque Gerry, en deuxième rappel, entonnait L’hymne à l’amour, une grande chanson de l’immortelle Piaf.»

Si une frange des 5000 spectateurs était déçue de l’absence de Cocker, Samson a noté que la majorité des amateurs étaient là pour le band québécois, le faisant bien sentir. Le groupe, quant à lui, s’était donné sans compter, travaillant «à un train d’enfer». Les rockers allaient rééditer l’expérience au Colisée à quelques reprises, notamment pour leur show d’adieu, en 1985.

Y étiez-vous?

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Samedi 20 mai 2017 | Mise en ligne à 13h29 | Commenter Commentaires (3)

Y étiez-vous? Soundgarden sur les Plaines, en 2014

Chris Cornell avec Soundgarden, sur les plaines d'Abraham, en 2014 - photothèque Le Soleil

Chris Cornell avec Soundgarden, sur les plaines d'Abraham, en 2014 - photothèque Le Soleil

Figure incontournable du grunge (qui a amplement transcendé le mouvement), le chanteur Chris Cornell s’est éteint subitement cette semaine, à l’âge de 52 ans. On aura eu la chance de le voir deux fois à l’oeuvre à Québec, dont la toute dernière au Festival d’été, en 2014, avec Soundgarden.

Ce qui est devenu l’ultime concert de Cornell en ville est probablement celui que les fans voudront retenir. Lors de sa précédente visite, en 1996, durant la tournée Lollapalooza, Soundgarden n’avait pas mal fait, mais le malaise qui l’habitait alors avait transparu sur scène, avec une performance quelque peu mécanique. Le 12 juillet 2014, c’était un scénario tout autre. D’ailleurs, Cornell croyait qu’il en était à son premier séjour en ville, prenant le soin de filmer la foule et déclarant «Québec! Je crois que c’est la première fois que nous venons ici! Il était temps, après trente ans!»

La troupe de Seattle avait puisé dans presque tous ses albums pour offrir un solide survol de sa carrière. Les rockeurs avaient tout de même mis l’emphase sur le classique Superunknown, qui célébrait ses 20 ans cette année-là.

Qu’importe le matériel auquel ils touchaient, Cornell, Kim Thayil, Ben Shepherd et Matt Cameron brillaient, affichant la grande forme. «Le regard perçant et la voix puissante et atmosphérique, le chanteur Chris Cornell s’est fait meneur de jeu de ce barrage sonore lourd et planant caractéristique de la scène de Seattle», écrivait le collègue Ian Bussières, en mission ce soir-là.

Y étiez-vous?

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