Nicolas Houle

Archive, mars 2017

Jeudi 30 mars 2017 | Mise en ligne à 11h40 | Commenter Commentaires (14)

FEQ: la crédibilité de Gorillaz, le poids des Who

On connaît enfin la programmation 2017 du Festival d’été en entier, à quelques rares exceptions près.

Après avoir déçu beaucoup du monde avec son dévoilement partiel d’une cinquantaine de noms -qui donnait l’impression d’un dévoilement complet- le FEQ se devait de rajuster le tir dans la perception du grand public avec des annonces d’importance. Gorillaz et The Who sont venus faire le boulot.

Gorillaz apporte ce qui manque à mon sens trop souvent au FEQ, sur la grande scène des Plaines: un groupe qui ne soit pas forcément le plus rassembleur, mais qui vient donner du mordant et de la crédibilité artistique à l’événement. On tend en effet à être obsédé par l’idée d’avoir une foule monstre. Les Plaines ne déborderont pas pour Gorillaz, mais il y aura un intérêt prononcé chez tous les mordus de musique, d’ici et d’ailleurs. Ça jase déjà dans les milieux spécialisés, comme ç’avait été le cas, par exemple, avec Arcade Fire, il y a quelques années. Je suis persuadé que d’avoir un gros nom comme celui-là aux côtés d’un Kendrick Lamar, entre autres, sera payant à moyen terme ou même à court terme.

Faudra voir si on veut capitaliser là-dessus et comprendre que les risques peuvent être payants, autant en faisant plaisir aux mordus qu’en proposant aux néophytes du matériel de premier ordre qui les incitera à faire confiance à l’événement pour en découvrir d’autres…

Les Who? C’est une valeur sûre en tous points, sauf, peut-être peut-être pour ce qui est de la santé des gars. C’est à dire que tant que Townshend et Daltrey seront en forme, le succès de la soirée semble garanti. De un, le groupe n’est jamais venu à Québec. De deux, il a un valeur historique. De trois, les Who ont un répertoire riche, qui est assuré de bien fonctionner. Je me souviens d’avoir vu le band à l’oeuvre, il y a cinq ans, lors du concert-bénéfice pour les victimes de l’ouragan Sandy et j’avais été impressionné de constater à quel point les vieux routiers étaient encore dedans…

Maintenant, il y a forcément un prix à payer pour ajouter deux nouvelles grosses pointures à la programmation. Faites le compte, il n’y aura pas grand temps morts sur les Plaines – même si, comme moi, vous trouverez que certains artistes comme les Backstreet Boys avec leur pop nostalgique ou Lady Antebellum, avec sa country pop, ne vous parlent pas.

Donc pour se permettre ça, il a forcément fallu renoncer à une certaine profondeur et couper un peu ailleurs, ce qui se traduit par des premières parties moins costaudes. J’ai aussi l’impression que le Pigeonnier en a souffert: il m’apparaît moins éclatant que certaines années, où l’on avait fait de grosses prises. Cela dit, il y a de beaux concerts en vue et l’équipe s’est bien tirée d’affaires et a de solides propositions du côté de Place d’Youville et en salles – même s’il y a des visages qu’on a vu il n’y pas si longtemps…

Ça fait des années que le public juge le FEQ à ses Plaines en faisant fi ou alors peu de cas des autres morceaux. On sera donc assez mal venu critiquer le FEQ d’avoir mis ses billes de ce côté…

Mon texte complet sur la programmation, ainsi que sur le fait qu’il n’y aura pas d’affiche cette année, en raison d’une guerre d’égos, ici.

Alors, votre avis sur cette cuvée 2017?

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Dimanche 26 mars 2017 | Mise en ligne à 10h07 | Commenter Aucun commentaire

Y étiez-vous? Ray Charles au Québec, en 1993

Ray Charles lors de son concert au Capitole, en 1993 - photothèque Le Soleil

Ray Charles lors de son concert au Capitole, en 1993 - photothèque Le Soleil

C’est de la grande visite qui débarquait à Québec, le 11 août 1993 – le 10 à Montréal. Ray Charles, sans doute l’un des musiciens qui a le mieux incarné ce qu’est la soul, était en ville pour un tour de chant.

Celui qu’on a surnommé The Genius n’était pas arrivé seul. Pas moins de 17 musiciens étaient sur les planches, sans oublier son équipe de choristes, The Raelettes. C’est d’abord à la musique de la troupe que le public a eu droit en guise d’introduction, avant que le célèbre chanteur et pianiste ne fasse son entrée, livrant notamment une version inspirée du classique Georgia On My Mind.

Sur les lieux pour Le Soleil, Michel Bilodeau avait été ravis par la performance du Genius, notant qu’avec «Ray Charles, le mot «soul» prend toute sa signification.» En revanche, il avait des quelques réserves sur la pertinence que l’Américain ait une aussi vaste bande autour de lui: «Il aurait vraiment pu se produire seul ou alors avec deux ou trois musiciens. Le bonhomme n’a vraiment pas besoin de toute cette équipe pour nous séduire».

Autre élément qui a peut-être empêché cette visite d’être parfaitement mémorable: sa brièveté. Charles n’avait joué qu’un peu plus d’une heure. Ceci, combiné au fait qu’il n’était arrivé sur les planches qu’après une longue intro avait laissé quelques spectateurs sur leur faim, surtout que la légende avait encore bien des hits à partager…

Ils étaient 1300 à être venus applaudir l’artiste ce soir-là.

Y étiez-vous?

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Mardi 21 mars 2017 | Mise en ligne à 13h59 | Commenter Commentaires (3)

À écouter : Planets + Persona de Richard Barbieri

Porcupine Tree s’est mis en pause pour une durée indéterminée, or le claviériste Richard Barbieri ne se tourne pas les pouces. Après avoir signé deux enregistrements en compagnie de Steve Hogarth et un avec Steve Jansen, voilà qu’il lance, avec Planets + Persona, son troisième album solo et peut-être l’oeuvre la plus achevée de sa carrière.

L’ex-Japan démontre non seulement qu’il est toujours un redoutable sculpteur sonore, mais qu’il est un compositeur méticuleux et inspiré. Il oppose les sonorités électroniques et acoustiques, les mélodies aux rythmes, les segments touffus aux passages dénudés, comme en témoigne, à elle seule, la saisissante Night Of The Hunter.

Plutôt que de ficeler son oeuvre instrumentale en vase clos, Barbieri a eu recours à différents complices, dont le bassiste Percy Jones, qui viennent donner chaleur et variété à l’ensemble.

On est autant charmé par les boucles rythmiques (hypnotique Solar Sea), que par la cohabitation de la kora avec des claviers éclatés (Unholy) ou par l’apport jazzy de la trompette (New Found Land).

Chaque titre prend l’allure d’un fascinant voyage, avec des détours étonnants. Du haut calibre.

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