Nicolas Houle

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Lundi 16 novembre 2015 | Mise en ligne à 11h43 | Commenter Commentaires (4)

Retour sur l’événement Crimson

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Pendant près d’une semaine, Québec a vibré aux airs de King Crimson. C’est qu’après une pause d’un mois, le groupe a voulu prendre le temps de se réchauffer avant de repartir sur la route. Question de faire les choses dans l’ordre, Robert Fripp et sa troupe ont fait des répétitions au Palais Montcalm, puis ont offert un concert privé à leurs fans, jeudi.

Vendredi, c’était le premier des deux concerts officiels. Plus que jamais, le groupe ressemble à son leader: intense, discret, virtuose, original, élégant, muet – aucun mot n’a été prononcé autrement que musicalement, y compris le fameux soir des attentats de Paris. Samedi, toutefois, le saxophoniste Mel Collins s’est permis de faire quelques lignes de La Marseillaise au milieu d’un solo improvisé.

Chaque soir, les sept musiciens ont fait leur entrée sur les planches de la salle Raoul-Jobin arborant presque tous veston et cravate. Les trois batteurs à l’avant, les autres à l’arrière, dont le patron, Fripp, assis sur son fidèle banc, à l’extrême droite, des écouteurs sur les oreilles.

Au fil des ans, je dois admettre que j’avais perdu de l’intérêt pour Crimson. Je trouvais que la musique du groupe était devenue trop froide, clinique, voire mathématique. Avec cette huitième incarnation, on a clairement rajusté le tir. Le chanteur Jakko Jakszyk, qui a une voix magnifique et qui complète très bien le jeu de Fripp à la guitare, ainsi que le saxophoniste et flûtiste Mel Collins, seul ancien des années 70 revenu au bercail, ont tous deux apporté une chaleur qui manquait au roi Crimson.

Jamais je n’aurais cru un jour entendre et voir Fripp et ses complices jouer les Epitaph, In the Court of the Crimson King, Sailor’s Tale, The Letters et autres Easy Money. Le leader y prenait assurément plaisir au point de sourire, sous les projecteurs. Quelle interprétation de Starless, en fin de programme!…

King Crimson s’est efforcé de varier les plaisirs, si bien que le jeudi, Red s’est immiscé dans le concert et que le samedi Larks’ Tongues in Aspic II, de même que The Talking Drum ont été interprétés.

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Les fans les plus mordus auront remarqué que King Crimson s’est permis ici et là quelques clins d’oeil sympathiques. Avant que le spectacle ne débute, on pouvait entendre la piste cachée qui s’était retrouvé à la toute fin de certains pressages vinyles, puis de certaines rééditions CD d’Islands, où Fripp donne ses instructions à un ensemble classique, en studio. Le début de Sailor’s Tale, où la rythmique sur la cymbale se déplace de la droite vers la gauche a aussi été reproduite, les batteurs s’échangeant la partition…

J’ai été fasciné de voir à quel point ce matériel a bien vieilli et, aussi, comment la machine Crimson à trois batteurs (Pat Mastelotto, Bill Rieflin et Gavin Harrison) fonctionnait bien. C’était non seulement spectaculaire, mais convaincant: les gars faisaient véritablement corps, tout en ayant leur propre signature. Je crois qu’il n’y a que dans Pictures of a City où j’ai trouvé que les batteries étaient un peu trop envahissantes et alourdissaient la livraison.

L’ensemble était servi pour une sono impeccable, permettant d’apprécier le jeu de toute la bande.

D’autre part, le concert n’était pas axé que sur le passé. Du nouveau matériel était aussi au programme, prometteur, de même que des pièces des derniers albums, qui valaient aussi le détour. D’heureuses retrouvailles en ce qui me concerne.

Vous avez attrapé Crimson à Québec? Vous comptez le faire à Montréal (paraît qu’il reste encore des billets)?


  • Hum… J’ai résisté a l’envie d’acheter un billet a cause du prix. Maintenant en lisant le texte je commence a regretter. Surtout que c’était possiblement ma dernière chance de voir le groupe. Dans les années 80 j’ai vu Fripp deux fois dans des petites salles. Un fois seul sur scène et une autre fois avec un groupe dont Bruford a la batterie. C’était excellent mais il n’avait pas joué du King Crimson.

  • Déjà que c’est inhabituel de voir trois batteurs ce l’est encore plus quand ils sont a l’avant scène.

  • J’y étais même si j’avoue que je ne connaissais que très bien l’album “In the Court of the Crimson King” et un peu aussi “Larks’ Tongues in Aspic”. J’ai quand même été bien servi ! Pour le reste, ça m’a permis d’entendre d’autres titres du groupe. Même en mode découverte, j’ai bien apprécié. Une très belle soirée, surtout que le tout se déroulait au Palais Montcalm…

  • @danny_c

    Pareil pour moi, et j’ai beaucoup apprécié. De plus, la foule était très enthousiaste, c’était beau à voir.

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