Nicolas Houle

Archive, novembre 2015

Jeudi 26 novembre 2015 | Mise en ligne à 10h32 | Commenter Commentaires (3)

Eagles of Death Metal pour rouvrir le Bataclan?

Les Eagles of Death Metal sont revenus sur la tragédie qu’ils ont vécu, à Paris, à l’occasion d’une généreuse entrevue accordée à Vice.

Les gars qui étaient présents lors des attentats, dont le chanteur Jesse Hughes, ont d’abord raconté dans le détail ce qu’ils ont vécu. Après quoi le co-leader Josh Homme, qui participe surtout à l’écriture et aux enregistrements plutôt qu’aux tournées, s’est joint à eux.

L’entrevue a fini forcément par prendre un tournant émotif, en raison de l’horreur qu’ils ont vu de près et de l’ampleur du massacre. Bien qu’il ait vécu les choses à distance, Homme, qu’on connaît bien pour son travail au sein de Queens of the Stone Age, apparaît secoué. Il relate comment il a été affecté par ces nombreuses morts. Il n’a pu s’empêcher d’écrire le nom des disparus et aurait aimé s’entretenir avec leurs parents. Le costaud, aux airs de dur à cuire, apparaît dans toute sa fragilité.

De son côté, Jesse Hughes, même s’il avoue avoir peur, souhaiterait retourner donner un concert à Paris. Et même mieux: «Je veux qu’on soit le premier groupe à jouer au Bataclan lors de sa réouverture», lance-t-il. «J’étais là quand tout est devenu silencieux. Nos amis sont venus voir du rock’n'roll et en sont morts. Je veux y retourner et vivre.»

Les gars, qui ont interrompu leur tournée, souhaitent reprendre le collier. Car c’est leur mode de vie, car ils veulent renouer avec les fans, car ils ont une pensée pour leur comparse Nick Alexander, décédé ce triste soir du 13 novembre.

Homme précise que leurs motivations vont au-delà de la politique. «On va recruter des gens pour prendre part à la vie, pour être citoyens de la Terre.»

Les fans français des EoDM ont fait une campagne pour que la reprise des rockeurs du hit Save A Prayer signé Duran Duran, qu’on peut entendre sur leur récent album Zipper Down, se retrouve numéro 1.

De son côté, Simon Le Bon, de Duran Duran a indiqué que son groupe donnerait ses droits d’auteur pour cette reprise aux victimes. À son tour, EoDM propose que, pour quiconque reprendra I Love You All The Time, le groupe donnera sa part des droits d’auteurs aux victimes. Du même souffle, Homme invite tous les distributeurs, de Amazon à Spotifiy, en passant iTunes, à également donner leur part des recettes de cette chanson.

En fin d’entrevue, les gars s’adressent directement aux fans, Homme en tête: «ne bougez pas, on va aller vous voir!»

Les EoDM de retour au Bataclan, une bonne idée? Ce serait l’occasion d’envoyer un message clair, comme quoi la musique peut être plus forte que le reste et que l’unité, plutôt que la division, ressort de cette tragédie…

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Afin de souligner la fin de la tournée Sonic Highways et de remercier leurs fans, les Foo Fighters ont décidé de lancer un mini-album gratuit. Saint Cecilia compte cinq chansons qui ont été enregistrées cet automne.

Fidèle à lui-même, le leader du groupe, Dave Grohl, ne fait pas les choses à moitié et permet au public d’entendre le mini-album dans le format de son choix. Saint Cecilia est ainsi disponible en MP3, mais aussi en FLAC et en WAV. Quant aux mordus qui voudraient une copie vinyle, ils peuvent aussi passer une commande, à condition de mettre le prix, bien sûr.

Vous pouvez télécharger le EP ici

Dans une longue lettre, Dave Grohl précise que ce qui était, au départ, un cadeau destiné aux fans, une façon de retourner l’ascenseur pour la dose d’amour que lui et ses complices ont eu sur la route, a pris une autre signification à la suite des attentats de Paris. Il souhaite que ces chansons «puissent apporter un peu de lumière dans ce monde parfois sombre. Pour nous rappeler que la musique est la vie et que l’espoir et la guérison vont de pair avec les chansons.»

Dave Grohl évoque par ailleurs ses souvenirs de l’enregistrement de Sonic Highways, puis de la tournée qui a suivi. Il est question de sa fameuse chute à Gothenburg, en Suède, où il s’est cassé la jambe, ce qui l’a forcé à jouer assis sur le spectaculaire trône qu’il avait imaginé — et qu’on a vu trop brièvement à Québec au Festival d’été, en juillet, en raison du mauvais temps.

Évidemment, il traite de la genèse de Saint Cecilia. C’est en octobre que le projet a pris forme, alors que le groupe résidait dans un hôtel d’Austin, au Texas, baptisé le Saint Cecilia. Comme Grohl n’avait pas caché son souhait d’enregistrer des compositions, l’équipe de l’hôtel l’a convaincu de le faire au Saint Cecilia. La console ici, les musiciens là, le chant dans la salle de bain… Et même des invités comme Gary Clark Jr, Preservation Hall Jazz Band ou encore Ben Kweller.

Saint Cecilia est la patronne des musiciens, des luthiers et des autres fabricants d’instruments. Difficile de trouver plus à propos pour un groupe de musique. Dans la chanson qui donne son nom au EP, Grohl s’adresse à Sainte-Cécile en lui demandant de le guérir et de l’accueillir dans sa «maison des os brisés».

C’est en fouillant dans leurs titres inachevés que les Foo Fighters sont arrivés avec ces cinq pièces mordantes, énergiques, mais aussi mélodiques. Dans le lot, Iron Rooster est l’occasion de ralentir adroitement la cadence, tandis que The Neverending Sigh achève le mini album en puissance.

Un cadeau musical qui se prend particulièrement bien.

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Lundi 16 novembre 2015 | Mise en ligne à 11h43 | Commenter Commentaires (4)

Retour sur l’événement Crimson

CrimsonWeb

Pendant près d’une semaine, Québec a vibré aux airs de King Crimson. C’est qu’après une pause d’un mois, le groupe a voulu prendre le temps de se réchauffer avant de repartir sur la route. Question de faire les choses dans l’ordre, Robert Fripp et sa troupe ont fait des répétitions au Palais Montcalm, puis ont offert un concert privé à leurs fans, jeudi.

Vendredi, c’était le premier des deux concerts officiels. Plus que jamais, le groupe ressemble à son leader: intense, discret, virtuose, original, élégant, muet – aucun mot n’a été prononcé autrement que musicalement, y compris le fameux soir des attentats de Paris. Samedi, toutefois, le saxophoniste Mel Collins s’est permis de faire quelques lignes de La Marseillaise au milieu d’un solo improvisé.

Chaque soir, les sept musiciens ont fait leur entrée sur les planches de la salle Raoul-Jobin arborant presque tous veston et cravate. Les trois batteurs à l’avant, les autres à l’arrière, dont le patron, Fripp, assis sur son fidèle banc, à l’extrême droite, des écouteurs sur les oreilles.

Au fil des ans, je dois admettre que j’avais perdu de l’intérêt pour Crimson. Je trouvais que la musique du groupe était devenue trop froide, clinique, voire mathématique. Avec cette huitième incarnation, on a clairement rajusté le tir. Le chanteur Jakko Jakszyk, qui a une voix magnifique et qui complète très bien le jeu de Fripp à la guitare, ainsi que le saxophoniste et flûtiste Mel Collins, seul ancien des années 70 revenu au bercail, ont tous deux apporté une chaleur qui manquait au roi Crimson.

Jamais je n’aurais cru un jour entendre et voir Fripp et ses complices jouer les Epitaph, In the Court of the Crimson King, Sailor’s Tale, The Letters et autres Easy Money. Le leader y prenait assurément plaisir au point de sourire, sous les projecteurs. Quelle interprétation de Starless, en fin de programme!…

King Crimson s’est efforcé de varier les plaisirs, si bien que le jeudi, Red s’est immiscé dans le concert et que le samedi Larks’ Tongues in Aspic II, de même que The Talking Drum ont été interprétés.

CrimsonWeb2

Les fans les plus mordus auront remarqué que King Crimson s’est permis ici et là quelques clins d’oeil sympathiques. Avant que le spectacle ne débute, on pouvait entendre la piste cachée qui s’était retrouvé à la toute fin de certains pressages vinyles, puis de certaines rééditions CD d’Islands, où Fripp donne ses instructions à un ensemble classique, en studio. Le début de Sailor’s Tale, où la rythmique sur la cymbale se déplace de la droite vers la gauche a aussi été reproduite, les batteurs s’échangeant la partition…

J’ai été fasciné de voir à quel point ce matériel a bien vieilli et, aussi, comment la machine Crimson à trois batteurs (Pat Mastelotto, Bill Rieflin et Gavin Harrison) fonctionnait bien. C’était non seulement spectaculaire, mais convaincant: les gars faisaient véritablement corps, tout en ayant leur propre signature. Je crois qu’il n’y a que dans Pictures of a City où j’ai trouvé que les batteries étaient un peu trop envahissantes et alourdissaient la livraison.

L’ensemble était servi pour une sono impeccable, permettant d’apprécier le jeu de toute la bande.

D’autre part, le concert n’était pas axé que sur le passé. Du nouveau matériel était aussi au programme, prometteur, de même que des pièces des derniers albums, qui valaient aussi le détour. D’heureuses retrouvailles en ce qui me concerne.

Vous avez attrapé Crimson à Québec? Vous comptez le faire à Montréal (paraît qu’il reste encore des billets)?

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