Nicolas Houle

Archive, septembre 2015

Mardi 22 septembre 2015 | Mise en ligne à 9h25 | Commenter Commentaires (9)

Madonna à Québec : «on va vous allumer Montréal !»

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«On va vous allumer Montréal ! Oups, pardon, Québec !»

C’est le genre de gaffe que craint de faire tout artiste qui tourne à l’international. Et lundi, au Centre Vidéotron, c’est Madonna qui l’a faite. Dans le contexte où bien des fans estimaient que la Madone devait se reprendre, après le rendez-vous mitigé des Plaines de 2012, ça n’était pas la façon rêvée de mettre la table. Surtout pas après avoir débuté le concert avec du retard, à 22h…

Madonna est une bosseuse invétérée et a certainement dû s’en vouloir énormément de s’être trompée, même si elle s’est reprise très rapidement. Elle est d’ailleurs revenue là-dessus plusieurs fois au cours de la soirée, en blaguant et en s’assurant que le public la pardonne.

Mais évidemment, c’est avec sa performance qu’elle devait se faire pardonner. À ce chapitre, elle a mis le paquet.

Madonna est arrivée avec un redoutable dispositif scénique, lui permettant de transformer chaque interprétation en de superbes tableaux visuels. Au centre de la scène, un écran géant, qui pouvait s’incliner ou alors disparaître dans le sol -ce qui n’était pas sans rappeler , du Cirque du Soleil- était au nombre des bons coups, tout comme ces perches géantes, permettant du pole dancing et, plus tard, de faire osciller de manière saisissante ceux qui s’étaient perchés au sommet.

Si c’était sans faute au plan visuel, d’autant que Madonna dansait de manière remarquable, du haut de ses 57 ans, accompagnée par une vaste équipe de danseurs de premier ordre, le volet musical m’a laissé tiède – tout comme la foule, qui a commencé à se réchauffer véritablement à mi-parcours. Certes, fidèle à elle même, la chanteuse a décidé de laisser beaucoup de place à ses nouvelles chansons. Or, comme avec MDNA, elle n’ont pas l’impact de ses classiques.

Je commence à avoir des réserves quant à l’apport de son directeur musical, Kevin Antunes. C’était lui aussi qui avait remixé les vieux hits de la Madone lors de la tournée MDNA. Et c’est également lui qui avait revu le répertoire de Michael Jackson dans le spectacle du Cirque du Soleil consacré au Roi de la pop. Certes, il est un champion du remodelage, mais le matériel ressort rarement bonifié. Au contraire, les pièces apparaissent plutôt appauvries. Heureusement qu’à la base, elles sont fortes et que Madonna sait compenser pour bien les rendre: elle était étonnante dans Like A Virgin, où elle avait la tâche d’éblouir tout le monde en étant seule et en optant pour une chorégraphie naïve et bon enfant. À la défense d’Antunes, la sono n’a pas aidé – on y reviendra plus bas.

À bien des égards, le spectacle que Madge a offert lundi obéissait au même pattern que ce qu’elle avait proposé avec MDNA, avec des éléments de cirque. Or à la différence des Plaines, quand la dimension musicale nous laissait tiède on pouvait se raccrocher au visuel qui était hallucinant et que l’on pouvait bien voir.

Autre élément important, Madge a inclu davantage de succès et apparaissait beaucoup plus proche du public, grâce au long couloir qui allait dans la foule. Les segments acoustiques étaient réussis. Je songe à True Blue, au ukulele, à La Isla Bonita, faisant partie d’un segment espagnol chaleureux ou, surtout, à La Vie en rose, qui a vraiment ravi la foule et où, encore une fois, elle s’accompagnait principalement au ukulele. Elle a aussi fait mine de prendre les demandes spéciales, mais Who’s That Girl et Ghosttown étaient bel et bien prévu au programme, si on regarde les concerts passés.

Je sais que la Madone ne veut pas succomber à la tentation de la nostalgie et c’est tout à son honneur, or je crois qu’avec la richesse de son répertoire, elle devrait s’en permettre davantage. Et peut-être, au passage, songer à revoir les arrangements avec une autre approche, plus riche, dynamique et mélodique, appropriée aux performances – les programmations dans un aréna, ça sonne rarement bien.

Bref, en dépit de quelques réserves, je dois dire que j’ai bien apprécié ma soirée. Madonna est toujours aussi professionnelle et apparaît dans une forme resplendissante.

Un mot en terminant sur la sono : je croyais qu’on pourrait mieux apprécier l’apport du Centre Vidéotron qu’à Metallica. Erreur. Encore une fois, le volume était poussé à l’excès, avec des pics à 102 décibels. Et, surtout, les basses étaient tellement fortes qu’elles étouffaient complètement les moyennes et même une partie des hautes. Je commence à avoir hâte de pouvoir apprécier au plan sonore le plein potentiel de la bâtisse…

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Jeudi 17 septembre 2015 | Mise en ligne à 16h50 | Commenter Commentaires (2)

Amphithéâtre: le test Metallica

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J’ai enfin eu mon baptême du Centre Vidéotron.

Non, je n’avais pas fait de visites avant le concert de Metallica, mercredi. Je dois l’admettre, un aréna, aussi sexy soit-il, ne m’attirait pas suffisamment pour que j’y consacre mon temps sans autre argument que touristique…

J’ai eu un accueil un peu brutal à mon arrivée au parking. Je m’attendais au 8$ qui avait été exigé lundi, lors du premier concert des métalleux. Erreur, on était passé à 15$. Outch! En plus, ça tombait mal, j’avais 10$ dans mes poches… Je suis donc allé me stationner en face du Super C, à l’autre bout de Soumande. Une petite marche, ça ne fait jamais de mal. Quand il fait beau, en tout cas.

J’ai fini par faire mon entrée dans la bâtisse. Et oui, c’est bel et bien un aréna… mais qui sent le neuf, comparativement à son voisin. Ici pas de mousse après les poutres du plafond… On est soudainement bel et bien en 2015. Mais tout ça n’est que cosmétique. Restait à entendre ce qu’il avait dans le ventre.

Il faut bien le dire, Metallica n’est pas exactement la formation idéale pour prendre la juste mesure de la qualité sonore. En effet, tout au long de la soirée le volume du groupe a atteint des pics à 100 décibels. Les bouchons étaient donc de mise. Et bien qu’on ait le meilleur des amphithéâtres, il reste qu’à pareil niveau sonore, il y a de la réverbération. Ceci se sentait en particulier dans le registre des aigus, qui étaient trop agressifs.

Cela dit, quand Metallica y est allé de pièces plus nuancées, comme Harvester of Sorrow, The Unforgiven II ou encore One, on pouvait apprécier davantage l’apport de chacun des instruments. Le chant de James Hetfield, de même que ses interventions, étaient clairs.

Un séjour aux niveaux 200 et 300 m’a d’autre part permis de juger que la qualité sonore semble égale peu importe où l’on est installé, quoique le volume était un tout petit peu moins fort quand on était juché en haut – ce qui n’était pas un mal, soit dit en passant.

Au-delà du son, la conception des lieux permet d’être beaucoup plus près de la scène. Aussi, même si on n’est pas sur le parterre, on se sent clairement dans le spectacle, en particulier dans les différents endroits du niveau 100, d’où on pouvait très bien distinguer les mimiques des musiciens, ainsi que tous leurs faits et gestes.

Quand on est dans ce qu’on nomme en bon français le “pit”, on ne se sent pas trop égaré non plus: on distingue suffisamment ce qui se passe pour encore avoir l’impression de prendre part à l’événement, même si c’est, forcément, de façon lointaine.

Tout ça implique qu’il y a une pente importante dans les gradins, et ainsi des escaliers assez à pic. Bon pour l’exercice, mais certains, plus âgés ou corpulents risquent de trouver ça exigeant.

Évidemment, l’expérience reste celle d’un spectacle d’aréna, avec ses divers désagréments. Mais pour ces conditions, je dois dire que le Centre Vidéotron ne m’a pas déçu et m’a même agréablement surpris.

Vous y êtes allés?

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Jeudi 10 septembre 2015 | Mise en ligne à 14h29 | Commenter Commentaires (21)

RBO à Québec: le constat de Guy A.

C’est un secret de polichinelle: les ventes pour le spectacle de Rock et Belles Oreilles au centre Vidéotron sont laborieuses. La scène a été devancée et malgré cela, à voir le plan de salle, il reste énormément de billets disponibles. Guy A. Lepage, invité à se prononcer sur le sujet à l’émission Entrée principale, y est allé de sa compréhension de la situation à Québec:

«C’est les shows heavy métal pis le hockey des Remparts à 20$ le billet qui vend bien. Tout le reste, c’est très très très difficile. »

Un constat pour le moins réducteur. Pas sûr qu’après pareille déclaration, les ventes vont soudainement débloquer… Par la suite, Lepage a expliqué que c’est ce qu’on lui aurait dit au Centre Vidéotron (voir l’extrait plus bas)…

Mais a-t-il raison? Tout dépend bien sûr de ce qu’on veut vendre. Et du lieu qu’on veut remplir.

Nul doute que le métal et le rock ont toujours été forts à Québec au fil des ans. Mais Marie-Mai s’est offert plus d’un Colisée bien rempli. Et il y a des métalleux qui ont fait des flop.

Leonard Cohen s’y est aussi distingué, tout comme l’OSQ, Muse, Roger Waters et j’en passe.

Et si l’on va dans les autres salles, le Palais Montcalm a affiché complet à plus d’une reprise dans un registre qu’on pourrait qualifier de niche: avec du jazz et de la world. On est très loin du heavy métal. On pourrait continuer l’énumération en parlant de l’Impérial ou du Grand théâtre.

Quant aux Remparts, ils sont loin de toujours avoir des assistances record.

Bref, le constat de Guy A. est aussi discutable que celui des cheerleaders de l’amphithéâtre qui tentaient de nous faire croire que soudainement, avec un nouvel aréna, on aurait tous les plus grands spectacles et que toute la côte Nord et le Bas du fleuve descendraient les voir.

Ces jours-ci, à Québec, l’offre est riche du côté des spectacles de vedettes internationales, dont les billets sont plus coûteux. Normal, on veut marquer le coup avec l’ouverture du Centre Vidéotron.

Arrive, dans l’équation, Rock et Belles Oreilles. Ma mémoire peut me jouer des tours, mais il me semble que même à l’époque où ils étaient à leur sommet, les membres de RBO se sont rarement offert des grands arénas… D’ailleurs, rares sont les humoristes qu’on a déjà vu au Colisée…

Évidemment, RBO a fait le Centre Bell à l’occasion de ce qui se voulait un événement. J’ai l’impression que tous les maniaques du groupe de la province ont convergé vers la métropole à cette occasion. Une nouvelle représentation du genre devient donc plus périlleuse et je suis loin de croire que les préférences culturelles de la ville de Québec sont entièrement à blâmer là-dessus.

Ça fait longtemps qu’on en parle dans ce blogue: il n’y aura jamais de grand miracle dans un vaste aréna à Québec, même si on passe du Colisée au Centre Vidéotron. Ça prend des méga vedettes comme Metallica, Muse, les Foo Fighters ou Coldplay pour remplir la place à craquer, car 1) le bassin de population est moins grand qu’à Montréal, 2) il y a déjà une offre très vivante dans maintes disciplines et maintes salles de différentes tailles 3) une culture de la gratuité s’est développée avec le Festival d’été et, mine de rien 4) on est période de récession…

Mais, au delà de tous les blâmes qu’on voudra diriger vers le marché de Québec, il faut faire ses devoirs avant de mettre des spectacles sur le marché et savoir procéder à bon casting. Et à ce chapitre, RBO n’a pas choisi la bonne salle en optant pour le centre Vidéotron…

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