Nicolas Houle

Archive, juin 2014

Lundi 30 juin 2014 | Mise en ligne à 16h19 | Commenter Commentaires (8)

FEQ: à quand une piscine VIP sur les Plaines?

Photo publiée par Brandon Barber sur Pinterest

Photo publiée par Brandon Barber sur Pinterest

Il y a quelques semaines, le magazine Rolling Stone s’interrogeait sur le phénomène des zones VIP dans les grands festivals de musique et sur l’ampleur que prenaient celles-ci. Sont-elles en train de miner les événements?

D’aucuns croient que oui. Faut dire que lorsqu’on voit des clichés du Hangout Music Festival, où les festivaliers les plus fortunés regardent le spectacle distraitement, tout en se baignant ou en se prélassant dans le sable, un verre à la main, il y a de quoi se poser des questions et se demander si les organisateurs ne sont pas en train de troquer les fans de musique contre des m’as-tu-vu prêts à débourser le fort prix…

Combien il en coûtait pour être ainsi VIP au Hangout? 999$ ou deux cents de moins si vous achetiez tôt. Vous étiez ainsi VIP sur les deux scènes principales, aviez accès au party d’ouverture, aviez des toilettes avec air climatisé, des endroits à l’abri de soleil, des bouchées et des drinks. Mais ce n’est pas tout, car vous pouviez être «Super VIP», moyennant 1599$ ou 1399$. Alors vous aviez en plus un endroit surélevé pour apprécier les shows et de la bouffe signée par des chefs réputés et je ne sais quoi encore.

Quand est-ce que ça va s’arrêter? Simplement quand le public commencera à déserter ou quand les événements commenceront à avoir mauvaise presse en reléguant leurs têtes d’affiche au rang de distraction parmi d’autres. C’est simplement la loi de l’offre et de la demande – avec tout ce que ça implique.

coachella

À Coachella, si vous payiez 3250$, vous aviez là aussi tout plein d’avantages, dont une tente “safari” climatisée, avec plancher en bois, lit queen et prises de courant – pas mal pour du camping. Aussi vous aviez accès à des toilettes privées, un bar privé et j’en passe.

C’est toute l’aventure musicale qui s’en trouve bousculée avec la surabondance et le luxe dont le rock, la pop, le rap, le métal ou le punk n’ont guère besoin pour être apprécié. Bien des artistes s’insurgent d’ailleurs contre cette façon de faire.

Pour les organisateurs, ça demeure toutefois une entrée d’argent fort tentante. Et si on est loin des excès décrits ci-haut au Festival d’été, il reste que cette année, on a doublé la surface de la zone Avant-scène, de sorte qu’il y aura 3000 personnes ayant déboursé 535 $ ou 642 $ pour se réserver une place aux premières loges – les détails ici.

S’il y avait une piscine sur les Plaines, vous paieriez le gros prix pour y écouter distraitement Lady Gaga ou Queens of The Stone Age en sirotant un drink?

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Mercredi 18 juin 2014 | Mise en ligne à 12h35 | Commenter Commentaires (2)

Livraison rock: Jack White, Rival Sons, California Breed

Je l’attendais d’oreilles fermes, le nouveau Jack White. J’avais tellement apprécié Blunderbuss, qui tourne encore régulièrement dans le lecteur, que je me demandais s’il saurait être à la hauteur. Eh ben oui. Avec Lazaretto, White garde ses repères, dont sa guitare décapante et son piano tout droit sorti d’un western, mais ajoute de nouvelles touches de couleurs, avec le maintien de voix féminines et l’utilisation de violon. Et il arrive avec une collection épatante de riffs qui vous habitent comme des vers d’oreilles. A-t-il a su surpasser Blunderbuss? Je ne sais pas encore, mais c’est vraiment du bon matériel…

Rival Sons est en ascension constante avec son rock aux inflexions blues. Les boys avaient signé de redoutables albums avec Pressure & Time et Head Down. J’étais curieux de voir où ils iraient avec Great Western Walkyrie. Ils sont restés dans le rock brut, encore plus que sur l’album précédent. Ils ont même poussé plus loin la touche vintage en optant pour un vieux micro grésillant et nasillard, dans lequel s’époumone le toujours hallucinant Jay Buchanan. C’est en fait le seul bémol que j’ai envers cet album. Les pièces sont solides, bien écrites et bien rendues, mais Buchanan a une voix tellement exceptionnelle, que c’est un crime de la camoufler derrière une fausse mauvaise prise de son… Du reste, c’est une excellente dose de décibels. À noter que le band revient dans les parages bientôt: on pourra entendre les gars à Woodstock en Beauce.

California Breed est un peu la surprise dans le lot. Après la fin du supergroupe Black Country Communion, en raison de frictions entre Glenn Hughes et Joe Bonamassa, Hughes a décidé de lancer une autre formation, cette fois en trio, avec Jason Bonham et un jeune guitariste, Andrew Watt. J’ai été soufflé par le talent de Watt et la qualité de l’ensemble. Hughes est parfois trop survolté -on ne se refait pas- mais parfaitement en voix et Watt est franchement doué, sachant très bien manier la six cordes sans en faire trop et sombrer dans la branlette guitaristique. Et les fûts de Bonham font vraiment résonner les haut-parleurs! J’espère avoir la chance d’entendre ça live…

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Quand René Angélil a annoncé officiellement qu’il lui cédait les rênes de la carrière de Céline Dion, Aldo Giampaolo a dû pousser quelques soupirs. Un premier de fierté: prendre en main le destin d’une des plus grandes stars au monde, ce n’est pas rien. Qui plus est, en ayant la bénédiction de René Angélil.

Parallèlement, M. Giampaolo a peut-être poussé un deuxième soupir. De soulagement, celui-là. Il venait de se délester d’un périlleux contrat: faire fonctionner le nouveau Colisée de Québec, sans équipe de la LNH.

Car oui, depuis un an, c’est à M. Giampaolo, qui a amplement fait ses preuves comme gestionnaire du Forum de Montréal, puis du Centre Bell, que revenait la tâche de dynamiser le nouveau Colisée.

Le hic, c’est que de loin, l’établissement de Québec a peut-être l’air plein de potentiel, mais quand on connaît la réalité culturelle de la ville, il apparaît évident que réussir à remplir ou, à tout le moins, rentabiliser cet amphithéâtre à l’année n’est pas une mince affaire.

On n’a qu’à regarder combien les grands spectacles se font rares au Colisée ces dernières années -les doigts d’une seule main suffisent presque pour les compter- et à quel point ils font peu courir les foules pour s’en rendre compte. C’est Black Sabbath qui a décroché le gros lot cette année, et de loin, avec 10 000 personnes. Il faut remonter presque un an jour pour jour pour trouver meilleure foule: printemps 2013, avec Muse.

Par ailleurs, le pouvoir d’attraction du milieu culturel semble fragile à Québec. Maints spectacles ont en effet été annulés ces derniers mois et plusieurs ont troqué de grandes salles pour de plus petites, faute de vente de billets…

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C’est triste à dire, mais ce n’est pas un plus beau décor qui sera un remède miracle à tout ça. On a déjà eu l’occasion amplement d’en discuter dans ce blogue: une foule d’éléments jouent contre Québec quand il s’agit de faire venir des vedettes de haut calibre. Le premier: la proximité par rapport à Montréal. Les artistes préfèrent donner deux représentations dans la métropole, plutôt que de s’arrêter à Québec s’ils le peuvent, car c’est moins coûteux. Et puis, le bassin de population est loin d’être le même que celui de Montréal.

Viennent ensuite les habitudes de gratuité: depuis des décennies, les fans font le plein de spectacles gratuits ou à très bas prix, par l’entremise du Festival d’été. Les faire sortir le reste de l’année demeure donc difficile, surtout que l’offre est grande dans tous les secteurs culturels, dans des salles de petite et moyenne envergure.

Évidemment, il y a les éléments rareté et nouveauté qui peuvent être attrayants dans un nouvel amphithéâtre, or même les exclusivités ont leurs limites d’attraction. Le concert de Paul McCartney sur les Plaines, l’an passé, nous l’a rappelé: bien des spectateurs se déplacent s’ils n’ont jamais eu la chance de voir un artiste, mais si l’artiste revient, même en exclusivité, 5 ans plus tard, ces spectateurs «mous» ne se déplacent pas de nouveau.

En fouillant dans les dossiers de Céline Dion, peut-être même que M. Giampaolo a vu que lorsque Céline est venu plus d’un soir au Colisée, le second soir avait été difficile à vendre…

Tout ça pour dire que l’occupation de cet amphithéâtre payé à même les fonds publics, dont la gestion a été cédée pour 25 ans à une firme privée, semble loin d’être gagnée d’avance: après que celui qui rêvait d’une équipe de hockey, Pierre Karl Péladeau, ait quitté pour le milieu politique, voici que celui qui devait dynamiser les lieux, Aldo Giampaolo, quitte à son tour…

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