Nicolas Houle

Archive, mai 2014

emmanuel

Deuxième concert en autant de semaine pour ce qui est convenu d’appeler La saison des guitaristes à Québec. Au programme, Tommy Emmanuel, qui se produisait lundi, au Palais Montcalm.

Je connaissais Emmanuel de réputation, je l’avais entendu ici et là sur disques, j’avais visionné quelques clips, mais je ne l’avais encore jamais vu en action, sur les planches. J’ai été soufflé. C’est vraiment sur scène que son art prend tout sens, d’autant qu’il est charismatique, spectaculaire et que, s’il est doué, n’est pas prétentieux et sait glisser, ici et là, une touche d’humour.

On le savait, le gars maîtrise la six cordes acoustique comme pas un. Fingerpicking, tapping, harmoniques, percussions sur sa guitare, tout semble possible pour lui. Mais seul sous les projecteurs, pendant toute une soirée, c’est facile d’être ennuyant. Emmanuel n’a pas de problème de ce côté. Le gars a le don de varier les plaisirs, de passer d’un genre à l’autre, de surprendre.

J’ai beaucoup apprécié sa version funky de House of The Rising Sun, où il prenait le micro, son medley des Beatles, où les titres étaient arrangés avec finesse, ainsi que ses propres compositions. J’ai d’ailleurs aimé qu’il souligne au public ce que racontaient ses créations instrumentales, car oui, elles relatent vraiment quelque chose, qu’il s’agisse de celle dédiée à sa fille, d’une qui traite de guerre (Blood Brothers) ou encore du parcours parsemé d’embûches des Amérindiens (l’inventive The Trails).

Après l’entracte, je craignais que le musicien sombre quelque peu dans la redite. Or là encore, le vieux routier m’a étonné. Ému, aussi, en parlant de son idole Chet Atkins et des circonstances dramatiques entourant l’enregistrement de Smokey Mountain Lullaby, auquel il a participé. Bref, première chose que j’ai su, la soirée était terminée.

Le public, qui avait rempli les lieux jusqu’au deuxième balcon, a semblé repartir aussi conquis que moi. Le compte-rendu de ma collègue Josée Guimond ici.

Prochain rendez-vous mettant à l’honneur la guitare: Jonny Lang, mardi prochain, encore au Palais Montcalm.

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Vendredi 23 mai 2014 | Mise en ligne à 14h25 | Commenter Commentaires (6)

Les Black Keys: Turn Bl…zzzzzz

Le Black Keys nouveau figurerait parmi les titres les plus attendus de l’année. Figurera-t-il parmi les flops?

Vrai qu’il fait belle figure dans les palmarès, mais je crains que ce ne soit pas tant en raison de la qualité de son contenu, mais plutôt parce que tout le monde s’est précipité sur la nouvelle parution. Après des albums exceptionnels comme Brothers et El Camino, on croyait que tout ce que touchait le duo se transformait en or…

Je l’ai fait tourner et retourner ce Turn Blue. J’y peux rien, il m’ennuie profondément. C’est tout juste si je ne me suis pas endormi dessus.

Je trouve audacieux et louable que les Keys aient tenté d’arriver là où on ne les attendait pas. Dès les premières minutes, Dan Auerbach et Patrick Carney mettent la table, avec une intro aérienne qui s’ouvre sur la très belle Weight of Love. Le ton est donné. Ce nouveau Keys est effectivement un album atmosphérique. Ça commence pas trop mal, c’est même, à la limite prometteur, mais par la suite, le décollage n’a jamais vraiment lieu.

De toute évidence, ce n’est pas dans ce registre que les deux Américains sont à leur meilleur. Oui, Auerbach est plus en contrôle que jamais de sa voix, mais musicalement, c’est monotone, linéaire, ennuyant. Le simple Fever, qui m’avait laissé froid, m’a étonnamment tiré de ma torpeur durant l’écoute. C’est dire…

La touche de Danger Mouse à la réalisation est très appuyée et j’ai l’impression qu’elle prend le dessus sur celle du duo, un peu comme ça s’était passé avec Norah Jones. D’ailleurs, les claviers et les orchestrations s’imposent souvent au détriment de l’apport des deux leaders, côté jeu. Même la basse éclipse parfois la guitare…

Et puis l’ensemble est non seulement touffu mais très travaillé, au risque d’évacuer la spontanéité.

Au final, on dirait que l’identité des Keys en ressort secouée, voire affaiblie – Carney n’a assurément pas le meilleur contexte pour se faire valoir à la batterie, Auerbach les mélodies pour se distinguer ou les lignes musicales pour appuyer sa voix.

Et puis qu’est-ce qu’on s’ennuie! Il y a quelques pistes en cours de route, comme Bullet in The Brain qui sont pas si mal, mais rien pour sauver la mise.

On se rappellera que les Keys avaient voulu retourner rapidement en studio après Brothers, car ils trouvaient que leur matériel n’était pas assez «up tempo» pour les concerts. C’est pour le moins étonnant de les voir arriver avec pareille proposition – j’ai comme l’impression que très peu des nouvelles chansons resteront au fil des représentations…

Bref la réinvention? Oui. À la manière Turn Blue? Non.

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Mercredi 21 mai 2014 | Mise en ligne à 21h05 | Commenter Commentaires (4)

Bonamassa au Colisée: pari gagné

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Dès le moment où Joe Bonamassa a annoncé son passage au Colisée de Québec, j’ai émis des doutes. Premier concert en ville depuis 2000 (à l’Agora, en ouverture de Jethro Tull, me précise un collègue) très longtemps, sinon premier tout court — j’ai cru comprendre qu’il était venu il y a très longtemps, mais je n’ai pas tout saisi ce que Bonamassa a dit, réverbération du Colisée oblige — dans un aréna, ça me paraissait ambitieux. Surtout pour un gars qui, habituellement, s’arrête au Saint-Denis, à Montréal.

Mais comme le Capitole était déjà loué, tout comme le Grand théâtre, l’équipe de Bonamassa — car c’était elle et non un promoteur local qui produisait — est allé directement réserver le Colisée.

Évidemment, l’aréna n’était pas pleine, mais on avait opté pour une formule intimiste en avançant fortement la scène et c’était plutôt réussi. Enfin, presque, puisque côté sonore, quand on sortait le volume, mettons qu’on perdait les subtilités du mixage.

Je ne reviendrai pas sur l’ensemble du concert, ma collègue Josianne Desloges l’a fait ici, mais disons que j’ai passé une excellente soirée.

Bonamassa a fait les choses en grands. Deux spectacles en un: une première partie acoustique impeccable, mettant en relief les nuances de son jeu, mais également de son chant, en plus du travail d’arrangements qui avait était fait avec une équipe de premier ordre. La reprise de Seagull, de Bad Company, l’originale Happier Times, déployée fort habilement, tout comme la version de Jockey Full of Bourbon, de Waits, ont été autant de réussites.

Je dois admettre qu’à priori, je n’étais pas convaincu de l’efficacité d’une performance en deux temps, mais je me suis rendu compte très rapidement que Bonamassa n’a eu aucun mal à faire décoller son spectacle sans avoir recours aux amplis ou à la distorsion.

Fait intéressant, il avait une autre équipe de musiciens pour la deuxième partie, en plus d’être très choyé côté équipements, avec un orgue Hammond (le comparse de l’époque de Black Country Communion, Derek Sherinian, était en poste), une imposante batterie et, bien sûr, une grande collection de guitares.

Si la portion électrique a été solide -fallait entendre la reprise de Midnight Blues de Gary Moore, mimiques de Bonamassa en prime-, on avait davantage un soliste qu’un band à l’oeuvre. L’Américain est en effet souvent tombé dans les débordements côté solos, parfois au détriment de l’unité des chansons. N’empêche, il a déployé l’étendue de son vocabulaire et n’a pas manqué d’étonner et de susciter l’approbation de la foule.

Bref une sacré belle visite. Non, ce n’était pas la salle idéale, mais Bonamassa a gagné son pari.

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