Nicolas Houle

Archive, décembre 2013

Dimanche 22 décembre 2013 | Mise en ligne à 8h10 | Commenter Commentaires (11)

Spectacles: le meilleur de 2013

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À bien des égards, l’année 2013 semble avoir marqué un plafonnement du coté des spectacles à Québec. Non seulement les diffuseurs ont eu du mal à faire régulièrement courir le public en salles, mais les grands événements extérieurs n’ont pas attiré les amateurs autant que ces dernières années. Pourtant, les occasions étaient belles de sortir. La preuve par dix, du côté des shows anglophones.

*à noter que certains des clips ci-dessous n’ont pas été captés à Québec

Bruno Mars
8 juillet
Plaines d’Abraham
Il ne faudrait pas qu’on lui dise trop souvent, car il semble avait tendance à connaître un peu trop sa valeur, mais Bruno Mars est sans doute le Michael Jackson des années 2000. C’est un artiste complet, qui sait écrire des titres accrocheurs, qui sait très bien chanter, qui est bon musicien, bon danseur, en plus d’être profondément charismatique. Son passage au Festival d’été a témoigné de tout ça.

Stevie Wonder
14 juillet
Plaines d’Abraham
Le premier passage de Stevie Wonder sur les plaines d’Abraham a été mémorable. Certes, le grand Stevie sait toujours chanter, jouer du clavier et jammer comme pas un. Mais il sait aussi connecter avec la foule et partager ses prises de position sociales. Quand il a pris une pause à la mémoire des victimes du Lac-Mégantic et pour parler du cas George Zimmerman, on avait autant de frissons que dans ses meilleures interprétations. Et quand, devant la foule qui l’ovationnait, il a décidé de retirer ses verres fumés, on s’est senti soudainement intime avec la légende. Une communion.

Paul McCartney
23 juillet
Plaines d’Abraham
Le retour de Paul McCartney sur les Plaines est loin d’avoir eu le lustre du tout premier concert. On a eu beau ramener les «salut toute la gang» dans les messages publicitaires, seuls les mordus se sont présentés au rendez-vous — de quoi faire réfléchir ceux qui veulent remplir le futur amphithéâtre de gros concerts. C’est bien dommage, car le gentil Beatle avait un excellent spectacle à offrir, avec des pièces judicieusement choisies.

Rival Sons
30 octobre
Le Cercle
Mon coup de cœur de l’année. Entendre de si près le chant époustouflant de Jay Buchanan et apprécier de si près le jeu inventif et précis de Scott Holiday à la guitare : du pur bonheur.

Dom La Nena
5 juillet
Le Cercle
Le Cercle tout entier retenait son souffle pour écouter Dom La Nena offrir son premier concert à Québec, avec sa petite voix délicate, qu’elle enrobait, seule, de son violoncelle ou de différents instruments. Un moment magique.

The Saxophone Summit
26 octobre
Capitole
Déjà, d’avoir Ravi Coltrane, Dave Liebman et Joe Lovano réunis sur une même scène laisse présager le meilleur. Mais lorsqu’ils ont aussi à leur côté une section rythmique des plus solides et un pianiste inspiré, ça donne lieu à une véritable leçon de jazz. Et c’est ce qu’on a eu.

The Raveonettes
7 juillet
Impérial
Les Raveonettes ont beau être un groupe bien établi, on ne les avait encore jamais vus à Québec. Et on manquait quelque chose : Le duo danois nous a servi un super concert, où les mélodies accrocheuses avaient pour double les bruits grinçants. L’inquiétante Aly, Walk With Me vibre encore dans nos tympans.

The Black Keys
6 juillet
Plaines d’Abraham
Devant le retour des Keys, plusieurs ont trouvé le moyen de rechigner. Mais quiconque est allé sur les Plaines en a eu pour son argent: Dan Auerbach et Patrick Carney étaient encore plus en possession de leur moyen qu’à leur passage précédent. Diable que ça sonnait!

Muse
26 avril
Colisée
Muse tend à toujours en faire plus que le client en demande, mais sur scène, dans un aréna, les excès prennent tout leur sens. La machine était bien huilée pour cet arrêt du The 2nd Law Tour.

Half Moon Run
5 décembre
Salle Albert-Rousseau
Je n’ai pas eu la chance d’aller voir Half Moon Run à Albert-Rousseau, mais des échos que j’en ai eu, ça devait figurer parmi les meilleurs shows de l’année à Québec. Je n’ai pas de misère à le croire, puisque j’ai vu le band en action à South By Southwest et il était en pleine possession de ses moyens, même dans un décor qui était loin d’être idéal…

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Mardi 17 décembre 2013 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Commentaires (24)

Albums: le meilleur de 2013

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Cette année encore, on n’est pas ennuyé au rayon des albums anglophones. On a eu autant des retour surprises (David Bowie) que des retours attendus (Pearl Jam, Vampire Weekend); l’arrivée de nouveaux visages (Lorde) que des propositions de routiers bien établis (Kanye West).

Une observation? Des pivots de la mouvance indie, comme The National et Phoenix m’ont semblé s’essouffler ou, à tout le moins, se répéter, tandis que leurs comparses s’efforçaient de se réinventer, au risque de forcer un peu la note (Vampire Weekend, Tegan & Sara).

Alors, que reste-t-il de 2013? En décembre, la réponse est: un palmarès de fin d’année, bien sûr! 10 titres, plus un boni, sur lequel je n’aurais pas nécessairement misé au départ.

Évidemment, les choix sont toujours déchirants. Et ils font toujours l’objet de débats. Mais n’est-ce pas pour ça qu’on en discute ici? Voici donc ce qui est resté près de mon lecteur tout au long de 2013. En accord? En désaccord? Dites-moi ce qui est resté près du vôtre.

Queens of The Stone Age…Like Clockwork
Quelque six ans après Era Vulgaris, le plus ou moins réussi quatrième cinquième album de Queens of The Stone Age, le groupe revient en force. Mieux, avec …Like Clockwork, le band apparaît à son zénith. Homme chante mieux que jamais, ne craignant pas de se faire tour à tour subtil, mordant ou sulfureux, tandis que sa bande, augmentée par maints invités (Dave Grohl, Elton John, Trent Reznor) bâtit des atmosphères baroques ou abrasives, parfaitement contrôlées sans craindre les segments dépouillés. Il n’a pas fini de tourner, celui-là.

Anna CalviOne Breath
Une voix grave et puissante, un jeu de guitare assuré et inspiré, de même qu’un sens certain de l’écriture: elle semble avoir tout pour elle, cette Anna Calvi. Celle qui pouvait rappeler PJ Harvey par son côté sauvage et sulfureux déploie l’étendue de son talent sur ce One Breath. La formule en trio qu’elle avait préconisée jusque là se trouve enrichie par l’apport de cordes, tandis que Calvi propose des mélodies fortes sans craindre d’emprunter des routes expérimentales.

Arcade FireReflektor
On aime Arcade Fire ou on déteste. Je fais parfois partie du second groupe tant la suffisance du band m’horripile. Mais que voulez-vous, ils font du bon travail. Et même qu’ici, avec la dimension dansante qu’a apportée le co-réalisateur James Murphy, le band apparaît plus décontracté sans diluer son contenu.

Steven WilsonThe Raven That Refused To Sing
Steven Wilson (Porcupine Tree, No-Man, Blackfield) s’illustre cette fois en faisant appel à des musiciens de premier niveau pour donner forme à ses idées. En résulte un album hautement contrasté, suspendu hors du temps.

Daft PunkRandom Access Memories
Il est vrai que le Daft Punk nouveau compte des imperfections, mais ce qui est réussi l’est tellement (Giorgio By Moroder, Get Lucky), qu’avec ce parti pris pour la funk et le disco, le duo français s’impose parmi les incontournables de l’année.

Portugal. The ManEvil Friends
S’alliant au respecté réalisateur Danger Mouse (The Black Keys, Beck), la troupe accouche d’un album raffiné, plus accessible que ses offrandes précédentes. Si l’on sent la présence de Danger Mouse dans l’apport de certaines sonorités ou atmosphères, Portugal. The Man et son leader, John Gourley, ne perdent pas leur identité dans cette collaboration.

James BlakeOvergrown
Sur Overgrown, James Blake accouche d’un album intime, mi-acoustique, mi-électronique, où le traitement sonore, les programmations et l’échantillonnage jouent un rôle-clé, quoique discret. Un album dense et exigeant, souvent cérébral, mais qui comporte de fascinantes trouvailles et qui, sous ses dehors baroques, s’appuie sur des lignes mélodiques fort efficaces, répétées à la manière d’une transe.

BombinoNomad
Tinariwen nous le démontre depuis quelques années: les touaregs savent rocker sans perdre de vue leurs racines africaines. Bombino suit la voie à sa manière et brille particulièrement sur cet album où il fait appel à Dan Auerbach des Black Keys, à titre de réalisateur. Son chant plaintif en langue tamasheq, ses lignes en boucles, prenant l’allure de transes, ses riffs de guitares efficaces ou encore ses solos parfaitement inspirés font mouche d’un titre à l’autre.

Vampire WeekendModern Vampires of the City
Dès l’ouverture, Modern Vampires of The City nous plonge dans un univers qui, tout en s’appuyant sur des repères comme la voix chaleureuse d’Ezra Koenig, se double d’un souci d’expérimentation. D’une pièce à l’autre, le groupe manipule les vitesses d’enregistrement, joue sur les contrastes ou procède à des mariages musicaux baroques. Le plus souvent, les musiciens tirent leur épingle du jeu, optant pour des rythmiques touffues ou ces élégants passages de piano, de clavecins ou de cordes qu’ils affectionnent.

Jake BuggShangri La
Le jeunot d’Angleterre s’allie à Rick Rubin pour un deuxième album pas mal du tout. Vrai que l’effet de surprise du premier album est passé, vrai que ça flaire Dylan tout plein, mais il y assurément une bonne dose de talent et d’inspiration ici.

Paul McCartneyNew
Autant j’ai une admiration sans borne pour les Beatles, autant la carrière solo de McCartney a toujours pour moi été sujette à caution, le gentil Beatle s’égarant souvent à force de vouloir exploiter à tout prix ses vastes talents. Or quand il sait se concentrer et tirer le meilleur de lui-même, il est capable de frapper dans le mille. Il l’avait notamment a fait avec Chaos and Creation In The Backyard, il le refait avec New, qui plus est du haut de ses 71 ans.

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Jeudi 5 décembre 2013 | Mise en ligne à 14h31 | Commenter Commentaires (9)

Steven Wilson chez Jethro Tull: le cas Benefit

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Steven Wilson, leader de Porcupine Tree et membre d’une foule d’autres formations (Blackfield, No-Man, IEM) est loin de se limiter à ses activités de chanteur, guitariste ou compositeur. C’est aussi un crack de studio et un audiophile. Après s’être longtemps appliqué à ce que ses projets naissent à la fois sur CD et DVD Audio avec un mixage 5.1, il a été recruté pour remasteriser et remixer des classiques du progressif, de King Crimson à Caravan, de ELP à Yes avec même des détours du côté de la pop de XTC.

En entrevue un peu plus tôt cette année, Wilson me confiait qu’il est désormais tellement en demande pour son travail d’ingénieur de son, qu’il doit refuser des offres, autrement ses activités de musicien en souffriraient. Son approche?

«Quand on écoute à un album de l’époque, on écoute une 3 ou 4e génération de bande. Ce qu’on fait est de retourner aux bandes originales et on les garde en haute résolution jusqu’au mixage. Ce que j’essaie de faire souvent est de clarifier le mixage. L’analogie est comme de rafraîchir la chapelle Sixtine : vous ne voulez rien changer à l’art, vous ne voulez pas toucher à la peinture de Michelangelo, mais en même temps vous pouvez retirer une couche de vieux vernis et la faire briller d’une manière dont elle n’a pas brillé depuis longtemps. Au départ, l’idée était de mixer en son surround, mais la démarche est de créer d’abord le mixage stéréo et d’y être très fidèle. Et c’est là que j’ai compris qu’il y avait beaucoup à gagner de ce côté aussi.»

Très honnêtement, j’avais suivi jusqu’ici le travail de remasterisation de Wilson d’assez loin. La raison est assez simple: j’apprécie beaucoup les classiques auxquels il s’est attaqués, mais d’une part, je ne les fais plus tourner autant que lorsque j’ai pu les découvrir et, surtout, j’avais déjà investi dans des éditions remasterisées. Enfin, je ne suis pas équipé pour l’écoute en 5.1…

Or voilà que survient cette nouvelle édition de Benefit. Un album de transition, un peu négligé dans la discographie de Jethro Tull. Ma curiosité a été piqué, d’autant que mes vieux exemplaires n’étaient pas de très bonne qualité. Cette édition vient avec trois disques: 1 cd de nouveaux mixages stéréo, avec quelques titres supplémentaires, un deuxième CD de pièces datant de la même période, surtout des mixages mono, puis, enfin, un DVD audio avec les mixages de Wilson en 5.1 et en stéréo de haute qualité.

Je suis allé directement au DVD-A et j’ai fait tourné la version stéréo. Je suis tombé sur le derrière. Évidemment, on est à la fin des années 60 et ça se sent dans le jeu, dans le ton et dans les arrangements parfois minimalistes, mais du reste, j’ai été saisi par la qualité de ce que j’entendais là. Vraiment, j’ai non seulement renoué les With You There To Help Me, To Cry You A Song et autres Sossity; You’re A Woman, mais j’ai redécouvert les Nothing To Say, For Michael Collins, Jeffrey & Me et, en bonus, Sweet Dream.

Fait intéressant, dans son nouveau mixage, Wilson s’est appliqué à rétablir une image stéréo plus naturelle, moins tranchée que l’originale, ce qui est franchement réussi.

À travers tout ça, je n’ai pas eu assez d’une écoute pour passer à travers le généreux livret, qui nous replonge dans la genèse de cet album avec ses artisans de l’époque. C’est une mine fascinante d’information, qui plus est, on évite le plus souvent d’y sombrer dans la complaisance.

Bref, cette nouvelle édition est un incontournable pour tout trippeux de Tull qui se respecte. Très souvent, on a l’impression d’être non loin des gars, en studio, avec l’équipement d’antan et une vague odeur de patchouli…

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