Steven Wilson est un artiste pour le moins fascinant. Non seulement est-il prolifique et doué, ayant mené de front les pertinents Porcupine Tree, No-Man, Blackfield et Bass Communion, pour ne nommer que ceux-là, mais c’est aussi un redoutable ingénieur de son, qui a donné un second souffle à bien des classiques du rock, en les remixant et les remastérisant.
Or voilà, Wilson se sentait à l’étroit dans Procupine Tree, comme il me le confiait dans cette entrevue. Et à vrai dire, ça paraissait un peu, le groupe commençant à se répéter à partir de Deadwing, sans pour autant être inintéressant…
On sentait avec Insurgentes (2009), son premier album solo que Wilson réalisait toutes les idées qui lui passaient par la tête au risque de mal les canaliser. Avec l’excellent Grace For Drowning (2011), il avait de toute évidence retrouvé son inspiration des belles années. Et avec The Raven That Refused To Sing, en magasin mardi, il apparaît de nouveau au sommet de son art.
Contrairement à ses deux albums précédents, où il avait invité divers instrumentistes, The Raven… a été enregistré en compagnie de la formation avec laquelle il était parti en tournée pour Grace For Drowning. Le band réunit le bassiste Nick Beggs, le guitariste Guthrie Govan, le claviériste Adam Holzman (qui a déjà fait partie du groupe de Miles Davis), le batteur Marco Minnemann et Theo Travis aux instruments à vent. Dès Luminol, en ouverture, on réalise qu’on a affaire à des musiciens de haut calibre. Le risque? Qu’on sombre dans la technique et la froide démonstration. Heureusement, ce n’est pas du tout le cas.
À la manière de Zappa, Wilson se fait chef d’orchestre-directeur artistique. Et de toute évidence, il est à l’aise dans ce rôle et sait tirer sur les bonnes ficelles. L’album lui ressemble et, en même temps, exploite d’autres territoires, en particulier celui du jazz, grâce à l’apport de Travis et d’Holzman. Govan, pour sa part, permet à Wilson d’offrir des envolées de guitares qu’il ne pouvait livrer (il faut l’entendre dans The Watchmaker), même s’il se défend très bien sur la six cordes. Les gars jouent vraiment bien, sachant se laisser aller lorsque nécessaire et faire dans la subtilité quand les pièces le commandent.
Fidèle à lui-même, le leader se repose sur un concept: des histoires de fantômes, racontant la disparition de proches. Pour les partager, les textes autant que les passages instrumentaux sont mis à contribution. Mais ici, plus que sur d’autres projets, Wilson entre entièrement dans le territoire du progressif avec six titres qui débobinent longuement. Rock mordant, envolées planantes, segments jazzy, mélodies recherchées et orchestrations raffinées sont les principaux ingrédients de cette aventure réussie.
Et comme Wilson a tenu à enregistrer l’album live en studio et ne pouvait donc être derrière la console, il a fait appel à Alan Parsons (Beatles, Pink Floyd, Alan Parsons Project) à titre d’ingénieur de son. Est-ce nécessaire de dire que ça sonne en diable?
L’une des grandes qualités de Wilson a toujours été d’explorer la veine art rock avec ambition, mais sans sombrer dans le prétentieux, le pompeux ou le kétaine qui caractérise certains bands du progressif. Nul doute qu’il est à la hauteur une fois de plus.
Vous avec suivi Wilson au fil des ans?
Vous l’attendiez, ce Raven?
Assisterez-vous au show à Montréal, le 25 avril, où Wilson sera avec son band, avec sono en quadriphonie?

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rogiroux
25 février 2013
18h57
J’aime beaucoup Porcupine Tree…
Un des seuls groupes contemporains qui m’intéresse vraiment.
Et ceux qui veulent vivre une expérience hors du commun
devraient vite se procurer un billet pour ce spectacle.
Dans une petite salle, la quadraphonie peut vous faire découvrir
la musique comme si vous l’entendiez pour la première fois de votre vie.
Le spectacle de Pink Floyd (Meddle) a changé mon rapport avec la musique
de manière fondamentale…. Sans exagération… Une expérience transcendantale!
chip
25 février 2013
20h23
À ma grande honte, je ne connaissais pas. Wow!
marronnier
25 février 2013
21h56
Je n’écoute Steven Wilson que depuis très récemment.Je m’étais procuré “Deadwing” et je n’avais pas vraiment aimé.Par contre,quand j’ai écouté “Grace For Drowning” pour la première fois,je fus tombé en bas de ma chaise…C’était comme écouter un “Island” de King Crimson des années 2000;ce n’était pas un retour à la terre”progressive” mais bel et bien mais une musique qui avait une coloration tout à fait moderne.Je me suis procuré par la suite les vieux disques plus pink floydiens de Porcupine Tree tels que”Lightbulb”,”Signify” et “Stupid Dream” et je ne fus pas déçu,bien au contraire.
Je n’irais pas jusqu’à comparer Steven Wilson avec Frank Zappa(l’Einstein du rock) mais il est certainement l’un des créateurs prolifiques des plus inspirés.En fait,peu importe ses influences crimsonniennes,floydiennes ou zappiennes,il s’est forgé une qui identité qui lui est propre et c’est de celle-ci que rayonne son génie.
Je n’ai écouté que trois pièces de son nouvel opus et elles sont excellentes. La pièce titre”Le corbeau qui ne voulait chanter” est d’une mélancolie saississante.Histoire plus que touchante!!La musique de Wilson a toujours été sombre mais elle est le reflet même de nos émotions les plus perçantes.. Et ce “Luminol”,il est tout à fait jouissif!!
Très hâte d’entendre l’oeuvre au complet!
marronnier
25 février 2013
22h00
“Il s’est forgé une identité qui lui est propre…”
auca
26 février 2013
14h43
Album déroutant et délirant. Aucune longueur et nombreux rebondissements. Facture très progressive, ce qui me plaît énormément. De loin le plus réussi et le plus intéressant des trois. Je crois qu’il était plus que temps qu’il mette un terme à l’interminable aventure de Porcupine Tree et qu’il remette sa créativité au travail!
nicolas.houle
26 février 2013
15h53
@marronier Pour moi Stupid Dream et Lightbulb Sun sont les sommets de PT. In Absentia est également de haut calibre. Voyage 34 tient plus de la curiosité, mais vaut également le détour.
toup2112
26 février 2013
18h25
Je suis fan de PT depuis le milieu des années 90, moment où j’ai découvert le groupe en écoutant Dangereuses Visions sur les ondes de CKRL. J’ai vu le groupe pour la première fois au D’Auteuil dans le cadre de la tournée de Stupid Dream Je suis également fan des autres projet de Wilson. Bien hâte que le facteur dépose le nouvel opus de Wilson dans ma boîte aux lettres.
francois390
27 février 2013
09h20
J’étais également présent au D’Auteuil pour l’hallucinant show de Porcupine Tree que j’avais découvert avec l’album Signify (premier album en groupe puisque les précédents étaient plus des projets solo avec invités de Steven Wilson) Pour découvrir cette période je conseille le double CD live Coma Divine ! Stupid Dreams et Lightbulb Sun sont effectivement mes préférés, mais j’ai un peu décroché dans la phase plus “metal” de Absentia à Deadwig. Fear of a Blank Planet était un très grand retour; le DVD live Anesthetize en est le témoin parfait ! Pour les albums solo de Steven Wilson; je les trouve très bons mais aucun à date n’a eu droit à une forte rotation. Espérons que cette nouvelle oeuvre sera la bonne… le 1er extrait est très prometteur !
colissuspect
27 février 2013
13h52
Wilson et PT sont à peu près les seuls qui réussissent encore à faire vibrer ma corde progressive.
C’est bien beau la quadrophonie mais un siège réservé c’est mieux !
Je n’aurais pas manqué ce concert si il avait été présenté dans une autre salle. Je passe souvent mon tour quand c’est au Métropolis ou au Club Soda.
auca
27 février 2013
15h55
C’est parce que tu ne connais pas les dizaines d’autres dont plusieurs sont à des années lumières de PT en termes de qualité, d’innovation et de créativité!
Je te suggère de lire ma chronique de rock progressif dans le magazine Québec Audio & Vidéo, tu feras plusieurs découvertes!
colissuspect
28 février 2013
11h47
@auca
Si t’en connais des dizaines pourquoi ne pas partager tes meilleures trouvailles avec nous.
Je reprend le paragraphe de M. Houle qui résume assez bien à mon avis 95% de ce qui a été fait en rock progressif (pour ce que ça veut dire… ??) depuis les années 80s:
” L’une des grandes qualités de Wilson a toujours été d’explorer la veine art rock avec ambition, mais sans sombrer dans le prétentieux, le pompeux ou le kétaine qui caractérise certains bands du progressif. ”
Si on ajoute toute la gymnastique que l’on peut faire avec un instrument ça laisse bien peu de place pour la musique.
auca
28 février 2013
15h12
C’est ce qui fait le plaisir d’écouter du prog; l’élitisme, l’éclectisme, l’inaccessibilité et l’arrogance. Pour moi, une musique se doit d’être un brin prétentieuse et difficile à conquérir. C’est tout le contraire des PT depuis Signify qui sont rock’n roll et prévisibles, mis à part le dernier qui se voulait un prélude au départ de Monsieur Wilson. Quant à moi, des groupes comme Flower Kings, IQ, Gazpacho, RPWL, Unitopia, La Maschera, Shadow Circus, Beardfish, Riverside, etc. etc. (il y en a des dizaines de tous les pays) apportent une lecture nouvelle et déroutante du rock progressif des années 1970 (qui reste sublime) et me procure beaucoup plus de plus de plaisir. L’internationalisation du prog qui n’est maintenant que rarement anglais (USA, Australie, Pologne, Suède, Italie, France, Canada, etc.) est pour beaucoup dans l’ajout de ces nouvelles saveurs…
francoisangers
1 mars 2013
09h46
Ça fait plaisir de voir qu’on se souvient encore de Dangereuses Visions… j’ai animé de 96 à 2000!
toup2112
1 mars 2013
23h09
@francoisangers: J’en ai passé des nuits à étudier en vous écoutant, vous et Pierre Grand’Maison.