Nicolas Houle

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Lundi 28 janvier 2013 | Mise en ligne à 16h46 | Commenter Commentaires (3)

On peut sortir Tegan & Sara de l’indie, mais pas l’indie de Tegan & Sara…

Avec leur 7e album studio, Tegan & Sara partent à la conquête des grandes salles. Leur clé pour ouvrir les portes ? Une synth pop aux accents des années 80, façon Phoenix.

En 12 ans de carrière, les jumelles Quin étaient toujours restées en territoire indie, touchant notamment à la folk, à la pop rock et au punk emo. Voilà qu’elles veulent s’adresser à un plus large public. Pourtant, elles ne s’éloignent pas tellement de leur zone de confort sur Heartthrob. Les chansons de désamour sont encore au rendez-vous, tout comme les belles interactions vocales ou les lignes accrocheuses. Même les guitares sont présentes, simplement étouffées dans le mixage.

Seul l’enrobage, plus sucré, a véritablement changé. Pas sûr que Tegan & Sara gagnent dans cette aventure. D’une part, le matériel apparaît moins solide que sur d’autres albums, comme le précédent, Sainthood, mais surtout, ces arrangements ne sont pas toujours indiqués pour l’univers du duo.

Après tout, les titres de Tegan and Sara sont souvent des histoires de coeurs brisés, coiffées d’un halo un rien ténébreux, qu’on perce au fil des écoutes. Difficile de faire léger dans ce contexte. Il est vrai qu’en début d’album, Closer ou Goodbye, Goodbye se défendent assez bien dans la formule synth pop, or plus on progresse dans Heartthrob, plus on sent les racines de «songwriter» de Tegan & Sara poindre sous le vernis de l’emballage envahissant, grésillant et surproduit. Un titre comme Now I’m All Messed Up aurait tellement mieux fonctionné si on lui avait permis de respirer dans une approche minimaliste.

Même si Heartthrob compte de très bonnes chansons, je suis loin d’être convaincu que Tegan and Sara élargiront davantage leur bassin de fans. Au contraire, ce virage pourrait même effrayer un certain nombre de loyaux adeptes. Cela dit, on ne pourra pas accuser les filles d’avoir vendu leur âme au diable: elles ont simplement changé de garde-robe sonore. C’est toujours louable de vouloir faire autre chose que du surplace, non?


  • Ben quin.

  • C’est pas “The Con”, mais c’est pas du tout un mauvais album.

    On aurait peut-être voulu plus de Goodbye, Goodbye (excellente pour le cardio), et un peu moins de I Was a Fool (que j’adore, pourtant).

    Un bon album, mais après quelques écoutes, y’a pas vraiment grand chose qui nous pousse à le remettre dans le lecteur.

    C’est pas grave. La semaine prochaine, on a, je crois, un sérieux prétendant au titre de l’album de 2013.

  • Il existe deux manières de me faire arrêter de suivre un groupe : faire le même disque d’une fois à l’autre ou changer pour moins intéressant. Ils sont rares les groupes qui réussissent à éviter cet écueil. Mais ce n’est pas une mauvaise affaire: ça nous force à découvrir de nouveaux groupes !

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