Nicolas Houle

Archive du 11 décembre 2012

Mardi 11 décembre 2012 | Mise en ligne à 14h33 | Commenter Commentaires (10)

Albums de l’année – la suite

L’avantage avec le blogue, c’est qu’on peut se permettre d’aller au-delà des limites qu’impose l’espace papier. Je poursuis donc ma liste des albums de l’année au-delà de la dizaine réglementaire, mais sans trop m’étendre non plus – il faut bien que cette liste signifie quelque chose, non? Je compte ensuite sur vous pour me partager vos choix ou me pointer ce que vous estimez être un terrible oubli!

…Avant que vous ne me signifiez l’absence de contenu francophone, ceci s’explique tout simplement par mon champ de couverture au journal – ma collègue Geneviève Bouchard se charge de ce domaine.

Enfin, sachez que vous pouvez répondre au sondage du Soleil concernant vos coups de coeur culturels de l’année -dont les albums et les spectacles- ici.

Le meilleur album hippie | Edward Sharpe & The Magnetic Zeros – Here

Je ne tenterai pas de vous faire croire que le deuxième album signé par Alex Ebert et sa bande est parfait. Or il compte des perles, si bien que j’y retourne régulièrement depuis sa parution avec le même plaisir. Il y a des mélodies vraiment fortes, qu’elles soient servies par les voix ou les envolées de cuivres, et une belle interaction entre Ebert et Jade Castrinos au chant. Des chansons comme Man on Fire, That’s What’s Up ou Dear Believer sont du pur bonbon.

Le meilleur album poétique | Leonard Cohen – Old Ideas

Old Ideas couronne un heureux retour à l’avant-scène pour Leonard Cohen. Du haut de ses 78 ans, le Montréalais manie toujours la plume avec finesse et met sa voix vibrante au service de ses vers. Au-delà des mots, ce qui charme ici, c’est l’emballage musical. Pas de grande révolution, mais des choix stylistiques (blues, folk, gospel) et orchestraux (choeurs féminins, orgue Hammond, guitares) en adéquation avec le contenu. Et si le vétéran récite plus qu’il ne chante (bouleversante Show Me the Place), la musicalité n’en souffre guère. Vieilles idées que l’amour, la mort ou la spiritualité? Peut-être. Mais toujours pertinentes lorsque traitées comme Cohen le fait ici.

La plus belle rencontre | Paolo Fresu et Omar Sosa – Alma

Les grandes rencontres musicales sont celles où les musiciens se mettent au service de leur art et non de leur ego. Le trompettiste italien Paolo Fresu et le pianiste d’origine cubaine Omar Sosa le rappellent avec brio sur Alma. Le titre de l’album signifie «âme», en espagnol et il est on ne peut mieux choisi. Se faisant tantôt exploratoires, tantôt profondément mélodiques, les deux hommes accouchent de pièces sensibles, où le souffle aérien de Fresu se fond parfaitement aux inflexions latines ou africaines de Sosa. Le duo, qui assaisonne ses compositions de claviers, de percussions ou de boucles sonores se permet même une reprise fort inspirée du Under African Skies, de Paul Simon, avec des sifflements à la Bobby McFerrin.

Le meilleur album exploratoire | Grizzly Bear – Shields

Fidèles à eux-mêmes, les gars de Grizzly Bear ont ficelé dix chansons exploratoires sur Shields, aux habillages sonores singuliers et aux rythmiques recherchées. S’il fait bon de voir le band demeurer créatif, il est tout aussi intéressant de constater que les musiciens ont appris à être plus directs. Shields est un album mélodique bien senti, qui compte ses moments fougueux et dramatiques autant que ses envolées aériennes, et qui mise en premier lieu sur le chant d’Edward Droste et de Daniel Rossen.

Le meilleur album world | Amadou & Mariam – Folila

On se méfie toujours un peu des albums où les invités sont presque plus nombreux que les chansons interprétées. On peut baisser notre garde, ici. Folila, où Amadou & Mariam interagissent avec Bertrand Cantat, Santigold et autres membres de TV on the Radio vaut le détour. Avec autant d’intervenants et avec ce métissage d’influences occidentale et africaine, on se retrouve forcément avec un album bigarré et, parfois, très touffu. Si certains invités peuvent prendre passablement de place, le tandem parvient toujours à imprimer sa griffe et, surtout, à arriver avec des airs touchant (Chérie) et accrocheurs (Oh Amadou), parfois désarmants de simplicité et d’efficacité.

L’album aux atmosphères les mieux contrôlées | The XX – Coexist

Le premier enregistrement des XX avait suscité un enthousiasme tel, en 2009, qu’on craignait que cette deuxième offrande ne puisse être à la hauteur des attentes. Or au contraire, les Anglais apparaissent grandis sur Coexist. Plus que jamais, le trio tisse des pièces atmosphériques et mélancoliques en optant pour le dépouillement. Chaque son et chaque effet apparaît judicieusement choisi. Avec un tel minimalisme, la bande se devait de trouver des lignes ou des mélodies porteuses et, justement, elle y parvient.

Les meilleurs albums des bands qui n’ont pas ben ben changé | Beach House – Bloom et Mumford & Sons – Babel

Sans mauvais jeu de mots, Bloom marque la pleine éclosion de Beach House. On y renoue avec la voix singulière de Victoria Legrand, cette fois avec des chansons qui coulent de source, défendues avec chaleur et recherche. On ne peut nier que Beach House tend encore à faire une surutilisation de certains procédés, or à sa décharge, il sait le justifier et se tirer adroitement d’affaires, créant un univers rêveur qui ne manque pas de personnalité. Pour sa part, la bande de Mumford & Sons n’a pas voulu déroger d’une formule gagnante, y allant de nouveau de titre à teneur folk servis avec une énergie rock, le tout réalisé avec Markus Dravs (Coldplay, Arcade Fire). Il y a un beau dosage de titre dynamiques, enrichis de cuivres ou de cordes, de ballades adroites, mais aussi de pièces où le quatuor joue sur différentes teintes.

Le meilleur album d’un supergroupe | Black Country Communion – Afterglow

Les supergroupes ont toujours la vie courte et il semble que Black Country Communion, qui réunit Joe Bonamassa, Glenn Hughes (Deep Purple), Jason Bonham (Led Zep) et Derek Sherinian (Dream Theater), ne fera pas fait exception à la règle. Une petite mésentente sur la disponibilité de Bonamassa pour les concerts (sa carrière solo étant fort occupée) est à la source du conflit. Cela dit, si le rideau tombe sur le quatuor, ce sera une finale en force. Enregistré dans des conditions voisines du live, Afterflow est dynamique et plein de fraîcheur. L’interaction entre les musiciens est plus que jamais présente, les titres sont bien écrits et Hughes, à la voix, est au sommet de sa forme. De l’excellent classic rock.

Mon bonbon de l’année | Peter Blegvad et Andy Partridge – Gonwards

J’adore ce que fait Peter Blegvad. Tous ses projets (bd, écrits, musique, radio) sont façonnés avec imagination, avec esprit et avec un souci de recherche. Or depuis ses excellents albums folk-rock-blues des années 90, il s’était fait trop discret côté musique. Aussi, de le voir refaire surface avec Andy Partridge, en fusionnant les différentes facettes de son art -narration, histoires décalées, chansons, dessins- dans un emballage musical réussi, ç’a été l’une de mes belles surprises de l’année. Et comme Partridge ne donne plus de concerts, les gars ont réalisé des clips pour presque toutes les pièces de l’album… À découvrir.

À vous, maintenant, d’établir votre liste…

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