Nicolas Houle

Archive du 22 novembre 2012

Jeudi 22 novembre 2012 | Mise en ligne à 9h00 | Commenter Commentaires (7)

Le FEQ : une vente à l’aveugle nécessaire?

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Vous le savez sans doute, le Festival d’été de Québec (FEQ) a décidé d’imiter certains grands événements internationaux et de mettre ses laissez-passer pour la cuvée 2013 en vente à l’avance, sans même que la programmation ne soit dévoilée. Mon papier détaillé ici.

Ainsi, 75 000 unités seront disponibles le 1er décembre, uniquement par l’entremise du Web et du téléphone, et 75 000 autres le 23 février. On croit ainsi pouvoir contrer les revendeurs et satisfaire une frange du public qui voulait offrir macarons et bracelets à Noël.

Un bon coup? C’est audacieux, certes. Nécessaire? L’avenir le dira. Même s’il aime évoquer les Glastonbury, Coachella et autres Bonnaroo, le FEQ est très différent de ce genre d’événements. Ce sont des motivations pécuniaires qui animent ces festivals, la volonté de s’assurer un public très tôt dans l’année sans être dépendant des têtes d’affiche et le souhait que les festivaliers en viennent à se déplacer pour une bannière -celle d’un événement gage d’une expérience- plutôt que pour les vedettes qui y sont.

Je peux comprendre la volonté du FEQ de suivre cette tendance. Ça démontre que l’événement reste allumé sur la dynamique du milieu. Or il ne faut pas oublier que, contrairement aux Coachella et Bonnaroo, il s’adresse en premier lieu à la population d’une ville et qu’il s’étend sur 11 jours. Autrement dit, ce ne sont pas uniquement des mordus purs et durs de musique qui viennent y passer une fin de semaine, mais un public varié, qui se déplace parfois que pour deux ou trois shows. D’autres part, les géants internationaux attirent une clientèle qui n’est pas nécessairement récurrente comme celle du FEQ: plusieurs y vont pour vivre l’aventure une fois dans une vie.

Le FEQ fait donc un pari relativement risqué. Pas du côté des ventes – les laissez-passer s’envoleront aisément, une habitude ayant été prise – mais du côté de la satisfaction de ses acheteurs, qui risquent d’être plus irrités qu’autre chose par l’initiative. Il n’y a qu’à voir à quel point ça barde dans la page Facebook de l’événement. Les diffuseurs aussi maugréent.

Plusieurs s’avouent inconfortables à l’idée de faire un “chèque en blanc” au FEQ tout en pestant, car ils n’auront pas le choix de s’y résigner s’ils veulent participer au festival comme par les années passées. Du coup la pression monte pour que la marchandise soit livrée. Or voilà, le festival étant par définition généraliste, une grande vedette qui plaît à l’un n’est pas une grande vedette qui plaît à un autre. Le FEQ, qui a déjà admis vouloir mousser ses ventes de billets journaliers, a peut-être trouvé un filon là…

On peut se réjouir de voir le FEQ continuer de faire preuve d’audace dans sa mise en marché. Reste à voir si cette audace se traduira par une prudence dans la grille de programmation visant à gonfler les visites coûte que coûte. Car c’est là aussi, dans son offre, que réside la personnalité et l’évolution de l’événement.

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