Nicolas Houle

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Mercredi 7 novembre 2012 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (9)

Spectacles brouillons: jusqu’où va votre indulgence?

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J’étais au Petit Champlain, mardi soir, pour le spectacle de Martha Wainwright (ma critique ici). Digne fille de Kate McGarrigle et de Loudon Wainwright III, et soeurette de Rufus, Martha est bourrée de talent. Je reste partagé quant à la réalisation de son nouvel album, Come Home To Mama, où je sens un mariage un peu forcé entre sa folk et des claviers ou programmations qui se veulent audacieux ou novateurs. Le contenu, cependant, est pertinent, on pouvait très bien le constater en spectacle.

Or voilà, Martha était au début de sa tournée et si certaines pièces étaient bien rodées, d’autres ne l’étaient guère. Pire, entre les chansons, la leader passait son temps à accorder sa guitare dans différentes tonalités. Résultat? Quelques faux départs, dont un en ouverture, passablement de temps morts, voire de longueurs, et quelques interprétations croches, avec des «sorry» qui venaient souligner à gros traits les oublis ou maladresses…

Avec sa verve et son humour, Martha a pu faire passer la pilule avec passablement d’aisance. Mais s’il n’y avait pas eu des interprétations magnifiques pour contrebalancer ces passages gauches, pas sûr que la foule aurait été si indulgente.

Soir de première ou pas, la responsabilité de l’artiste est d’arriver préparé. La spontanéité, c’est bien, tout comme l’improvisation, mais un minimum de préparation est requis. Après tout, le public donne de son temps et de son argent pour s’asseoir dans la salle. Je me souviens d’avoir déjà vu Chloé Sainte-Marie chanter avec ses paroles sur son lutrin tout au long de sa performance, à l’Anglicane, il y a plusieurs années. N’y a-t-il pas une différence entre début de tournée et répétition générale?

À l’autre bout du spectre, j’ai vu Sophie Hunger, avec ses musiciens il y a quelques semaines, au Cabaret du Capitole. La troupe n’était qu’au deuxième concert de sa tournée, mais personne ne s’en serait douté tellement c’était solide…

Ce qui m’amène à la question du jour: jusqu’où va votre indulgence envers ces artistes plus ou moins préparés ou ceux qui peinent à être justes en concert? J’imagine que le coût du billet entre en ligne de compte, tout comme le niveau d’expérience du musicien et le style qu’il pratique… Personnellement, je suis du type exigeant. Et encore plus envers les artistes que j’apprécie.


  • Les artistes que j’ai vu était généralement toujours bien préparé, même si des fois le reste du show n’était pas encore bien rodé (par exemple le show de lumière, follow spot, etc…) Ça ne m’a pas souvent dérangé. Par contre, le show de Yes avec Dream Theater en première partie à l’Agora, m’a vraiment déçu. Dream Theater ont été impecable, comme d’habitude, mais Yes… J’avais hâte de voir Steve Howe en spectacle pour la première fois. Il a passé son temps à gueuler après son ingénieur du son, c’était vraiment désagréable. Pour la première fois de ma vie, je suis parti avant la fin.

  • Je pensais que j’étais du type à ne tout simplement pas aimer les spectacles de musique. Je n’étais jamais conquise, je n’avais jamais envie de taper des mains, je n’avais jamais de plaisir. Puis, un peu à reculons, j’ai été voir Leahy. Révélation : ce n’était pas moi le problème! La famille Leahy avait du fun à être sur la scène, était contente de jouer devant des gens, on sentait l’énergie entre eux, savait ce qu’ils faisaient. J’aurais voulu que la soirée ne finisse jamais.

    J’ai comparé d’autres spectacles à celui-là et j’ai rarement vu autant de plaisir. Great Big Sea est un autre bon exemple de party sur scène. J’ai tapé du pied à en avoir mal aux jambes. Et surtout, j’ai redécouvert certaines de leurs chansons, différentes sur scène par leur énergie que sur l’album.

  • J’ai peu d’indulgence pour un manque de préparation. Je paie ma place pour un spectacle, pas une répétition. C’est la deuxième fois que Martha nous fait le coup, son spectacle sur Piaf à la PDA il y a deux ans était amateur, elle a chanté tout au long avec le lutrin, oubliant quand même des paroles. Mais le pire que j’ai vu c’était Claude Dubois au Vieux Clocher à Magog avant qu’il ne fasse que des shows de reprises au casino (c’était il y a longtemps vous allez me dire!). Aucun respect du public. C’est aussi la dernière fois qu’il a vu la couleur de mon argent!

  • Moi je ne tolère pas un mauvais spectacle, 1 mauvais spectacle et je ne retourne plus voir l’artiste en question. Le seul à qui je peux pardonner c’ est Jean Leloup … Mes meilleurs spectacles a vie restent Muse (3 fois, bientot 4), Radiohead (3 fois), Portishead (2 fois), Metallica (4 fois), Richard Desjardins (5 fois) et Karkwa (5 fois) … L’OSM c est aussi toujours une valeure sure …

  • Mon seuil de tolérance est très bas. Le pire show auquel j’ai assisté est Oasis. Par trois ou quatre fois ils ont du recommencer des chansons dès de début car l’un ou l’autre des frères Gallagher ne faisait pas son travail. Dans le cas de Martha Wainwright (je n’y étais pas) je me demande si son spectacle était vraiment brouillon ou si elle n’avait pas simplement accès à un technicien pour accorder ses guitares en coulisses. Normalement les artistes qui se produisent dans de si petite salle ne comptent pas vraiment sur une équipe technique.

    @Peter_Anton_Marian: Concernant le spectacle de Yes (je n’ai pas assisté à ce spectacle) Est-ce vraiment de la faute à Steve Howe ou était-il simplement victime des caprices de la technologie et/ou de l’incompétence de ses techniciens? Pour avoir déjà vu Yes en spectacle, je peux affirmer qu’ils sont de vrais pros. Ça peut arriver à n’importe qui d’avoir des problèmes techniques sur scènes et d’avoir un technicien incapable de trouver une solution.

  • Quand on décide de monter sur scène on doit être prêt peu importe que ce soit le premier ou le 100 ième spectacle de la tournée, les gens n’ont pas à payer pour assister à une répétition!!

  • @toup2112 Évidemment, l’absence de technicien de scène a joué un rôle dans le show de Martha, mais il y avait plus. Elle a réclamé un lutrin pour une pièce, a oublié son texte sur deux ou trois autres, et a cherché ses accords en fin de show. Quant à Howe, je n’étais pas à ce show de Yes non plus, mais je l’ai vu dans d’autres concerts et il a l’habitude de grogner après ses techniciens, un rien semble le déconcentrer. Être pro, c’est aussi ne rien laisser paraître quand ça va mal…

  • Connaître tes propres chansons, c’est un minimum, me semble.

    Martha, les locaux de répétition, ça n’existe pas que pour les bands de metal.

  • @jacquesboivin C’est peut-être jouer sur les mots, mais c’est surtout les chansons qui n’étaient pas les siennes que Martha maîtrisait mal: des reprises de sa mère ou des titres qu’elle voulait présenter spécialement à Québec. Cela dit, ça revient au même: la chanteuse n’avait pas fait ses devoirs…

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