Nicolas Houle

Archive, novembre 2012

Vendredi 30 novembre 2012 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Un commentaire

Le Noël kaléidoscopique de Sufjan Stevens

Je vous l’écrivais jeudi, je baigne ces jours-ci dans les enregistrements de Noël. Je ne vous en causerai pas durant plusieurs jours, mais j’ai tout de même une deuxième livraison à vous partager avec deux titres qui plairont à ceux qui veulent s’éloigner des parutions ou des interprétations trop conventionnelles.

Sufjan Stevens, à qui l’on doit l’excellent Illinois, avait apposé sa pierre à l’édifice des musiques de Noël en 2006 avec les mini-albums de Songs for Christmas. Il remet ça avec Silver & Gold. Cette fois encore, on a droit à cinq disques mélangeant reprises et compositions originales. Stevens partage sa relation ambivalente à propos du temps de fêtes en touchant à l’art-pop, à une folk lo-fi ou à l’électronica. Chemin faisant, il se permet des collaborations, notamment avec les frères Dessner (The National).

Malheureusement dans cette généreuse fournée, il n’évite pas les longueurs ou le matériel plus faible, en particulier sur le volume 7. N’empêche, il y a là des interprétations qui brillent par leur audace ou leur justesse émotive et des créations franchement réussies, comme Christmas In The Room. Le tout est rehaussé par une présentation méticuleuse, comptant un généreux livret et divers éléments. Une boîte aux allures de cadeau pour les fans – les autres pourront aisément se façonner une compilation des meilleures pistes.

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Et maintenant, complètement dans un autre registre, la proposition d’un jazzman de Québec, Guillaume Bouchard. Le répertoire du temps des fêtes est souvent teinté de couleurs jazz, or il est peu fréquent qu’il soit entièrement instrumental. Aussi, sans prétendre réinventer le genre, l’album Hivers jazz, du contrebassiste, arrive-t-il avec une dose de fraîcheur. Flanqué de ses complices Michel Côté (saxophone), André Lachance (guitare) et François Côté (batterie), Bouchard propose des titres qu’il a écrits durant les hivers de 1997 à 2011.

Outre le matériel original, le quartette s’attaque à deux reprises: une Winter Wonderland pimpante et une de Jingle Bells toute en langueur. Au sein de sa bande, qui affiche toujours une belle chimie, le leader est peut-être celui qui brille le plus, sachant s’illustrer dans les soli, mais aussi en complétant le travail de ses comparses sans devenir envahissant. C’est à un Noël feutré que Bouchard et ses musiciens nous convient. Chaque titre est livré avec verve et élégance, mais également avec retenue – parfois un peu trop.

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Jeudi 29 novembre 2012 | Mise en ligne à 9h52 | Commenter Aucun commentaire

Albums de Noël: un collectif indie sympa, un Rod bien lisse

Ça paraît pas comme ça, mais depuis plusieurs jours déjà, je fais tourner les disques de Noël sur une base régulière – et j’ai bien des vers d’oreilles en tête, malgré moi.

C’est incontournable, chaque automne amène son lot d’albums du genre. Et sa dose d’enregistrements faits à la sauvette, de manière convenue, qui font que plusieurs sont allergiques à ce type de parutions. Alors tiens, pour illustrer ça aujourd’hui, attardons-nous à Rod Stewart, qui carbure au marshmallow – ce qui est toujours décourageant quand on sait ce dont il a déjà été capable- et un collectif qui, quoique imparfait, compte de bons moments.

Holidays Rule réunit une belle brochette d’artistes. On couvre très large ici, avec des représentants de l’indie, de la pop, du jazz et même de la musique latine. C’est forcément éclectique et inégal, mais il y a des perles. Calexico livre une version magnifique de Green Grows The Holly, Andrew Bird y va d’une interprétation inventive du pourtant très usé Auld Lang Syne et The Civil Wars propose une I Heard The Bells On Christmas Day fort délicate. On apprécie aussi la présence des Shins, de Black Prairie et du Preservation Hall Jazz Band.

Curieusement, ce sont souvent les grosses pointures qui déçoivent : fun., avec sa Sleigh Ride peu inspiré, Paul McCartney, qui poursuit son aventure de crooner avec Christmas Song ou encore Rufus Wainwright qui signe, avec Sharon Van Etten, la Baby It’s Cold Outside la plus agonisante jamais enregistrée… Résultat ? On écoute avec intérêt, mais en pressant « skip » ça et là.

Il y a eu Rod le rockeur, Rod le folk-rockeur, Rod l’homme de new wave et Rod le crooner. C’est ce dernier qui s’attaque, pour la première fois de sa longue carrière, au répertoire du temps des fêtes. S’associant à David Foster, qui était entre autres derrière l’album de Noël de Michael Bublé, Stewart sert une série d’interprétations prévisibles et prédigérées.

Tous les clichés y passent, des grelots aux finales qui font des clins d’œil à Jingle Bells, de même que les duos qui doivent donner du prestige à l’exercice, dont un, justement, avec Bublé (oubliable Winter Wonderland). Malgré la réalisation profondément lisse, Stewart reste un interprète doué et parvient à faire sortir quelques chansons du lot, comme celle qui donne son titre à l’album, interprétée avec Cee-Lo Green, le duo posthume avec Ella Fitzgerald (What Are You Doing New Year’s Eve), de même que l’unique titre original, Red-Suited Man, presque sympathique, bien qu’inoffensif. À réserver aux inconditionnels de l’Écossais.

Encore soif d’albums de Noël? On poursuit ça vendredi.

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Mardi 27 novembre 2012 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Commentaires (11)

FEQ: mise en vente des laissez-passer, la suite

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Le Festival d’été de Québec se ravise et change les dates de mise en vente de ses laissez-passer. Ainsi, la première moitié des 150 000 laissez-passer, vendus à un prix dit «privilège» (66$, livraison en sus), aura lieu le 16 février et la seconde, à prix régulier (76$, livraison en sus), le 16 mars. Les détails ici.

Pour expliquer ces changement, le FEQ évoque sa sensibilité aux acteurs du milieu et aux festivaliers, qui ont protesté en nombre dans la page Facebook de l’événement, entre autres.

Visiblement, le FEQ avait sous-estimé l’impact que sa nouvelle stratégie de mise en marché pouvait avoir chez les diffuseurs. Et, surtout, la grogne desdits diffuseurs, pour lesquels Noël est une période-clé de l’année. Québec demeure un petit milieu et la bonne entente est toujours préférable. L’organisation agit donc avec sagesse en faisant amende honorable.

Mais pour les festivaliers, hormis ceux qui s’irritaient d’avoir une dépense de plus à la veille des fêtes, ou qui se sentaient pris de court par cette mise en vente hâtive, il n’y a, sur le fond, pas tellement de changements. C’est-à-dire que l’on procédera à deux ventes sans qu’ils n’aient la moindre idée de ce qu’ils achèteront.

Pour la première année de ce fonctionnement, le FEQ aurait été plus prudent ou aurait secoué ses festivaliers moins violemment s’il avait fait une première mise en vente avant la dévoilement de la programmation et l’autre lorsque la grille aurait été connue ou avec une liste minimale de têtes d’affiche…

Mais du reste, que les râleurs s’ajustent: il semble que les ventes hâtives soient là pour rester. Daniel Gélinas, en conférence de presse, a même laissé entendre qu’une vente encore plus devancée aurait lieu en 2013. J’ai bien l’impression que le FEQ pourrait offrir ses laissez-passer 2014 sitôt l’événement 2013 terminé…

Que pensez-vous de tout ça? Préférez-vous ces nouvelles dates? Ou êtes-vous tout de même irrités par ce mode de fonctionnement?

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