Nicolas Houle

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Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 16h44 | Commenter Commentaires (6)

Festival de jazz: grandir ou ne pas grandir?

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Le Festival de jazz de Québec s’est achevé officiellement dimanche, avec le concert des Grands québécois du jazz (ma critique ici) officieusement lundi, avec le show de Gary Peacock et Marc Copland.

Les organisateurs feront leur bilan sous peu. Pour ma part, cette sixième cuvée s’est distinguée par la qualité de ce qui était présenté. On avait en effet des grandes pointures d’envergure internationale, qui ont livré la marchandise. Je songe en particulier au tandem Paolo Fresu-Omar Sosa, au doublé Érik Truffaz-Sophie Hunger ou encore à la performance du Matt Stevens quartet avec Christian Scott. Le public était au rendez-vous pour certains concerts, moins pour d’autres – c’était triste de voir à quel point la foule était maigre pour le pianiste jazz de l’heure, Robert Glasper… Mais ça, c’est le pari risqué du jazz.

Le grand manitou de l’événement, Gino Ste-Marie, pilote tout depuis son resto, Le Largo, véritable maison permanente de la note bleue à Québec. Autour de lui? Pas de c.a., seulement deux complices, Simon Couillard et Nicolas Marcil. Outre sa passion, l’un de ses secrets pour établir de bonnes relations avec les jazzmen est de les traiter aux petits oignons. Ils apprécient tellement la bonne bouffe et l’accueil douillet, qu’ils veulent revenir et se passent même le mot entre eux. Une stratégie toute simple, donc, mais qui marche. C’est quand même incroyable que dans ce resto à l’acoustique étonnante on ait pu voir des artistes comme John Abercrombie, entouré de musiciens de premier ordre tel Joey Baron ou Mark Feldman…

Or maintenant, la petite équipe du Festival est rendue à la croisée des chemins. En prenant un virage convaincant côté international et en mettant de l’avant une programmation plus variée, elle doit décider si l’événement est arrivé à maturité ou s’il continuera à grandir. S’il veut continuer de prendre de l’expansion ou de se raffiner, il devra peut-être revoir sa structure ou son mode de fonctionnement de manière à obtenir davantage de financement. Du coup, la machine se susceptible de tourner encore plus rondement: le Festival pourrait avoir accès à plus de ressources à sa portée, mieux vendre ses spectacles, se faire connaître davantage…

Présentement, on sent que le Festival est géré à la manière d’un bon spectacle de jazz: avec un cadre solide, à l’intérieur duquel il peut y avoir de l’improvisation. Ce n’est pas une tare, au contraire, c’est ce qui fait son charme, puisque tout semble possible. Par exemple, on ne s’empêche pas d’allonger les dates de l’événement pour mettre la main sur un artiste convoité; on ne harcèle pas les gens qui entrent au Largo pour qu’ils paient immédiatement leur entrée (quelques-uns semblent en profiter, d’ailleurs) et puis voir les artistes converger vers le resto de la rue St-Joseph, en fin de soirée, pour un jam non annoncé, est invariablement sympathique. Mais est-ce qu’attirer de gros cachets -et les rentabiliser- dans la formule actuelle est quelque chose de viable à moyen ou à long terme? C’est ce qui reste à voir.

Chose certaine, on repart de l’événement, cette année, avec de très beaux souvenirs en tête.


  • bonjour m. Houle
    j’aime bien la phrase ” doit il se raffiner ” je crois que oui bien sur mais il ne doit pas devenir l’autre grand festival de jazz de la province dans le sens ou je ne souhaite pas que l’on est plein d’artiste qui ne font pas vraiment du jazz qui viennent nous présenter leur spectacle version jazzé , ce que j’ai aimé de la programmation de cette année , un thème qui peut changer d’une année à l’autre mais garder le cap sur un thème , j’aime bien .
    j’aimerais aussi bien sur qu’on garde le cap vraiment sur le jazz et les fantastique musiciens qui compose cette grande famille , peut être que un seul spectacle en plein air et gratuit avec un artiste un peu plus mainstream jazz aiderais la cause mais je suis en train de me contredire par rapport à ce que j’ai écrit plus haut , c’est sur que la période de l’année est difficile pour les concerts extérieur mais plus de publicité aiderais grandement tout en gardant le cap sur le jazz , pas de blues , pas de dix mille genre , du jazz , M. ste marie , on en veux et si on fait découvrir à plusieurs personnes que des concerts de jazz , musicalement , c’est incroyable ce qu’ils sont bon ces musiciens là , tout le monde y gagnerais .
    Tony Thibault

  • Bien que je soit généralement bien au fait de l’actualité culturelle, je n’étais pas au courant qu’il y avait un festival jazz à Québec. S’il pouvaient un peu mieux diffuser l’information la prochaine fois…

  • Peut-être fallait-il aller au Largo pour avoir l’impression qu’il y avait un festival de jazz, sinon, on a l’impression d’aller à un concert régulier. Il y a juste un peu plus de concert de jazz à aller voir.

    En effet, on a eu une très belle programmation, vraiment. À ce titre, c’est déjà un grand festival. Même ceux qui n’apprécient pas le jazz auraient pu y trouver leur compte. Ils auraient eu au moins droit à une très belle introduction au ce genre musicale plus intéressant qu’on ne le croit.

    Hélas, je n’ai pu en profiter pleinement car la programmation musicale “régulière” battait son plein : The XX, Rufus Wainwright, Eleni Mandell, Buika, Sharon Jones and the Dap-Kings et cie nous ont rendu visite pendant ce Festival. Tant mieux si on on a tel choix, mais bon, on doit en laisser de côté. Et mon mois de novembre qui semble pas mal vide…

    Difficile par contre de le mettre à un autre moment de l’année. L’été, pour pouvoir avoir des spectacles extérieurs, est pas mal rempli.

  • (hors-sujet)

    @danny_c : Il y a pourtant d’excellents spectacles en novembre! The Luyas, Avec pas d’casque, Gros Mené, La Grande Sophie, Yuksek, Martha Wainwright (le petit dernier est très bon), Chilly Gonzales, Plants and Animals, Mother Mother, Hannah Georgas (le petit dernier est toute une surprise), The Sheepdogs et Yukon Blonde… Et Metric au Colisée (je vais les voir… mais quelle mauvaise idée).

  • @danny_c La programmation était assez dense et en plusieurs lieux, mais il est vrai qu’il pourrait éventuellement y avoir un travail de visibilité. Vous tenez un bon point, cependant: il y avait énormément d’offre, ce qui démontre bien la limite de ce que Québec peut absorber de ce côté sans que les salles n’en souffrent. Le Festival était, à l’origine, en août, en même temps que celui de Lévis. Il s’est déplacé ensuite à la fin septembre, si ma mémoire est bonne et là, à la fin octobre… Il n’y a pas de période parfaite – la grande offre d’octobre cette année est jusqu’à un certain point circonstancielle…

    @toleto Je crois que la grande mission du Festival est de démontrer à quel point le jazz est une musique diversifiée, qui va bien au-delà des crooners, du swing et du bebop et qui peut donc toucher tout le monde. La programmation cette année touchait à plusieurs branches et démontrait cela, mais il faudrait trouver un moyen de le vendre et de le démontrer au grand public et, en particulier, à un public plus jeune.

    @jacquesboivin Semblerait qu’on soit à la recherche d’une solution pour envoyer Metric ailleurs. À l’origine, on voulait les programmer au Pavillon de la jeunesse, mais le lieu n’était pas libre… Le Grand théâtre? Le Capitole? À suivre…

  • Au moins, le Festival de jazz a bien réparti ses têtes d’affiche. Un amateur de jazz (qui aime seulement le jazz) n’aurait pas eu trop à se casser la tête entre deux têtes d’affiche.

    @ jacquesboivin

    J’ai quand même mon billet pour Avec pas d’casque. J’ai trouvé trop courte leur prestation au FEQ (interrompue en plus par les motos de Johnny !).

    Tout de même, disons que la visite du mois d’octobre vient plus rarement à Québec et était aussi plus coûteuse (un autre effet limitatif).

    Le Colisée est pratiquement toujours une mauvaise idée… j’y vais rarement mais pour Leonard Cohen, je serai là.

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