Nicolas Houle

Archive du 18 octobre 2012

Jeudi 18 octobre 2012 | Mise en ligne à 8h50 | Commenter Commentaires (7)

Led Zeppelin: l’heure des célébrations

Le 10 décembre 2007, moins de 20 000 chanceux avaient droit à ce que des centaines de milliers de fans rêvent depuis des décennies : un concert de Led Zeppelin. Cinq ans plus tard, on peut enfin apprécier la performance, immortalisée dans le film Celebration Day.

Réunir Led Zeppelin, c’est courir le risque d’entacher l’histoire d’un des plus grands groupes du rock’n'roll. Robert Plant (voix), Jimmy Page (guitares) et John Paul Jones (basse, claviers) le savent. N’ont-ils pas mal paru à deux reprises lors des brèves réunion de 1985 et en 1988? Mais pour cette soirée à la mémoire d’Ahmet Ertegun, fondateur et dirigeant d’Atlantic, les gars ont voulu faire les choses correctement. Rejoints par Jason Bonham (batterie), fiston du regretté John, ils ont mis six semaines à monter un programme de 16 chansons.

On avait beau avoir eu des échos positifs du show, on se demandait pourquoi la captation de Dick Carruthers prenait autant de temps à faire surface. Les vétérans étaient-ils moins bons qu’on l’avait cru? Vrai qu’en début de concert, ils sont prudents. Sur l’incontournable Black Dog, Plant préserve sa voix. Page, pour sa part, manque de fluidité. Et puis, devant les milliers de spectateurs qui les acclament, les dieux du rock semblent timides, collés les uns près des autres, n’occupant guère la scène.

Mais au quatrième titre, In My Time of Dying, le géant s’éveille. Soudain, les sourires fusent. Page retire son veston, multiplie les moues ou les poses et la magie du Zeppelin opère. Chaque titre met la table pour le suivant afin de nous mener vers un moment plus fort, de Trampled Under Foot à Since I’ve Been Loving You, d’une Dazed and Confused diabolique, même si les gars sont parfaitement sobres (!), à une dynamique The Song Remains the Same, avec un Bonham qui fait honneur à son père. Tout ça culmine sur une version renversante de Kashmir, où Plant est à son zénith.

Dans la salle de cinéma où j’étais, quelques-uns se sont laissés prendre au jeu : ça criait son approbation et ça hurlait! Il faut dire que Celebration Day traduit l’esprit de cette prestation comportant peu d’artifices et lui insuffle même du dynamisme par son montage nerveux, où s’insèrent des séquences avec une pellicule à gros grains, des plans rapprochés et quelques effets de ralenti. Réalisé de manière sobre, Celebration Day compte de belles images et une bonne qualité sonore – quoique la guitare m’est apparue timide dans le mixage durant le premier quart.

À défaut de la tournée de réunion tant rêvée, vous pouvez donc vous rabattre sur ces deux heures qui valent vraiment le détour.

Celebration Day sera diffusé de nouveau le 25 octobre, à 19h15. Il est possible qu’il y ait d’autres projections, mais le site web de Cineplex est confus à ce chapitre, et l’équipe de presse qui gère les communications n’est pas d’un grand secours non plus… Le 19 novembre, l’enregistrement sera offert dans divers formats audio et vidéo.

Avez vous assisté à une des projections? Avez-vous d’abord été, comme moi, un brin sceptique, puis confondu au point d’oublier la petite bedaine de Page et les mèches et barbiche grises des boys? Au beau milieu du show, on peut croire que le band est quelque part dans les années 70…

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