Nicolas Houle

Archive, octobre 2012

Mercredi 31 octobre 2012 | Mise en ligne à 13h47 | Commenter Aucun commentaire

Rival Sons : le blues rock parfaitement maîtrisé

Un peu à l’instar des Black Keys ou de Band of Skulls, qui affectionnent les sons vintage, Rival Sons se fait digne hériter des années 70 en mettant de l’avant un blues rock musclé, assaisonné de soul.

Avec Head Down, les Américains qui s’étaient distingués grâce à l’excellent Pressure & Time (2010), poursuivent là où ils avaient laissé, élargissant davantage leur palette sonore tout en démontrant la force de chaque musicien, qu’il s’agisse du guitariste, Scott Holiday, aussi efficace du côté des riffs teigneux que des atmosphères, ou de la section rythmique, franchement énergique. La grande star demeure toutefois Jay Buchanan au micro: son chant peut se faire puissant, mais également subtil, délicat, voire même angélique, à témoin la superbe Jordan, aux inflexions r’n’b.

Head Down compte un petit creux de vague aux deux tiers, mais du reste, il s’agit d’un album réussi, d’autant que le quatuor a su capter l’énergie propre aux performances live.

Pour peu que Rival Sons sache placer ses billes correctement, il pourrait passer de sensation underground à formation grand public. Tout y est: qualité des chansons, talent des musiciens, charisme du leader. Reste à espérer que quelqu’un aura le flair des les programmer chez nous – mieux, en tout cas, qu’en première partie d’Evanescence, comme ç’a été le cas à Montréal…

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Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 16h44 | Commenter Commentaires (6)

Festival de jazz: grandir ou ne pas grandir?

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Le Festival de jazz de Québec s’est achevé officiellement dimanche, avec le concert des Grands québécois du jazz (ma critique ici) officieusement lundi, avec le show de Gary Peacock et Marc Copland.

Les organisateurs feront leur bilan sous peu. Pour ma part, cette sixième cuvée s’est distinguée par la qualité de ce qui était présenté. On avait en effet des grandes pointures d’envergure internationale, qui ont livré la marchandise. Je songe en particulier au tandem Paolo Fresu-Omar Sosa, au doublé Érik Truffaz-Sophie Hunger ou encore à la performance du Matt Stevens quartet avec Christian Scott. Le public était au rendez-vous pour certains concerts, moins pour d’autres – c’était triste de voir à quel point la foule était maigre pour le pianiste jazz de l’heure, Robert Glasper… Mais ça, c’est le pari risqué du jazz.

Le grand manitou de l’événement, Gino Ste-Marie, pilote tout depuis son resto, Le Largo, véritable maison permanente de la note bleue à Québec. Autour de lui? Pas de c.a., seulement deux complices, Simon Couillard et Nicolas Marcil. Outre sa passion, l’un de ses secrets pour établir de bonnes relations avec les jazzmen est de les traiter aux petits oignons. Ils apprécient tellement la bonne bouffe et l’accueil douillet, qu’ils veulent revenir et se passent même le mot entre eux. Une stratégie toute simple, donc, mais qui marche. C’est quand même incroyable que dans ce resto à l’acoustique étonnante on ait pu voir des artistes comme John Abercrombie, entouré de musiciens de premier ordre tel Joey Baron ou Mark Feldman…

Or maintenant, la petite équipe du Festival est rendue à la croisée des chemins. En prenant un virage convaincant côté international et en mettant de l’avant une programmation plus variée, elle doit décider si l’événement est arrivé à maturité ou s’il continuera à grandir. S’il veut continuer de prendre de l’expansion ou de se raffiner, il devra peut-être revoir sa structure ou son mode de fonctionnement de manière à obtenir davantage de financement. Du coup, la machine se susceptible de tourner encore plus rondement: le Festival pourrait avoir accès à plus de ressources à sa portée, mieux vendre ses spectacles, se faire connaître davantage…

Présentement, on sent que le Festival est géré à la manière d’un bon spectacle de jazz: avec un cadre solide, à l’intérieur duquel il peut y avoir de l’improvisation. Ce n’est pas une tare, au contraire, c’est ce qui fait son charme, puisque tout semble possible. Par exemple, on ne s’empêche pas d’allonger les dates de l’événement pour mettre la main sur un artiste convoité; on ne harcèle pas les gens qui entrent au Largo pour qu’ils paient immédiatement leur entrée (quelques-uns semblent en profiter, d’ailleurs) et puis voir les artistes converger vers le resto de la rue St-Joseph, en fin de soirée, pour un jam non annoncé, est invariablement sympathique. Mais est-ce qu’attirer de gros cachets -et les rentabiliser- dans la formule actuelle est quelque chose de viable à moyen ou à long terme? C’est ce qui reste à voir.

Chose certaine, on repart de l’événement, cette année, avec de très beaux souvenirs en tête.

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Vendredi 26 octobre 2012 | Mise en ligne à 10h46 | Commenter Commentaires (2)

Érik Truffaz: La révolution tranquille

On est choyés côté trompettistes avec ce sixième Festival de jazz de Québec. Après Paolo Fresu la semaine dernière, on a pu entendre Christian Scott mercredi et jeudi (ma critique ici). Vendredi soir, ce sera au tour du talentueux Érik Truffaz de monter sur scène. Ça s’annonce bien: le Français vient tout juste de lancer le très réussi El Tiempo de la Revolución, qui charmera autant les amateurs de jazz que de musique tout court.

Avec son quartette, Truffaz a développé une signature unique, où sa trompette aérienne ne se limite jamais au jazz, ayant flirté avec les cadres du hip hop et de l’électro (The Dawn, Bending New Corners), avec le rock (Walk of The Giant Turtle), le funk et j’en passe.

Dixième album pour l’étiquette Blue Note, El Tiempo de la Revolución n’est pas tant une rupture qu’une continuité dans la discographie de l’artiste. Avec sa touche poétique et souvent économe, Truffaz s’efforce de dépeindre les révolutions –petites et grandes- qui rythment le quotidien.

Qu’il s’abandonne dans des ballades bien senties, qu’il touche au funk ou propose un monologue comme le superbe Un souffle qui passe, le musicien français ne perd jamais de vue la qualité des mélodies. Benoît Corboz, qui a pris la relève de Patrick Müller aux claviers, en 2010, prend pleinement ses aises, tandis que la chanteuse Anna Aaron, qui entonne trois titres, apparaît on ne peut plus à sa place sur la planète Truffaz.

Une parution démontrant à quel point cet ensemble, qui s’appuie sur la solide section rythmique composée de Marc Erbetta (batterie) et Marcello Giuliani (basse), vieillit bien.

Je ne saurais trop vous recommander de prêter l’oreille à Truffaz et ses collègues au Cabaret du Capitole vendredi…


Je n’ai pu dénicher des extraits instrumentaux de cet album qui est, justement majoritairement instrumental, mais on peut en entendre ici.

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