Nicolas Houle

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Jeudi 19 juillet 2012 | Mise en ligne à 10h29 | Commenter Commentaires (14)

The Wall : il était une fois un crachat…

AffichePinkFloydstadeolympique1977

Bien des fans le savent, d’autres l’ignorent: lors du concert de Pink Floyd au Stade Olympique, en 1977, un fan turbulent a dérangé Roger Waters à tel point que le chanteur et bassiste a fini par lui cracher au visage.

Ce n’était pas une «simple» dose de salive. Vous pouvez lire l’intéressant témoignage que Jean Tremblay m’a livré, ici.

Waters, excédé par le fan turbulent qui hurlait et faisait exploser des feux d’artifice non loin de lui, est allé se remplir la bouche de bière et a déversé son fiel sur l’hurluberlu. Par la suite, secoué en réalisant ce qu’il avait fait, Waters a constaté qu’un mur s’était construit entre le groupe et la foule. Il n’a plus voulu faire de stades, jusqu’à tout récemment, et plutôt que de simplement offrir ses excuses, il a imaginé The Wall en album, en spectacle et en film. Il a décliné la métaphore du mur autant dans les relations personnelles que sociales et politiques.

Ce matin, un autre des quelque 80 000 spectateurs présents à ce concert -que tous s’entendent pour qualifier d’excellent, en dépit d’une qualité sonore discutable- m’a contacté pour me faire part de ses souvenirs et étayer encore davantage ceux de M. Tremblay.

Daniel Fortin, qui avait 15 ans à l’époque, souligne que Waters avait fait appel à des «roadies» pour régler le cas du fan turbulent:

«Waters a pointé l’imbécile et deux ‘roadies’ l’ont monté presque à la hauteur du stage et c’est là que Waters lui a craché au visage. Dans le bootleg que vous mentionnez, on entend Waters pas mal disjoncté hurler : ‘Yeah bring him to me, no hard feeling man, come closer etc’ Je crois que c’était vers la fin de Pigs (Three different ones)

M. Fortin avait vu, lui aussi, un autre hurluberlu sur l’anneau technique, qui était… nu! Autre anecdote pour l’intro de Wish You Were Here:

«Nick Mason avait un petit transistor (radio) rouge, près de sa batterie, quand ils ont fait cet intro, il a ouvert le transistor pour tomber sur le poste qui diffusait les matchs des Expos, qui évidemment jouaient à l’extérieur. Probablement CKAC. Bref, on a eu droit pendant un bref moment aux commentaires des annonceurs des Expos pendant 10 secondes ou 15; c’était rigolo!»

Enfin, pour la toute fin du concert, M. Fortin raconte qu’on a fait sortir les musiciens de force. Ou presque!

«le concert était excellent, même si le cochon s’est quelque peu dégonflé durant sa sortie. À la fin, ils ont joué un blues et chaque musicien se faisait ’sortir’ par un ‘roadie’, juste pour montrer qu’ils ne voulaient pas quitter, Waters a été le dernier à quitter.»

Pour terminer, voici le déroulement du concert:

Sheep
Pigs on the Wing 1
Dogs
Pigs on the Wing 2
Pigs (Three Different Ones)
Shine On You Crazy Diamond (Parts I-V)
Welcome to the Machine
Have a Cigar
Wish You Were Here
Shine On You Crazy Diamond (Parts VI-IX)
Rappel:
Money
Us and Them
Deuxième rappel:
Blues

Y étiez-vous? Avez-vous également des souvenirs à partager?


  • Cette tournée devait être incroyable dans un endroit adéquat pour ce types de spectacles. Pink Floyd dans leur prime avant The Wall.

  • “Il a décliné la métaphore du mur autant dans les relations personnelles que sociales et politiques” comme vous dites, sauf que malheureusement pour le crachat reçu par J.T., ce thème du mur entre les êtres est vieux comme le monde et il était omniprésent déjà a partir de “Dark side of the moon” au début des années ‘70. Roger Waters a inclus la critique politico-sociale dans toutes ses productions ultérieures. Le monde entier, a son instar, était tourné vers le “mur de Berlin” qui concrétisait pour tous le risque qu’un éventuel holocauste nucléaire succède à la guerre froide. Victor Hugo disait que l’humanité est un vaste mur ou chacun vient ajouté sa pierre, je vous certifie que c’est du même mur que Waters nous parle!

  • Je suis jaloux de lire ces anecdotes, définitivement pas né à la bonne époque! Mais peut-être que leurs souvenirs embelissent un peu le spectacle car le son au stade olympique, même en 2012, c’est dla marde et ça gâche le show.

  • @ theblob

    Votre commentaire sur le son au Stade Olympique est pertinent. Le commentaire de monsieur Tremblay et le mien ont en commun que nous étions dans le parterre. Tout le réglage de ce système quadrophonique était fait pour le parterre. En conséquence, le son était fabuleux pour les 10 000 à 20 000 personnes sur le parterre, mais pas très bon malheureusement pour l’ensemble des spectateurs. Le bootleg que monsieur Houle fait mention donne une bonne idée de ce qu’on y entendait car la prise de son provient du parterre. Le bootleg que j’ai a été réalisé par un type génial qui a amalgamé les quatre versions de ce show disponible au fil des années. La qualité selon moi gravite autour de 3.5 sur 5.

  • Ce mythe de déclic de ‘The Wall’ au Stade Olympique est tenance au Québec, et pour cause, il le place au centre de quelque chose d’universel, ce qui plaît bien à sa psyché quelque peu complexée.

    La genèse de The Wall a commencé avant ce crachat : à preuve, la tournée Animals était intitulée ‘In the Flesh’ (on le voit sur le poster dans ce billet), ce qui allait devenir… Le titre de la première pièce de The Wall (So ya, thought ya, might like to, go the the show..)

    Ils ont pas imprimé les posters après cet événement, mais bien avant, forcément!

    De fait, dès 1977-78, les premiers démos étaient produits à Nice. Animals est un animal bizarre de la discographie des Floyd, produit par Gilmour sur son studio-bateau.

    Avec The Wall, Waters nous fait un Tommy, un Quadrophenia, voire un Crime of the Century avec 10 ans de décalage. C’est le début de son grand assèchement inspirationnel. Il n’a pas commencé à penser à ce concept en 1977, ça ne tient pas.

    De plus, contrairement à plusieurs bands qui font leurs albums sur scène après les avoir écrits (U2, Rolling Stones, etc.), Floyd travaillaient à l’opposé. Dark Side of the Moon a commencé à être joué sur scène dès 1971. Ceux qui ont le bootleg du show au Pavillon de la Jeunesse à Québec reconnaîtront la progression d’accords de ‘Breathe’ dans ‘Embryo’.

  • *les permiers démos de ‘The Wall’ étaient produits à Nice.

  • J’étais au show du stade en 1977,j’avais 19 ans…a l’époque un show au Colisée (Gentle Giant,Jethro Tull,ect) coutait environ $6.00 ,au stade on demandait un gros $10.00!!!
    Tous se disait que c’était mieux d’être très bon a ce prix…..
    j’étais au parterre environ 200 pieds de la scène,on attendait le début du show,le monde parlait,prenait 1 bière ect.. on voyait le roadies installer des micros,accorder des guitares,ect…
    il faissait encore clair,on pensait que le show commencerait au début de la noirceur…tout a coup au gars assis avec une guitare parle au micro,on entend a peine,on pense que c’est un roadie,vous avez deviné,c’était Waters qui disait: s.vp parlez moi fort ,j’essaie de chanter une chanson….juste le bruit de la foule l’enterrait…..avec le soleil,chaleur,bières,ect la foule s’est mit a rire de lui…..on attendait du GROS SON QUI FESSE…..donc un début de show très ‘lent’ a la limite platte,des effets ratés,money en rappel comme bonbon…..je n’ai pas vu personne qui était content de son show,tous parlaient du spectacle de qq années avant a l’autostade (Montréal) qui était vraiment bon…
    Assez décu pour ne pas aller voir ELP au Stade l’année suivante ,je crois (le son était mieux selon des amis) il y a un disque de ce show…
    bref,les jeunes ,vous n’avez rien manqué…..ce sera surement meiux samedi,même sans Gilmour et Mason….

  • J’avais 16 ans. Je me souviens vaguement que lors du test de son, le son venait des 4 côtés, et que lors du spectacle, le son ne venait que d’en avant. J’étais quand même bien placé dans les 200 de côté.

    Je me souviens du gars sur l’anneau technique. Du cochon qui s’était dégonflé et des bonhommes gonflables en pantalons rayés rose et bleus éclairés avec des ”black light”

    Je me souviens aussi d’une paire de jumelles que je venais d’acheter au cout de $30.00, pour le spectacle.
    On avait eu droit à un autocollant rose avec le cochon que j’avais collé sur l’étui.

    J’ai perdu mes jumelles ou oubliées à la sortie du spectacle, si jamais vous les avez retrouvées, contactez moi. Ce sont des Baush & Lomb, avec un collant rose dessus. :-)

    Le spectacle a quand même dû être mémorable, j’ai encore tout ces détails en tête.

  • J’étais là. J’avais 18 ans. J’étais assis tout au haut du stade et je voyais les musiciens de Pink Floyd comme des liliputiens. J’ai bien vu tout le brasse camarade à un moment donné mais je n’ai jamais su vraiment ce q

  • qui s’était passé. Il y avait à ce moment-là, si je me souviens bien, une petite controverse à propos de Pink Floyd. Des fans n’étaient pas content car Pink Floyd avait utilisé des airs “disco” pour leur toune “Money”. Ces fans croyaient que Pink Floyd avait troqué leur musique traditionnelle pour faire du “cash”. Assez comique merci!

  • Pour les autres détails, alcool et gazon aidant, je ne me souviens plus de grand chose:-)

  • @fordan

    J’aimerais bien entendre ce bootleg :) On peut se le procurer quelque part? Pour les spectacles au stade, j’avoue que je n’ai jamais été au parterre, seulement dans les gradins à mi-hauteur.

  • @ ricky ~

    Vous avez manqué un *baptême* de bon show!

    ELP avec l’orchestre symphonique est le seul spectacle
    que j’ai vu au bidet olympique et le son était excellent!

    Quand à Pink Floyd…
    rien ne battra le show de la tournée *Meddle* en 1971…

    une expérience transcendantale …

    Et je pèse mes mots!!

  • @theblob
    Je ne connais pas les limitations de ce blogue et par respect pour monsieur Houle et son blogue, je ne peux pas vous donner toute la recette, mais une recherche sur google avec les mots-clés vous mènera facilement sur plusieurs sites de torrents. Soyez assuré que j’aurias été ravi de vous en dire plus. Le fichier est en extension FLAC, c’est le meilleur. Je l’ai écouté hier pour valider et tout y est. Bonne chance et bonne écoute.

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