Nicolas Houle

Archive du 19 juin 2012

Mardi 19 juin 2012 | Mise en ligne à 16h24 | Commenter Commentaires (9)

Avez-vous tout faux à propos de Marillion?

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Marillion était de passage à Québec lundi et sera en concert à Montréal mardi. J’ai assisté au concert à L’impérial de Québec et franchement, la troupe m’a impressionné. On peut lire ma critique ici.

Au fil des ans, Marillion s’est passablement transformé côté sonore. Après avoir connu des beaux jours avec Fish derrière le micro, la bande a recruté le chanteur Steve Hogarth. Restant, au départ, dans la même veine musicale néo-progressive, la troupe s’est par la suite aventurée dans différents registres pour se réinventer. Les résultats ont parfois été inégaux, mais il y a eu aussi de belles réussites, dont Afraid of Sunlight (1995) Marbles (2004) et Somewhere Else (2007).

La présente tournée permet d’apprécier cette trajectoire. L’un des éléments qui m’a surpris dans ce concert, ç’a été d’entendre le groupe interpréter trois pièces de l’époque Fish, chose qu’il ne fait à peu près plus. Après tout, Hogarth a passé deux fois plus de temps que son prédécesseur dans le quintette.

Or voilà, pour ceux qui n’ont pas suivi de près les Britanniques, Marillion reste profondément associé aux années 80. Les gars se battent vigoureusement contre ça avec une campagne qui n’a pas toujours été adroite, adressée au public et aux médias. On pouvait initialement lire «vous avez tout faux à propos de Marillion» sur des communiqués et dans le site Web du band. Pour le démontrer, Marillion offre de commander, gratuitement, une compilation intitulée Crash Course afin de découvrir son matériel.

Le claviériste Mark Kelly m’a avoué, à l’occasion d’un entretien, qu’il était le premier à trouver la campagne initiale à la limite du prétentieux -aujourd’hui, Marillion a modifié un peu son message pour qu’il soit davantage diplomate. Cela dit, Kelly estime que ce qui est le plus difficile dans une formation bien établie est de combattre les idées préconçues:

«Il y a du bon et du mauvais à propos d’être au sein de Marillion. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on est encore là, on fait toujours de la musique et on a toujours un excellent bassin de fans alors que bien des groupes l’ont à la dure. On s’est lancé dans Internet et on a fait cette transition vers l’indépendance, mais on a été chanceux, car on a des fans loyaux. On change, on essaie des trucs et ils continuent d’acheter nos albums, de télécharger notre musique et de venir nous voir en concert. Ce qu’il y a de moins intéressant, c’est que comme on est là depuis 30 ans et que la nature humaine est ce qu’elle est, le réflexe est de dire «ah oui, je les connais, je n’aime pas leur musique». (…) On est étiqueté groupe des années 80, groupe progressif ou tout ce que vous voulez et il y a plein de gens qui ne nous écouteront jamais à cause de ça. Mais ça, ça fait partie de la vie.»

Vrai que devenir de vieux routiers doit compter ses désagréments, surtout si vous êtes peu enclins à faire du surplace. Je ne sais pas si l’idée d’envoyer des CD gratuits a apporté des dividendes, mais, à tout le moins, l’approche est audacieuse. Et si ç’a incité des curieux à assister aux concerts, ceux-ci n’ont sans doute pas été déçus…

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