Nicolas Houle

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Lundi 4 juin 2012 | Mise en ligne à 17h38 | Commenter Commentaires (3)

The Beach Boys: surfer sur la dernière vague

On ne sait trop comment aborder la réunion 50e anniversaire des Beach Boys avec Brian Wilson. Entreprise bêtement lucrative ou boucle qui se boucle sur une carrière comptant bien des détours peu reluisants? Quand on sait que les Beach Boys, sans leur leader, n’ont eu aucune gêne à ternir leur mythe en s’associant à diverses entreprises commerciales, que les gars se sont régulièrement poursuivis au fil des ans, que Brian Wilson demeure dans une santé mentale précaire -état dont on a déjà abusé, par le passé- et qu’il a besoin d’un télé-souffleur pour donner des représentations, mettons que les astres ne semblent pas très bien alignés pour une aventure mémorable.

Idem pour l’album That’s Why God Made The Radio. La moitié des chansons sont issues de fonds de tiroir et remontent à fin des années 90. Et ce serait l’étiquette EMI, plutôt que le band, qui aurait pigé parmi les pièces soumises par les Beach Boys afin de déterminer de quoi serait fait le disque. Enfin, qu’en est-il de la fratrie retrouvée? Les chanteurs auraient tous enregistré leurs voix séparément, plutôt qu’en équipe autour du piano de Brian. Pour tout savoir sur les coulisses de cette réunion, je vous suggère l’excellent reportage du Newsweek, ici.

Malgré tout ça, cette réunion est loin d’être la catastrophe qu’on redoute. Les Beach papys ont gardé la forme vocale et leurs harmonies ont toujours quelque chose de magique. On le constate dès l’ouverture du nouvel album avec l’étonnante Think About The Days. Règle générale, That’s Why God Made The Radio est un enregistrement sans grande surprise, qui carbure régulièrement à la nostalgie, avec des références à la plage, bien sûr, aux «Good Vibrations» et même à cette énième réunion.

Rares sont les moments mémorables, mais rares, aussi, sont les passages vraiment ratés, en dépit plusieurs creux de vague dont The Private Life of Bill and Sue ou encore Beaches In Mind . Même qu’en fin de programme, en particulier avec Summer’s Gone, que Wilson a écrit comme un point final à la trajectoire des Beach Boys et qui fait partie d’une sorte de suite qu’il a imaginée, on a droit à des moments forts.

That’s Why God Made The Radio n’est peut-être pas le «happy ending» qu’on aimerait bien nous vendre, mais c’est certainement une sorte de bonus dans une carrière qui a commencé à piquer du nez il y a 40 ans, pour ensuite atteindre des bas-fonds. Serez-vous au concert à Montréal, le 20 juin?


  • Je ne sais trop ce que vaut ce spectacle.. Honnetement pour avoir vue une de leur prestation récente au petit écran, j`aurais préféré garder l`image que j`avais d`eux avant. Bien sur que live ca va être autre chose mais la valeur est beaucoup plus nostalgique que la performance.

    C`est une époque assez spéciale que nous vivons. Nous voyons vieillir des artistes qui étaient jeunes autrefois. Ca donne généralement des résultats agréables et de bons souvenirs. Bien sur que certains n`ont plus les habiletés d`autrefois pendant que d`autres ont évolués vers un différent style qui leur sied mieux. Mais les Beach Boys c`est vraiment rendu du géronto-pop avec tout le coté tristounet de l`entreprise. Moi je trouve que ca fait un peu pitié car ils s`accrochent à une époque sans pouvoir retransmettre l`image.

  • @noirod J’ai ajouté une vidéo amateure d’un des spectacles. Ça donne une idée du show. Peut-être plus plaisant à écouter qu’à voir. Certes, il y a une volonté artistique derrière la tournée, mais aussi un 70 millions$ pour la motiver…

  • D’accord avec Noirod.
    En lisant la bio de Keith Richards on en arrive à comprendre qu’on peut être rebelle à cheveux gris et qu’on peut faire une tournée commanditée par viagra. Le rock, ce serait, non, c’est aussi ça.

    Par contre, pour la pop, la musique de plage, de surf, de soleil, de drague et de speedo. j’ai bien plus l’impression que les jeunes femmes à qui auraient pu s’adresser cette musique ne regardent les BB édition contemporaine que pour les traiter de pervers pèpères.

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