Nicolas Houle

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Vendredi 27 avril 2012 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Commentaires (7)

Festival d’été: deuxième impression

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Lundi, c’était le grand jour. On a tous regardé de près la grille du Festival d’été. Certains ont hurlé de joie, d’autres ronchonné.

La poussière a retombé. On a davantage décortiqué la programmation, on a pu la comparer avec celles des années passées et des autres événements. Et puis quoi? C’est une belle offre, assurément. Or il y a quelques lacunes côté étonnement et ça ne positionnera certainement pas le FEQ au plan international comme c’était le cas en 2011 et, surtout, en 2010. Et je ne suis pas sûr que l’événement parviendra à remettre à la hausse son nombre de visites, qui a chuté de 1,5 million en 2010 à 1,2 million l’an dernier.

Cette année encore, le Festival d’été propose une programmation intéressante et diversifiée à renfort de gros noms, de découvertes et de shows concept. Quand on sait que, dans le milieu des grands événements, il est ardu de mettre la main sur des têtes d’affiche -compétition féroce, hausse des cachets et rareté de l’offre oblige- et quand on sait que Louis Bellavance a remplacé Dominique Goulet à la direction de la programmation qu’en octobre, nul doute que le FEQ s’est bien tiré d’affaires. Or il manque quelques étincelles à cette 45e cuvée pour qu’elle soit magique et attire des curieux de l’extérieur.

Bon Jovi est un bon coup côté groupe rassembleur. Et LMFAO créera l’événement de manière dansante et trans-générationnelle à la manière des Black Eyed Peas, il y a deux ans. Mais ni le premier, profondément associé aux années 80, ni le second, qu’on a vu à Québec en novembre, ne vient positionner le FEQ de manière prestigieuse sur l’échiquier des grands événements. Idem au rayon de l’indie rock : pas de figures spectaculaires telles Bon Iver, The National ou encore Beach House. Cela dérangerait moins si les autres festivals canadiens n’avaient pas mis la main sur les Dirty Projectors, Norah Jones ou encore Iron and Wine qui, sans être des noms d’exception, auraient apporté une plus-value à la présente programmation…

Si le Parc de la Francophonie a repris du galon, il manque un ou deux gros noms sur les Plaines et deux ou trois vedettes montantes à l’Impérial pour créer un vif intérêt chez les mordus de festivals. Rappelons-nous que lorsqu’Arcade Fire s’est pointé il y a deux ans, les musiciens avaient fait courir les médias étrangers prestigieux que sont le Rolling Stone et le New York Times… Même scénario avec Rammstein, qui mettait fin à une longue absence de ce côté-ci de l’Atlantique et qui avait attiré des gens de partout autour du globe…

En arrivant avec sa flamboyante offre de 2010 où, outre Rammstein et Arcade Fire, les Black Eyed Peas, Billy Talent, Rush et autres Iron Maiden se succédaient, le Festival d’été s’est en quelque sorte tendu un piège. La barre a été mise très haute et comme le marché est devenu difficile, on sent que l’équipe joue de prudence pour consolider ses acquis. L’an dernier, les deux gros pôles qu’étaient Metallica et Elton John ont jusqu’à un certain point fait oublier qu’il y avait, çà et là, quelques faiblesses dans la grille. Et, du côté des Plaines, seuls les Black Keys, vedettes de l’heure, représentaient un risque – qui a payé. Cette année le scénario est similaire, avec Aerosmith et Bon Jovi, à la différence près qu’ils ne seront pas en ville les deux gros samedi, ce qui pourrait faire mal côté achalandage. Quant à Skrillex, il prendra la relève de Patrick Carney et de Dan Auerbach avec son contenu «tendance», qui devrait marcher.

En offrant, bon an, mal an, le même genre de formule, le FEQ ne peut se soustraire au jeu des comparaisons. Peut-être l’heure est-elle venue de tenter de nouvelles expériences avec, par exemple, des contenus spécialisés sous chapiteau, qu’ils soient en musique, film ou humour ? Mais peut-être aussi que les mélomanes devront se faire une raison et cessez d’espérer que le FEQ, avec ses laissez-passer à moins de 70$, sa mission familiale et sa situation particulière, au cœur d’un centre-ville, devienne un Coachella ou un Bonnaroo, qu’importe s’il aime s’y comparer.


  • Il y a souvent de bonnes découvertes du côté de l’Impérial, il y a Offspring que j’ai jamais vu, sinon ça reste du réchauffé pour le reste.

  • Rappelons-nous que les relations étaient tendues avec la représentante de Live Nation suite au départ de Dominique Goulet. Est-ce que les ponts ont étés rétablis? Ce festival n’a pas l’impact des derniers et la raison pourrait en être le départ de mme Goulet.

  • @hugo1981 Attention, Sharon Kim-Dion n’est pas la représentante de Live Nation, c’est une agente indépendante qui a servi d’intermédiaire dans de gros dossiers. Visiblement, le FEQ ne semble plus vouloir faire affaire avec elle, puisqu’elle s’est tournée vers QuebeComm pour Madonna. Est-ce que cela aura un impact à long terme? Il est encore tôt pour en juger, mais c’est sûr qu’elle a joué un rôle pour Elton John, Sting ou encore Paul McCartney…

  • Bon Jovi: un groupe qui ne plaît qu’aux filles. Pas capable…

  • Merci pour la précision. Comme vous dites, il est trop tôt pour juger, mais quand on sait que pour approcher ces gros noms, les démarches se comptent sur plusieurs mois, presqu’ en année, il y a de bonnes chances que… Le FEQ ont dû se trouver de nouveaux interlocuteurs.

  • Difficile année pour le FEQ : congédiement de quelqu’un qui, vu de l’extérieur, avait rempli sa mission, programmation ok mais sans plus, lamentable opération de ventes de macarons et une piètre gestion des communications de cette opération (la même stratégie que Jean Charest : qu’importe si ça va mal, a force de dire que ça va bien les gens finiront par y croire!)”

    Perso, ce que je souhaite c’est un mea culpa de l’organisation. Mais de grâce, qu’on cesse de parler de renouveler le festival : de l’humour? du cinéma? Ça s’appelle le Grand Rire, ça dure presque un mois et c’est bien suffisant! Un mauvais FEQ sera toujours meilleur que n’importe quel autre festival au Québec, voire au Canada.

  • Est-ce que le festival d’été a perdu ce pourquoi il a été créé. Il faut que le festival redevienne familiale.

    Il va de soi que les groupes rocks amènent un succès fracassant sur les ventes de laisser passer mais il faut vite rétablir l’équilibre entre les deux cultures pour le plus grand profit du festival et de ses artisans.

    Depuis 1968 avec un budget de 17 000 $ le festival d’été de Québec a connu une progression constante pour atteindre 44 ans plus tard un budget total de 21 millions de dollars. Lors de son 25ième anniversaire en 1982 le festival d’été de Québec a présenté une programmation internationale avec et un budget de 3,2 millions de dollars. Pour son 35ième anniversaire le festival a marqué une ère de changement en présentant un super spectacle gratuit sur les plaines d’Abraham avec des artistes Québécois.

    En 2008 le Festival d’été de Québec a emboîté le pas des festivités entourant le 400e anniversaire accueillant de la visite des quatre coins du monde et un record de 1,7 million de festivaliers.

    Depuis lors le festival d’été de Québec a suivi les demandes insistantes des générations x et y en présentant une programmation anglophone avec des groupes internationaux au détriment des artistes francophones.

    Toutefois la vraie fréquentation des festivaliers a diminuée de 400 000 tourniquets. Avec le merdier de la vente des laisser passer en 2012 est-ce une bonne décision d’inviter de supers vedettes anglophones avec notre argent $$$$$ et de négliger les vrais festivaliers locaux?

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