Nicolas Houle

Archive, avril 2012

Lundi 30 avril 2012 | Mise en ligne à 15h42 | Commenter Commentaires (6)

FEQ: la difficile chasse aux laissez-passer

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Alors, avez-vous votre laissez-passer du Festival d’été? La chasse n’a pas été facile, je sais. Le public a compris que désormais, on pouvait en manquer. Du coup, la prévente dans les épiciers Metro a filé à toute allure jeudi et celle dans Internet et par téléphone, amorcée samedi, a battu un nouveau record, avec des unités envolées en 12 heures.

Le hic, c’est que le déroulement a été laborieux dans la prévente et la vente. À tel point qu’on se demande aujourd’hui si l’on peut encore vendre les macarons et bracelets chez des épiciers quand ils sont si prisés. Qu’on le veuille ou non, les supermarchés ne sont pas spécialistes de la vente de laissez-passer et l’éthique dans les procédures a varié d’une succursale à l’autre, au détriment des festivaliers. Je sais que Metro est un précieux commanditaire, mais au point où nous en sommes, il faudrait songer à lieux indépendants, contrôlés par le FEQ, quitte à ce que ce soit des guichets érigés de manière temporaire ou alors faisant partie d’un réseau bien établi. Chose certaine, le FEQ aura un examen à faire de ce côté.

Mais là où ç’a encore été plus difficile, c’est du côté de la vente en ligne. On le sait, depuis le début de ce type de fonctionnement, le Festival est toujours attaqué par les logiciels des revendeurs de billets. C’est honorable de vouloir laisser au plus grand nombre la chance de se procurer un laissez-passer, or visiblement, le FEQ n’est pas bien outillé pour faire aux pirates informatiques ou aux attaques de ces revendeurs.

Je me doutais bien que samedi, à midi, ce serait illusoire de me procurer macaron et bracelet, mais trois heures plus tard, j’avais encore un écran blanc ou un message d’erreur… J’ai réussi à mettre la main sur un laissez-passer vers 17h, mais plusieurs fois, en cours de route, le système m’a forcé à recommencer l’opération. Et même une fois la transaction faite, un message d’erreur est apparu. C’est en rafraîchissant ma fenêtre que j’ai eu la confirmation. Quant au courriel officialisant la transaction, il est arrivé 24h plus tard. Ça, c’est rien comparé à ceux qui disent avoir été facturés trois fois…

Plus de 5000 personnes ont ronchonné dans Facebook. Mauvais pour l’image de l’événement, ça. De côté-là aussi, le FEQ devra revoir son mode de fonctionnement. Il est d’ailleurs le premier à l’admettre dans cette entrée de blogue, publiée un peu plus tôt, aujourd’hui.

Espérons que la vente des 25 000 autres laissez-passer, qui seront disponibles le 3 mai dans les supermarchés Metro, se déroulera sans pépin… Car mine de rien, de tels cafouillages entachent sérieusement la réputation d’un festival qu’on connaît pourtant pour son professionnalisme, notamment côté accueil des artistes et installations techniques…

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Vendredi 27 avril 2012 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Commentaires (7)

Festival d’été: deuxième impression

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Lundi, c’était le grand jour. On a tous regardé de près la grille du Festival d’été. Certains ont hurlé de joie, d’autres ronchonné.

La poussière a retombé. On a davantage décortiqué la programmation, on a pu la comparer avec celles des années passées et des autres événements. Et puis quoi? C’est une belle offre, assurément. Or il y a quelques lacunes côté étonnement et ça ne positionnera certainement pas le FEQ au plan international comme c’était le cas en 2011 et, surtout, en 2010. Et je ne suis pas sûr que l’événement parviendra à remettre à la hausse son nombre de visites, qui a chuté de 1,5 million en 2010 à 1,2 million l’an dernier.

Cette année encore, le Festival d’été propose une programmation intéressante et diversifiée à renfort de gros noms, de découvertes et de shows concept. Quand on sait que, dans le milieu des grands événements, il est ardu de mettre la main sur des têtes d’affiche -compétition féroce, hausse des cachets et rareté de l’offre oblige- et quand on sait que Louis Bellavance a remplacé Dominique Goulet à la direction de la programmation qu’en octobre, nul doute que le FEQ s’est bien tiré d’affaires. Or il manque quelques étincelles à cette 45e cuvée pour qu’elle soit magique et attire des curieux de l’extérieur.

Bon Jovi est un bon coup côté groupe rassembleur. Et LMFAO créera l’événement de manière dansante et trans-générationnelle à la manière des Black Eyed Peas, il y a deux ans. Mais ni le premier, profondément associé aux années 80, ni le second, qu’on a vu à Québec en novembre, ne vient positionner le FEQ de manière prestigieuse sur l’échiquier des grands événements. Idem au rayon de l’indie rock : pas de figures spectaculaires telles Bon Iver, The National ou encore Beach House. Cela dérangerait moins si les autres festivals canadiens n’avaient pas mis la main sur les Dirty Projectors, Norah Jones ou encore Iron and Wine qui, sans être des noms d’exception, auraient apporté une plus-value à la présente programmation…

Si le Parc de la Francophonie a repris du galon, il manque un ou deux gros noms sur les Plaines et deux ou trois vedettes montantes à l’Impérial pour créer un vif intérêt chez les mordus de festivals. Rappelons-nous que lorsqu’Arcade Fire s’est pointé il y a deux ans, les musiciens avaient fait courir les médias étrangers prestigieux que sont le Rolling Stone et le New York Times… Même scénario avec Rammstein, qui mettait fin à une longue absence de ce côté-ci de l’Atlantique et qui avait attiré des gens de partout autour du globe…

En arrivant avec sa flamboyante offre de 2010 où, outre Rammstein et Arcade Fire, les Black Eyed Peas, Billy Talent, Rush et autres Iron Maiden se succédaient, le Festival d’été s’est en quelque sorte tendu un piège. La barre a été mise très haute et comme le marché est devenu difficile, on sent que l’équipe joue de prudence pour consolider ses acquis. L’an dernier, les deux gros pôles qu’étaient Metallica et Elton John ont jusqu’à un certain point fait oublier qu’il y avait, çà et là, quelques faiblesses dans la grille. Et, du côté des Plaines, seuls les Black Keys, vedettes de l’heure, représentaient un risque – qui a payé. Cette année le scénario est similaire, avec Aerosmith et Bon Jovi, à la différence près qu’ils ne seront pas en ville les deux gros samedi, ce qui pourrait faire mal côté achalandage. Quant à Skrillex, il prendra la relève de Patrick Carney et de Dan Auerbach avec son contenu «tendance», qui devrait marcher.

En offrant, bon an, mal an, le même genre de formule, le FEQ ne peut se soustraire au jeu des comparaisons. Peut-être l’heure est-elle venue de tenter de nouvelles expériences avec, par exemple, des contenus spécialisés sous chapiteau, qu’ils soient en musique, film ou humour ? Mais peut-être aussi que les mélomanes devront se faire une raison et cessez d’espérer que le FEQ, avec ses laissez-passer à moins de 70$, sa mission familiale et sa situation particulière, au cœur d’un centre-ville, devienne un Coachella ou un Bonnaroo, qu’importe s’il aime s’y comparer.

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Jeudi 26 avril 2012 | Mise en ligne à 11h29 | Commenter Un commentaire

Dry The River: sur la piste de The National

Chaque jour apporte son lot de musique. Il y a celle qui est vite mise de côté, parce que mal exécutée ou peu inspirée; il y a celle que les artistes incontournables signent, à côté de laquelle on ne saurait passer; et il y a celle qui arrive précédée d’un vent favorable. Mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est tomber sur un album que je n’attends pas. Rien de plus plaisant que de faire tourner un disque par pure curiosité et être surpris, voire conquis. C’est ce qui s’est passé avec Dry The River.

Des bases folk, une énergie punk, un raffinement art-rock. Voilà une combinaison qui n’est pas sans rappeler celle qu’affectionnent The National ou Arcade Fire. D’ailleurs, pour son premier album, Dry The River a recruté le réalisateur Peter Katis, qui a travaillé sur de grands projets tels Boxer et High Violet, en plus de collaborer avec Interpol et Jónsi. Mais le jeu des comparaisons a toujours quelque chose d’injuste, surtout quand on a affaire à un groupe talentueux.

Ce jeune quintette a, à sa tête, un chanteur particulièrement doué en la personne de Peter Liddle, capable de transmettre des lignes sensibles avec une voix aiguë et délicate, au timbre particulier. Derrière lui, ses comparses tissent de superbes toiles sonores, sortent les harmonies vocales, optent pour la puissance ou alors le dépouillement, lorsque nécessaire.

Ainsi arrivent-ils avec Shallow Bed, un premier album mature qui, à défaut d’être pleinement original, est ficelé avec brio et ne compte aucune longueur.

Quand on sait que les gars sont dans à la mi-vingtaine, leur maîtrise a de quoi couper le souffle.
Il faudra les surveiller de près…

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