Qui se distinguera à la remise 2012 des prix Juno ? Feist, Dan Mangan, City and Colour ou les inévitables Nickelback ? Peu de Québécois, en tout cas. Malgré ses efforts pour représenter le pays d’un océan à l’autre, le gala qui sera diffusé dimanche soir, à CTV, risque de laisser, encore une fois, le public de la belle province indifférent.
Les galas des prix de Juno se suivent et se ressemblent. Rares sont les cérémonies du genre à faire l’unanimité, or cette fête de la musique canadienne peine à intégrer pleinement les talents d’ici dans ses catégories, se reposant peut-être trop, à tort, sur le travail de l’ADISQ, avec ses Félix. On peut consulter les nominations ici et tout de même s’amuser au jeu des prédictions.
Les artistes d’expression française se retrouvent dans une catégorie à part. Entre Catherine Major, Coeur de Pirate, Fred Pellerin, Jérôme Minière ou Malajube, je place mes billes sur Béatrice Martin, qui jouit d’une belle réputation sur la scène internationale et qui, à une certaine époque, s’était faite entendre auprès de Jay Malinowski (Bedouin Soundclash).
Nos musiciens tenteront aussi de rafler le Juno «fan choice», choisi par le public. Arcade Fire et Ginette Reno se mesureront à Avril Lavigne, City and Colour, Deadmau5, Drake, Hedley, Justin Bieber, Michael Bublé et Nickelback. Étonnante affiche québécoise ! Pas de Galaxie, Richard Desjardins ou Caracol… Ça m’étonnerait que Ginette -en colère que sa candidature ait été retenue là et non ailleurs- puisse supplanter Bieber ou Hedley, dont les fans doivent avoir voté à profusion dans le Web…
Pour l’album de l’année, j’ai rarement vu une lutte aussi ronflante, avec deux disques de Noël en lice, alors qu’il s’est pourtant publié du bon matériel… Qui plus est, on a une sensation de déjà-vu : Avril Lavigne, Drake, Justin Bieber, Michael Bublé et Nickelback se mesurent. J’ai l’impression que Bublé, chouchou des Juno, gagnera ici.
Côté Artiste de l’année, la lutte est davantage intéressante, avec l’arrivée de City and Colour, Deadmau5 et Feist dans l’arène. Mon vote va à cette dernière, mais City and Colour pourrait se faufiler.
Compétition peu excitante en vue pour le Juno du groupe de l’année, qui devrait se jouer entre Nickelback et Hedley. Si le jury est conservateur, il optera pour les premiers. S’il est un iota plus audacieux, ce sera pour les seconds.
Là où le gala pourrait être intéressant, c’est en tournant les projecteurs vers Dan Mangan, comme il l’a fait l’an dernier avec Meaghan Smith. Mangan est en lice pour la Révélation de l’année, qu’il mérite pleinement. Il devrait aussi partir avec le Juno de l’Album alternatif. Pas sûr, cependant, qu’il pourrait ravir celui du Compositeur de l’année à Feist, à Jim Cuddy ou à Ron Sexsmith, la première partant favorite.
Parmi les singularités des Juno, impossible de passer sous silence qu’il y a deux volet dans la catégorie album alternatif, l’une «régulière», l’autre «adulte». Il semble que ce soit dans la seconde que cadre Feist avec l’excellent Metals. Elle devrait avoir droit aux honneurs, or Jim Cuddy se trouve aussi dans les parages et comme il sera intronisé avec ses comparses de Blue Rodeo au Panthéon de la musique canadienne, ceci pourrait teinter le vote du jury.
Côté jazz, soulignons la présence du François Bourassa Quartet, qui mériterait la statuette avec Idiosyncrasie. Colin Stetson apparaît dans la même catégorie avec son étonnant New History Warfare vol. 2 : Judges, susceptible de remporter la statuette de l’Album instrumental de l’année, où il est aussi en nomination.
Rayon rap, Drake devrait être honoré et, pour le Juno dance, Deadmau5 devrait triompher. Quant à l’album international de l’année, si le jury ne couronne pas Adele, il sera soit audacieux, soit profondément dans le vinaigre, à vous de choisir.
Si vous êtes parmi les rares curieux à vouloir écouter la remise en direct, sachez que la cérémonie, animée par le capitaine Kirk, c’est-à-dire William Shatner, sera diffusé dimanche, à 20h, à la chaîne CTV. Hedley, Nickelback, Feist, Deadmau5, City and Colour et Blue Rodeo offriront des performances.

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niklas
30 mars 2012
11h27
Le gala des Juno est BEAUCOUP mieux que celui de l’Adisq. Il est vraiment plus inclusif de par ses critères d’admissibilités (frais minimes pour s’inscrire) et a plus de catégories qui reflètent mieux l’éventail de la musique fait au pays.
La meilleure initiative demeure sans conteste le prix POLARIS qui est vraiment au fait de l’actualité musicale canadienne (au niveau artistique) et donne un gros montant d’argent au vainqueurset une grande visibilité.
nicolas.houle
30 mars 2012
12h20
@niklas Quelques petites nuances: l’ADISQ ne prétend pas représenter tout ce qui se fait au pays. Les frais d’inscription y sont un peu plus élevés (95$ pour les non-membres vs 60$ ou 90$ pour les non-membres aux Junos, tout dépendant s’ils s’inscrivent avant ou après le 22 octobre), mais rien d’énorme.
Chicoutimienne
31 mars 2012
01h10
Les Juno? C’est quoi les Juno? Qu’est-ce que ça mange en hiver un Juno?
Ben oui, je fais dans l’ironie!
Ha! le Canada: deux solitudes qui s’ignorent et qui continuent de s’ignorer!
jafo79
31 mars 2012
12h16
Il y a plusieurs francophones en nomination cette année.
Outre ceux dans la catégorie “meilleur album franco” et Ginette Reno, mentionnons Sonia Johnson dans la catégorie “jazz vocal” (son disque est entièrement francophone)
Et aussi : F!ck the Facts dans la catégorie “metal”, un groupe gatinois.
En passant, City and Color a remplorter le Juno du meilleur album alternatif en..2007… son premier disque est paru en 2005. Loin d’être un nouveau venu!
jafo79
31 mars 2012
12h17
ah j’oubliais…l’acadienne Mia Martina dans la catégorie “Dance”… une autre francophone..
dominique_dumas
31 mars 2012
17h04
Elles sont au Québec vos 2 solitudes… Aucun de vos artistes québécois ne viennent me chercher et c’est ainsi depuis des années et pour énormément de Québécois. Les prix de l’ADISQ sortent et beaucoup ignorent ce que les artistes gagnants font et même parfois qui ils sont. Et c’est sans parler des nominés…
Pendant ce temps, plusieurs hors Québec intéressent beaucoup plus les Québécois. Mais les Junos? En 2012, c’est devenu dépassé les remises de prix! Encore plus celles locales quand de nos artistes gagnent à l’international!
piedoq
31 mars 2012
22h43
les prix quossa donne au juste ?
niklas
1 avril 2012
11h35
@nicholas On peut vraiment s’inscrire au gala de l’Adisq pour 95$ (pour les non-membres)?
C’est plus cher en fait.
http://www.adisq.com/even-gala/2012/pdf/Regl12.pdf
ARTICLE 12
Recensement par une compagnie non-membre
Une compagnie productrice de disques ou de
spectacles, ou une maison de disques, peut recenser
un produit répondant aux critères de mise en
candidature artistique sans être membre de l’ADISQ,
ARTICLE 16a) (page 11). Le coût de recensement est
équivalent aux frais d’adhésion comme membre
producteur régulier ou membre relève, selon le cas.
Sous réserve du paragraphe suivant, le coût
d’inscription pour chaque produit recensé est le
double des frais d’inscription d’un produit recensé
par une compagnie membre producteur régulier.
Pour les compagnies relève non-membres, le coût
d’inscription est de 95$ par produit recensé.
Les compagnies non-membres qui n’auront pas atteint
un chiffre de ventes de 2500 unités pour un produit
jusqu’à un maximum de 5000 unités au Canada pour
l’ensemble de leurs productions et qui n’auront pas
produit plus de trois albums pendant la période de
recensement pourront recenser un ou des albums, au
coût de 190 $ par album, dans une catégorie «Album»
pourvu que le produit n’ait pas été produit ou mis en
marché par une maison de disques ou un producteur
de disques membres de l’ADISQ.
Pour se prévaloir de cette clause, les compagnies ne
doivent pas avoir été membres réguliers de l’ADISQ
au cours des cinq (5) dernières années.
danny_c
1 avril 2012
16h25
Avril Lavigne, Hedley, Justin Bieber, Michael Bublé, Nickelback… il y a de quoi me laisser indifférent ! On repassera pour la qualité artistique…
rogiroux
1 avril 2012
21h00
“On repassera pour la qualité artistique…”
@ danny ~
Juste pour vous…
1. Destroyer – Kaputt
2. Austra – Feel It Break
3. Tim Hecker – Ravedeath, 1972
4. Feist – Metals
5. J F Robitaille – Calendar
6. Sandro Perri – Impossible Spaces
7. Timber Timbre – Creep On Creepin’ On
8. Miracle Fortress – Was I the Wave?
9. Kathryn Calder – Bright and Vivid
10. Shuyler Jansen – Voice From the Lake
11. Sloan – The Double Cross
12. Ohbijou – Metal Meets
13. Blackout Beach – Fuck Death
14. Young Galaxy – Shapeshifting
15. Fucked Up – David Comes to Life
16. Buck 65 – 20 Odd Years
17. Library Voices – Summer of Lust
18. Handsome Furs – Sound Kapital
19. Bry Webb – Provider
20. Metal Kites – School of Unlearning School of Unlearning
21. Les Jupes – Modern Myths
22. New Look – New Look
23. The Deep Dark Woods – The Place I Left Behind
24. Louise Burns – Mellow Drama
25. Cowboy Junkies – Sing In My Meadow
26. Jane Siberry – Meshach Dreams Back
27. Braids – Native Speaker
28. Dog Day – Deformer
29. The Weeknd – House of Balloons
30. Bruce Cockburn – Small Source of Comfort
31. Cannon Bros. – Firecracker/Cloudglow
32. The Two Koreas – Science Island
33. Kellarissa – Moon of Neptune
34. Great Aunt Ida – Nuclearize Me
35. Sexy Mathematics – Future Nights
36. Mother Mother – Eureka
37. Kalle Mattson – Anchors
38. Ben Caplan and the Casual Smokers – In the Time of the Great Remembering
39. The Rural Alberta Advantage – Departing
40. Blackie and the Rodeo Kings – Kings and Queens
41. Bella Clava – Holy Crow
42. Will Currie and the Country French – Awake, You Sleepers!
43. Junior Boys – It’s All True
44. Doug Tielli – Swan Sky Sea Squirrel
45. Camp Radio – Campista Socialista
46. Socalled – Sleepover
47. Greg MacPherson – Disintegration Blues
48. Chilly Gonzales – The Unspeakable Chilly Gonzales
49. Christine Fellows – Femmes de Chez Nous
50. Fevers – Passion Is Dead
lineni
2 avril 2012
10h19
Quel mépris de votre part! Ne vous en déplaise, les prix Juno ont créé de l’effervescence dans la région d’Ottawa, où se tenait la cérémonie. Ce type d’attitude et de commentaire me déplaisent souverainement.
nicolas.houle
2 avril 2012
12h08
@lineni Critiquer un événement n’est pas le mépriser. Tant mieux s’il y avait de l’effervescence à Ottawa, c’est ce qu’on attend d’un gala. Or quand on couronne un disque de Noël comme album de l’année, au regard de tout ce qui s’est fait de pertinent dans l’année, c’est la preuve qu’il y a quelque chose qui cloche.
danny_c
2 avril 2012
12h39
@ rogiroux
Mon commentaire concernait surtout la catégorie “Meilleur album de l’année”. C’est celle dont on entend parler le plus.
Album de l’année :
Destroyer – Kaputt
Tim Hecker – Ravedeath, 1972
Timber Timbre – Creep On Creepin’ On
Fucked Up – David Comes to Life
The Weeknd – House of Balloons
…et on pourrait en ajouter d’autres qui sont dans votre liste.
Et le gagnant est… un album de Noël ! Ça me donne encore l’impression que ce n’est pas la qualité qui s’exprime ici. Oui, Feist, Tim Hecker et d’autres qui méritaient un prix ont gagné, mais bon… oui, il y a encore quelque chose qui cloche, effectivement.