
Vous avez regardé la 54e remise des prix Grammy? Si oui, vous savez qu’Adele est sortie grande gagnante avec six statuettes. Pas de grande surprise là. Et vous savez que le spectre de Whitney Houston, décédée samedi, s’y est forcément profilé.
Mais il y a quand même eu quelques sources d’étonnement durant cette soirée. Les Foo Fighters, d’abord. Le band de Dave Grohl a mis la main sur 5 prix, rien de moins. Aussi bon soit Wasting Light, je ne m’attendais pas à une telle conquête. Visiblement, l’Académie aime couronner des lauréats. Dans le cas d’Adele, aussi, il y a quelques prix qui auraient pu lui échapper, mais qu’on a préféré lui laisser…
Autre surprise, les deux gramophones d’or de Bon Iver. Le prix du Meilleur album de musique alternative semblait acquis, mais pas nécessairement celui de la Révélation de l’année. C’est mérité. Et, après la remise à Esperanza Spalding l’an passé, il est rassurant de voir que l’Académie a les oreilles ouvertes. On serait dû pour une performance indie, l’an prochain…
La présence de Kanye West a été bien timide, d’autant qu’il n’était pas présent au Staples Center, or il a quand même mis la main sur quatre trophées.
Un qui doit être reparti la tête entre les jambes, c’est Bruno Mars. Il avait autant de nominations qu’Adele (6) et il n’a rien gagné. En revanche, il a donné une excellente performance, qui aurait ravi James Brown.
Pour la première fois en 7 ans, les prix Grammy avaient droit à un animateur, LL Cool J. Bien franchement, ce n’était pas nécessaire. Le rappeur était un peu figé, forçait le ton dramatique, voire didactique et n’avait pas un si grand rôle que ça, les présentateurs étant régulièrement mis à contribution…
Quant aux performances, elles ont été nombreuses, de quelconque à excellente. Chris Brown, qui s’est contenté de lipsynch était loin d’être mémorable, Rihanna et Coldplay n’ont pas particulièrement brillé non plus, d’autant que Chris Martin et la chanteuse étaient un peu faux. Les Beach Boys, qui effectuaient leur retour, avaient encore de belles harmonies à partager, même s’ils ne sont plus des premières jeunesses. Jennifer Hudson, pour sa part, y est allé d’un hommage sobre et réussi à Whitney Houston, en entonnant l’incontournable I Will Always Love You. Nicki Minaj? Théâtrale, mais complètement inintéressante musicalement. Taylor Swift a très bien fait, faisant lever aisément la foule, avec son banjo en bandoulière. Quant à Adele, elle a ravi tout le monde avec sa puissante voix, qui a retrouvé la forme.
Au rayon des incongruités, on se demande encore pourquoi Paul McCartney et Les Foo Fighters ont joué à deux reprises, plutôt que de céder leur place à d’autres. Certes, dans les deux cas, c’était intéressant, Sir Paul jouant les crooners, puis se replongeant dans l’univers des Beatles. Les Foo Fighters y sont allés d’abord d’un performance mordante de Walk, pourtant pas leur meilleure chanson, suivie d’une collaboration très réussie avec Deadmau5.
Toujours côté incongruité, on se demande si Pat Metheny est heureux de son Grammy dans la catégorie New Age. On te préfère en «vrai» jazzman, Pat.
Autant il y a des galas où l’on ne semble que remettre statuette après statuette, autant aux Grammys, c’est tout le contraire: ce sont les tours de chant qui sont majoritaires. Un juste équilibre de ce côté serait bienvenu. Cela dit, la soirée n’aura pas été inintéressante, loin de là.
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