Nicolas Houle

Archive, février 2012

Mercredi 29 février 2012 | Mise en ligne à 13h32 | Commenter Commentaires (4)

Trauma: les reprises au service de la télé

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Une série télé qui fait appel aux chanteurs québécois, c’est une bonne idée. Et quand c’est pour les faire évoluer dans un autre registre que celui auquel ils nous ont habitués, c’est encore mieux. C’est ce qu’a proposé Trauma, d’abord avec les reprises d’Ariane Moffatt et maintenant avec celles du Pascale Picard Band.

Autant l’initiative est louable, autant le résultat ne m’avait convaincu qu’en partie avec Ariane. Ses reprises épurées avaient trop souvent été abordées de la même manière et parfois livrées avec froideur. L’histoire se répète avec le Pascale Picard Band.

La chanteuse et ses complices se sont attaqués entre autres à des pièces de Bob Dylan, Leonard Cohen, Paul Simon et des Rolling Stones. Une approche acoustique et dépouillée a aussi été privilégiée. Ceci donne lieu à quelques interprétations intéressantes dont As Tears Go By, très réussie, ou Farewell Angelina, mais également à des versions discutables comme Fever, où Picard, généralement posée sur ce projet, pousse les notes de façon agressante.

Cette bande sonore, qui s’amorce de manière pertinente, perd graduellement d’intérêt au fil des chansons. La raison ? Chaque pièce est livrée sur le même ton, avec une approche similaire, des effets et des arrangements semblables, si bien qu’au final, les titres deviennent presque interchangeables.

Peut-être que certaines de ces versions se trouveront un nouvel élan sur scène: Picard et son band seront au Petit Champlain, à Québec, samedi.

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Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 15h12 | Commenter Commentaires (2)

Sleigh Bells: la pop décapante

Avec Reign of Terror, Sleigh Bells confirme son statut de sensation underground. Le duo new-yorkais continue d’affiner sa griffe unique, à savoir une noise pop abrasive et minimaliste, qui joue hautement sur les contrastes. On retrouve donc les guitares grinçantes de Derek Miller, qui ont gagné en saturation et en réverbération, évoquant l’arena rock des années 80, tout comme l’énigmatique et charismatique Alexis Krauss, qui sait faire contrepoids aux riffs tonitruants avec un chant quasi angélique.

Ce mariage des extrêmes est fort bien consommé sur Reign of Terror, où le M16 est presque sur un pied d’égalité avec la six-cordes au plan iconographique, en plus de se profiler côté sonore… Le duo a le sens de la concision, parvenant à être punché, à ne jamais négliger la formule accrocheuse et même à faire un clin d’oeil à Black Sabbath (Demons).

Du coup, l’enrobage, qui a quelque chose d’épineux (True Shred Guitar), se dote d’un indéniable magnétisme (End of The Line). Seul bémol dans tout ça? L’usage des boîtes à rythmes et des programmations. Une véritable batterie permettrait à bien des titres d’être encore plus rentre-dedans, mais de toute évidence, la chimie de Sleigh Bells repose sur un équilibre assez précaire et avec pareil ajout, les Américains risqueraient peut-être de perdre une portion de leur simplicité…

Une proposition qui mérite une écoute attentive, le volume dans le tapis.

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Jeudi 23 février 2012 | Mise en ligne à 16h12 | Commenter Aucun commentaire

Ben Howard: la folk épurée et accrocheuse

Depuis l’ascension de Jack Johnson, tout musicien qui pince la guitare acoustique, qui a une conscience écolo ou un faible pour le surf passe pour un calque du populaire chanteur. Le défi du britannique Ben Howard, 23 ans, sera sans doute de se tailler une place en démontrant qu’il a une personnalité propre.

Son premier album, Every Kingdom, est un pas dans la bonne direction. Optant pour une folk épurée, où des instruments comme la batterie, la basse, le ukulélé ou le violoncelle enrichissent occasionnellement sa six-cordes, le musicien offre des compositions pertinentes, où les mélodies accrocheuses n’excluent pas la profondeur.

Howard y va d’envolées instrumentales adroites, de belles montées dramatiques et se permet quelques titres en mode intimiste. Outre sa maîtrise de la guitare et de l’écriture, il bénéficie d’une voix particulière, qui peut être tantôt délicate, tantôt mordante, et afficher un vibrato original.

Le Britannique, qui puise son inspiration autant chez Bon Iver que chez John Martyn risque toutefois de se faire jouer un tour par l’air du temps. D’une part, les hipsters le trouveront trop accessible. De l’autre, ceux qui ont trippé sur les Jack Johnson et Xavier Rudd de ce monde risquent d’avoir les oreilles ailleurs. Cela dit, qu’importe dans quelle direction souffle le vent, Ben Howard a quelque chose d’intéressant à partager. Ce premier album, quoique imparfait, est fort inspiré.

Un artiste à découvrir, donc, d’autant qu’il est en train de s’immiscer dans le circuit des grands festivals, ayant déjà son ticket pour Bonnaroo… Reste à voir s’il montera jusqu’au Festival d’été.

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