Nicolas Houle

Archive, octobre 2011

Lundi 31 octobre 2011 | Mise en ligne à 10h12 | Commenter Un commentaire

«Bad» comme Tom Waits

Sept ans que Tom Waits n’avait pondu un album complet de matériel original. À écouter Bad As Me, la pause lui a été bénéfique. Pas qu’il tente de se réinventer d’une manière ou d’une autre, mais plutôt qu’il tire le meilleur de lui-même en restant fort accessible. Toujours entouré de sa compagne Kathleen Brennan à la réalisation et à l’écriture, l’artiste pose sa voix grave et râpeuse sur des compositions tour à tour ou simultanément rock, blues, jazz ou sud-américaines (Back In The Crowd).

S’il sait se faire décapant (Chicago, Bad As Me) en compagnie de son ensemble carburant aux cuivres, banjo, batterie et guitares, il verse aussi dans une sensibilité à fleur de peau avec de magnifiques ballades, où il opte parfois pour un registre aigu (Talking At The Same Time). Pour donner forme à l’ensemble, Waits s’est entouré d’une formation toute étoile composée entre autres du fidèle Marc Ribot, de Dave Hidalgo et de Keith Richards. Bad As Me synthétise adroitement ce qui caractérise l’Américain sans sombrer dans la caricature.

Son meilleur album depuis Mule Variations? Ça ressemble pas mal à ça.

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Mercredi 26 octobre 2011 | Mise en ligne à 9h37 | Commenter Commentaires (5)

Noel 1, Liam 0

L’implosion d’Oasis semble n’avoir eu que du bon. Liam Gallagher a pondu avec Beady Eye quelque chose de supérieur aux récents enregistrements du défunt groupe et, maintenant, son frère Noel fait encore mieux avec le premier disque de ses High Flying Birds.

Noel n’a peut-être pas une voix aussi fluide ou charismatique que celle de son cadet, mais il se défend bien et, surtout, c’est un compositeur aguerri. Tout en retenant des éléments typiques d’Oasis, il arrive avec quelque chose de plus moderne, planant et audacieux que les voyages dans le passé de Beady Eye. On peut enfin entendre les mythiques et excellentes Stop The Clocks et If I Had A Gun, qui avaient déjà circulé dans le Web dans des versions préliminaires, ainsi qu’apprécier l’étonnante The Death Of You And Me, avec ses accents ragtime.

Noel a par ailleurs soigné l’enrobage de ses créations, proposant une espèce de haute couture rock faite de cordes, de cuivres, de piano et de chorales. Pour couronner le tout, le guitariste a varié les plaisirs sans que l’ensemble ne perde sa cohérence.

Noel 1, Liam 0…

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Mardi 25 octobre 2011 | Mise en ligne à 15h18 | Commenter Commentaires (2)

Coldplay: peu d’audace, beaucoup d’efficacité

Coldplay a mis du temps à le pondre, celui-là, mais voilà enfin Mylo Xyloto, une année après la date de parution initialement prévue. Ceux qui aimaient Coldplay, continueront d’aimer le quatuor. Ceux qui le détestent, prendront encore plaisir à le détester. On retrouve en effet tout ce qui fait la signature habituelle du groupe, le chant typique de Chris Martin, qui ne craint pas la voix de fausset, les mélodies accrocheuses, le son d’ensemble, résolument collectif.

Coldplay avait d’abord l’idée d’une bande sonore d’un film d’animation, puis voulait faire un disque essentiellement acoustique. Finalement, rien de tout ça ne s’est concrétisé, mais des traces sont restées. Je vous invite à lire mon entrevue avec le band, ici.

Les critiques aiment bien malmener la bande. Vrai qu’elle est toujours demeurée près des formules pop, parfois limite racoleuse, et qu’on sent qu’elle a le potentiel pour être aller plus loin. Mais il faut prendre Mylo Xyloto pour ce qu’il est: un album de pop grand public. Et sur ce point, on ne peut nier que c’est bien fait.

Quand une formation atteint de hauts sommets de popularité, elle peut soit prendre le risque d’en redescendre, soit s’efforcer de surfer sur la vague, question de maintenir sa cote. Avec Mylo Xyloto, Coldplay laisse l’audace de côté et place ses billes sur des hymnes et des ballades construites avec soin. Quelque part entre la pop et le soft rock, ce cinquième album est l’occasion d’un flirt subtil avec le r’n’b en compagnie de Rihanna (Princess of China) et de plusieurs titres où la guitare acoustique joue un rôle non négligeable. La dépouillée Us Against The World est, à ce chapitre une réussite, tout comme la dynamique Major Minus.

Avec trois réalisateurs à bord, dont Markus Dravs, et la participation de Brian Eno à l’écriture, la machine Coldplay se donne parfois des airs de grandeur, si bien que certaines pièces prennent l’allure de mosaïques sonores étouffantes. Rien, toutefois, pour ternir vraiment cet album, dont les Charlie Brown et Paradise n’ont pas fini de tourner…

Ça tournera dans votre lecteur?

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