
On a pas mal discuté au cours des derniers jours à propos de la série de rééditions du catalogue de Pink Floyd. J’ai eu la chance de me plonger dans le matériel. À titre de floydophile, je dois avouer en être ressorti partagé. Il y a du bon et du moins bon ici. Je comprends qu’EMI (l’initiative est de la compagnie de disque et non du band) ait voulu se lancer dans l’aventure en mettant des CD à prix très accessible, ce qui fait que les éditions de base sont très… basiques, mais je m’explique mal qu’on n’ait pas profité de l’occasion pour déterrer des trucs jamais ou peu réédités, comme le single Point Me At The Sky ou encore The Hero’s Return Part II, qui n’est encore trouvable que sur le 45 tours de Not Now John…
Côté coffrets, on n’en est pas à une première dans le cas du quatuor anglais. Il y avait eu Shine On (1992), incomplet, mais avec quelques raretés, puis Oh By The Way (2007). Comment se distingue l’édition Discovery ? Les bandes sont fraîchement remasterisées et les albums sont à prix accessible : sous coffret, on parle de 150$ pour 14 disques et un livret de rares illustrations, commentées. Doit-on racheter les albums ? Il faut savoir que Pink Floyd a toujours soigné la qualité sonore de son matériel. Aussi, après avoir comparé différentes éditions CD avec lecteur et écouteurs haute-fidelité, c’est surtout sur les enregistrements les plus vieux, comme Atom Heart Mother (1970), qu’on dénote une différence, côté bruits de fond. Conclusion : à moins d’être maniaque ou de ne pas avoir encore mis la main sur un des albums, Discovery n’est pas pour vous. Qui plus est, la présentation est moins soignée que sur la réédition précédente. Enfin, aucune pièce rare n’est incluse, comme celles qu’on peut trouver sur Relics, Works ou A Collection of Great Dance Songs.
The Dark Side of the Moon a déjà été réédité superbement pour son 20e anniversaire et de façon discutable pour son 30e. A-t-on de bons arguments pour nous faire dépenser davantage ? Oui avec la version Experience. Moyennant une vingtaine de dollars, vous avez l’album original, remasterisé, et un concert capté à Wembley, en 1974. La performance est excellente, tout comme la qualité sonore.
L’édition Immersion, quant à elle, est destinée aux collectionneurs. Avez-vous vraiment besoin de billes, foulard ou sous-verres à l’effigie de The Dark Side of The Moon? À vous de voir. Cela dit, l’important contenu visuel est superbe, notamment les deux livrets, une lithographie de Storm Thorgerson prête à être encadrée et une reproduction du questionnaire que Waters avait soumis à son entourage, dont il a enregistré les réponses. On retrouve l’album original dans toutes sortes de versions stéréo et 5.1 pour DVD et Blu Ray, le concert live de 1974 , ainsi qu’un CD de matériel rare, comme des maquettes de travail, qui sont d’un intérêt limité. Au plan audio-visuel, ce n’est pas riche : deux performances de 1972, un mini-documentaire datant de 2003, puis, autre curiosité, les films projetés durant les concerts, en trois versions différentes. Tout ça revient à 95$, ce qui est quand même abordable.
La grosse lacune dans ce Why Pink Floyd ? Aucun album live n’est réédité et aucun texte d’un spécialiste ne vient retracer l’histoire du groupe ou replacer cette importante œuvre discographique dans son contexte. Voilà qui laisse encore de la place pour un coffret qui pourrait se prétendre «définitif»…