Il y a des lectures associées aux vacances, mais il y a aussi des albums. Dans mon cas, ce sont des enregistrements que la frénésie du boulot m’a contraint à négliger. Ce peut être des disques que je déterre de ma discothèque ou alors des parutions qui m’ont échappé pour toutes sortes de raison…
Cet été, j’ai enrichi ma collection de deux CD d’un artiste que j’apprécie énormément : Dick Annegarn. Ce Hollandais francophile, qui fait carrière depuis les années 70, a une poésie unique, une voix atypique qui demande à être apprivoisée et un jeu de guitare bluesy, qu’il métisse parfois de world. Il s’était distingué à ses débuts avec les Sacré Géranium, Bruxelles, Bébé Éléphant ou encore Mireille, puis était revenu sous les projecteurs après des années à œuvrer en marge des grands circuits, avec le superbe Approche-Toi (1998). Or depuis Un’ Ombre (2002), il n’est plus diffusé chez nous et c’est très regrettable.
J’avais mis la main sur Plouc (2005) lors d’un séjour en Europe, mais Soleil du soir (2008) et Folk Talk (2011) m’avaient échappés. Tous deux sont un peu plus sombres et dépouillés que les excellents Adieu Verdure ou encore Chansons fleuves, mais ils n’en valent pas moins le détour.
Encore un verre, sur Soleil du soir, illustre bien comment cet artiste est unique en son genre. Essayez de dénicher quelqu’un qui sait si bien manier la plume et évoquer le diable («La Mule») à la manière des bluesmen américains comme le fait Annegarn ici. Vous chercherez longtemps…
Quant à Folk Talk, c’est un album qui mélange folk et talking blues. Il est constitué essentiellement de reprises qui réfèrent aux racines d’Annegarn, qui ne sont décidément pas du côté de la chanson française. L’artiste réussi même à imprimer sa griffe à Love Me Tender et Fever, pourtant mille fois interprétées.
Ça fait trop longtemps qu’Annegarn est venu chez nous. Sauf erreur, ça remonte aux Francofolies de 2003. L’occasion serait belle cette année, puisque outre Folk Talk, il vient de lancer un recueil de ses textes, Paroles.
Les extraits de Folk Talk dans le Web sont difficiles à trouver, mais j’en ai repéré deux provenant d’un récent concert au Bataclan, soit Worried Man Blues et la superbe version a cappella de Careless Love. J’ajoute aussi un live de D’abord un verre.
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