Nicolas Houle

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Mardi 24 mai 2011 | Mise en ligne à 15h08 | Commenter Commentaires (4)

Lady Gaga: les années 80 sur la piste de danse

Le Gaga nouveau est enfin paru. La surprise n’est pas complète: on avait déjà eu une bonne idée de la direction qu’empruntait la chanteuse avec les premiers simples ou encore avec les extraits qu’on avait pu entendre dans le Web. Est-ce l’album de la décennie que promettait la diva? Euh… non. Mais c’est loin d’être inintéressant.

On le sait, la Lady a un sens inné du marketing: elle a le don de créer de l’intérêt autour de tout ce qu’elle fait. Cela dit, si le matériel ne valait pas le détour, ils ne seraient pas des millions à la suivre dans Facebook, Twitter et au fil de ses concerts. Sous l’image, le tape-à-l’oeil et le souci d’être au goût du jour , il y a chez elle une véritable démarche artistique, qui contraste, par exemple, avec Britney Spears, dont le récent album manquait cruellement de personnalité…

Ce Born This Way, dont la pochette (voir ci-dessous) fait, bien sûr, jaser, l’illustre bien. Gaga co-signe et co-réalise l’entièreté de ce qui est proposé. Ce qu’elle a à offrir? Une pop efficace aux mélodies bien tournées et aux structures recherchées.

L’emballage, lui, ne se limite pas à la pop. Avec ses différents comparses, dont RedOne, elle opte souvent pour une facture dance à l’européenne, très synthétique. Au hip hop, elle emprunte l’auto-référence: les «Gaga» peuvent être entendus dans Government Hooker et Bloody Mary. Et par dessus, elle puise dans la pop des années 80, qu’il s’agisse de claviers rétro, de structures de chansons, de solo de sax -en faisant appel à Clarence Clemons (Bruce Springsteen)- ou même de power ballad avec Brian May et un sample de We Will Rock You. Gaga s’amuse, enfin, à jouer la carte internationale, avec des envolées en espagnol, en français ou encore en allemand.

Si elle a maintes influences, l’artiste qui n’est âgée que de 25 ans suit assurément les pas de Madonna. D’abord dans la volonté de choquer, dans le contenu (bi)sexuel de certains textes, dans le désir de continuellement réinventer son look, dans sa manière d’exploiter la thématique de la religion, dans son genre d’envolées vocales et même dans son intérêt pour le contenu latin. Sur ce dernier point, son Americano devient sa version du La Isla Bonita de la Madone. Quant à Born This Way, les ressemblances avec Express Yourself ont amplement été discutées, déjà. En dépit de tout ça, la Gaga parvient à afficher une griffe suffisamment personnelle pour qu’on y voit davantage des références qu’un pastiche.

Contrairement à The Fame Monster, Born This Way est hautement attendu. Maints détracteurs tenteront sûrement de pointer les faiblesses. Or le fait est qu’elle a fait est que Stefani Germanotta a fait un très bon boulot. Non, l’album n’est pas parfait: quelques titres comme Scheibe ne représentent que peu d’intérêt, il y a un peu d’essoufflement à mi-parcours, tandis que d’autres chansons comme Yoü And I et The Edge of Glory, aussi pertinentes soient-elles, semblent issues d’une autre cuvée et cadrent plus ou moins bien avec les autres.

Cela dit, les trucs réussis prennent nettement le dessus, qu’on songe au Marry The Night en intro, au volontairement provocateur Government Hooker ou encore au simple Judas.

De la pop qui a de la gueule.

Et vous, êtes-vous Gaga de la Lady?

lady-gaga-born-this-way-album-cover


  • Je l’ai ecouté en repeat quelques fois déjà (je fais ça avec mes nouvelles acquisitions, ça me plonge dans l’album), et même si l’album n’est pas à la hauteur des plus hautes attentes (et c’est aussi de la faute de Gaga, à dire à qui veut bien l’entendre que c’est le meilleur album de la décennie…), on ne peut que revenir sur terre un peu.

    Par contre, les singles prennent enfin plus de sens entouré des autres chansons. “Born This Way” est trop “overproduced” pour bien sonner à la radio, les bruits sonnent en grichant! On apprécie beaucoup plus “Judas” avec “Government Hooker” devant (ma préférée de l’album, ça sonne comme une tonne de briques!). Le problème principal de l’album est que les chansons ne sont pas aussi originales l’une de l’autre (comme sur “The Fame”), l’album s’écoute bien ensemble, mais peu de chansons sortent du lot. Je blamerais cet effet sur la production générale, qui est très unique, surtout venant de Red One (c’est là qu’on voit à quel point Gaga a une très grande influence en studio), mais qui homogénise un peu trop le tout.

    Malgré cela, c’est un produit pop de très haut calibre; oubliez l’Auto-Tune et autres gadgets vocaux, Lady Gaga sonne incroyable et possède une personnalité qui transcende la production, ce qui est inoui en ces temps ou les pop stars sont des “racks” à linge pour les oeuvres des producteurs (I’m looking at you Britney!).

    Je lui donne 3 1/2 sur 5.

  • Born This Way est paru officiellement hier (lundi), pas aujourd’hui (mardi).

    Et RedOne ne signe que 4 chansons de l’album, on ne peut pas vraiment dire qu’il a imposé sa touche à tout l’album.

    Get your facts straight, Nicolas! Je continue de te lire quand même ;-)

  • @richlega
    Vrai que c’est hier, le congé m’a joué un tour, je fais l’ajustement. Je sais qu’il y a aussi Mutt Lange, Fernando Garibay et plusieurs autres réalisateurs, or on sent vraiment la touche de RedOne et ça semble avoir donné le ton pour l’ensemble du disque.

  • Euh…. C’est qui ça Lady Gaga?

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