Nicolas Houle

Jeudi 21 septembre 2017 | Mise en ligne à 16h12 | Commenter Commentaires (5)

Foo Fighters: la tentation du renouveau

Avec désormais neuf albums au compteur, les Foo Fighters sont confrontés au défi de toute vedette rock de leur stature: comment se maintenir ou parvenir à progresser à l’intérieur des paramètres que la formation a définis, au fil des ans?

En recrutant Greg Kurstin (Adele, Pink, Sia), un réalisateur associé davantage au milieu pop, Dave Grohl a visiblement voulu donner un coup de pied dans la fourmilière. Pour être honnête, ça ne fonctionne qu’en partie. L’exploration est parfois synonyme de pastiche pour les Foo Fighters, le groupe évoluant dans le sillage de groupes comme les Beatles (Happy Ever After (Zero Hour)) ou Pink Floyd (Sunday Rain), entre autres.

Heureusement, dans une majorité de cas, les Américains parviennent à livrer leur rock incisif et mélodique avec un souci de raffinement ou d’audace supplémentaire, ce qui donne de bons moments comme The Sky is A Neighborhood, malgré sa réalisation trop léchée, la mordante Run, la syncopée Make it Right ou encore la nuancée Arrows.

Pour donner le pouls du projet, Dave Grohl avait parlé de cet album comme d’un Sgt. Pepper vu par Motörhead. Bien franchement, ça n’a ni l’envergure, ni la profondeur qu’une telle déclaration laissait présager. Cela dit, ce n’est pas une déception non plus. Plutôt un album qui permet au band de se maintenir, de contenter les fans et de continuer sans route sans reculer.

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Vendredi 15 septembre 2017 | Mise en ligne à 11h03 | Commenter Aucun commentaire

Prophets of rage: le rage des vétérans

Quand les trois quarts de Rage Against The Machine -Tom Morello, Tim Commerford et Brad Wilk- ont fait équipe avec DJ Lord et Chuck D de Public Enemy, ainsi qu’avec B-Real de Cypress Hill pour partir sur la route sous le nom de Prophets of Rage, on a immédiatement senti le potentiel du projet.

Restait à voir si les gars sauraient s’inscrire dans le temps, surtout que, voyant l’urgence de monter sur scène pour dénoncer l’hypocrisie des politiciens américains durant la campagne présidentielle de 2016, le supergroupe avait plongé sans véritable répertoire original. C’est maintenant chose faite avec un album complet. Et un bon.

Rien de très étonnant dans la proposition musicale, mais c’est d’une efficacité redoutable. Les rappeurs, aux voix mûries, pondent de solides textes pour dénoncer les injustices raciales, sociales, militaires ou monétaires, tout en faisant des appels à l’unité.

Morello, lui, livre des solos incendiaires sur sa six cordes, quand il ne s’assure pas d’installer des mélodies derrières les MC, tandis que la section rythmique de Commerford et Wilk défend des grooves d’enfer. Les Unfuck the World, Legalize Me, Hail To The Chief ou encore Strenght In Numbers sont autant de moments forts de ce pertinent album.

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Mardi 12 septembre 2017 | Mise en ligne à 15h01 | Commenter Commentaires (3)

The National: l’usure du temps

Plus les années passent, plus The National est lent à pondre ses albums. Quatre ans se sont ainsi écoulés entre Sleep Well Beast et son prédécesseur. Certes, les musiciens ont été occupés par divers projets parallèles, or on sent que la machine originaire de Cincinnati n’avance plus aussi aisément que dans ses belles années – ce qui ne veut pas dire qu’elle a perdu sa touche.

La troupe continue de creuser le sillon qui est le sien, se reposant sur des orchestrations subtiles, en demi-teintes, sur une rythmique inventive et s’appuyant, bien sûr, sur la voix de baryton caractéristique de Matt Berninger.

Ce dernier chante la réalité de sa génération, le temps qui passe, l’usure des relations amoureuses. C’est fait avec la minutie propre à The National -et même, parfois, avec la fougue presque punk que le band aime déployer à l’occasion.

Il y a d’indéniables réussites (Walk It Back, Day I Die, Guilty Party, The System Only Dreams in Total Darknes), or on sent que The National peine à sortir de sa zone de confort et, lorsqu’il le fait, comme sur l’atmosphérique pièce-titre ou sur Born To Beg, il peine à convaincre, s’enlisant dans la linéarité…

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