Nicolas Houle

Vendredi 19 décembre 2014 | Mise en ligne à 11h24 | Commenter Commentaires (3)

Bilan 2014: les albums

Une fin d’année n’en serait pas vraiment une si on ne prenait pas le temps d’identifier une dizaine d’albums qui se sont démarqués.

Comme à chaque exercice du genre, il y a des choix déchirants. Cela dit, j’ai trouvé que les choix quasi “obligés” ou les grands consensus étaient moins nombreux en 2014, signe, peut-être, que la fragmentation des genres et la diversification de l’offre se poursuit, ce qui est loin d’être une mauvaise chose. Mais entrons dans le vif du sujet, pour bien sûr en débattre ensuite.

Vous noterez que je n’ai pas fait de décompte à proprement parler, certains albums montant et descendant dans le top 10 au fil des écoutes…

Ray LamontagneSupernova

On ne se fera pas de cachette, quand vient le temps du décompte de fin d’année, on craint toujours de faire des oublis et on vérifie ce qui s’est publié ailleurs. À mon grand étonnement, je n’ai vu Supernova de Ray Lamontagne qu’à de rares endroits. Pourtant, c’est à mes oreilles ce que l’Américain a fait de meilleur. L’album a été la trame musicale de ma fin d’été et ne m’a pas quitté depuis. Au plan musical, c’est diversifié (on passe du rock à la bossa nova, de la folk à la pop) et la réalisation de Dan Auerbach coiffe le tout d’un délicieux parfum rétro, bien que l’album, lui, soit résolument moderne. Tellement bon et tellement riche…

St. VincentSt. Vincent

Si on met de côté son remarquable album avec David Byrne, St. Vincent n’avait pas encore livré un enregistrement à la pleine mesure de son talent. Est-ce chose faite avec cet éponyme? Tout semble indiquer que oui. Bien écrit, audacieux, recherché sans être froid, le tout augmenté de cette voix superbe qui est la sienne.

BeckMorning Phase

Beck ne s’en cache pas, Morning Phase est à bien des égards le prolongement de Sea Change. Résultat? Un album introspectif et atmosphérique. Mais il ne faut pas croire pour autant que Beck a réécrit Sea Change. Il nous amène ailleurs, avec tout la finesse dont il est capable.

Alt-JThis Is All Yours

Quand un jeune band débarque dans l’arène avec un premier album redoutable, comme Alt-J l’a fait An Awesome Wave, en 2012, on craint toujours qu’il s’essouffle rapidement. Pas d’inquiétude avec les Britanniques, qui reviennent avec leur art pop racée.

The War on DrugsLost in the Dream

C’est assurément l’année de la consécration pour le band que Kurt Vile a contribué à faire naître. Adam Granduciel est en parfaite maîtrise de son art, qui affiche ici beaucoup d’influences rock 80s, et qui évoque autant Dylan que Petty, Don Henley ou même Mark Knopfler. Il y a aussi quelque chose d’hypnotique dans la facture des pièces qu’il n’hésite pas à étirer -parfois trop- pour bien installer ses atmosphères.

Rival SonsGreat Western Valkyrie

Les boys de Rival Sons continuent tranquillement, mais sûrement, leur ascension avec Great Western Valkyrie. Du rock sale, livré par l’incroyable duo de leaders que sont Scott Holiday (guitares) et Jay Buchanan (voix). Un seul bémol dans cette nouvelle cuvée, encore une fois béton: la réalisation un peu étouffante, où la voix de Buchanan est passée à travers un micro qui distorsionne.

First Aid KitStay Gold

Très belle proposition que ce Stay Gold, de First Aid Kit. Le duo suédois partage ici des titres délicats et déploient leur country folk nordique avec beaucoup d’assurance, tant au plan vocal que musical. Le tout est franchement bien réalisé.

Jack White – Lazaretto

Jack White, c’est Jack White. Oui, Lazaretto ressemble pas mal à Blunderbuss, jusque dans les couleurs de la pochette. Cela dit, ça demeure un album remarquable, qui compte plusieurs perles, dont seul White a le secret.

Interpol – El Pintor

C’est super intéressant de découvrir un jeune band qui débarque dans le milieu avec une proposition nouvelle, mais c’est aussi satisfaisant de voir un groupe qui évolue en affinant sa proposition. Interpol le rappelle ici avec le pertinent El Pintor.

Royal BloodRoyal Blood

Côté jeune band, le duo Royal Blood s’est certainement imposé avec sa première proposition, éponyme. Certes, quand on voit la configuration minimaliste, qu’on écoute le chant de Mike Kerr et qu’on sait qu’ils donnent dans du rock garage, on songe tout de suite aux White Stripes et aux Black Keys. Et de fait, il y a une sérieuse parenté. N’empêche, il se passe quelque chose là. Reste à voir où ils amèneront ça…

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Jeudi 11 décembre 2014 | Mise en ligne à 15h40 | Commenter Un commentaire

The Decemberists: la prudence d’abord?

Les Decemberists s’apprêtent à lancer leur nouvel album, What a Terrible World, What a Beautiful World, le 20 janvier.

Entre-temps, le band de Colin Meloy a fait paraître deux simples. Du nombre Make You Better, qui est accompagné d’un clip franchement tordant!

Malheureusement, côté chanson, le groupe semble opter pour la prudence. Évidemment, il est tôt pour trancher sur ce que sera l’album, mais disons que les deux extraits arrivent sans grande surprise. Vrai qu’il est intéressant d’entendre la formation exploiter davantage la contrebasse sur Lake Song et opter pour la nuance, mais du reste, on est en terrain connu.

Rien de bien marquant pour nous accrocher, donc, sinon que la réalisation est fort soignée.

Personnellement, c’est surtout avec The Crane Wife que que le groupe m’a convaincu de son potentiel – quel disque remarquable! The Hazards of Love, ambitieux opera rock, a effrayé certains. Pourtant, c’est là que les Américains étaient à leur zénith.

The King Is Dead a eu l’allure d’une pause, Meloy et compagnie optant pour la simplicité et la sobriété après les aventures complexes. Curieusement, bien que certains ont salué l’effort, l’album ne semble pas avoir tourné très longtemps dans les lecteurs. En tout cas, assez peu dans le mien…

Espérons, donc, que ces premiers extraits ne sont pas trop indicatifs de ce que le groupe nous réserve avec What a Terrible World, What a Beautiful World, car il sait tellement faire mieux.

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Mardi 9 décembre 2014 | Mise en ligne à 10h44 | Commenter Commentaires (15)

Pink Floyd : le fond du baril

Avec The Endless River, Pink Floyd a signé l’un des albums les plus attendus de 2014. L’un des plus décevants aussi.

Un mois plus tard, qu’en reste-t-il? Bien honnêtement, pas grand chose en ce qui me concerne – et on ne reviendra pas sur le visuel de la pochette, qui est loin de faire honneur aux années de Storm Thorgerson.

Comme je n’avais pas eu l’occasion d’en traiter dans le blogue et comme Ace4Kiss me demandait d’y revenir, je me suis replongé dedans.

La plus grande réussite? La mise en marché, sans conteste. J’ai rarement vu un album aussi omniprésent dans l’espace médiatique. Partout dans Internet —que ce soit dans Facebook, YouTube ou ailleurs— des pubs surgissent régulièrement à l’écran. Ça, c’est sans compter dans les médias écrits ou les traditionnels panneaux extérieurs.

Sinon, The Endless River est exactement ce à quoi je m’attendais: un album de restants. On a une série d’idées, parfois bonnes, parfois douteuses, développées de façon sommaire, que David Gilmour et ses complices se sont efforcés de tricoter ensemble pour en tirer quelque chose de cohérent.

À bien des égards, cet enregistrement m’apparaît un condensé de l’histoire du groupe, à la limite de la caricature. It’s What We Do, seul titre substantiel à part la finale Louder Than Words, ressort tous les claviers de Wish You Were Here. La batterie de Mason, ici, est si peu inspirée et basique que c’en est parfois gênant… En revanche, Gilmour a toujours ce son unique à la six cordes.

Sur Skins, Mason est plus énergique et nous ramène à l’époque psychédélique de Saucerful of Secrets et de Ummagumma. C’est prometteur, mais au final, ça s’en va nulle part…

À mi-parcours, l’album trouve davantage de sens, même si, là encore, on a souvent l’impression de “déjà entendu”.

Je n’ai pas détesté la proposition de On Noodle Street, avec des claviers jazzy autant qu’ambiants, et une guitare davantage bluesy, mais comme dans l’ensemble de l’album, il y a au final peu d’idées et elles sont peu développées. Ça donne l’impression d’un band qui se cherche…

Les deux segments de Allons-y, qui font aussi «déjà entendu», mouture de Pink Floyd sans Roger Waters, sont entrecoupés d’une vieille bande de Rick Wright à l’orgue plutôt intéressante.

Talkin’ Hawkin’ est un autre élément que je trouve pas si mal dans le lot. Bien sûr, c’est un cousin de Keep Talkin’

Quant au seul titre chanté, qui clôt l’ensemble, Louder Than Words, il est correct, mais sans plus, livré par un Gilmour dont la voix n’a plus sa souplesse des beaux jours — ça, on ne peut lui reprocher, quand même…

Les mordus des Floyd le savent: les chansons du groupe laissées de côté sont plutôt rares. Même avec le projet de réédition Why Pink Floyd?, peu de matériel inédit a fait surface. Le matériel de The Endless River, dérivé de ce long jam que devait être l’instrumental The Big Spliff, puis augmenté, est donc une exception.

Est-ce qu’il méritait une parution à lui seul, ainsi qu’un remodelage en règle? Pas sûr. Je crois plutôt qu’on aurait dû faire ce qu’on fait généralement avec ce type d’inédits: des titres boni à joindre à l’album initial, dans ce cas-ci The Divison Bell. Ç’aurait fait une excellente réédition, plutôt qu’un album discutable, qui laisse croire qu’on est rendu à gratter le fond du baril…

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