Nicolas Houle

Mardi 9 septembre 2014 | Mise en ligne à 20h02 | Commenter Commentaires (13)

U2: le coup de maître

Ne cherchez plus quelle sera la date de sortie du très attendu nouvel album de U2. Songs of Innocence est disponible. Là, maintenant. Mieux, il est gratuit sur iTunes, livret compris.

Dans ce qui est tentant de qualifier de plus grand lancement d’album de l’histoire, la bande à Bono et à The Edge a décidé de frapper un grand coup.

Poursuivant une alliance fructueuse avec Apple, les Irlandais ont profité des lancements du nouvel iPhone 6, de la digital Wallet et de la iWatch lors d’un événement organisé par la compagnie, en Californie, pour braquer les projecteurs sur leur nouveau bébé. Une habile stratégie de marketing digne du plus grand band actif de la planète.

Le temps de le dire, l’album a ainsi pu rejoindre les quelques 500 millions d’utilisateurs des différentes plateformes d’Apple à travers 119 pays.

Vous préférez l’album physique? Eh ben attendez au 13 octobre, date à laquelle les chansons ne seront plus disponibles gratuitement.

Non, l’industrie de la musique n’est assurément plus la même qu’il y a 15 ans. Si vous aviez encore des doutes quant à sa mutation, ils devraient désormais être partis en fumée…

N’empêche, U2 a prévu rebondir en octobre avec un disque supplémentaire pour l’édition physique, comptant des versions acoustiques des pièces ainsi que quatre chansons supplémentaires. Une édition double, sur vinyle blanc, est aussi dans les plans.

Pour l’instant, c’est la mise en marché qui fait jaser. Mais est-ce que les compositions sont à la hauteur de ce coup d’éclat?

Aux premières écoutes, il faut répondre oui. Dans le livret, les gars racontent s’être tournés vers leurs influences de jeunesse (il est question de Joey Ramone sur le premier titre, il y a une pièce pour Joe Strummer) et certains titres font des clins d’oeil aux années 80, ce qui sied parfaitement au quatuor, à témoins les solides Volcano ou This is Where You Can Reach Me Now. Entre deux chansons plus rythmées, Bono sait aussi se faire plein de sensibilité et de délicatesse en ayant recours à une voix de fausset sur Sleep Like A Baby Tonight.

Et bien sûr, il y a les pistes comme Iris (Hold Me Close), traitant de la mort de la mère de Bono, ou la politique Raised By Wolves, empreints de l’unique touche de U2, qu’on retrouve à travers le jeu de batterie de Larry Mullen, Jr., certaines intonations que seul Bono peut avoir, les guitares avec effets d’écho (le fameux «delay») de The Edge ou encore le son musclé d’Adam Clayton à la basse.

Rien de révolutionnaire ou de profondément audacieux, d’autant qu’à ce stade de sa carrière, comme bien des artistes aguerris, U2 est tenté de regarder en arrière. Or ce n’est plus à une révolution qu’on s’attend de la part des Irlandais. On souhaite simplement que le band donne le meilleur de lui-même.

C’est parfois trop léché et sur certaines pistes, la réalisation est appuyée, mais le matériel est solide et pertinent, tout comme les interprétations.

Il est encore bien tôt pour oser proposer une pleine appréciation, mais disons que le bébé se présente bien. Très bien.

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Mardi 26 août 2014 | Mise en ligne à 9h19 | Commenter Commentaires (2)

Des airs de FEQ au Petit Champlain

petitchamplain

Dominique Goulet et Jean Beauchesne, qu’on a connus à la direction de la programmation du Festival d’été de Québec, prennent désormais en main la destinée du Théâtre Petit Champlain. Ma collègue Geneviève Bouchard dévoile les détails ici.

Bonne nouvelle? Certainement. La salle intime de 320 places, qui a un cachet unique, vivotait depuis deux ans et semblait avoir beaucoup de mal à se renouveler et à affirmer sa signature.

Ironiquement, le Petit Champlain semblait en plein renouvellement d’identité et de clientèle, il y a trois ans, quand son directeur de la programmation Arnaud Cordier a quitté pour son retrouver au… Festival d’été. C’est petit Québec, hein?

Jean Beauchesne, qui oeuvre désormais au Bluesfest d’Ottawa -tout en demeurant à Québec- et Dominique Goulet, qui a été impliquée dans divers événements, dont la récente programmation d’Expo Québec, pourront-ils donner un nouveau souffle à cette salle qui a accueilli tant de spectacles mémorables au fil du temps? Je le crois. Ils n’ont plus de preuves à faire: ils se sont illustrés chacun de leur côté, en plus d’avoir formé une solide équipe.

Québec a besoin d’une salle de cette dimension, en plein coeur de la vieille ville. Seulement les lieux doivent retrouver l’originalité, l’audace, la variété et la surprise qui lui faisaient défaut.

Faudra être patient, toutefois: ça risque de prendre un an avant qu’on voit vraiment les nouvelles couleurs de la place, les cycles de programmation étant ce qu’ils sont…

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Vendredi 25 juillet 2014 | Mise en ligne à 9h59 | Commenter Commentaires (14)

En attendant la rentrée… et le prochain FEQ

Les dernières semaines ont été bien tranquilles sur le blogue. Et les prochaines le seront davantage. Faut bien que vacances se prennent!

On le sait, on a eu droit à une belle cuvée du FEQ. Maintenant de quoi sera faite la prochaine?

Bien sûr, on peut spéculer sur les AC/DC et les Coldplay de ce monde. Ou encore sur d’autres grandes évidences de la pop ou de l’électro, du type Beyoncé, Katy Perry ou David Guetta. Tout programmateur rêve de faire courir un maximum de personnes autour de vedettes rassembleuses.

Personnellement, j’aime quand le Festival nous apporte des artistes que seule l’organisation peut se permettre, car autrement, l’aventure ne serait pas rentable ou pas assez payante.

Sous cet angle, j’aimerais bien un programme double avec Rival Sons et Gov’t Mule au Parc de la Francophonie. Les premiers, j’ai déjà eu l’occasion amplement d’en parler dans cette section du cyberespace, poursuivent album après album une irrésistible ascension et la planète tout entière s’éveille à leurs talents. Le Québec commence à emboîter le pas.

Quant à Gov’t Mule, le groupe du très doué Warren Haynes, il n’a pas signé un album aussi solide et pertinent que le récent Shout! depuis Life Before Insanity, en 2000. Sur cet album double, Haynes chante toutes les pièces sur un premier disque et, sur le second, ce sont des invités qui se prêtent à l’exercice, de Jim James à Glenn Hughes en passant par Grace Potter et Elvis Costello. Le résultat est impeccable. Gov’t Mule est typiquement un jam band de festival. Québec ferait là deux belles découvertes et passerait une soirée mémorable.

Sinon, au rayon «prestige», il y a toujours les mythiques Radiohead. Mais on sait que le band n’est pas friand de grands concerts extérieurs. Alors pourquoi pas nous surprendre et faire un événement, genre deux ou trois dates au Grand théâtre, comme le groupe l’avait fait à la salle Wilfrid-Pelletier, à Montréal, il y a quelques années. Ça sera pas mal, non?

Et pourquoi pas des passages de Vampire Weekend ou de Noel Gallagher, dont les débuts solo ont été très convaincants?

Qui dit mieux? C’est déjà l’heure de faire le booking pour le FEQ 2015. Et donc déjà l’heure de spéculer.

Je vous laisse là-dessus et vous revient pour la rentrée.

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