Nicolas Houle

Vendredi 17 avril 2015 | Mise en ligne à 10h31 | Commenter Commentaires (5)

Alabama Shakes revient en très grande forme

Officiellement, le nouveau Alabama Shakes sort le 21 avril, mais j’aime tellement ce que la bande a enregistré que je ne peux attendre à la semaine prochaine pour en jaser. Et puis, pas mal d’extraits ont déjà circulé…

À la première écoute, un peu distraite, j’ai été quelque peu déstabilisé par la nouvelle offrande, tellement elle est dense et éclatée. Ça pouvait être bon ou mauvais signe… Mais dès la deuxième écoute, j’ai été complètement transporté par l’univers du quatuor. Diable qu’ils sont bons! On savait qu’ils avaient les ingrédients pour rebondir avec quelque chose de fort. Restait à voir s’ils sauraient le faire et ainsi réussir l’épreuve du deuxième album.

Passée la surprise du très sympathique Boys & Girls (2012) et de ses tonalités rétro, on pouvait se demander ce qu’il resterait Alabama Shakes. La réponse ? Un groupe qui allie désormais une bonne dose d’originalité à son talent brut.

Comme si le quatuor américain n’avait que mis la table avec son premier album, il parvient à nous surprendre avec Sound & Colour. Car si l’on retrouve avec plaisir la voix unique de Brittany Howard, ainsi que les sonorités vintages qu’apprécie le band (guitares trempées dans la réverbération, orgue Hammond), on va ici dans maintes directions, parfois à l’intérieur même des compositions.

La troupe démarre en mode quasi angélique avec la pièce-titre pour ensuite bondir en territoire soul (Don’t Want To Fight), puis r’n’b (Give Me All Your Love), southern rock (Shoegaze) et même psychédélique (surprenante Gemini) avec la même aisance. Ce pourrait devenir n’importe quoi et, pourtant, Alabama Shakes parvient à unir l’ensemble, grâce à sa griffe affirmée, à une réalisation soignée, quoique sans fard, et au chant formidable de sa leader, qui murmure, emprunte sa voix de fausset ou hurle ses trippes.

Du pur bonheur!

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article

 

Vendredi 10 avril 2015 | Mise en ligne à 14h22 | Commenter Commentaires (18)

FEQ: la victoire des Plaines

Le Festival d’été de Québec a compris le message que lui a servi la population ces deux dernières années: vous pouvez avoir une programmation dense et riche au plan artistique, mais si vous ne causez pas la surprise et si n’avez pas suffisamment de têtes d’affiche spectaculaires sur les plaines d’Abraham, vous n’arriverez pas à recréer le buzz de vos meilleures cuvées.

Est-ce que la mouture 2015 est la meilleure que le FEQ ait pondu? C’est parmi les très bonnes, assurément. Or elle ne vient pas nécessairement éclipser tout ce qui s’est fait par le passé. Des grilles solides, il y en a eu plus d’une.

Mais, chose importante, la cuvée 2015 parvient à faire faire un nouveau «wow» au public, qui semblait être devenu quelque peu blasé. Rappelons-le: en 2014 et en 2013, ce n’est pas l’ensemble des laissez-passer qui s’étaient envolés, contrairement aux années précédentes. Et, surtout, il y avait une sorte de grognement ici et là: plusieurs pestaient que la programmation n’était pas à la hauteur… Là, on a nettement l’impression que le vent a tourné.

En décidant, depuis 2003, d’aller jouer dans la cour des grands, le FEQ se plonge dans une lutte constante pour obtenir l’opinion publique. Car il ne faut pas se le cacher: c’est uniquement sur les têtes d’affiche des Plaines que la moyenne des visiteurs jugent l’événement et partent à la chasse des laissez-passer. Vous avez beau avoir un Pigeonnier bien garni, un Impérial bourré de talents ou une Place d’Youville recelant de grands noms de la world, le tribunal de l’opinion public n’admet pas ces preuves ou si peu.

La raison est toute simple. Les mordus de musique sont minoritaires parmi les 150 000 détenteurs de laissez-passer du FEQ qui défilent sur 11 jours. Et les visiteurs ponctuels très nombreux. Pas pour rien qu’un événement comme Bonnaroo se limite à recevoir 90 000 personnes, captives, sur 4 jours en visant des maniaques de musique de partout autour du globe.

Donc même si les jeunes musiciens en ascension ou les sensations de l’underground sont en ville, ça n’excite qu’une frange des acheteurs potentiels. N’allez pas croire que j’écris que les festivaliers qui apprécient pleinement la musique sont rares. Or il y a une marge entre visiteurs occasionnels, qui se décident à acheter après avoir été attiré par 1 ou 2 shows et musicophiles. On en a eu un excellent exemple avec le retour de Paul McCartney en formule payante: les fans sont retournés le voir. Les autres se sont simplement dits: «on l’a déjà vu en 2008». Résultat: on est passé d’une foule monstre de plus de 100 000 en 2008 à moins de 30 000 en 2013…

Tout ça pour dire qu’il y a un buzz qui entoure le FEQ présentement. Et c’est tant mieux, car c’est l’événement musical qui en donne le plus pour les deniers investis par les amateurs. Or à quoi tient ce retour de la magie ? Principalement à la rareté des Rolling Stones et au passage des Foo Fighters dans une ville qui a le rock tatoué sur le coeur. À peu de chose, donc, quand on songe au grand nombre d’artistes inclus dans la programmation… Ça ne vous rappelle pas le buzz qu’il y avait durant l’année de Metallica, où les deux pôles de grande excitation étaient Elton John et le band de Lars Ulrich?

Du reste, la mouture des Plaines se compare sensiblement à ce qu’on a eu ces dernières années, avec quelques éléments de surprise comme la présence country d’un Keith Urban: retour de Skrillex et de Diplo, valeurs sûres de l’électro; Iggy Azalea qui sera l’équivalent d’un Bruno Mars ou d’une Ellie Goulding côté attraction, on verra; Boston qui, au mieux, se comparera à Journey; Patrick Bruel qui fait écho à un Johnny Hallyday mais en s’adressant à un public plus large et moins âgé; soirée hip hop avec IAM, venant prendre la relève de Snoop Dogg (gros défi car par le passé, IAM s’était arrêté au Pigeonnier), Patrick Watson, qui sera l’équivalent d’un Louis-Jean Cormier et Nickelback, qui équivaut à un Def Leppard.

À mes yeux, c’est vraiment du côté du Pigeonnier que le FEQ 2015 se distingue davantage: toutes les soirées ou presque sont costaudes avec des noms comme Vance Joy, Tragically Hip, Primus, Edward Sharpe, Interpol ou Milky Chance. Mais limitons-nous, comme l’opinion publique, à causer uniquement des Plaines…

Je vous mets ci-dessous les têtes d’affiche des cinq dernières présentations avec la toute nouvelle. Faites votre choix: laquelle est la plus forte, en ne tenant compte que des Plaines et en toute objectivité? Pas si évident que ça, hein?

2015: Skrillex & Diplo, Keith Urban, Foo Fighters, Iggy Azalea, Boston, Patrick Bruel, The Rolling Stones, IAM, Patrick Watson, à annoncer, Nickelback

2014: Félix, je me souviens, Lady Gaga, Snoop Dogg, Journey, Louis-Jean Cormier, The Killers, Deadmau5, Billy Joel, Queens of the Stone Age, Soundgarden, Bryan Adams

2013: Quand le Québec chante, Wu-Tang Clan, Black Keys, Les 3 accords, Bruno Mars, Weezer, Rush, Tiësto, Guns N’Roses, Def Leppard, Stevie Wonder

2012: Le Français d’abord, LMFAO, Lionel Richie, Jean Leloup, Bon Jovi, Johnny Hallyday, Skrillex, Aerosmith, Sarah Mclachlan, The Offspring, Vincent Vallières

2011: Paris Québec sous les étoiles, Ben Harper, Elton John, Black Keys, Simple Plan, Marie-Mai, Éric Lapointe, Avenged Sevenfold, Jean Pierre Ferland, Metallica, John Fogerty

2010: Les Chansons d’abord, Iron Maiden, Lara Fabian, Roger Hodgson, Arcade Fire, Santana, Gilles Vigneault, Rush, Black Eyed Peas, Billy Talent, Rammstein

Lire les commentaires (18)  |  Commenter cet article

 

Mardi 31 mars 2015 | Mise en ligne à 12h19 | Commenter Commentaires (14)

Les Rolling Stones : des doigts collants sur les Plaines

Après des semaines, voire des mois de rumeurs, c’est désormais confirmé: les Rolling Stones seront au Festival d’été. La bande de Mick Jagger et Keith Richards s’arrêtera sur les plaines d’Abraham le 15 juillet.

On s’en souvient, en 2013, des pourparlers avaient eu lieu pour que le band s’arrête en ville dans le cadre d’un grand show payant extérieur, comme l’avait raconté Sylvain Parent-Bédard au Soleil. L’initiative était assurément intéressante et le spectacle aurait valu le détour, mais je crois que tant le groupe que le public seront mieux servis par cette visite dans le contexte du Festival d’été.

En effet, bien qu’ils aient écrit plusieurs pages du rock, les Stones auraient probablement eu du mal à remplir densément les Plaines dans une formule payante, d’autant plus que le coût des billets de leurs spectacles tend toujours à être élevé. Dieu sait qu’il y a plus d’atmosphère dans un spectacle lorsque la foule est dense. Et puis c’est bien connu: un groupe se nourrit de l’énergie de la foule.

Cette tournée estivale de 15 dates, intitulée Zip Code, concorde avec une énième réédition de l’album Sticky Fingers. Il est question de un ou deux spectacles où l’album serait joué en entier, mais pour Québec, on aura probablement droit au traditionnel “best of”. On peut quand même rêver à une portion spéciale, consacrée à plusieurs pièces du disque. Aucune info n’a filtré par ailleurs à propos de la présence éventuelle de Mick Taylor sur certaines dates, comme ç’avait été le cas pour 50 & Counting… Ce serait sympathique, car Sticky Fingers est le premier album sur lequel on pouvait l’entendre sur toutes les pistes…

Il s’en trouvera sans doute pour râler contre la présence de vieux rockers sur les Plaines, or il reste que c’est un excellent coup du FEQ et ce sera assurément rassembleur. Et puis les légendes, c’est toujours bon pour le rayonnement d’un événement, surtout que les vétérans savent encore très bien se débrouiller, de ce qu’on a pu voir dans les récentes captations vidéos.

…Et dire qu’à la tournée Steel Wheels, on s’inquiétait déjà de leur âge vénérable!

Vous y serez?

Lire les commentaires (14)  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    avril 2015
    D L Ma Me J V S
    « mar    
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    2627282930  
  • Archives

  • publicité