Nicolas Houle

Vendredi 26 août 2016 | Mise en ligne à 11h59 | Commenter Un commentaire

The Damn Truth: prêt à conquérir le globe

Voilà plusieurs années déjà que The Damn Truth transporte son énergique répertoire sur les différentes scènes de la province. Qu’il le raffine, aussi, comme on peut le constater sur Devilish Folk.

Avec ce deuxième album, il apparaît évident que les Montréalais ont atteint un autre niveau et qu’ils ont le matériel et l’aplomb nécessaires pour pleinement s’exporter. Non seulement Lee-la Baum continue de se distinguer derrière le micro, avec sa remarquable voix, puissante et assurée, mais le trio mise sur des compositions solides, qui affichent davantage de variété et de profondeur.

The Damn Truth peut se faire grinçant, fougueux et digne héritier de la tradition blues rock, comme on le connaît, mais il peut aussi jouer dans un registre plus fin, en sortant la guitare acoustique (Alex), mettre de l’avant des mélodies accrocheuses (White Lies) ou proposer des morceaux ambitieux, comme l’excellente pièce-titre, en fin de parcours.

L’album est finement réalisé par Jean Massicotte, qui a su graver l’énergie brute du band, tout en peaufinant suffisamment l’ensemble pour qu’on puisse apprécier les qualités du jeu et de l’écriture. Tchad Blake (The Black Keys, Arctic Monkeys) a mixé le tout, tandis que John Davis (Led Zeppelin, Royal Blood) signe le matriçage.

Comme, en parallèle de ce nouvel album Lee-la Baum a été choisie pour entonner la reprise de Love is Blindness, de U2, pour une pub d’Yves Saint Laurent (voir ci-dessous), il semble que les astres soient plus que jamais alignés pour que The Damn Truth s’impose autour du globe – nul doute qu’il a le talent.

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Jeudi 25 août 2016 | Mise en ligne à 11h56 | Commenter Commentaires (6)

À écouter: The Pineapple Thief – Your Wilderness

Le hiatus de Porcupine Tree, d’une durée indéterminée, tend à sourire The Pineapple Thief. Non seulement le groupe, qui a souvent été comparé à la troupe de Steven Wilson (ainsi qu’à Radiohead, époque The Bends et à Muse) a-t-il de quoi séduire les fans du band, mais voilà qu’il a recruté la pieuvre Gavin Harrison à la batterie.

Après s’être aventuré dans un registre plus près de l’indie rock, les Britanniques renouent avec leurs racines art rock sur Your Wilderness. Bruce Soord et ses complices proposent huit titres mélancoliques, souvent aériens, voire feutrés, parfois mordants et dynamique.

Le matériel est livré avec un souci de retenue, tant dans le jeu, que la durée ou la quantité, si bien que chaque élément a son importance.

Pour tout dire, c’est hautement réussi: l’ouverture In Exile est un décollage subtil, That Shore est une balade en apesanteur, Take You Shot vient rocker l’ensemble, à mi-course, tandis que The Finale Thing On My Mind mise sur d’heureux jeux de contrastes pendant une dizaine de minutes sans qu’il n’y ait la moindre longueur.

Pour couronner le tout, une excellente qualité sonore permet d’apprécier les moindres nuances de la proposition. À noter que Geoff Richardson (Caravan) et John Helliwell (Supertramp) sont invités sur l’album.

The Pineapple Thief n’est pas le dernier venu dans le milieu: les gars sont actifs depuis 1999. Or ils semblent ici plus en forme que jamais, comme si Gavin Harrison leur avait donné des ailes. Sans sombrer dans l’abus de comparaisons, cet album me fait penser à un croisement entre le Porcupine Tree des années Lightbulb Sun et le No-Man des années 2000.

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Mardi 23 août 2016 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Commentaires (2)

Spam Me: si les pourriels pouvaient chanter

Les pourriels peuvent-ils être source de poésie et de musique? Voilà la question que s’est posée CE François Couture avec Spam Me. Le musicien, qui a aussi été journaliste musical, s’est en effet amusé à bâtir des environnements sonores et des musiques autour de courriels non sollicités qu’il a pu recevoir afin d’en tirer des chansons.

Improvisations bruitistes, enregistrements de terrain, rock progressif, rock in opposition ou post rock sont autant d’approches mises à contribution, en anglais ou en français.

Évidemment, ce n’est pas pour toutes les oreilles, mais c’est ficelé adroitement et, aussi complexes que puissent être certains passages, il y a une dose d’humour inhérente à ces spams (y compris l’inévitable «penis enlargement») qui vient décontracter le tout.

Magie rouge offre une très belle progression, si bien qu’on oublie entièrement le vide et l’absurdité du texte entonné. Idem avec la pièce-titre et ses diverses pistes vocales ou encore Moncier Uomo, qui met de l’avant le chant de Couture au service d’une mélodie complexe doublée à la guitare. Et comme Couture s’efforce de varier les propositions, Taxi Insurance s’échafaude avec la manipulation d’une bande sonore au magnétophone.

À cela il faut ajouter qu’il y a un bon équilibre entre segments éclatés et passages davantage structurés.

Une oeuvre inclassable, plus accessible qu’elle ne le paraît, et qui mérite qu’on s’y attarde.

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