Nicolas Houle

Mardi 31 mars 2015 | Mise en ligne à 12h19 | Commenter Commentaires (10)

Les Rolling Stones : des doigts collants sur les Plaines

Après des semaines, voire des mois de rumeurs, c’est désormais confirmé: les Rolling Stones seront au Festival d’été. La bande de Mick Jagger et Keith Richards s’arrêtera sur les plaines d’Abraham le 15 juillet.

On s’en souvient, en 2013, des pourparlers avaient eu lieu pour que le band s’arrête en ville dans le cadre d’un grand show payant extérieur, comme l’avait raconté Sylvain Parent-Bédard au Soleil. L’initiative était assurément intéressante et le spectacle aurait valu le détour, mais je crois que tant le groupe que le public seront mieux servis par cette visite dans le contexte du Festival d’été.

En effet, bien qu’ils aient écrit plusieurs pages du rock, les Stones auraient probablement eu du mal à remplir densément les Plaines dans une formule payante, d’autant plus que le coût des billets de leurs spectacles tend toujours à être élevé. Dieu sait qu’il y a plus d’atmosphère dans un spectacle lorsque la foule est dense. Et puis c’est bien connu: un groupe se nourrit de l’énergie de la foule.

Cette tournée estivale de 15 dates, intitulée Zip Code, concorde avec une énième réédition de l’album Sticky Fingers. Il est question de un ou deux spectacles où l’album serait joué en entier, mais pour Québec, on aura probablement droit au traditionnel “best of”. On peut quand même rêver à une portion spéciale, consacrée à plusieurs pièces du disque. Aucune info n’a filtré par ailleurs à propos de la présence éventuelle de Mick Taylor sur certaines dates, comme ç’avait été le cas pour 50 & Counting… Ce serait sympathique, car Sticky Fingers est le premier album sur lequel on pouvait l’entendre sur toutes les pistes…

Il s’en trouvera sans doute pour râler contre la présence de vieux rockers sur les Plaines, or il reste que c’est un excellent coup du FEQ et ce sera assurément rassembleur. Et puis les légendes, c’est toujours bon pour le rayonnement d’un événement, surtout que les vétérans savent encore très bien se débrouiller, de ce qu’on a pu voir dans les récentes captations vidéos.

…Et dire qu’à la tournée Steel Wheels, on s’inquiétait déjà de leur âge vénérable!

Vous y serez?

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Lundi 23 mars 2015 | Mise en ligne à 9h34 | Commenter Commentaires (5)

La fin de l’AgitéE, le début d’une réflexion

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On apprenait la semaine dernière que c’en était fait de l’AgitéE, le bar-coop situé sur Dorchester. Après plus de huit années d’activités, la salle fermera ses portes le 30 juin. Les détails ici.

Ce type de nouvelle n’est jamais réjouissante. Trop souvent, c’est signe d’une santé chancelante côté culturel. Et de fait, on voit depuis environ 5 ans un déclin graduel dans la fréquentation des salles. Il y a des spectacles annulés, d’autres remis, d’autres, encore, soldés…

Bien des éléments peuvent expliquer cela. Hausse de niveau de l’offre, hausse de la qualité des spectacles dans l’environnement considéré gratuit qu’est le Festival d’été, morosité économique, tendances sociales, etc…

Certains diront que c’est simplement la loi de l’offre et de la demande. Et il est vrai que, compte-tenu du bassin d’habitants à Québec, nous sommes assez choyés, bien qu’on l’ait été davantage. Si l’AgitéE ferme sa salle, l’émergence continuera d’avoir des scènes ailleurs, certes. Or L’AgitéE occupait une case particulière. On y donnait voix à différents types de spectacles plus marginaux qui ne trouvaient pas nécessaire une scène aisément au centre-ville, qu’il s’agisse de punk, de métal ou, encore, de reggae.

Il y a certainement une réflexion à y avoir. Est-ce qu’il y a trop de spectacles à Québec? Ou est-ce qu’on doit trouver une nouvelle façon d’intéresser le public? C’est ce qu’on semble penser au Petit Champlain et au Cercle, où on redouble d’effort pour varier la programmation, le type d’événements et, aussi, la mise en marché.

Visiblement, pour faire sortir le public, ça semble prendre plus que les noms qui sont sur l’affiche: des promotions, une expérience, un confort, des éléments faisant sortir les spectacles de l’ordinaire. Certains promoteurs optent d’ailleurs pour de mini-festivals.

Dans ce blogue, nous avons amplement parlé de l’impact que pourra avoir l’ouverture de l’amphithéâtre chez les diffuseurs. Mais en ce moment, le fameux aréna avec sa salle de concert à capacité variable n’est pas encore ouvert et bien des lieux ont déjà la vie difficile.

Certains pointent des éléments tout simple, comme le froid de ce dur hiver pour expliquer la présence à la baisse dans les salles, mais on peut se demander si le problème est plus profond. L’offre est peut-être plus grande qu’au début 2000, mais il y a eu des années plus fastes, avec une meilleure réponse du public. Quant à la qualité de ce qui est proposé, elle n’a pas chuté.

Il y a certainement une morosité économique -ou à tout le moins une “prudence”- qui sous-tend ça. Et peut-être que les habitudes de sortie qui s’étaient prises aux alentours de 2008-2009 se sont graduellement perdues.

De votre côté, qu’est-ce que ça vous prend pour sortir? Avez-vous des habitudes en ville? Quels sont les éléments les plus importants? L’artiste à l’affiche? L’ambiance? La qualité des installations? La dimension exclusive de la perfo?

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Vendredi 20 mars 2015 | Mise en ligne à 11h50 | Commenter Commentaires (8)

Festival de jazz: Chapeau bas, les gars!

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C’est la fin d’une grande aventure pour Gino Ste-Marie et Simon Couillard. Et sans doute le départ de plusieurs autres. Le fondateur du Festival de jazz de Québec et celui qui était le directeur de la programmation et des communications ont donné leur démission, comme vous pouvez le lire ici.

Cette nouvelle en a fait réagir plus d’un, moi le premier. Gino Ste-Marie avait fondé ce festival autour de son défunt restaurant, Le Largo, sur la rue St-Joseph, en compagnie de Virginie Hamel et de Carlos Ste-Marie.

À l’époque, ça faisait des années que le jazz était moribond à Québec. Avec l’arrivée du Largo, puis du festival, il y a eu un second souffle, qui s’est propagé aux autres bars et salles de la ville qui s’intéressaient au genre. Dès la deuxième année du Festival, né en 2007, Simon Couillard s’est joint à l’équipe. Il a rapidement pris du grade et est devenu un des piliers de l’organisation. Avec des moyens modestes, mais avec beaucoup d’ambition et de fierté, la bande a donné l’influx nécessaire à l’envol de ce beau projet. N’est-ce pas dans le cadre intimiste du Largo qu’on a vu John Abercrombie avec son quartet, comprenant notamment Marc Feldman et Joey Baron? N’y a-t-on pas vu aussi Christian Scott et combien d’autres…

Il faut dire qu’avec le chaleureux accueil qu’il réservait aux musiciens, Gino Ste-Marie parvenait à nouer de solides contacts. Bien des jazzmen faisaient un détour par le Largo avec bonheur: ils savaient qu’ils seraient traités en roi. Même la jazzwoman Lorraine Desmarais a enregistré une pièce qui portait le nom du fameux resto…

C’est ainsi que le Festival s’est mis à grandir et à investir plein de salles. Au passage, l’événement a su garder une étiquette toute québécoise, à encourager la relève et, bien sûr, à inviter des pointures internationales comme Paolo Fresu, Erik Truffaz, Joe Lovano ou Wynton Marsalis. Mieux, des talents d’ici se sont mis à côtoyer sur scène ceux d’ailleurs, comme Dave Liebman.

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Quand on sait comment le jazz n’est pas la branche la plus lucrative, les gars ont fait des miracles. Toutefois, ce n’est un secret pour personne, comme bien des événements consacrés au jazz, il y a eu des années déficitaires qui se sont mises à hanter le festival. Parallèlement, mais c’est forcément lié, Gino a malheureusement dû fermer le Largo. Le C.A. a veut aujourd’hui redresser la situation et Gino et Simon, qui auraient pu rester à bord ont préféré poursuivre leur route ailleurs.

Ce n’est pas moi à de dire qui a raison ou qui a tort dans cette mésentente qui se solde par le départ des deux piliers de l’événement.

Il faut toutefois saluer le travail exceptionnel que Gino Ste-Marie et Simon Couillard ont fait au plan artistique. Avec peu de moyen et en peu de temps, ils ont fait grandir l’événement à toute allure et lui ont permis d’acquérir un statut international. Ce n’est pas rien.

Salut les gars! On se reverra sans doute à l’occasion d’un autre projet musical!

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