Nicolas Houle

Jeudi 11 février 2016 | Mise en ligne à 12h25 | Commenter Un commentaire

58e remise des Grammy: l’heure des prédictions

Est-ce que la 58e remise des prix Grammy, qui aura lieu lundi soir, sera ponctuée de surprises, comme lorsque Beck a mis la main sur l’Album de l’année, en 2015, sous l’indignation de Kanye West ? Ou quand la contrebassiste et chanteuse Esperanza Spalding a ravi le titre de Révélation de l’année à Justin Bieber, Drake, Florence & The Machine et Mumford & Sons, en 2011 ? J’en doute.

C’est que cette fois, de grandes évidences se dessinent dans la plupart des catégories. Aussi, il faudrait que les membres de l’académie soient particulièrement audacieux pour qu’on ait droit à des coups de théâtre.

Prêtons-nous au jeu des prédictions, pour quelques unes des 83 catégories…

La chanson qui marqué la dernière année est sans contredit Uptown Funk, de Mark Ronson et Bruno Mars. Aucun autre rival ne semble pouvoir déloger cette pièce dans la catégorie de l’Enregistrement de l’année, qui récompense autant l’artiste, que le réalisateur et l’ingénieur de son. Premier dossier de réglé.

Kendrick Lamar a eu droit à une année 2015 de rêve. Son album To Pimp A Butterfly s’est retrouvé au sommet d’une foule de palmarès de critiques et il a, en tout, pas moins de 11 nominations. C’est à lui que revient sans le moindre doute la statuette de l’Album rap. Et il semble écrit dans le ciel qu’il mettra la main sur celle, très convoitée, de l’Album de l’année. Reste qu’il y a ici de belles candidatures et que le hip hop n’a pas toujours la cote au sein du jury. Alabama Shakes pourrait donc remporter le magot.

Ça se corse davantage pour la Chanson de l’année. À la base, ce prix souligne le travail d’auteur et de compositeur. Est-ce que Lamar (Alright) mettra la main dessus ? Si c’est le cas, il ferait histoire en devenant le premier rappeur à remporter ce gramophone doré. Or ça semble peu probable. Taylor Swift (Blank Space), qui est omniprésente dans les nominations, avec 7, pourrait se faufiler, mais le mariage de r’n’b et de hip hop que propose Wiz Khalifa avec Charlie Puth (See You Again) semble en bonne position. Il ne faut pas non plus sous-estimer Ed Sheeran (Thinking Out Loud) ou oublier la force du country chez nos voisins du Sud, ce qui pourrait permettre à Little Big Town de se distinguer avec Girl Crush.

Le précieux Grammy de la Révélation de l’année se jouera visiblement entre deux artistes féminines : Courtney Barnett et Meghan Trainor. La première a signé un album folk dans la mouvance indie particulièrement solide avec Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit. La seconde a défendu des succès fort efficaces, qu’il s’agisse de All About That Bass ou Like I’m Gonna Lose You. Deux artistes dans des registres très différents, donc. De quel côté le jury va-t-il pencher ? Trainor a la popularité qui joue en sa faveur.

Au rayon de l’album pop, Taylor Swift, avec la multitude d’extraits qu’elle a fait tourner de 1989 semble gagnante. Elle a tout de même de la compétition avec l’excellent How Big, How Blue, How Beautiful, de Florence + The Machine.
Jamie XX a signé l’un des grands albums de 2016 avec In Colour. C’est à lui que revient la statuette de l’Album dance ou électronique.

On est un peu perplexe devant la pauvreté de ce qui a été retenu pour l’Album rock. Drones, de Muse devrait sortir gagnant. En revanche, la catégorie de l’Album alternatif réunit cinq incontournables. Alabama Shakes a le vent dans les voiles pour remporter celui-là.

Enfin, pour ce qui est de l’Album r’n’b, Leon Bridges ne devrait avoir aucun mal à mettre la main sur le prix, grâce à son album Coming Home, à teneur rétro.

Un commentaire  |  Commenter cet article

 

Mardi 9 février 2016 | Mise en ligne à 15h03 | Commenter Commentaires (3)

The Dead Weather: le véritable envol

Avoir son troisième album, Dodge and Burn, The Dead Weather, le groupe qui réunit Alison Mosshart (voix), Jack White (voix, batterie), Dean Fertita (guitare, claviers) et Jack Lawrence (basse), a certainement signé son meilleur enregistrement à ce jour. Les pièces apparaissent mieux ficelées que par le passé et de solides mélodies ont fait leur apparition, aux cotés de riffs fort efficaces.

Vrai qu’on sent toujours la griffe appuyée de Jack White, or il y a certaines chansons où Alison Mosshart prend toute son aisance à l’avant-scène. C’est particulièrement évident sur Impossible Winner, sans doute le titre le plus mélodique et accessible que le groupe ait jamais signé. Pas étonnant que The Dead Weather ait décidé de le lancer sous forme de simple, il y a quelques jours, appuyé par un vidéoclip singulier, où les musiciens ont tous des anomalies physiques – trois jambes et trois bras pour White!

La sortie du clip vient par ailleurs rappeler que le band a su se faufiler parmi les nominations aux prix Grammy, grace au vidéo qui accompagnait l’excellent simple I Feel Love (Every Million Miles). Celui-ci se retrouve dans la catégorie du Meilleur vidéoclip.

Quant à Dodge and Burn, paru en en septembre, il a bien réussi son entrée en se hissant en 10e position du Billboard.

On attend maintenant que les dates de tournées fassent leur apparition…

Lire les commentaires (3)  |  Commenter cet article

 

Lundi 8 février 2016 | Mise en ligne à 11h25 | Commenter Aucun commentaire

Erik Truffaz: un pied dans la world, avec Doni Doni

Avec Doni Doni, Erik Truffaz se plaît à transporter sa trompette du côté de l’Afrique. Le jazzman fait en effet équipe avec la chanteuse Rokia Traoré, qui prend le micro sur quatre pièces, tantôt aériennes, tantôt plus animées, comme la très belle Djiki’N, à la rythmique voisine de la transe, mais servie avec la délicatesse et l’économie propres à Truffaz.

Curieusement, c’est presque uniquement sur les titres où l’interprète malienne est présente qu’on peut sentir ces inflexions world, car autrement, Truffaz et son quartette —où le batteur de longue date Marc Erbetta a cédé ses baguette à Arthur Hnatek— continuent de naviguer dans les eaux qu’ils affectionnent: ici une touche de funk, là un flirt avec le rock (excellente Fat City). Doni Doni part 2, qu’on peut voir ci-haut est une exception…

En résulte un album plus ou moins homogène, impression accentuée par la présence, en fin toute fin de parcours, du rappeur Oxmo Puccino. Cela dit, Doni Doni est loin d’être dénué d’intérêt: pris séparément, les titres sont tous pertinents. L’exécution est impeccable et la qualité sonore, excellente. Une autre solide livraison du trompettiste et de son quartette.

Aucun commentaire  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    février 2016
    D L Ma Me J V S
    « jan    
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    2829  
  • Archives

  • publicité