Nicolas Houle

Mardi 27 septembre 2016 | Mise en ligne à 14h36 | Commenter Commentaires (4)

À écouter: Marillion – F.E.A.R.

Le titre du 18e album de Marillion, Fuck Everyone And Run a des allures de gifle, comme si le groupe voulait rappeler qu’en dépit du temps passe, il n’est pas question pour lui de se ramollir.

Cette nouvelle offrande est des plus denses, tant au plan musical que du propos. Et jamais le quintette britannique n’est apparu aussi politisé qu’ici. Sans ne rien perdre de sa sensibilité, le chanteur Steve Hogarth explore les thématiques du capitalisme, de l’exploitation et de l’immigration. Au plan musical, ceci donne lieu à trois importantes suites d’environ 15 minutes chacune, entrecoupées de pièces plus concises.

La proposition est forcément costaude et demande plusieurs écoutes attentives avant d’être pleinement apprivoisée. Or elle mérite qu’on s’y attarde: c’est du matériel de haut calibre qu’on trouve ici, qui permet à la formation d’atteindre les sommets de Marbles ou de Somewhere Else, mais dans une approche au long souffle, voisine de celle de Brave.

Fait intéressant: plus que jamais, c’est un son unifié que Marillion met de l’avant, où aucun membre ne vole les projecteurs afin d’être pleinement au service du matériel. Personnellement, j’aurais pris davantage des guitares de Steve Rothery, un peu timides dans le mixage, mais j’imagine que ceci viendra avec les performances live. Le band s’arrêtera d’ailleurs à l’Impérial le 2 novembre.

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Samedi 24 septembre 2016 | Mise en ligne à 12h11 | Commenter Commentaires (7)

Y étiez-vous? King Crimson au pavillon de la Jeunesse, en 1973

King Crimson à Québec, le 22 mai 1973. De gauche à droite: David Cross, John Wetton et, toujours discret, Robert Fripp (on voit un bout de la tignasse de Bill Bruford). - Photo archives, Le Soleil

King Crimson à Québec, le 22 mai 1973. De gauche à droite: David Cross, John Wetton et, toujours discret, Robert Fripp. - Photo archives, Le Soleil

King Crimson vient de lancer Radical Action To Unseat The Hold Of Monkey Mind, qui documente la tournée 2015, avec ses deux dates à Québec – trois, si on inclut le spectacle privé réservé aux fans. Hormis le fait qu’on trouvait trois batteurs, cette série de concerts se distinguait par son répertoire: pour la première fois depuis le milieu des années 70, le matériel de la période 69-74 était au programme.

Selon ce que j’ai pu dénicher dans les archives, le groupe est venu à quatre reprises en ville entre 1971, soit juste avant la parution de l’album Islands, et 1974, année où il s’est mis en hibernation une première fois. La troupe du guitariste Robert Fripp s’est même produite deux fois en 1973, pour soutenir Larks’ Tongues In Apic.

Le premier de ces concerts était le 22 mai, au Pavillon de la Jeunesse et Jacques Marois avait non seulement été sur les lieux pour Le Soleil, mais il avait réussi à jaser un peu avec Fripp. Celui-ci lui avait confié: «Je ne m’entends même pas jouer, alors comment voulez-vous que je fasse de la grande musique. Je sais que les gens attendent beaucoup de moi, mais d’un autre côté, s’il n’en tenait qu’à moi, je refuserais de jouer.»

Comme pour lui donner raison, la qualité sonore au Pavillon était mauvaise au point qu’on parle de «torture génératrice de maux de tête pour la plupart des auditeurs». N’empêche, le public qui découvrait alors la nouvelle formation de Fripp, avec John Wetton (voix, basse), David Cross (violon, claviers) et Bill Bruford (batterie) avait été conquis. Et ce, malgré le fait que le groupe avait opté presque uniquement pour la nouveauté: les pièces de Larks’ Tongues In Aspic constituaient l’essentiel du programme.

Le public avait en effet réservé «dix minutes d’ovation délirante». En guise de rappel, le roi Crimson avait servi une reprise de 21st Century Schizoid Man, tirée de son tout premier album.

Y étiez-vous?

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Mercredi 21 septembre 2016 | Mise en ligne à 12h02 | Commenter Aucun commentaire

Leonard Cohen – un nouvel extrait pour ses 82 ans

Dans un mois jour pour jour, Leonard Cohen lancera son 14e album studio. En attendant, question de célébrer ses 82 ans, le poète montréalais lance un premier extrait, You Want It Darker.

La voix grave de Cohen est au rendez-vous. Peut-être un peu plus râpeuse que par le passé, mais toujours vibrante, dans une facture minimaliste, où une chorale apporte une touche mystique. C’est n’est pas un hasard: Cohen explore l’esprit religieux sur un groove soutenu par une section rythmique assez discrète et un orgue Hammond.

Dans cette pièce qui est, comme son titre le laisse présager, sombre,
Cohen se fait critique des cruautés humaines justifiées par la religion: «Didn’t know I had permission to murder and to maim»…

Rien de révolutionnaire au plan musical – ce n’est plus ce qu’on attend de l’artiste – mais ça n’en touche pas moins la cible. Notons que c’est son fils, Adam, qui s’est chargé de la réalisation.

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