Nicolas Houle

Mardi 30 août 2016 | Mise en ligne à 16h01 | Commenter Un commentaire

La mission de Prophets of Rage

Formé il y a cinq mois, en réaction au climat politique qui prévaut aux États-Unis, Prophets of Rage est désormais en tournée et en mission. La série de spectacles du groupe compte des dates au Canada – même si, bien sûr, on ne peut voter Trump ou Hillary chez nous.

Prophets of Rage? C’est le noyau dur de Rage Against The Machine -Tom Morello (guitares), Tim Commerford (basse) et Brad Wilk (batterie)- augmenté de B-Real, de Cypress Hill, ainsi que de Chuck D et DJ Lord, de Public Enemy. Un supergroupe de gauche, donc.

Les gars n’ont pas encore beaucoup de nouveau matériel à partager, or déjà, un mini-album, avec un titre inédit et de nouvelles moutures live de classiques, vient de paraître. Et selon ce que m’a indiqué Brad Wilk en entrevue, un album pourrait voir le jour avant longtemps.

Je dois admettre qu’au départ, j’étais un peu sceptique devant la naissance de cette formation, mais franchement, ça sonne terriblement bien et j’ai très hâte de voir le band à l’oeuvre.

Comme c’est souvent le cas avec l’arrivée d’un nouveau groupe, le nom met un certain temps à circuler et à rejoindre le public et il semble qu’à Québec, à tout le moins, les billets ne se soient pas envolés aussi rapidement qu’on ne l’aurait souhaité…

Le band parviendra-t-il à demeurer en action suffisamment de temps pour accoucher de quelques albums? Les gars ont tous des occupations autres que Prophets of Rage et sont bien sûr des têtes fortes, ce qui est le propre des supergroupes et qui explique que souvent ce genre de projets a la vie courte. Autant en profiter pendant que ça passe…

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Vendredi 26 août 2016 | Mise en ligne à 11h59 | Commenter Commentaires (2)

The Damn Truth: prêt à conquérir le globe

Voilà plusieurs années déjà que The Damn Truth transporte son énergique répertoire sur les différentes scènes de la province. Qu’il le raffine, aussi, comme on peut le constater sur Devilish Folk.

Avec ce deuxième album, il apparaît évident que les Montréalais ont atteint un autre niveau et qu’ils ont le matériel et l’aplomb nécessaires pour pleinement s’exporter. Non seulement Lee-la Baum continue de se distinguer derrière le micro, avec sa remarquable voix, puissante et assurée, mais le trio mise sur des compositions solides, qui affichent davantage de variété et de profondeur.

The Damn Truth peut se faire grinçant, fougueux et digne héritier de la tradition blues rock, comme on le connaît, mais il peut aussi jouer dans un registre plus fin, en sortant la guitare acoustique (Alex), mettre de l’avant des mélodies accrocheuses (White Lies) ou proposer des morceaux ambitieux, comme l’excellente pièce-titre, en fin de parcours.

L’album est finement réalisé par Jean Massicotte, qui a su graver l’énergie brute du band, tout en peaufinant suffisamment l’ensemble pour qu’on puisse apprécier les qualités du jeu et de l’écriture. Tchad Blake (The Black Keys, Arctic Monkeys) a mixé le tout, tandis que John Davis (Led Zeppelin, Royal Blood) signe le matriçage.

Comme, en parallèle de ce nouvel album Lee-la Baum a été choisie pour entonner la reprise de Love is Blindness, de U2, pour une pub d’Yves Saint Laurent (voir ci-dessous), il semble que les astres soient plus que jamais alignés pour que The Damn Truth s’impose autour du globe – nul doute qu’il a le talent.

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Jeudi 25 août 2016 | Mise en ligne à 11h56 | Commenter Commentaires (6)

À écouter: The Pineapple Thief – Your Wilderness

Le hiatus de Porcupine Tree, d’une durée indéterminée, tend à sourire The Pineapple Thief. Non seulement le groupe, qui a souvent été comparé à la troupe de Steven Wilson (ainsi qu’à Radiohead, époque The Bends et à Muse) a-t-il de quoi séduire les fans du band, mais voilà qu’il a recruté la pieuvre Gavin Harrison à la batterie.

Après s’être aventuré dans un registre plus près de l’indie rock, les Britanniques renouent avec leurs racines art rock sur Your Wilderness. Bruce Soord et ses complices proposent huit titres mélancoliques, souvent aériens, voire feutrés, parfois mordants et dynamique.

Le matériel est livré avec un souci de retenue, tant dans le jeu, que la durée ou la quantité, si bien que chaque élément a son importance.

Pour tout dire, c’est hautement réussi: l’ouverture In Exile est un décollage subtil, That Shore est une balade en apesanteur, Take You Shot vient rocker l’ensemble, à mi-course, tandis que The Finale Thing On My Mind mise sur d’heureux jeux de contrastes pendant une dizaine de minutes sans qu’il n’y ait la moindre longueur.

Pour couronner le tout, une excellente qualité sonore permet d’apprécier les moindres nuances de la proposition. À noter que Geoff Richardson (Caravan) et John Helliwell (Supertramp) sont invités sur l’album.

The Pineapple Thief n’est pas le dernier venu dans le milieu: les gars sont actifs depuis 1999. Or ils semblent ici plus en forme que jamais, comme si Gavin Harrison leur avait donné des ailes. Sans sombrer dans l’abus de comparaisons, cet album me fait penser à un croisement entre le Porcupine Tree des années Lightbulb Sun et le No-Man des années 2000.

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