Nicolas Houle

Mardi 28 juin 2016 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (2)

À écouter: l’authentique et mordante Margaret Glaspy

Margaret Glaspy est à ajouter sur votre liste d’artistes à découvrir. Après avoir fait ses premiers pas en préconisant une approche folk, l’artiste qui a grandi en Californie a décidé de brancher la guitare sans se gêner de faire appel à la distortion et à la réverbération.

Mais qu’on ne se leurre pas : derrière l’emballage rock, Emotions and Math est l’œuvre d’une auteur-compositrice-interprète qui s’intéresse autant à la qualité de ses textes qu’à celles de ses mélodies.

Glapsy a en effet une manière unique de raconter les drames du quotidien et d’arrimer ses musiques à son contenu. Fort à l’aise derrière le micro, elle y met aussi une bonne dose d’intensité, allant du mordant à la délicatesse, voire aux murmures.

À ses côtés, une section rythmique appuie adroitement son jeu de guitare simple, mais créatif. Shawn Everett (Alabama Shakes) a fait un excellent boulot au mixage pour bien rendre les créations de cette songwriter, qui opte pour un son brut et sans fard, à l’image des émotions qu’elle génère.

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Dimanche 26 juin 2016 | Mise en ligne à 9h45 | Commenter Commentaires (3)

Y étiez-vous? 1 fois 5, en 1976

Claude Léveillée et Yvon Deschamps au Temps des retrouvailles, dans le Bois-de-Coulonge, en 1976 - Photo Le Soleil

Claude Léveillée et Yvon Deschamps au Temps des retrouvailles, dans le Bois-de-Coulonge, en 1976 - Photo Le Soleil

C’était il y a 40 ans. Cinq grands artistes québécois se réunissaient le temps de deux concerts mémorables, dont un à Québec, au Parc du Bois-de-Coulonge. Le Temps des retrouvailles, qu’on se rappelle aujourd’hui sous le nom de 1 fois 5, avait attiré entre 100 000 et 150 000 personnes, selon les chiffres «les plus conservateurs» de l’époque.

Dame Nature avait pourtant tenté de tout gâcher. Ce spectacle prometteur, orchestré notamment avec la complicité de Jean-Paul L’Allier, alors ministre au provincial, et à la suggestion de la future politicienne Lise Payette, avait en effet dû être remis du dimanche, 20 juin, au lendemain, en raison du mauvais temps. Devant ce report, Mme Payette avait prévenu qu’elle ne pourrait être présente le lendemain, occupée à Radio Canada, à Montréal, mais quand on lui aurait indiqué la foule monstre qui accourait pour voir Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée et Gilles Vigneault, elle se serait ravisée, afin de donner le coup d’envoi aux festivités.

«Il se passait quelque chose d’important à Québec, écrivait Louis-Guy Lemieux, dans le Soleil. Tout laissait croire que s’annonçait la plus grosse foule jamais rassemblée pour un événement du genre.»

Soirée magique ? Sans l’ombre d’un doute. Cette performance, qui a ensuite été présentée sur le Mont-Royal, dans la métropole, le 23 juin, s’était attirée les éloges du critique du Soleil. M. Lemieux avait salué les performances individuelles de chacun des artistes, de Charlebois, qu’il voyait comme le «Lindberg de la chanson populaire» à Vigneault, dont il saluait la griffe unique, sans oublier Deschamps, qui avait réussi le tour de force de présenter deux monologues devant une foule aussi imposante. Mais plus encore, c’est l’union de tous ces talents qui retenait l’attention : «On n’aurait pas cru possible que ces cinq caractères puissent s’assouplir au point de faire une seule voix puissante.»

Il faut ajouter à cela qu’en plus de proposer leurs meilleures chansons, les cinq compères avaient pris soin d’écrire une composition originale, «Chacun dit je t’aime». Ce rassemblement unique et mémorable a d’autant plus marqué les esprits qu’il a donné lieu à un album, récompensé du prix de l’Académie Charles-Cros, et qu’il a été entièrement filmé.

Y étiez-vous ?

Les cinq compères dans Le Temps des retrouvailles, au Bois-de-Coulonge, le 21 juin 1976 - photo Le Soleil

Les cinq compères dans Le Temps des retrouvailles, au Bois-de-Coulonge, le 21 juin 1976 - photo Le Soleil

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Jeudi 23 juin 2016 | Mise en ligne à 15h04 | Commenter Commentaires (8)

Le centre Vidéotron et la rentabilité culturelle

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Dure semaine pour le Centre Vidéotron et ses ambassadeurs. Coup sur coup, on a encaissé un déficit d’au moins 1,4 million$ pour les quatre premiers mois d’activité, dont la moitié est à éponger par les contribuables de Québec, et vu s’envoler, à court terme, l’espoir d’une équipe de la LNH. Si l’on tient compte du fait que dans les 4 premiers mois de 2016, on a eu sensiblement le même nombre d’événements qu’en 2015, il y a fort à parier qu’on ira aussi vers un déficit pour l’année en cours…

Depuis qu’on a ouvert les lieux sans équipe de hockey professionnelle, on semble croire que c’est l’offre culturelle qui permettrait de compenser ou de rentabiliser temporairement l’aréna. Et pourtant…

On en a régulièrement parlé dans ce blogue: ce n’est pas parce qu’on change le contenant que soudainement le public viendra davantage que par le passé. Certes, on peut bonifier l’offre et rendre l’expérience plus attirante, mais il reste que les chiffres ne se mettront pas à monter miraculeusement en flèche…

Si on regarde les réussites jusqu’à maintenant, elles sont celles qu’elles auraient été au Colisée: des foules monstres pour Metallica et Muse; de bonnes foules pour les Rihanna et Shania Twain, des flops pour RBO et Megadeth, tous deux en perte de vitesse…

Là où les chiffres -qu’on aimerait bien avoir autrement qu’à l’oeil- parlent, c’est lorsqu’on met à l’affiche un artiste qui est venu sur une base régulière et qui ne bénéficie pas d’un buzz particulier. Prenez Santana. Il a fait courir sensiblement autant de monde cette année qu’il a pu le faire en 2008 au Colisée: environ 6000 personnes.

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Autrement dit, une fois l’effet de curiosité et de nouveauté du Centre Vidéotron estompé, le public courra voir les artistes qu’il n’a soit 1) jamais vu, ce qui explique l’intérêt pour les Justin Bieber ou Maroon 5, soit 2) ceux qui sont auréolés d’un buzz comme Rihanna, soit 3) ceux dont la popularité ne se dément pas ici, comme Metallica, Céline ou Muse.

Par ailleurs, si on veut s’assurer que les gens sortent, ça prend des prix abordables et des exclusivités, susceptibles de faire venir le public du reste de la province. De ce côté, Madonna ne remplissait ni l’une ni l’autre des conditions et les ventes ont été ardues…

Mais on savait déjà tout ça depuis longtemps, non? Les artistes susceptibles de remplir le Centre Vidéotron à pleine capacité se comptent sur les doigts d’une seule main. Infrastructure flambant neuve ou pas, il y a une limite au nombre de grands noms en tournée chaque année, ainsi que, bien sûr, à ce qu’un public -qui bénéficie d’un festival généreux à bas prix durant l’été- est prêt à dépenser.

Cette semaine, le vétéran de Québec en matière de shows d’aréna, le promoteur Michel Brazeau, a répété au Soleil une fois de plus que, même si on avait besoin de nouvelles installations, l’amphithéâtre serait un gouffre financier et qu’il avalerait les millions à chaque année.

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Ce que plusieurs semblent perdre de vue, c’est qu’un aréna est conçu, d’abord et avant tout, pour du hockey. Les groupes ou artistes rassembleurs, qui peuvent s’y produire sur une base régulière ne sont pas légion. Quant aux formules concerts qui se veulent intimes, elles seront toujours moins attrayantes qu’un spectacle dans une salle traditionnelle. Pensez à Forever Gentlemen, qui a préféré faire ses supplémentaires au Grand théâtre, plutôt qu’au Centre Vidéotron, où avait eu lieu le show initial.

Nul doute qu’on veut s’inspirer du succès d’evenko, à Montréal. Cependant, on semble oublier que, lorsqu’on a mis sur pied evenko -naguère baptisé le Groupe Spectacles Gillett- c’était afin de reprendre le flambeau de Donald K. Donald pour les concerts d’aréna dans la métropole et dans le but de compléter l’offre et les revenus du Centre Bell, en gardant les lieux actifs le plus souvent possible. Le dessert ne peut pas devenir le plat principal – bien qu’evenko a sorti depuis du Centre Bell pour devenir un grand tourneur provincial et même national, en plus d’avoir des festivals.

Il faudra assurément trouver des solutions créatives pour rendre le Centre Vidéotron rentable et actif, sans que ça ne se fasse en déshabillant ou en déplaçant ce qui se passe ailleurs en ville. Si, dans cette aventure, on a manqué d’imagination ou de prudence au départ, c’est maintenant le temps de redoubler de créativité, car autrement ça va coûter cher à tout le monde, sur tous les plans, qu’ils soient financier, politique ou autre…

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