Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Archive de la catégorie ‘Général’

    Samedi 1 août 2015 | Mise en ligne à 13h32 | Commenter Commentaires (22)

    Hillary Clinton, la transparence et le NYT

    Avant de rendre publics ses données fiscales et médicales, Hillary Clinton a appelé le Congrès à lever l'embargo contre Cuba. (Photo AP)

    Avant de rendre publiques ses données fiscales et médicales, Hillary Clinton a appelé le Congrès à lever l'embargo contre Cuba. (Photo AP)

    Il y a au moins deux façons d’expliquer la décision d’Hillary Clinton de rendre publics hier les données fiscales de son couple (Bill et elle ont payé 57,5 millions de dollars d’impôts sur 100 millions de dollars de revenus depuis 2007) et son bilan de santé («elle se trouve en excellente condition physique et est bonne pour le service en tant que présidente des États-Unis», selon son médecin new-yorkais).

    La première découle des résultats des sondages récents, dont celui de l’Université Quinnipiac, selon lesquels la majorité des électeurs ne considèrent pas la candidate démocrate comme étant honnête et digne de confiance. La deuxième tient à la tenue, jeudi prochain à Cleveland, du premier débat télévisé entre les candidats républicains à la présidence, qui ne manqueront pas de mettre en cause son intégrité.

    Hillary Clinton doit donc faire montre d’une plus grande transparence pour regagner la confiance des électeurs et se protéger contre les attaques de ses adversaires. L’ironie veut que son problème soit lié en partie aux révélations pas toujours crédibles du New York Times sur son utilisation d’un compte courriel personnel en tant que secrétaire d’État.

    Or, cette semaine, l’équipe Clinton a envoyé au rédacteur en chef du Times, Dean Baquet, une lettre accablante pour se plaindre de la dernière exclusivité du journal sur ce sujet. Selon ce scoop spectaculaire publié le 20 juillet en fin de soirée  sur le site du Times, deux inspecteurs généraux ont demandé au ministère de la Justice d’ouvrir une enquête criminelle ciblant l’ex-secrétaire d’État et ses courriels. Truffé d’erreurs, l’article en question n’aurait jamais dû être publié dans sa forme originale et aurait dû être corrigé beaucoup plus rapidement qu’il ne l’a été, selon la médiatrice du Times, Margaret Sullivan, qui s’est penchée cette semaine sur le dossier dans cet article.

    Pour faire court, les journalistes du Times ont induit les lecteurs sur la nature de la requête des inspecteurs. Ceux-ci n’ont pas demandé l’ouverture d’une enquête «criminelle» et celle-ci ne visait pas Clinton.

    Or, le Times a lui-même manqué de transparence en publiant, sous la signature de son rédacteur en chef, une explication complaisante de la gaffe de ses journalistes et en refusant de publier la lettre de l’équipe Clinton, qui soulève la question de l’honnêteté et du professionnalisme du Times.

    Le dernier mot n’a pas été dit sur les problèmes du Times dans ce dossier, pas plus que ceux d’Hillary sur le front de l’honnêteté…

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    Samedi 1 août 2015 | Mise en ligne à 7h40 | Commenter Commentaires (23)

    La citation du jour

    Sander Levin (à droite), doyen des représentants juifs à la Chambre, s'est prononcé sur l'accord sur le nucléaire iranien après l'avoir étudié. (Photo AP)

    Sander Levin (à droite), doyen des représentants juifs à la Chambre, s'est prononcé sur l'accord sur le nucléaire iranien après l'avoir étudié. (Photo AP)

    «À mon avis, les seuls piliers de la vie publique sont l’étude exhaustive des faits, la consultation approfondie et l’affirmation de ce en quoi l’on croit.»

    - Le représentant démocrate Sander Levin, doyen des élus juifs à la Chambre et ami de longue date d’Israël, expliquant au chroniqueur du New York Times Roger Cohen comment il en est venu à appuyer l’accord sur le nucléaire iranien.

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    Jeudi 30 juillet 2015 | Mise en ligne à 7h18 | Commenter Commentaires (113)

    L’«exécution» de Samuel DuBose

    «Une loi ne pourra jamais forcer un homme à m’aimer, mais il est important qu’elle l’empêche de me lyncher.»

    Le chroniqueur noir du New York Times Charles Blow rappelle cette citation de Martin Luther King dans un texte sur la mort de Samuel DuBose, un Afro-Américain de 43 ans qui a été abattu le 19 juillet par un policier blanc de l’Université de Cincinnati lors d’un contrôle routier de routine à l’extérieur du campus.

    Le policier, Ray Tensing, a été inculpé pour meurtre hier par le procureur du comté d’Hamilton, qui a qualifié sa décision d’ouvrir le feu sur l’automobiliste non armé d’«acte le plus stupide que j’aie vu un policier commettre».

    Tensing, 25 ans, a arrêté DuBose parce qu’il roulait sans sa plaque d’immatriculation sur le devant de sa voiture. Dans son rapport, il affirmé avoir tiré parce qu’il avait été entraîné par la voiture de la victime alors que celui-ci prenait la fuite.

    La caméra personnelle du policier contredit cette version. Au cours de l’intervention, Tensing réclame à plusieurs reprises les papiers de DuBose. Celui-ci répond à plusieurs reprises qu’il possède un permis de conduire, avant d’admettre qu’il ne l’a pas sur lui. Il montre que sa plaque manquante se trouve dans son coffre à gant. À un moment donné le policier demande : «Qu’est-ce que c’est sur le plancher?» DuBose ramasse une bouteille de gin et la remet au policier.

    Tensing ouvre ensuite la porte du conducteur et dit à DuBose d’enlever sa ceinture de sécurité. DuBose ferme la porte et redémarre le moteur de sa voiture. C’est alors que le policier entre sa main gauche dans la voiture, crie «stop» à deux reprises et sort son arme avec sa main droite et tire une balle. Il semble ensuite tomber à terre alors que la voiture s’éloigne. Tout se passe très rapidement.

    Dans son texte sur la mort de DuBose (une «exécution», selon lui), Charles Blow prend soin de préciser que les policiers ne sont pas responsables de la majorité des actes de violence mortelle dont sont victimes les Afro-Américains. «Mais l’usage disproportionné de la force par certains policiers contre des gens de couleur est une menace spécifique et très réelle qui doit être abordée», écrit le chroniqueur avant d’ajouter :

    «Et l’idée même que cette violence soit perpétrée par des gens qui agissent comme bras du gouvernement, en votre nom mais contre votre corps, est une pilule trop difficile à avaler. Comment mes impôts peuvent-ils payer votre salaire alors que vos actions font couler le sang de mon corps? Comment se fait-il que j’aie à craindre les policiers autant que les criminels? À qui dois-je m’adresser quand les policiers deviennent des criminels?»

    Les questionnements de Blow rejoignent ceux de Ta-Nehisi Coates, auteur de Between the World and Me, un best-seller sur les relations raciales aux États-Unis auquel j’ai consacré cet article récent. «En Amérique, détruire le corps noir fait partie de la tradition. Cela fait partie de l’héritage», écrit Coates en faisant allusion à l’esclavage, aux lynchages et à la brutalité policière.

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