Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
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    Archive, mars 2017

    Vendredi 31 mars 2017 | Mise en ligne à 18h25 | Commenter Commentaires (49)

    Le pouvoir d’un homme (Mike Pence)

    Mike Pence et le sourire d'un homme satisfait. (Photo Getty Images)

    Mike Pence et le sourire d'un homme satisfait. (Photo Getty Images)

    Avant même qu’on sache qu’il ne mangerait pas seul avec une personne de l’autre sexe, y compris dans un contexte professionnel, on pouvait dire sans se tromper que Mike Pence n’était pas le favori des femmes progressistes aux États-Unis. Ce texte sur le sexisme religieux incarné par les chrétiens fondamentalistes comme le vice-président fait suite à la controverse que j’ai évoquée hier dans ce billet.

    Mais Pence a tourné le fer dans la plaie quelques heures après la publication de ce billet, Il a brisé une égalité au Sénat qui a permis l’adoption d’un projet de loi destiné à permettre aux États de retenir les fonds fédéraux alloués aux cliniques médicales comme celles de Planned Parenthood qui offrent l’interruption des grossesses parmi leurs services.

    Planned Parenthood, rappelons-le, offre des services médicaux allant des soins prénataux au dépistage de cancers en passant par l’avortement dans certaines cliniques.

    Pence a pu faire la différence après que deux sénatrices républicaines, Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski d’Alaska, eurent refusé d’appuyer le projet de loi. Il venait de participer à la Maison-Blanche à une activité sur «l’autonomisation des femmes».

    Le texte, déjà adopté par la Chambre des représentants, deviendra loi après sa promulgation par Donald Trump.

    C’est quand même bien d’être un homme. On peut priver des femmes d’un avantage – celui de pouvoir manger seule avec un homme de pouvoir -, et les empêcher de se faire avorter si jamais elles ont une grossesse non désirée.

    De toute façon, les choses importantes ne se discutent-elles pas entre hommes pendant que les femmes s’occupent des petits à la maison?

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    Vendredi 31 mars 2017 | Mise en ligne à 12h36 | Commenter Commentaires (49)

    Rex Tillerson, ce «loup solitaire»

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    Rex Tillerson est un homme isolé depuis le début de son mandat comme secrétaire d’État. (Photo Getty Images)

    Tous les prédécesseurs de Rex Tillerson se sont fait un devoir sinon un plaisir de multiplier les interractions avec les journalistes attitrés à la couverture du département d’État, passant notamment de longs moments à s’entretenir avec eux off-the-record pendant les longs vols auxquels leurs responsabilités les astreignaient.

    De Henry Kissinger à John Kerry en passant par Colin Powell, les chefs de la diplomatie américaine profitaient de leurs conversations formelles ou informelles avec les journalistes pour leur faire comprendre le point de vue américain sur les dossiers internationaux. Il ne fallait évidemment pas prendre ce qu’ils disaient comme parole d’Évangile, mais les journalistes aguerris appréciaient ces occasions de leur poser des questions.

    Rex Tillerson a mis fin à cette tradition, ce qui lui vaut d’être surnommé le «loup solitaire» ou le «fantôme de Foggy Bottom». Mais les journalistes ne représentent pas la seule catégorie d’humains que l’ancien patron d’ExxonMobil voudrait pourvoir effacer de sa vie, si l’on en juge par ce passage d’un portrait publié dans le Washington Post :

    «La plupart de ses interractions se déroulent dans un cerle restreint de conseillers nouvellement arrivés au département d’État. Plusieurs diplomates de carrière disent qu’ils ne l’ont pas encore rencontré, et certains d’entre eux se sont fait dire de ne pas lui parler directement – ou même de le regarder dans les yeux.

    «Lors de son premier de trois voyages à l’étranger, Tillerson a passé outre les visites aux employés du département d’État et à leurs familles dans les ambassades, arrêts traditionnels dont se servaient d’autres secrétaires d’État pour remonter le moral des troupes.»

    Bien sûr, les contacts de Tillerson avec les médias et les diplomates du département d’État ne définiront pas son bilan comme secrétaire d’État. Mais un diplomate ne devrait-il pas avoir, par définition, un brin d’entregent?

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    Vendredi 31 mars 2017 | Mise en ligne à 8h26 | Commenter Commentaires (53)

    Affaire russe : pot-pourri matinal

    Avant de me lancer dans ce pot-pourri matinal sur l’affaire russe, j’invite les mordus de la politique américaine de s’abonner à l’infolettre quotidienne de Mike Allen, ancien de Politico et cofondateur du nouveau site Axios. L’homme et ses collègues ont des sources partout à Washington.

    Aujourd’hui, Allen évoque notamment la confusion et la frustration de Trump face au chaos de son administration. «Quand tombe le jour, Trump parle souvent au téléphone avec ses vieux amis milliardaires, se plaignant et critiquant les membres de sa propre équipe. Ses plus importants conseillers sont également au téléphone, dénonçant leurs collègues et répandant ou démentant les rumeurs de chaos et de changements imminents», écrit-il ce matin. À part de ça, tout va bien.

    Place au pot-pourri :

    - Le Washington Post cite des sources au sein des commissions du Renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat selon lesquelles l’offre de Michael Flynn de témoigner sous immunité était prématurée. «Ce n’est pas sur la table», a dit l’une des sources sous le couvert de l’anonymat.

    - «Le général Flynn a certainement une histoire à raconter, et il veut la raconter, en autant que les circonstances le permettent.» Ainsi commence la lettre de l’avocat de Michael Flynn qui a été diffusée hier soir après que le Wall Street Journal eut révélé que l’ex-conseiller à la sécurité nationale était prêt à témoigner en échange de son immunité. Selon Alex Whiting, du blogue Just Security, l’approche de l’avocat de Flynn signifie probablement que cette offre n’est pas à prendre très au sérieux. Si Flynn avait vraiment quelque chose à raconter, il le ferait savoir discrètement et tenterait de négocier en coulisses cette immunité qu’il réclame. Cela ne veut pas dire que Flynn n’ait pas peur d’être inculpé pour des affaires qui l’impliquent. Mais serait-il prêt à incriminer son ancien patron?

    - À 6 h 04, Donald Trump a réagi sur Twitter à la nouvelle de la veille concernant Flynn, l’encourageant à demander l’immunité dans ce qui est selon lui «une chasse aux sorcières (une excuse pour une grosse défaite électorale), par les médias et les démocrates, de proportion historique!»

    - Bien sûr, si le FBI accordait l’immunité à Flynn, Trump serait moins désinvolte. Comme l’explique Jeremy Bash, ancien responsable à la CIA, dans cette interview, cela signifierait que le général retraité serait prêt à témoigner contre son ancien supérieur, à savoir le président des États-Unis.

    - «Quand on vous accorde l’immunité, cela signifie que vous avez commis un crime.» C’est du moins l’opinion que Flynn a exprimé en septembre 2016 à l’émission Meet the Press, en faisant allusion aux membres de l’entourage d’Hillary Clinton auxquels le FBI avaient promis l’immunité pour les encourager à parler en toute franchise de ce qu’ils savaient à propos du serveur privé de l’ancienne secrétaire d’État (voir la vidéo qui coiffe ce billet).

    - «Suivez la trace des Russes morts. Il y a eu plus de Russes morts au cours des trois derniers mois qui sont liés à cette enquête (et) qui ont des avoir dans des banques partout dans le monde.» Clint Watts, ex-agent du FBI, a donné ce conseil hier aux membres de la commission du Renseignement du Sénat, qui tenaient leur première audition publique.

    Watts a ajouté que les Russes continuent de tenter d’influencer Donald Trump en envoyant des tweets sur son fil Twitter lorsqu’ils savent qu’il est en ligne. Il a ajouté que cette influence s’était manifestée pendant la campagne présidentielle lorsque Trump ou des membres de son camp ont repris de fausses nouvelles publiées par Sputnik ou RT, des organes de propagande russe.

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