Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
  • Lire la suite »

    Archive, novembre 2016

    Mercredi 30 novembre 2016 | Mise en ligne à 15h41 | Commenter Commentaires (95)

    Trump et les conflits d’intérêts (5)

    Donald Trump tiendra un point de presse pour expliquer comment il entend s'éloigner de son entreprise pendant son mandat à la Maison-Blanche. (Photo Getty)

    Donald Trump pourrait confier la gestion de son entreprise à ses enfants. (Photo Getty)

    Donald Trump a annoncé ce matin sur Twitter qu’il tiendra le 15 décembre avec trois de ses enfants sa première conférence de presse depuis le mois de juillet. Le sujet : la façon dont il entend s’y prendre pour se séparer de son empire immobilier et commercial pendant sa présidence afin d’éviter tout conflit d’intérêts.

    Durant sa campagne présidentielle, le milliardaire new-yorkais a déclaré qu’il entendait confier à ses enfants la gestion de cet empire qui se déploie dans plus de 20 pays et dont les prêteurs ne sont pas tous connus. Dans un de ses gazouillis ce matin, il a précisé qu’il se retirerait «totalement des opérations de gestion des affaires».

    Une telle solution ne remettrait pas en question les investissements du 45e président dans son empire et n’éliminerait pas la possibilité de décisions prises par lui pour favoriser ses intérêts personnels et ceux de ses enfants. Ceux-ci, faut-il préciser, jouent déjà un rôle important au sein de l’équipe de transition du président désigné, participant notamment à des conversations téléphoniques ou à des rencontres avec des chefs de gouvernement ou d’État étrangers.

    Le président est exempté des lois fédérales sur les conflits d’intérêts. La plupart des occupants de la Maison-Blanche ont cependant voulu éloigner tout soupçon de conflit d’intérêts en plaçant leur entreprise ou leurs intérêts dans une fiducie sans droit de regard.

    Selon plusieurs experts, Trump devrait se résoudre, pour éliminer tout soupçon, à vendre ses parts dans son empire et à mettre son argent dans une fiducie sans droit de regard. Il doit non seulement éviter toute apparence de conflit d’intérêts mais également toute possibilité d’enfreindre la clause constitutionnelle qui interdit à quiconque exerce «une fonction publique» d’accepter des cadeaux ou émoluments d’un «prince, roi ou État étranger», sans l’accord du Congrès.

    Or, en louant des espaces à bureaux dans la Tour Trump à la Banque de Chine, par exemple, le 45e président pourrait contrevenir à cette clause dite des «émoluments». Il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autres de conflits d’intérêts potentiels.

    Autre exemple : la Trump Organization doit des centaines de millions de dollars à la banque Goldman Sachs. Or, non seulement le 45e président s’est-il déjà entouré de deux anciens banquiers de cette institution dont il a dénoncé l’influence néfaste, mais il pourrait également confier au président et directeur des opérations de Goldman Sachs, Gary Cohn, le poste de directeur du Bureau du budget et de la gestion.

    Lire les commentaires (95)  |  Commenter cet article






    Mercredi 30 novembre 2016 | Mise en ligne à 12h38 | Commenter Commentaires (17)

    Nancy Pelosi, la femme de la situation?

    Nancy Pelosi conservera son poste de chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. (Photo AP)

    Nancy Pelosi conservera son poste de chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. (Photo AP)

    Posez la question, c’est un peu y répondre. Nancy Pelosi a joué un rôle clé dans le revirement de situation spectaculaire qui a permis aux démocrates de reprendre le contrôle de la majorité à la Chambre des représentants en 2006. Mais dix ans se sont écoulés depuis. Dix ans marqués par des résultats catastrophiques ou décevants pour les candidats démocrates à la Chambre lors des élections de 2010, 2012, 2014 et 2016. N’est-il pas temps que la représentante de Californie, âgée de 76 ans, cède sa place de chef du groupe démocrate?

    Pelosi n’est évidemment pas de cet avis, et une forte majorité de ses collègues continuent à lui faire confiance, l’ayant reconduit à son poste ce matin par 134 voix contre 63.

    Il faut reconnaître que son unique adversaire, le représentant d’Ohio Tim Ryan, âgé de 43 ans, n’avait pas la stature ou l’ascendant nécessaire pour relancer les démocrates, qui font face à plusieurs obstacles, dont celui du redécoupage des circonscriptions électorales (gerrymandering) dans plusieurs États. Mais la réélection de Pelosi illustre les ennuis qu’éprouve son parti à se renouveler.

    Sans tomber dans l’âgisme, il faut souligner que le triumvirat à la tête des démocrates de la Chambre continuera à être composé de septuagénaires. Outre Pelosi, on y retrouve le représentant du Maryland Steny Hoyer, 76 ans, et son collègue de Caroline-du-Sud James Clyburn, 77 ans.

    À l’opposé, la direction du groupe républicain sera assurée par le président de la Chambre Paul Ryan, 46 ans, le représentant de Californie Kevin McCarthy, 51 ans, et leur collègue de Louisiane Steve Scalise, 51 ans.

    Au-delà de la question d’âge, Pelosi est issue d’une ville (San Francisco) et d’un État qui font d’elle une porte-parole d’une efficacité douteuse pour un parti qui veut propager un message économique susceptible de ramener vers lui les électeurs de la classe ouvrière du Midwest et d’ailleurs. Cela étant, personne n’a jamais douté de sa combativité.

    Lire les commentaires (17)  |  Commenter cet article






    Mercredi 30 novembre 2016 | Mise en ligne à 10h27 | Commenter Commentaires (12)

    La citation du jour

    «Le président désigné a fait campagne contre le pouvoir de l’argent à Washington et accusé Wall Street et les fonds spéculatifs d’avoir échappé à toute sanction. Et voilà qu’il a choisi un gestionnaire de fonds spéculatif dont les liens avec Wall Street ne pourraient être plus serrés pour diriger le département du Trésor, ce qui est exactement ce que les résultats de l’élection ont indiqué que les électeurs ne voulaient pas. Ce n’est pas assécher le marais, c’est le remplir d’alligators.»

    - Sherrod Brown, sénateur démocrate d’Ohio, réagissant à la nomination de Steven Mnuchin au poste de secrétaire au Trésor, qui a précédé celle du milliardaire Wilbur Ross à la tête du département du Commerce.

    Lire les commentaires (12)  |  Commenter cet article






    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    novembre 2016
    L Ma Me J V S D
    « oct   déc »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives