Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
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    Archive, septembre 2015

    Mercredi 30 septembre 2015 | Mise en ligne à 9h42 | Commenter Commentaires (41)

    Benghazi : la vérité sur une enquête républicaine

    En mai 2014, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a cédé aux pressions de l’aile radicale du Parti républicain en donnant le feu vert à la création d’une commission spéciale pour enquêter sur les circonstances entourant l’attaque contre la mission américaine de Benghazi, qui a coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, le 11 septembre 2012.

    En réalité, la commission n’avait qu’un objectif : trouver une façon d’affaiblir Hillary Clinton, qui était à la tête du département d’État de la tragédie. Avant d’aller plus loin, il faut rappeler que la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, dominée par des républicains, a conclu en novembre dernier que la CIA et l’armée avaient agi de façon appropriée en réponse à l’attaque contre la mission diplomatique, et que les responsables de l’administration Obama n’avaient commis aucune irrégularité.

    Qu’à cela ne tienne : la commission spéciale sur Benghazi a continué à dépenser des millions de dollars pour atteindre son véritable objectif. Objectif que le successeur probable de Boehner, Kevin McCarthy, a résumé ainsi hier soir sur Fox News en faisant allusion aux révélations orchestrées par la commission sur les courriels de l’ancienne secrétaire d’État, un sujet qui n’a aucun rapport avec l’affaire Benghazi (voir la vidéo qui coiffe ce billet) :

    «Tout le monde pensait qu’Hillary Clinton était imbattable, n’est-ce pas? Mais nous avons mis sur pied une commission spéciale sur Benghazi. Et que disent les sondages aujourd’hui? Ses appuis chutent. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas digne de confiance. Mais personne n’en aurait rien su si nous ne nous étions pas battus pour que cela se produise.»

    Rappelons que McCarthy, représentant de Californie, a fait cette déclaration pour illustrer sa volonté de défendre les causes conservatrices à la Chambre. Ça promet pour la suite.

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    Mardi 29 septembre 2015 | Mise en ligne à 10h37 | Commenter Commentaires (45)

    Quand Trump joue au père Noël

    Donald Trump a proposé des réductions d'impôts qui pourraient coûter 10 800 milliards de dollars sur dix ans. (Photo AP)

    Donald Trump a proposé des réductions d'impôts qui pourraient coûter 10 800 milliards de dollars sur dix ans. (Photo AP)

    Il y a trois semaines, je ressortais l’expression «économie vaudou» pour parler des réductions d’impôts proposées par Jeb Bush, dont le coût – 3 400 milliards de dollars sur dix ans – allait à ses dires être compensé (en partie seulement) par une forte croissance de l’économie. Le terme vaudou tient au fait que le calcul du candidat républicain à la présidence repose sur une théorie qui ne tient pas la route (les réductions d’impôts ont un effet modeste, voire nul, sur la croissance économique).

    Qu’à cela ne tienne: Donald Trump a proposé hier des réductions d’impôts encore plus importantes que celles de son rival. Des propositions qui lui ont valu d’être surnommé «le père Noël de la réforme fiscale» par le Washington Post. Si cette réforme était adoptée, le nombre de contribuables qui ne paient aucun impôt sur le revenu augmenterait de 31 millions (selon le plan de Trump, les couples ne verraient leurs revenus imposés qu’après leurs premiers 50 000$; le montant serait de 25 000$ pour les individus).

    Mais Trump n’a pas seulement l’intention de jouer au père Noël pour les Américains aux revenus modestes. Il se montre également très généreux pour les membres de la classe moyenne (un couple marié sans enfant dont les revenus annuels s’élèvent à 100 000$ verrait ses impôts baisser de 56%) mais également pour les plus riches, dont le taux d’imposition passerait de 39,6% à 25%. Les entreprises verraient pour leur part leur taux d’imposition passer de 35% à 15%.

    Le milliardaire ne semble pas s’inquiéter de l’effet de ses cadeaux sur les déficits. Il ne propose aucune coupe dans les programmes gouvernementaux, misant plutôt sur une croissance économique annuel de 6% et l’élimination de certaines niches fiscales pour compenser le coût de ses réductions d’impôts, estimé à 10 800 milliards sur dix ans par le groupe Citizens for Tax Justice.

    C’est ici où la croyance au vaudou est utile.

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    Lundi 28 septembre 2015 | Mise en ligne à 16h37 | Commenter Commentaires (81)

    Qu’y a-t-il derrière le sourire de Poutine?

    GettyImages-490440084.0

    Les photos peuvent parfois mentir, mais celle-ci, montrant Barack Obama en train de trinquer avec Vladimir Poutine aux Nations unies, semblent vraiment valoir mille mots.

    Avant de s’asseoir à la même table, les présidents américain et russe avaient prononcé des discours discordants sur la Syrie devant l’Assemblée générale de l’ONU. Le premier avait dénoncé l’appui de l’autre au régime de Bachar al-Assad, un de ces «tyrans» qui, selon lui, «larguent des barils de bombes pour massacrer des civils innocents», alors que le second avait qualifié d’«énorme erreur» le refus d’appuyer le régime syrien et ses forces armées, qui sont les seuls, avait-il précisé, «à combattre directement le terrorisme».

    En appelant devant l’ONU à la création d’une «large coalition antiterroriste… semblable à celle contre Hitler» pour lutter contre les combattants de l’EI et autres djihadistes, Poutine a non seulement placé la Russie au centre du jeu syrien mais également mis fin à l’isolement diplomatique que lui imposaient les États-Unis depuis plus de deux ans.

    C’est peut-être ce qui explique le petit sourire de Vladimir et la face d’enterrement de Barack.

    (Photo Getty Images)

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