Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Jeudi 10 avril 2014 | Mise en ligne à 10h28 | Commenter Commentaires (10)

    Obama et le «traitement Johnson»

    Le sénateur Theodore Greene reçoit le «traitement Johnson» en 1957. (Photos The New York Times)

    Le sénateur Theodore Greene reçoit le «traitement Johnson» en 1957. (Photos The New York Times)

    Les médias américains multiplient ces jours-ci les comparaisons entre Lyndon Johnson et Barack Obama, se demandant si le 36e président américain, réputé pour son pouvoir de persuasion auprès des membres du Congrès, aurait pu faire mieux que le 44e face aux parlementaires d’aujourd’hui.

    La réflexion coïncide avec les cérémonies entourant le 50e anniversaire de la promulgation de la loi sur les droits civiques, un des faits saillants de la présidence de Lyndon Johnson. Promulgation qui sera soulignée aujourd’hui par le président Obama, qui prononcera un discours à la Bibliothèque présidentielle de LBJ. On peut se faire une idée de ce débat en lisant les articles publiés sur le sujet dans le USA Today et le New York Times (ici et ici).

    Résumons : aux yeux de certains historiens, Obama ne fait pas le poids devant Johnson. Selon eux, celui-ci a réussi à faire adopter des lois et des programmes historiques sur les droits civiques et la santé, entre autres, en jouant de façon magistrale de son expérience au Congrès et de sa personnalité pour parvenir à ses fins. On a un exemple de ce qu’on a appelé le «traitement Johnson», mélange de cajoleries, pressions et de menaces, dans les photos qui coiffent ce billet.

    Cette comparaison exaspère le 44e président et son entourage. Ceux-ci rappellent que LBJ faisait face à un Congrès qui n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Non seulement le 36e président a-t-il joui tout au long de sa présidence d’une majorité démocrate dans les deux chambres, mais il pouvait aussi utiliser dans ses négociations individuelles avec les parlementaires un émollient qui a disparu sous Obama, à savoir les «earmarks», ces enveloppes budgétaires que l’on pouvait greffer à une loi pour assurer la réalisation d’un projet cher à tel ou tel élu.

    On ne saura évidemment jamais ce que LBJ aurait pu accomplir face aux républicains qui siègent aujourd’hui au Congrès.


    • Des enveloppes budgetaires…cela me rappele quelquechose.

    • Si mes souvenirs sont bons, les droits civiques étaient “dans l’air” dans les années soixante. Le ” I had a dream” de Luther King, les deux frères Kennedy, Rosa Parks, les meurtres à l’origine du “Mississipi Burning”… Tout allait dans ce sens.

      Je me souviens surtout de la hontes des USA alors que les représentants africains à l’ONU ne pouvaient s’héberger dans les hôtels “For white only”.

      Aujourd’hui nous assistons à un ressac conservateur contre les droits des noirs. Pas du tout la même atmosphère.

    • Comment peut-on comparer des personnages différents issus d’époques différentes ?

      ” Today’s Washington is not LBJ’s Washington.”

      Autres temps, autres moeurs.

    • LBJ était “one of the gang”, ce que ne sera jamais Obama pour les raisons que l’on connait et qui ne peuvent pas être dites: Obama n’est pas un WASP. Le racisme est toujours une tare endémique dans l’inconscient collectif américain!

    • C’est toujours périlleux faire des comparaisons historiques du genre, car on a souvent tendance à simplifier les chose alors que, comme M. Hétu le souligne, il y a souvent des détails lourd d’importance.

      Le clivage entre les deux partis semble beaucoup plus important aujourd’hui qu’il ne l’était il y a une cinquantaine d’années. Les républicains s’opposent à peu près à toute les idées du président, même si leur représentant pour la course à la présidence avait des idées similaires à Obama sur certain points, comme la santé. Ils s’opposent plus par opportunisme politique que par principe il me semble, à moins que je me trompe et que les débats étaient tout aussi stérile il y a 50 ans, un dialogue de sourd comme aujourd’hui. J’ai l’impression que les médias et l’information instantanée ont beaucoup changer le paysage politique américain.

    • «On ne saura évidemment jamais ce que LBJ aurait pu accomplir face aux républicains qui siègent aujourd’hui au Congrès.»

      Faux. on sait très bien: rien.

      La politique évolue et devient toujours de plus en plus vicieuse. On étudie le passé pour changer son approche face au présent. Les vieilles tactiques d’un autre âge perdent de leur fonctionnalité tant le nouveau politicien plus moderne les a étudié, a trouvé leurs failles et sait les contrer.

      Le «traitement Johnson» n’aurait pas fonctionné sur quelqu’un qui l’a étudié et qui est passé outre son fonctionnement. Les époques, tactiques et slogans changent et perdent de leur signification. «Maîtres chez nous» n’aurait pas la même portée ni la même signification aujourd’hui qu’elle l’avait avec Lesage en 1960.

    • Les chiffres démontrent que plus les noirs deviennent majoritaires dans un état ( comme le Mississippi par exemple) , ils votent Démocrate. À l’inverse, les blancs deviennent de plus en plus conservateurs et votent Républicain. D’où une polarisatrion sans précédent.

      http://www.slate.com/articles/news_and_politics/politics/2014/04/demographics_conservatism_and_racial_polarization_could_america_become_mississippi.html

    • À l’époque de LBJ, autant les démocrates que les républicains vouaient une haine viscérale de tout ce qui résonnait ” communiste ” à l’oreille. Ils avaien cela en commun. Bien au-delà de l’aversion envers les inégalités sociales, culturelles et raciales.

      Force est d’admettre qu’il en reste encore quelque chose aujourd’hui du côté des Républicains qui voient dans les politiques progressistes ses Démocrates du président Obama des relents de ” communisme “.

      C’est l’obstruction systématique automatique. Le projet de loi sur l’égalité des salaires hommes-femmes n’a pas passé au Sénat. Ce n’est pas ordinaire comme blocage de la part des Républicains.

    • Il faut reconnaître que Johnson savait trouver les mots pour convaincre ses concitoyens du Sud profond.
      http://www.mackwhite.com/lbj-kennedy.jpg

      JFK pouvait lâcher son pitbull en cas de besoin. Je ne sais pas si quelqu’un tient ce rôle auprès d’Obama.

    • ..@R.H. «…..face aux républicains qui siègent aujourd’hui au Congrès.»

      À voir aller les Républicains depuis six ans, lieu du verbe «siéger», le verbe «sévir» me semblerait plus pertinent.

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