Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Jeudi 28 février 2013 | Mise en ligne à 8h04 | Commenter Commentaires (28)

    La Maison-Blanche a-t-elle menacé Bob Woodward?

    J’ai fait référence hier dans ce billet à un article où le célèbre journaliste du Washington Post Bob Woodward accuse Barack Obama d’avoir menti sur la paternité du sequester – les coupes budgétaires automatiques censées entrer en vigueur le 1er mars – et d’avoir changé les règles du jeu dans les négociations sur une solution de rechange.

    Dans une entrevue accordée au journal Politico et publiée hier soir, Woodward raconte avoir contacté au téléphone un conseiller de la Maison-Blanche pour le mettre au courant de ce qu’il allait publier. Ce conseiller (Gene Sperling) a haussé le ton pour tenter de lui faire changer d’avis et lui a plus tard envoyé un courriel contenant une «menace voilée», selon le journaliste qui a contribué à la démission de Richard Nixon en dévoilant l’affaire du Watergate avec Carl Bernstein.

    Je cite dans le texte un extrait du courriel de Gene Sperling à Bob Woodward :

    “I apologize for raising my voice in our conversation today. You’re focusing on a few specific trees that give a very wrong impression of the forest. But perhaps we will just not see eye to eye here. … I think you will regret staking out that claim.”

    Tous les observateurs ne voient pas dans la dernière phrase une «menace» mais plutôt le commentaire d’un responsable avisant un journaliste qu’il aura l’air fou en défendant une thèse boiteuse. N’empêche : Woodward qualifie de «nixonienne» l’attitude de la Maison-Blanche, une accusation assez grave qu’il aura la chance d’étayer ce soir à l’émission de Sean Hannity sur Fox News.

    P.S. : Politico publie ce matin la version intégrale des courriels que se sont échangés Gene Sperling et Bob Woodward. La réponse de Woodward, que je cite dans le texte, ne donne pas l’impression d’un homme qui se sent menacé par la Maison-Blanche :

    Gene: You do not ever have to apologize to me. You get wound up because you are making your points and you believe them. This is all part of a serious discussion. I for one welcome a little heat; there should more given the importance. I also welcome your personal advice. I am listening. I know you lived all this. My partial advantage is that I talked extensively with all involved. I am traveling and will try to reach you after 3 pm today. Best, Bob


    • Je pense que Woodward devrait prendre une tisane à la camomille.

    • Un article de Weigel qui explique bien la situation. Un extrait:

      “But this is problem with the whole Woodward-vs.-Obama circus. Conservatives conflate a Woodward scoop with a Woodward opinion. Reporters accept the scoop but challenge the opinion.”

      http://mobile.slate.com/blogs/weigel/2013/02/28/the_nature_of_the_threat.html

    • Le fait que Woodward discute de cette “menace” à l’émission de Hannity me fait soupçonner que lui-même ne croit pas à l’intention qu’il prétend.

    • Trop tard, Woodward à déjà l’air fou. 45 ans pour se bâtir un image d’homme respecter, une journée pour la détruire.

      Pierre Dauphinais

    • Il semble que Woodward est dans son ”War Room” prêt à déclencher un ”Obamagate”. Je me rappelle après la réélection du président, il a accordé un interview au même journaliste de Politico Mike Allan. Il a lui dit : ”Do you know who Barack Obama is ? I means,he wrote his own book.”

      J’ai flairé depuis un bon bout de temps. Il veut attirer l’attention sur lui. Comme j’ai déjà dit, habituellement, il écrit un livre bilan sur le premier mandat d’Obama mais il estime qu’il n’est pas traité à la Maison Blanche comme il a souhaité et profite pour rappeler qu’il a déclenché le Watergate avec son expression de «nixonienne» l’attitude. Un bluff, sûrement.

    • Là, il va s’abaisser au niveau de journalisme jaune dont Hannity est un condylome.

    • Quand quelqu’un te menace, tu ne lui dit pas que tu vas le contacter plus tard, à moins d’être un masochiste.

      Est-ce que les ventes du dernier livre de Woodward vont bien?

    • @lizzie28 février 2013
      08h59

      J’allais justement dire la même chose.
      Peut-être a-t-il besoin de publicité pour mousser son dernier ouvrage.

    • Woodward est un Républicain et ce simple fait le discrédite à mes yeux. Quant au “you will regret” it, cela signifie simplement qu’il n’aura plus accès aux dirigeants de la Maison Blanche comme il en a l’habitude depuis des décennies.

    • Comparer n’importe qui à Nixon est inapproprié. “Nixon” n’est pas un nom à crier au monde.
      De toute manière, Woodward apartient à une meute de dinausores en voie d’extinction (j’espère) et au lieu de tenter de salir Obama sur la place publique, il serait mieux avisé d’écrire ce qu’il se passera à partir de demain si la gang à Boehner décide de ne pas slaquer un peu.
      Mais les citoyens US sont déjà au courant.

    • Woodward l’a pas trouvée drone !

    • Les hyennes charognardes répulibanes n’en finissent pas de gratter les fonds de chiotte pour se mettre de quoi sous la dent. Pitoyable…

    • Le représentant de la maison blanche n’a peut-être pas menacé le journaliste mais il est quand même allé assez loin pour le convaincre de changer sa version des faits. Est-ce bien son travail ? Un journaliste moins réputé que Woodward pourrait facilement être intimidé par le comportement de Sperling. L’administration américaine semble devenir de plus en plus opaque depuis le 11 septembre 2001. Elle serait mure pour une opération glasnost.

    • À partir du moment où un journaliste ne peut plus émettre un article sans recevoir un quelconque forme de menace (que ce soit une menace de ne plus avoir accès au Président, ou toute autre menace), il y a une sérieuse atteinte à la liberté de parole.

    • Si c’est l’administration Bush qui avait menacé un légendaire reporter du Watergate, les réactions des disciples d’Obama seraient très différtentes.

      D’ailleurs, quand Woodward critiquait Bush, les démocrates ne se plaignaient pas.

      Obama est pire que Bush.

      http://www.politico.com/story/2013/02/obama-the-puppet-master-87764.html

    • Je pense que Woodward se trompe d’époque.

      Ce n’est plus la Présidence Bush, où on pouvait critiquer ouvertement le Président, faire des manifestations dans la rue, des procédure d’Impeachment, le tout sous l’oeil attendri des médias.

      Imaginez: Sous Bush, il y avait des manifestations contre la guerre! Sous Obama, de telles manifestations n’ont jamais lieu. On se demande pourquoi? Quand je regarde ce qui arrive à la moindre personne qui critique le gouvernement, il est facile de comprendre.

    • Le terme « regret » est clairement une menace voilée. Woodward est capable d’en prendre (« welcome heat ») et veut faire préciser la nature de la menace dont il serait l’objet. Pas de comparaison possible avec les journalistes québécois qui font dans leur froc à la moindre allusion subtile d’un apparatchik…

    • À lires les commentaires des gauchistes de service on croirait que les Républicains manipulent la Maison Blanche, le Washington Post et Bob Woodward dans le seul but de mettre Obama et ses hyènes dans l’embarras et de mettre au jour ses mensonges que les «journalistes» répètent comme ils le font tous les jours. Bravo M. Rove!

    • Sur le fond de la question initiale, il faut avouer que Woodward a raison.

      Le Sequester est tout autant une créature d’Obomba que de ses partenaires républicons.
      Tous ces pointages de doigts enfantins et pathétiques ne servent qu’à masquer les faits évidents… Les répus et les démos, l’aile droite et l’aile gauche du Party 1% collaborent à merveille pour mener à bien leur plan, c’est-à-dire l’éviscération systématique éventuelle de toute dépense publique qui n’est pas un programme de subvention corporative.

    • @lostman

      À lire les commentaires des dretteux en mission, on est assuré que Woodward s’est mis les doigts dans son propre c.. et qu’il cherche un coupable pour l’accuser de l’odeur.

    • Certains se rappelleront peut-être que le président Reagan avait accusé Woodward d’être un menteur :

      “[Woodward]’s a liar and he lied about what Casey is supposed to have thought of me.”

    • Woodward est vieux et na pas publié de bonne histoire depuis des lunes alors ils pense en avoir une et va aller a fooooooooooox news pour se defendre.
      voila la chute d’un as been

    • Lanny Davis, ancien conseiller spécial de Bill Clinton, affirme avoir reçu les mêmes menaces de la Maison Blanche, que Woodward.

      http://dailycaller.com/2013/02/28/lanny-davis-yeah-the-white-house-threatened-me-too/

    • @fullmoon

      Son passage chez le jaune Hannity va confirmer aux yeux de tous qu’il est devenu un “has been” obsédé qui veut refaire un coup d’éclat.

      À courir de reculons, il a déjà commencé à trébucher…

    • fullmoon,

      Vous êtes dans la lune, le best-seller «The Price of Politics» qui fut publié en septembre dernier est un compte-rendu peu flatteur de Obama et de sa meute de chiens de garde.

      Il faut écrire «has been».

    • Efficace stratégie des républicains pour détourner l’attention du problème budgétaire leur étant largement attribué en tapant sur un clou préfabriqué. Car entendons-nous, il n’y a pas de menaces dans le message. Si la menace avait été réelle, la cour judiciaire aurait été plus approprié que la basse-cour de FOX.

    • The Price of Politics [20h32] est critiqué comme étant un ouvrage biaisé de la part de Woodward.

      The Backscratcher: Bob Woodward’s Anti-Obama Bias

      So it goes with The Price of Politics. Critics have complained about the tediousness of this latest Woodward volume, which focuses mostly on the debt-ceiling negotiations between the White House and Republicans during the summer of 2011. The reviews in The New York Times and The Washington Post point out that the ground has been tilled by a succession of other writers, most exhaustively by Matt Bai of The New York Times. But I didn’t find Woodward’s book unusually tedious. In fact, I learned a lot from it. What I found it to be was remarkably slanted.

      http://www.newrepublic.com/book/review/bob-woodward-price-of-politics#

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