Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 16h47 | Commenter Commentaires (28)

    Immigration : Obama s’efface

    Barack Obama devait aujourd’hui dévoiler les grandes lignes d’un projet de réforme de l’immigration lors d’un discours à Las Vegas. Il a dû changer d’idée en cours de route, car il s’est ni plus ni moins contenté d’exprimer son appui général aux propositions présentées hier par un groupe bipartite de sénateurs pour réformer le système de l’immigration américain et offrir aux 11 millions d’immigrés clandestins qui vivent aux États-Unis une voie vers la régularisation de leur statut.

    «La bonne nouvelle est que, pour la première fois depuis plusieurs années, républicains et démocrates semblent prêts à s’attaquer à ce problème ensemble», a déclaré le président.

    Barack Obama a sans doute fait le calcul qu’il ne gagnerait rien pour le moment, sauf l’opposition automatique de plusieurs républicains, en mettant de l’avant un projet de réforme détaillé et en demandant au Congrès de l’adopter.

    Le plan du groupe bipartite de huit sénateurs s’écarte pourtant des objectifs du président sur au moins aspect important. Il fait de la sécurisation des frontières une condition préalable à l’ouverture d’une voie vers la régularisation de millions d’immigrés clandestins.

    Le président parle de son côté de l’importance de sécuriser les frontières tout en offrant en même temps aux clandestins la possibilité de régulariser leur statut.

    Tout comme le président, certains membres du groupe bipartite de sénateurs se livrent à un exercice d’équilibriste. C’est notamment le cas du sénateur républicain de Floride Marco Rubio, candidat potentiel à la présidence en 2016, qui a tenté cet après-midi de rassurer l’animateur de radio conservateur Rush Limbaugh sur ses intentions. Il a ainsi a promis de voter contre tout projet de réforme qui ne prioriserait pas la sécurisation des frontières.

    Plusieurs conservateurs n’en ont pas moins déjà commencé à dénoncer le plan bipartite en le qualifiant d’«amnistie». La commentatrice Michelle Malkin donne ici une idée de la nature de leur opposition en associant la question de l’immigration clandestine au terrorisme.


    • Si Michelle Malkin est contre: ça doit être un très bon projet!

    • - «Il fait de la sécurisation des frontières une condition préalable à l’ouverture d’une voie vers la régularisation de millions d’immigrés clandestins.»

      Non mais vers quel monde merveilleux, vers quels lendemains chantants, vers quel paradis nous dirigeons nous, quand on voit et entend des trucs pareils.

      Tous dans nos petites communautés clôturées et gardées, tous dans nos pays entourés de murs, tous enfermés pour se protéger des pouilleux du petit peuple et des sales immigrants, bien protégés par des gardes armés, des barbelés et des miradors.

      Quelles sociétés pourries sommes-nous en train de nous fabriquer?

      Twenty first century schizoïd man.

      Où est l’embassade extraterrestre la plus proche? Je réclame le statut de réfugié!

    • Ce que je lis depuis quelques mois c’est que le flux migratoire s’est inversé entre les USA et le Mexique. La sécurisation de la frontière devient alors une notion peu évidente.

    • On voit que la mise en place du NWO va bon train …

    • 17H47

      Tiens , ça a commencé à dégeler sous les chapeaux pointus d’aluminium.

    • “We asked for workers. We got people instead.”
      ― Max Frisch

    • “If you can’t walk in your Talk”, la meilleure chose qui vous reste à faire pour demeurer crédible, c’est de vous taire !

    • @kelvinator “We (le patronat) wanted cheap laborers, but we got flooded”.

      Le problème n’est pas les travailleurs (cheap laborers) dits ‘illégaux’ dont ils ont profité pendant des années mais bien le surplus, qui dérange. Sinon on en aurait jamais entendu parler comme durant plusieurs décennies alors que le patronat se les arrachaient pour économiser sur les salaires et les charges sociales, où ils faisaient leur fortune en échangeant leur misère pour quelque ‘pesos’ américains par jour. Et ce au grand bonheur de ceux qui en profitent.”

      Expulsez tous les illégaux demain matin et les premiers à brailler seront le patronat, et le reste de la pop. qui verra que le ‘cheap labor’ est une fabuleuse aubaine pour tous les américains, mais une forme d’esclavage pour ceux qui en font les frais.

    • La meilleure solution serait de commencer quelque part et régler une fois pour toute la question de l’immigration clandestine. Sinon, ça serait exactement comme la réforme du système de santé. Tout le monde sait qu’il y a un problème mais personne n’a le courage d’attaquer le problème de front et trouver un solution à long terme. Les républicains ne peuvent pas opter l’auto-déportation pour se débarrasser de tous les immigrants clandestins dans le pays et ne veulent pas amnistier. Quelle est la 3ème solution ? Une chose est sûr. Ce n’est pas les miliciens Minutemens ou les fantasmes lyriques d’animateur et animatrice comme Rush Limbaugh et Michelle Malkin qui régleront le problème d’immigrations clandestins.

    • La stratégie de la droite / représentant du patronat est claire. Renforcer le mur à la frontière du sud, pour tenter de freiner l’entrée de travailleurs qu’ils décrivent comme illégaux, pour ensuite tout faire pour faire échouer toute tentative de ‘régularisation’ de ‘leurs’ cheap laborers pour pouvoir continuer à profiter de cette manne dont ils s’enrichisse sans aucunement contribuer au trésor public.

      Voilà qu’ils crieront à l’amnistie et au mieux réclameront que leurs esclaves moderne paie des impôts ‘rétro-actif’ alors qu’eux ne voudront JAMAIS s’acquitter des charges sociales qu’ils ont économisé et de l’évasion fiscale qu’ils ont crée de toute pièce en profitant honteusement de cette main d’œuvre à bon marché (GROS euphémisme).

      Comme d’habitude: ‘More for themselves, and less for everybody else’: la très grande majorité.

    • Je suis heureux de la nouvelle posture stratégique du président Obama. Il a cessé de tenter de convaincre les Républicains. C’est peine perdue, sauf si la crainte chez eux n’engendre pas un minimum de sagesse… électorale.

      Et il utilise son énergie pour s’adresser directement aux citoyens américains afin de les convaincre d’appuyer ses mesures modérées, sensées, efficaces. S’il y réussit, comme je le pense, cela signifie que les Républicains vont devoir marcher en suivant la direction indiquée par les babines du Président.

    • @gadur

      En effet, j’ai pu voir un documentaire l’hiver dernier (chaîne française) expliquant ce récent phénomène. La diminution du trafic migratoire et même son inversion suivent de peu la mise en place de programmes interventionnistes mexicains d’alphabétisation et de formations professionnelles.

      En dépit d’une violence, très médiatisée et avec raison, le Mexique connait un réel envol économique. L’ère de maquiladoras et de ses emplois abrutissants est révolue; place au savoir et aux emplois gratifiants et plus payants.

    • Ils pourraient commencer par donner des greencard aux immigrants désirables qui sont en attente. Je connais beaucoup de professionels qui sont la depuis 5+ ans mais n’ont pas encore leur résidences permanentes. Tous gagnant dans les 6 chiffres, payant de l’impôt, etc…

      La discrimination basée sur le pays de naissance (ex: inde) et la méconnaissance des besoin réels des entreprises américaines sont les causes de ce problème.

      Ça, c’est pas mal plus important pour le futur.

      T. Rightman

    • Comme Obama ne sera pas là pour foutre le bordel en voulant polariser tout le monde, la réforme a des chances de réussir.

    • @infophile

      Oui, bien sûr, les Mexicains ont un pays très dynamique qui devraient s’imposer au niveau économique dans les 20 prochaines années. Cela semble plus ou moins inéluctable. Ce qui fait réfléchir sur l’hispanisation des États du Sud-Ouest. Il y a fort à parier que cette partie des USA deviendra bilingue avant longtemps.

      Autre phénomène: L’Irlande, l’Espagne et le Portugal connaissent depuis quelques années l’ÉMIGRATION. Dans le cas de l’Espagne on parle d’un renversement complet, l’immigration s’est effondrée en un an et depuis a cessé. L’Italie connait une perte de flux encore plus prononcée, mais elle accueillait un nombre si grand d’immigrants, qu’ils sont encore dans le vert. C’est une tragédie pour ces pays qui perdent ainsi leur avenir étant donné les taux anémiques (parmi les plus faibles) de natalité.

    • @rightman

      Pire, les USA devront probablement trouver le moyen d’attirer les immigrants, car la concurrence va être forte dans pas trop longtemps. L’Afrique connait une forte croissance et va commencer à retenir ses cerveaux, idem du côté de l’Asie, la Chine va drainer de plus en plus large. La France et le Brésil sont des acteurs à ne surtout pas négliger dans cette course aux cerveaux, car ils devraient mieux retenir les leurs dans l’avenir pour ensuite drainer leurs continents respectifs. Sans parler des pays Scandinaves, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Russie et du Japon qui auront un besoin CRIANT d’immigration rapidement pour maintenir leurs populations à flot (Hint: la population Russe décroit en ce moment).

      Et je ne parle pas du plus important .. la perte d’importance graduelle de la langue anglaise qui est à prévoir dans les prochaines décennies. Le monde de demain sera multilingue.

    • En passant, si Obama veut s’effacer pour les 4 prochaine années, il est libre de le faire. Les USA ne s’en porteront que mieux.

    • @gadur

      Je ne suis pas d’accord. L’anglais est utilisé plus que jamais depuis la venue de l’internet. Tous les jeunes europeens parlent maintenant anglais, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans. En fait, l’anglais n’a jamais été aussi fort.

      Aussi, je ne pense pas que les E-U auront de problèmes pour attirer l’élite. La majorité des grandes écoles dans le monde sont américaines. L’Amérique est aussi le lieu le plus acceuillant pour les gens d’élite. La plupart de ces pays ont déjà des besoins criants de professionnels qualifiés, mais étant peu compétitifs, n’ont qu’un pouvoir d’attraction moyen. En fait, je pense que ce sont les politiques de l’immigration américaine qui ont plus favorisé l’essor de la technologie en Inde que le pouvoir d’attraction de l’Inde, par exemple.

      Non, je pense que très peu de pays sont réellement capable de faire concurence aux E-U. En fait, je mettrait le Canada assez haut dans cette liste.

      T. Rightman.

    • @Rightman

      L’Allemagne brille pas mal plus que les É-U.

      Meilleur économie, meilleur technologie, meilleur système social….prends pour exemple les compagnies allemands de voitures.

      Non les É-U n’impressionnent plus et c’est juste les droitistes complexés qui admirent de façon démagogique les Étasuniens.

    • Les É-U sont seulement un gros melting pot divisé socialement et économiquement.

      Je ne fais pas de l’antiaméricanisme, juste une constatation.

    • @Prospero

      Il est vrai que certaines régions du pays sont plus problématiques que les autres, mais c’est vrai de pas mal d’endroits.

      L’Allemagne est un pays que j’admire beaucoup, et j’aime aussi leurs voitures ;) Cependant, ils ont 2 problémes:
      1) Ils ont le boulet de l’europe a trainer, et çe probléme n’est pas près de se résoudre.
      2) Peu de gens parlent allemand en dehors de l’Allemagne/Autriche/Suisse, mais beaucoup de gens parlent l’anglais. Cela favorise les E-U comme pays d’immigration pour le savoir indien et chinois.

      Par contre, je suis sur que si on avait des nouvelles régulières de l’Allemagne, on se rendrait compte que les choses ne sont pas si roses que ça la bas. Par contre, je peut aussi constater que rencontre pas mal d’expatriés de toutes les nations européennes, sauf l’Allemagne. On verra bien dans le futur.

    • champggne (01h42) s’est vraiment surpassé en profondeur.

      Dans le sens de creux, évidemment.

    • @_cameleon_
      C’est l’immigration au cours du XIXe siècle qui a fait la force de ce pays. Pourtant, la situation de ces immigrants n’était guère plus envieuse que la situation des hispanique que l’on veut retourner chez eux. Ils n’étaient aucunement qualifié et finissaient inévitablement à travailler dans les manufacture du Nord-Est, assujettis aux règles très difficile et dangereuse de ces usines. Ce sont eux qui ont permis à l’infrastructure industrielle américaine de se développer à ce point pour donner ce qu’il est aujourd’hui.

      La seule différence, qui explique bien la mentalité américaine de l’époque, était leur ethnie. Les blancs européens ont toujours eu préséance sur les autres, au pays de la liberté… Avant c’était les chinois et japonais qu’on déportait, maintenant on déporte les ressortissant des pays les plus pauvres.

    • @lp-champagne

      Avez-vous le nom d’un républicains qui ne polariserait pas le débat, quelqu’un d’important au sein du parti?

    • @lp-champagne – 01h42

      Obama sera là encore pour 4 ans juste pour le plaisir de t’écœurer.

    • Obama s’efface…. Rien de surprenant, cé son style de s’effacer comme d’effacer ses promesses.

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