Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Archive du 19 janvier 2013

    Dans le débat sur les armes à feu aux États-Unis, les défenseurs les plus acharnés du second amendement ne reculent devant aucun sophisme. La NRA en a fait la démonstration cette semaine dans une pub mensongère* accusant Barack Obama d’hypocrisie parce que ses filles jouissent de la protection de gardes armés dans leur école, un argument «diabolique» selon Susan Eisenhower, petite-fille d’un ancien président républicain, et «répréhensible» selon le gouverneur républicain du New Jersey Chris Christie.

    Mais la NRA ne peut pas revendiquer la palme du sophisme le plus abject. Le lobby des armes à feu est devancé à ce chapitre par au moins deux conservateurs, en l’occurrence Larry Ward et Rush Limbaugh. Ward est le responsable d’une manifestation pro-armes (Gun Appreciation Day) qui se déroule aujourd’hui partout aux États-Unis. Il a déclaré la semaine dernière que Martin Luther King, apôtre de la non violence mort par balle, aurait été d’accord avec lui pour dire que l’«esclavage n’aurait peut-être pas été un chapitre de notre histoire» si le droit de posséder des armes à feu avait été accordé aux Noirs dès les débuts des États-Unis (voir vidéo qui coiffe ce billet).

    De son côté, Limbaugh a affirmé cette semaine que le représentant démocrate de Georgie, John Lewis, figure légendaire du mouvement des droits civiques, n’aurait pas été sauvagement battu lors de la marche de Selma à Montgomery en mars 1965 s’il avait été armé. Je cite dans le texte la réponse de Lewis à l’animateur de radio :

    “Our goal in the Civil Rights Movement was not to injure or destroy but to build a sense of community, to reconcile people to the true oneness of all humanity. African Americans in the 60s could have chosen to arm themselves, but we made a conscious decision not to. We were convinced that peace could not be achieved through violence. Violence begets violence, and we believed the only way to achieve peaceful ends was through peaceful means. We took a stand against an unjust system, and we decided to use this faith as our shield and the power of compassion as our defense.

    “And that is why this nation celebrates the genius and the elegance of Martin Luther King Jr.’s work and philosophy. Through the power of non-violent action, Dr. King accomplished something that no movement, no action of government, no war, no legislation, or strategy of politics had ever achieved in this nation’s history. It was non-violence that not only brought an end to legalized segregation and racial discrimination, but Dr. King’s peaceful work changed the hearts of millions of Americans who stood up for justice and rejected the injury of violence forever.”

    * La NRA a véhiculé un mensonge dans sa pub. L’école fréquentée par les filles du président Obama n’a pas de gardes armés.

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    Samedi 19 janvier 2013 | Mise en ligne à 10h02 | Commenter Commentaires (49)

    Mali : Romney l’avait dit…

    Mitt Romney avait évoqué la situation au Mali lors du troisième débat présidentiel. (Photo AP)

    Mitt Romney avait évoqué la situation au Mali lors du troisième débat présidentiel. (Photo AP)

    Au moment d’écrire ces lignes, les États-Unis avaient identifié un Américain – Frederick Buttaccio – parmi les étrangers qui ont été tués dans l’assaut de l’armée algérienne pour libérer des otages détenus par un commando islamiste sur un site gazier du Sahara.

    En orchestrant cette prise d’otages, le groupe armé de Mokhtar Belmokhtar, dit «Le Prince», «Le Borgne», «L’Insaisissable» ou «Monsieur Malboro», agissait en représailles de l’intervention française au Mali, où se déroule un conflit dont la grande majorité d’Américains n’avaient guère entendu parler avant cette semaine, sauf lors des premières minutes du dernier débat présidentiel entre Barack Obama et Mitt Romney, comme on peut se le rappeler en lisant cet article du journal français Le Monde dont je cite un extrait :

    Surprise : sur la carte des points chauds du globe décrite par Mitt Romney, le Mali est apparu immédiatement après la Syrie et la Libye. Moins de quatre minutes après le début du débat, énumérant les zones de conflit du… Moyen-Orient, le candidat républicain a déclaré : “Le Mali a été conquis, la partie nord du Mali, s’est-il repris, par des individus de type Al-Qaida.”

    Citant à nouveau la Syrie et le Mali, M. Romney a insisté : “C’est une région en plein tumulte.” Cité ainsi à quatre reprises par l’adversaire de Barack Obama – qui, lui, n’en a pas parlé –, ce pays francophone du Sahel, très peu connu aux États-Unis, est apparu ainsi pour des dizaines de millions de téléspectateurs, comme l’un des nouveaux centres du terrorisme, alors que l’administration Obama semble peu empressée d’épauler le projet français de soutien à une intervention militaire africaine.

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