Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
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    Archive du 19 décembre 2012

    Mercredi 19 décembre 2012 | Mise en ligne à 17h41 | Commenter Commentaires (51)

    John Boehner, Camil Samson et le «préchipiche» fiscal

    John Boehner trouve que Barack Obama n'est pas «sérieux» dans les négociations pour éviter le mur budgétaire. (Photo Reuters)

    John Boehner trouve que Barack Obama n'est pas «sérieux» dans les négociations pour éviter le mur budgétaire. (Photo Reuters)

    Cinquante-six secondes : c’est le temps qu’a duré cet après-midi une conférence de presse convoquée par John Boehner à Washington. Le président de la Chambre des représentants a eu le temps de faire cette déclaration :

    «Demain, la Chambre adoptera un texte de loi qui pérennisera un allègement fiscal pour presque tous les Américains – 99,81% du peuple américain. Le président aura alors une décision à prendre. Il peut appeler les démocrates du Sénat à adopter le projet de loi ou il peut être responsable de la plus forte augmentation d’impôts de l’histoire américaine.»

    Traduction : Boehner propose de reconduire les réductions d’impôts de l’ère Bush pour tous les Américains, sauf ceux qui font plus de 1 million de dollars par année. La proposition a déjà été rejetée par Barack Obama, qui a offert lundi un compromis aux républicains en faisant notamment passer de 250 000$ à 400 000$ le seuil d’augmentation des impôts pour les couples mariés.

    La proposition de John Boehner illustre peut-être son incapacité à faire accepter aux républicains de la Chambre le compromis du président, qui a été accueilli comme une trahison par certains tenants de la gauche démocrate, dont Markos Moulitsas, le fondateur de Daily Kos.

    S’il n’avait pas mis fin aussi rapidement à son point de presse, le républicain d’Ohio aurait sans doute pu modifier un peu les paroles attribuées jadis à feu Camil Samson (RIP) : «Les États-Unis sont au bord du préchipiche, et les républicains vont leur faire faire un pas en avant!»

    Obama et les républicains ont encore 13 jours pour éviter le précipice fiscal, mais une entente paraît plus incertaine que jamais.

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    Mercredi 19 décembre 2012 | Mise en ligne à 14h09 | Commenter Commentaires (38)

    Armes à feu : Obama à l’épreuve de la réalité

    «Les États-Unis ont l’obligation d’agir», a déclaré Barack Obama cet après-midi lors d’un point de presse à la Maison-Blanche. Il venait d’annoncer la nomination de Joe Biden à la tête d’un groupe de travail chargé de lui présenter des propositions concrètes sur la réglementation des armes à feu d’ici le mois de janvier.

    Si l’on en juge par la réaction des correspondants de la Maison-Blanche, le président aura du mal à maintenir un sentiment d’urgence autour de ce dossier. Les six ou sept premières questions des journalistes ne portaient pas sur la réponse de l’administration Obama à la tuerie de Newtown mais sur les dernières tractations entourant les négociations sur le mur budgétaire.

    Il a fallu une demande expresse d’un conseiller de la Maison-Blanche pour qu’un journaliste pose enfin une première question sur le sujet central du point de presse. Peu après, le journaliste d’ABC Jake Tapper a posé une question témoignant d’un scepticisme certain (voir la vidéo qui coiffe ce billet) : «Où étiez-vous (depuis 2008 sur la question des armes à feu)?»

    «Pas en vacances», a répondu sèchement le président après avoir énuméré les crises auxquelles il a fait face au cours de son premier mandat.

    Mais Barack Obama ne devra pas seulement faire face au scepticisme de la presse de Washington. Il devra également affronter les républicains de la Chambre des représentants. Certains d’entre, dont le prochain président de la commission des affaires judiciaires de la Chambre, Robert Goodlatte (Virginie), ont déjà commencé à exprimer leur opposition totale à toute réglementation sur les armes à feu.

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    Mercredi 19 décembre 2012 | Mise en ligne à 10h17 | Commenter Commentaires (42)

    Un «antisémite» à la tête du Pentagone?

    L'ancien sénateur républicain du Nebraska Chuck Hagel avait appuyé Barack Obama en 2008. (Photo Reuters)

    L'ancien sénateur républicain du Nebraska Chuck Hagel avait appuyé Barack Obama en 2008. (Photo Reuters)

    «Envoyez-nous Hagel et nous allons nous assurer que chaque Américain sache qu’il est antisémite.» Cette déclaration anonyme est attribuée dans cet article de l’hebdomadaire The Weekly Standard à un conseiller d’un sénateur républicain influent. Elle a fait surface la semaine dernière, peu après que Bloomberg eut annoncé que le nom de l’ancien sénateur républicain du Nebraska, Chuck Hagel, était en tête des candidats à la succession de Leon Panetta au poste de secrétaire à la Défense.

    Le commentateur Bill Kristol n’a pas tardé à faire sa part pour illustrer l’«hostilité» du vétéran du Vietnam et supporteur de Barack Obama (dès 2008) à l’égard d’Israël. Dans un article publié dans le Weekly Standard, il rappelle notamment que le républicain rebelle a accusé l’État juif en 2006 de «destruction systématique d’un ami américain – le pays et le peuple du Liban».

    Kristol évoque également cette déclaration de Hagel remontant à 2008 : «La réalité politique… est que le lobby juif intimide les gens ici (au Congrès).» Plus loin dans la même interview, Hagel parle du lobby pro-Israël, une expression moins problématique.

    Comme le souligne le chroniqueur du Washington Post Dana Milbank dans cet article, l’ancien sénateur s’est également mis à dos les «néoconservateurs» en refusant notamment de signer une lettre d’appui à Israël lors de la deuxième intifada et en défendant l’idée de négociations avec le Hamas.

    Dans l’interview de 2008, Hagel a expliqué ainsi son refus de signer toutes les lettres soumises au Congrès par l’AIPAC, l’influent lobby pro-Israël, dont certaines sont à son avis «stupides» :

    «Je suis un sénateur des États-Unis. Je soutiens Israël. Mais j’ai prêté serment à la constitution des États-Unis. Pas à un président. Pas à un parti. Pas à Israël.»

    Bien connue pour ses positions néoconservatrices, la page éditoriale du Washington Post a exprimé aujourd’hui son opposition à la nomination de Hagel à la tête du Pentagone, en omettant toutefois d’évoquer les controverses concernant les déclarations de l’ancien sénateur sur Israël ou le «lobby juif».

    Comme on peut le lire dans cet édito, le Post considère que Hagel a adopté sur l’Iran et le Pentagone des positions qui le placent «à la gauche» de Barack Obama. Hagel a déjà voté contre des sanctions à l’encontre de l’Iran et déclaré que le budget du Pentagone était «gonflé».

    Dans un article publié aujourd’hui, le New York Times résume les critiques à l’encontre de la nomination éventuelle de Chuck Hagel au poste de secrétaire à la Défense.

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